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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2206964

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2206964

mercredi 16 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2206964
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation9ème chambre
Avocat requérantVAN ELSLANDE AVOCATS

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Par une requête et un mémoire, enregistrés les 14 septembre 2022 et les 6 décembre 2023, sous le n° 2206964, M. A B, doit être regardé comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 11 juillet 2022 par lequel le maire de la commune de Vaugrigneuse a refusé de lui délivrer un permis de construire ainsi que la décision du 5 septembre 2022 par laquelle son recours gracieux formé contre ce refus a été rejeté ;

2°) d'annuler les décisions d'intention d'aliéner des 31 janvier 2013, 5 avril 2013 et 1er février 2013 ;

3°) d'annuler la décision implicite de rejet du 9 septembre 2023 par laquelle le maire de la commune de Vaugrigneuse a refusé de lui communiquer l'ensemble des arrêtés et dossiers d'autorisation d'occupation des sols relatifs à son activité d'élevage équin et ovin sur le territoire de la commune ;

4°) d'enjoindre à la commune de Vaugrigneuse de communiquer l'ensemble des arrêtés et dossiers d'autorisation d'occupation des sols relatifs à son activité d'élevage équin et ovin sur le territoire de la commune dans un délai de 8 jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;

5°) de condamner la commune de Vaugrigneuse à lui verser la somme de 1 260 000 euros en réparation des préjudices subis ;

6°) de condamner la commune de Vaugrigneuse à lui verser la somme de 89,70 euros journalière pour la période du 1er février 2013 au 6 juin 2023 ;

7°) de condamner Me Chanson et la société d'aménagement foncier et d'établissement rural (SAFER) d'Ile-de-France à l'indemniser des différents préjudices subis ;

8°) de mettre à la charge de la commune de Vaugrigneuse la somme de 5 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté portant refus de permis de construire est illégal dès lors qu'au 7 juin 2022 il était titulaire d'un permis de construire tacite ;

- son projet respecte les dispositions des articles A4, A6, A7 et A12 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) de la commune de Vaugrigneuse ;

- son projet ne méconnait pas les dispositions de l'article A2 du règlement du PLU dès lors que la superficie totale habitable est de 148, 88 mètres carrés ;

- les décisions d'intention d'aliéner des 31 janvier 2013, 5 avril 2013 et 1er février 2013 sont illégales ;

- il souhaite obtenir la communication de l'ensemble des arrêtés et dossiers d'autorisation d'occupation des sols relatifs à son activité d'élevage équin et ovin sur le territoire de la commune ;

- Me Chanson et la SAFER d'Ile-de-France ont commis différentes fautes de nature à engager leur responsabilité et lui donnant droit à réparation des préjudices qu'il a subis ;

- en cherchant à le déposséder de ses biens et de ses animaux la commune de Vaugrigneuse a commis plusieurs fautes de nature à engager sa responsabilité ;

- il a subi un préjudice matériel évalué à 360 000 euros ;

- il a subi un préjudice moral évalué à 900 000 euros.

Par un mémoire en défense, enregistré le 11 mai 2023, la commune de Vaugrigneuse, représentée par Me Van Elslande, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge du requérant au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- le tribunal n'est pas compétent pour connaître des conclusions dirigées à l'encontre de Me Chanson, lesquelles relèvent des juridictions judiciaires ; ces conclusions sont, en tout état de cause, irrecevables faute d'avoir été précédées d'une demande préalable indemnitaire ;

- les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 15 février 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 15 mars 2024 à 12 heures.

Par un courrier du 20 septembre 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur deux moyens relevés d'office tirés d'une part, de l'incompétence de la juridiction administrative pour connaître des conclusions relatives au litige qui oppose M. B à la SAFER d'Ile-de-France dans le cadre de l'exercice de son droit de préemption et, d'autre part, de l'irrecevabilité des conclusions tendant à l'annulation des déclarations d'intention d'aliéner des 31 janvier 2013, 5 avril 2013 et 1er février 2013 qui ne constituent pas des décisions susceptibles de recours.

II. Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 16 mai 2023, 5 juillet 2023 et 6 décembre 2023, sous le n° 2303963, M. A B, doit être regardé comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 11 juillet 2022 par lequel le maire de la commune de Vaugrigneuse a refusé de lui délivrer un permis de construire ainsi que la décision du 5 septembre 2022 par laquelle son recours gracieux formé contre ce refus a été rejeté ;

2°) d'annuler les décisions d'intention d'aliéner des 31 janvier 2013, 5 avril 2013 et 1er février 2013 ;

3°) d'annuler la décision implicite de rejet du 9 septembre 2023 par laquelle le maire de la commune de Vaugrigneuse a refusé de lui communiquer l'ensemble des arrêtés et dossiers d'autorisation d'occupation des sols relatifs à son activité d'élevage équin et ovin sur le territoire de la commune ;

