jeudi 8 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2207008 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | BOUTAOUROUT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 16 septembre 2022, M. A B, représenté par Me Boutaourout, demande au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 14 septembre 2022 du préfet de l'Essonne portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français sans délai et fixant le pays de renvoi ;
2°) d'enjoindre au préfet de réexaminer sa situation dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 70 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur de fait ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
S'agissant de la décision fixant le pays de renvoi :
- il risque d'être persécuté par les autorités congolaises.
S'agissant de la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
S'agissant de l'interdiction de retour sur le territoire français ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale à raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par ordonnance du 16 septembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 31 octobre 2022.
Un mémoire présenté par le préfet de l'Essonne, non communiqué, a été enregistré le 24 novembre 2022, postérieurement à la clôture d'instruction.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Vincent, première conseillère.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant congolais (République du Congo) né le 8 mai 1998, est entré régulièrement en France en 2016, selon ses déclarations. Il a ensuite déposé une demande d'asile le 15 novembre 2017, rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) le 9 février 2018. Par arrêté du 17 avril 2018, le préfet de l'Essonne l'a obligé à quitter le territoire français, arrêté auquel il n'a pas déféré. Le 13 septembre 2022, il a été interpellé par les services de police d'Evry-Couronnes pour conduite sans permis et placé en garde à vue le même jour. Par arrêté du 14 septembre 2022 dont il demande l'annulation, le préfet de l'Essonne l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, à destination de son pays d'origine ou de tout pays dans lequel il est légalement admissible, avec interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de 3 ans.
Sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
2. En premier lieu, la décision attaquée comporte les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde, conformément aux articles L.211-1 et suivants du code des relations entre le public et l'administration, de manière non stéréotypée. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
3. En deuxième lieu, il ne ressort pas de la décision attaquée qu'elle serait entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle, le préfet ayant pris en compte la situation familiale de l'intéressé, même de manière partielle. Par suite, le moyen doit être écarté.
4. En troisième lieu, le requérant ne peut utilement se prévaloir d'une erreur de droit au regard de l'admission exceptionnelle au séjour à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Au surplus, il n'établit par aucune pièce avoir déposé une demande de titre de séjour à ce titre. Par suite, le moyen doit être également écarté.
5. En quatrième lieu, si le requérant se prévaut de plusieurs erreurs de fait commises par le préfet dans sa décision, aux motifs qu'il est présent en France depuis 2016, qu'il y réside de manière ininterrompue auprès de sa compagne, de nationalité française, avec laquelle il a de plus conclu un pacte civil de solidarité, et que sa mère réside également en France, il n'établit de telles inexactitudes que pour sa compagne, pour laquelle il justifie de sa nationalité française et de la conclusion, très récemment, d'un pacte civil de solidarité (PACS). Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction que le préfet, s'il avait retenu ce motif, aurait pris une décision différente, eu égard à la très faible ancienneté du PACS. Par suite, le moyen doit être écarté.
6. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
7. Si le requérant se prévaut de la durée de sa présence en France, de la conclusion d'un contrat de travail et de son isolement dans son pays d'origine, il ne l'établit par aucune pièce. De plus, la circonstance qu'il ait conclu un PACS avec une ressortissante française n'est pas suffisante pour démontrer l'intensité des liens personnels et familiaux noués en France, le PACS n'ayant été conclu que le 18 août 2022, soit moins d'un mois avant la décision attaquée tandis qu'il ne produit qu'une seule facture de téléphone portable dans laquelle est mentionné le même domicile que sa compagne.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation dirigées contre la décision portant obligation de quitter le territoire français doivent être rejetées.
Sur la légalité de la décision fixant le pays de renvoi :
9. Si le requérant allègue qu'il risque des persécutions par les autorités congolaises, il ne l'établit par aucune pièce alors même qu'il ressort des pièces du dossier que sa demande d'asile a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides en février 2018.
10. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation dirigées contre la décision attaquée doivent être rejetées.
Sur la légalité de la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire :
11. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que la décision attaquée cite les articles L.612-1 et L.612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, seuls applicables au litige, et les circonstances de fait s'opposant à ce que lui soit accordé un délai de départ volontaire. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
12. En deuxième lieu, pour prendre la décision attaquée, le préfet a pris en compte le fait qu'il ait été interpellé pour conduite d'un véhicule sans permis et le risque qu'il se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français, n'ayant pas déféré à une première décision portant obligation de quitter le territoire français datée du 17 avril 2018. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen particulier de sa demande doit être également écarté.
13. Il résulte de ce qui précède que les conclusions dirigées contre la décision attaquée doivent être rejetées.
Sur la légalité de l'arrêté portant interdiction de retour sur le territoire français :
14. En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile: " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11 ".
15. Au cas d'espèce, il ressort de la décision attaquée que le préfet a pris en compte la durée de sa présence sur le territoire français, la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France et la précédente mesure d'éloignement dont il a fait l'objet. Par suite, elle est suffisamment motivée.
16. En deuxième lieu, il résulte de ce qui précède que la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas illégale. Par suite, le requérant ne peut exciper de l'illégalité de la décision attaquée.
17. En troisième lieu, aux termes de l'article L.612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, seul applicable au litige : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ".
18. Si le requérant soutient que le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation en ne tenant pas compte des circonstances humanitaires de sa situation telles que sa relation avec sa compagne de nationalité française, il résulte de ce qui a été dit précédemment qu'il n'établit pas l'intensité des liens familiaux et personnels noués avec elle, en se bornant à produire le pacte civil de solidarité conclu le 18 août 2022 et un seul justificatif de domicile à leur adresse commune. Par suite, le moyen doit être écarté.
19. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées. Par voie de conséquence, il en est de même de ses conclusions sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de l'Essonne.
Délibéré après l'audience du 25 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Gosselin, président,
Mme Vincent, première conseillère,
Mme Geismar, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 décembre 2022.
La rapporteure,
signé
L. Vincent
Le président,
signé
C. GosselinLa greffière,
signé
S. Burel
La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026