4°) d'enjoindre à la commune de Vaugrigneuse de communiquer l'ensemble des arrêtés et dossiers d'autorisation d'occupation des sols relatifs à son activité d'élevage équin et ovin sur le territoire de la commune dans un délai de 8 jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 500 euros par jours de retard ;

5°) de condamner la commune de Vaugrigneuse à lui verser la somme de 1 260 000 euros en réparation des préjudices subis ;

6°) de condamner la commune de Vaugrigneuse à lui verser la somme de 89,70 euros journalière pour la période du 1er février 2013 au 6 juin 2023 ;

7°) de condamner Me Chanson et la société d'aménagement foncier et d'établissement rural (SAFER) d'Ile-de-France à l'indemniser des différents préjudices subis ;

8°) de mettre à la charge de la commune de Vaugrigneuse la somme de 5 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté portant refus de permis de construire est illégal ;

- les décisions d'intention d'aliéner des 31 janvier 2013, 5 avril 2013 et 1er février 2013 sont illégales ;

- il souhaite obtenir la communication de l'ensemble des arrêtés et dossiers d'autorisation d'occupation des sols relatif à son activité d'élevage équin et ovin sur le territoire de la commune ;

- Me Chanson et la SAFER d'Ile-de-France ont commis différentes fautes de nature à engager leur responsabilité et lui ouvrir droit à la réparation des préjudices qu'il a subis ;

- en cherchant à le déposséder de ses biens et de ses animaux la commune de Vaugrigneuse a commis plusieurs fautes de nature à engager sa responsabilité ;

- il a subi un préjudice matériel évalué à 360 000 euros ;

- il a subi un préjudice moral évalué à 900 000 euros.

Par un mémoire en défense, enregistré le 18 septembre 2024, la commune de Vaugrigneuse, représentée par Me Van Elslande, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge du requérant au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- les conclusions à fin d'annulation de la déclaration d'intention d'aliéner du 1er février 2013 sont irrecevables dès lors qu'elle ne constitue pas une décision susceptible de recours ;

- les conclusions relatives à la communication des documents sollicités par M. B sont irrecevables dès lors qu'il ne justifie pas avoir saisie la commission d'accès des documents administratifs (CADA) préalablement au dépôt de sa requête ;

- les conclusions indemnitaires présentées par M. B sont irrecevables dès lors qu'elles n'ont pas été précédées d'une demande indemnitaire préalable en méconnaissance de l'article R. 421-1 du code de justice administrative ;

- les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Par un courrier du 20 septembre 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur deux moyens relevés d'office tirés d'une part, de l'incompétence de la juridiction administrative pour connaître des conclusions relatives au litige qui oppose M. B à la SAFER d'Ile-de-France dans le cadre de l'exercice de son droit de préemption et, d'autre part, de l'irrecevabilité des conclusions tendant à l'annulation des déclarations d'intention d'aliéner des 31 janvier 2013, 5 avril 2013 et 1er février 2013 qui ne constituent pas des décisions susceptibles de recours.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Maljevic, conseiller,

- les conclusions de Mme Amar-Cid, rapporteure publique,

- les observations de M. B,

- et les observations de Me Nguyen Khac représentant la commune de Vaugrigneuse.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 11 juillet 2022, le maire de la commune de Vaugrigneuse a refusé de délivrer à M. B, un permis de construire un chalet en bois pour le personnel de son exploitation agricole. Par la présente requête, M. B demande au tribunal d'annuler cet arrêté ainsi que le rejet de son recours gracieux, et de condamner la commune de Vaugrigneuse à lui verser différentes sommes en réparation dedivers préjudices qu'il estime avoir subis.

2. Les requêtes de M. B, enregistrées sous les nos 2206964 et 2303963 présentent à juger des mêmes questions. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur l'étendue du litige :

3. Le tribunal estime qu'il n'est pas saisi par le requérant des diverses demandes énumérées dans l'exposé des faits du mémoire enregistré le 6 décembre 2023 dans le cadre de l'instance no 2206964 et dans le même exposé des faits figurant dans la requête n° 2303963, compte tenu des termes de ses écritures, confirmées à l'audience par l'intéressé, qui font référence à une procédure qu'il a introduite devant les juridictions judiciaires.

Sur la compétence de la juridiction administrative :

4. En premier lieu, si M. B demande au tribunal de l'indemniser des préjudices causés par Me Chanson, notaire, de telles conclusions sont relatives à un litige opposant deux personnes privées dont il n'appartient pas à la juridiction administrative de connaître. Dès lors, ces conclusions indemnitaires doivent être rejetées comme portées devant une juridiction incompétente.

5. En second lieu, aux termes de l'article L.143-8 du code rural : " Le droit de préemption des sociétés d'aménagement foncier et d'établissement rural s'exerce dans les conditions prévues par les articles L. 412-8 à L. 412-11 et le troisième alinéa de l'article L. 412-12. Toutefois, la fonction impartie par les dispositions susmentionnées au tribunal paritaire des baux ruraux est exercée par le tribunal compétent de l'ordre judiciaire. () ".

6. Il résulte de ces dispositions que les tribunaux de l'ordre judiciaire sont seuls compétents pour connaître de conclusions relatives aux décisions prise par une société d'aménagement foncier et d'établissement rural (SAFER) dans le cadre de l'exercice de son droit de préemption. Dès lors, les conclusions indemnitaires présentées par M. B qui ont trait à l'exercice du droit de préemption par la SAFER d'Ile-de-France doivent être rejetées comme portées devant une juridiction incompétente.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne les conclusions à fin d'annulation des déclarations d'intention d'aliéner :

7. Les conclusions aux seules fins d'annulation des déclarations d'intention d'aliéner des 31 janvier 2013, 5 avril 2013 et 1er février 2013, qui ne constituent pas des décisions administratives faisant grief, sont irrecevables. Par suite, les conclusions à fin d'annulation de ces déclarations d'intention d'aliéner sont rejetées.

En ce qui concerne les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté de refus de permis de construire :

8. En premier lieu, aux termes de l'article L. 423-1 du code de l'urbanisme : " Les demandes de permis de construire, d'aménager ou de démolir et les déclarations préalables sont présentées et instruites dans les conditions et délais fixés par décret en Conseil d'Etat. () Aucune prolongation du délai d'instruction n'est possible en dehors des cas et conditions prévus par ce décret. () ". Aux termes de l'article R. 423-19 du même code : " Le délai d'instruction court à compter de la réception en mairie d'un dossier complet ". Aux termes de l'article R. 423-22 du même code : " Pour l'application de la présente section, le dossier est réputé complet si l'autorité compétente n'a pas, dans le délai d'un mois à compter du dépôt du dossier en mairie, notifié au demandeur ou au déclarant la liste des pièces manquantes dans les conditions prévues par les articles R. 423-38 et R. 423-41 ". Aux termes de l'article R. 423-23 du même code : " Le délai d'instruction de droit commun est de : / a) Un mois pour les déclarations préalables ; / b) Deux mois pour les demandes de permis de démolir et pour les demandes de permis de construire portant sur une maison individuelle, au sens du titre III du livre II du code de la construction et de l'habitation, ou ses annexes ; / c) Trois mois pour les autres demandes de permis de construire et pour les demandes de permis d'aménager ". Aux termes de l'article R. 423-38 du même code : " Lorsque le dossier ne comprend pas les pièces exigées en application du présent livre, l'autorité compétente, dans le délai d'un mois à compter de la réception ou du dépôt du dossier à la mairie, adresse au demandeur ou à l'auteur de la déclaration une lettre recommandée avec demande d'avis de réception, indiquant, de façon exhaustive, les pièces manquantes ". Enfin, aux termes de l'article R. 424-1 du même code : " A défaut de notification d'une décision expresse dans le délai d'instruction déterminé comme il est dit à la section IV du chapitre III ci-dessus, le silence gardé par l'autorité compétente vaut, selon les cas : () / b) Permis de construire, permis d'aménager ou permis de démolir tacite ; () ".

9. Il ressort des pièces du dossier que la demande de permis de construire litigieuse a été réceptionnée par le service instructeur de la commune le 29 mars 2022. Par un courrier du 21 avril 2022, le maire de Vaugrigneuse a demandé à M. B de compléter son dossier. M. B se borne à soutenir que cette demande de pièces était dilatoire sans assortir son moyen des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, le moyen tiré de ce qu'il serait titulaire d'un permis tacite le 7 juin 2022, date à laquelle il soutient que son dossier était complet, doit en tout état de cause être écarté. Dès lors, l'arrêté attaqué du 11 juillet 2022, ne peut être regardé comme procédant au retrait d'un tel permis tacite.

10. En second lieu, aux termes de l'article A2 du règlement du PLU de la commune de Vaugrineuse relatif aux occupations et utilisations des sols soumises à des conditions particulières : " Sont admis : / - Sont admis les constructions, installations et aménagements directement liées et nécessaires à l'activité des exploitations agricoles. / () Les constructions nouvelles à usage d'habitation liées à des bâtiments d'exploitation agricole existants ou à créer ainsi que leurs annexes sont autorisées à hauteur 150 m² de surface de plancher au maximum. Les constructions doivent s'implanter à proximité immédiate du siège d'exploitation, en continuité ou en contiguïté du bâti existant, de manière à former un ensemble cohérent avec les autres bâtiments de l'exploitation. Toute construction à usage d'habitat, dont la nécessité à l'exploitation agricole est justifiée, devra être liée à la présence d'un bâtiment technique sur place et sera contiguë au bâtiment technique ".

11. Pour refuser le permis de construire sollicité, le maire de la commune de Vaugrigneuse a retenu que le projet méconnaissait les dispositions précitées de l'article A2 du règlement du PLU dès lors que la réalisation du projet litigieux a pour effet de porter l'emprise au sol des constructions à usage d'habitation à plus de 150 mètres carrés de surface de plancher.

12. D'une part, en faisant valoir que le projet litigieux respecte les dispositions des articles A4, A6, A7 et A12 du règlement du PLU, le requérant ne critique pas utilement le motif de refus opposé par le maire de la commune de Vaugrigneuse qui n'est pas fondé sur ces dispositions. D'autre part, si M. B soutient que la superficie totale habitable est de 148, 88 mètres carrés, il ressort toutefois du tableau des surfaces figurant dans le formulaire Cerfa, remplit par l'intéressé lui-même, que le projet en cause a pour effet de porter à 176, 88 mètres carrés la surface des constructions à usage d'habitation en méconnaissance des dispositions de l'article A2 du règlement du PLU. Dans ces conditions, M. B n'est pas fondé à soutenir que le maire de la commune de Vaugrigneuse ne pouvait légalement refuser de lui délivrer le permis de construire sollicité pour ce motif.

13. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 11 juillet 2022 par lequel le maire de la commune de Vaugrigneuse a refusé de lui délivrer un permis de construire un chalet en bois pour le personnel de son exploitation agricole ni la décision par laquelle son recours gracieux a été rejeté.

En ce qui concerne les conclusions à fins d'annulation de la décision implicite de rejet du 9 septembre 2023 :

14. Si le requérant demande l'annulation de la décision implicite de rejet du 9 septembre 2023 par laquelle le maire de la commune de Vaugrigneuse a refusé de lui communiquer l'ensemble des arrêtés et dossiers d'autorisation d'occupation des sols relatifs à son activité d'élevage équin et ovin sur le territoire de la commune, il ressort toutefois des pièces du dossier que le maire de cette commune a déféré à quatre reprises à de telles demandes par décisions des 1er octobre 2019, 3 décembre 2019, 8 mars 2022 et, en dernier lieu, le 4 avril 2023. En se bornant à solliciter, pour la quatrième fois, la communication de documents de même nature sans préciser devant le tribunal en quoi les communications précédentes étaient insuffisantes ou incomplètes, M. B n'assortit pas son moyen de précisions suffisantes permettant au tribunal d'en apprécier le bien-fondé. Ses conclusions doivent donc être rejetées.

Sur les conclusions indemnitaires :

15. En premier lieu, il résulte de ce qui est dit aux points 8 à 13 du présent jugement, que l'arrêté du 11 juillet 2022 n'est pas illégal. Par suite, M. B n'est pas fondé à demander la condamnation de la commune de Vaugrigneuse à lui verser une somme au titre des préjudices qu'il estime avoir subis du fait d'une telle illégalité.

16. En second lieu, si M. B s'est heurté à des obstacles administratifs dans le développement de son exploitation agricole et que certaines des décisions administratives dont il a fait l'objet étaient illégales, ces circonstances ne sauraient suffire à caractériser une réelle volonté de la commune de nuire à son exploitation. Dès lors, M. B n'est pas fondé à demander la condamnation de cette commune à lui verser une somme au titre des préjudices moraux qu'il estime avoir subi de ce chef.

17. Il résulte de ce qui précède que les conclusions indemnitaires présentées par M. B, qui au demeurant n'ont pas été précédées d'une demande préalable en application de l'article R. 421-1 du code de justice administrative, doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

18. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B n'appelle aucune mesure d'exécution. Dès lors, les conclusions à fin d'injonction présentées par le requérant ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

19. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune Vaugrigneuse, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que demande le requérant au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. B une somme de 500 euros à verser à la commune de Vaugrigneuse au titre des mêmes dispositions pour chacune des instances nos 2206964 et 2303963.

D E C I D E :

Article 1er : Les requêtes nos 2206964 et 2303963 de M. B sont rejetées.

Article 2 : M. B versera une somme de 500 euros à la commune de Vaugrigneuse en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative pour chacune des instances nos 2206964 et 2303963.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de Vaugrigneuse.

Délibéré après l'audience du 1er octobre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Boukheloua, présidente,

Mme Caron, première conseillère,

M. Maljevic, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 octobre 2024.

Le rapporteur,

signé

S. Maljevic

La présidente,

signé

N. Boukheloua

La greffière,

signé

B. Bartyzel

La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Nos 2206964, 2303963

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