mercredi 5 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2207077 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | LAMBERT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 19 septembre 2022, la communauté cœur d'Essonne agglomération et le syndicat mixte pour la gestion de l'habitat voyageur, représentés par Me Polderman, demandent au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, l'expulsion de toutes les personnes qui occupent sans droit ni titre l'aire de grand passage située Chemin de Vert Le Grand sur le territoire de la commune de Brétigny-sur-Orge, dans un délai de vingt-quatre heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, au besoin avec le concours de la force publique ;
2°) de mettre à la charge solidaire des occupants sans droit ni titre de l'aire de grand passage une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que les occupants de l'aire de grand passage ont enfreint les règles d'accès, d'admission et d'occupation de cette aire, fixées par le décret n° 2019-171 du 5 mars 2019 et la convention d'occupation du 26 juillet 2022 ;
- il n'existe aucune contestation sérieuse dès lors que les occupants ne contestent pas l'illégalité de leur occupation ;
- le juge des référés n'est pas tenu d'examiner la proportionnalité de la mesure d'expulsion dès lors qu'il y a une atteinte au droit de propriété.
Par un mémoire en défense enregistré le 1er octobre 2022, M. A, représenté par Me Lambert, conclut au rejet de la requête ; à défaut il demande d'enjoindre l'expulsion dans un délai qui ne pourra être inférieur à 2 mois à compter de la notification de la décision à intervenir et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de la communauté cœur d'Essonne agglomération au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir l'absence de respect du contradictoire, la communauté Cœur d'Essonne ne pouvant prétendre ignorer l'identité des résidents de l'aire de grand passage pour attraire une seule personne qui en représenterait plus de 100 ; qu'il n'y a pas d'urgence ; que l'huissier a porté un jugement sur des raccords électriques et n'a pas simplement constaté ; que l'origine des déjections constatées n'est pas établie ; que la condition d'utilité posée par l'article L 521-3 du code de justice administrative n'est pas remplie ; qu'il n'y a pas en l'espèce de risque de sédentarisation, le requérant et sa famille ayant l'intention de retourner dans le sud dès que leurs proches seront sortis de l'hôpital et que, par ailleurs, on est entré dans une période où il n'y a plus de rassemblement religieux de sorte que la fonction normale de l'aire de grand passage n'est plus en jeu.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 2000-614 du 5 juillet 2000 ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Ouardes, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 4 octobre 2022 à 14h, en présence de
Mme Bridet, greffière d'audience, M. B a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Boissinot, pour la communauté cœur d'Essonne agglomération et le syndicat mixte qui reprend ses écritures en les développant ;
- les observations de Me Lambert, représentant M. A, qui conclut aux mêmes fins que son mémoire en défense par les mêmes moyens qu'il précise.
L'instruction a été close à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ". Le juge des référés tient de ces dispositions le pouvoir, en cas d'urgence et d'utilité, d'ordonner l'expulsion des occupants sans titre du domaine public.
2. En vertu du II de l'article 9 de la loi du 5 juillet 2000 relative à l'accueil et à l'habitat des gens du voyage, sous certaines conditions tenant notamment aux modalités d'accueil et d'habitat des gens du voyage dans la commune ou l'établissement public de coopération intercommunale dont cette commune est membre, le maire, le propriétaire ou le titulaire de droits réels d'un terrain sur lequel des gens du voyage stationnent bénéficie de la possibilité de demander au préfet de mettre ceux-ci en demeure de quitter les lieux dans un certain délai, sauf à ce qu'il puisse être procédé à l'évacuation forcée de leurs résidences mobiles. Une telle mise en demeure ne peut intervenir que dans les cas où " le stationnement est de nature à porter atteinte à la salubrité, la sécurité ou la tranquillité publiques ". Ces dispositions ne sauraient faire obstacle, alors même que les conditions à leur application se trouveraient réunies, à la saisine du juge des référés de conclusions tendant à ce que, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, l'expulsion d'occupants sans titre du domaine public soit ordonnée.
3. Il a été constaté par huissier le 12 septembre 2022 qu'une centaine de caravanes et de véhicules, ainsi que leurs propriétaires occupaient de manière illicite l'aire de grand passage situé Chemin de Vert Le Grand à Brétigny-sur-Orge, appartenant au domaine public de la communauté cœur d'Essonne agglomération. Les occupants avaient été initialement autorisés à occuper l'aire de grand passage pour la période du 26 juillet 2022 au 9 août 2022 par une convention signée le 26 juillet 2022 par M. A, responsable du groupe. L'occupation avait ensuite été prolongée une première fois du 9 août 2022 au 29 août 2022, puis une seconde fois du 29 août 2022 au 2 septembre 2022. Alors qu'ils sont sans droit ni titre depuis le 8 septembre 2022 l'huissier a constaté que les occupants refusaient de quitter les lieux. Par ailleurs il ressort de l'instruction, et notamment du même constat d'huissier que " plusieurs raccords électriques grossiers sont visibles et jonchent le sol, sans protection mécanique. Il y a un risque d'électrisation ". Il ressort de ce même constat la présence de nombreux déjections humaines et de papier hygiénique souillé à proximité de l'aire sur une piste cyclable. En outre, cette installation irrégulière fait obstacle au fonctionnement normal de l'aire de grand passage, qui doit accueillir un nouveau groupe. En raison des risques pour la sécurité et la salubrité publiques et alors que l'aire en cause n'a pour finalité d'assurer qu'un accueil provisoire et non permanent, la mesure sollicitée ne porte pas une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale des occupants sans droit ni titre. Dans ces conditions, la mesure demandée présente un caractère d'urgence et d'utilité, au sens des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, ne se heurte à aucune contestation sérieuse et ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.
4. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu d'ordonner aux occupants sans droit ni titre de l'aire de grand passage située Chemin de Vert Le Grand sur le territoire de la commune de Brétigny-sur-Orge d'évacuer les lieux dans un délai de huit jours à compter de la notification de la présente ordonnance.
5. A l'expiration de ce délai, à défaut pour ces derniers d'avoir évacué les lieux dans le délai ainsi prescrit, la communauté cœur d'Essonne agglomération pourra obtenir le concours de la force publique pour procéder à cette évacuation. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
6. M. A étant partie perdante, les conclusions qu'il a présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées au même titre par la communauté cœur d'Essonne agglomération et le syndicat mixte pour la gestion de l'habitat voyageur.
O R D O N N E:
Article 1er : Il est ordonné aux occupants sans droit ni titre de l'aire de grand passage située Chemin de Vert Le Grand sur le territoire de la commune de Brétigny-sur-Orge, d'évacuer les lieux dans un délai de huit jours à compter de la notification de la présente ordonnance. A l'expiration de ce délai, à défaut pour ces derniers d'avoir évacué les lieux, la communauté cœur d'Essonne agglomération pourra obtenir le concours de la force publique pour procéder à cette évacuation.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête et les conclusions de M. A présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetés.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la communauté cœur d'Essonne agglomération, au syndicat mixte pour la gestion de l'habitat voyageur, à M. C A et aux autres occupants sans droit ni titre de l'aire de grand passage.
Copie en sera adressée au préfet de l'Essonne et au maire de la commune de Brétigny-sur-Orge.
Fait à Versailles, le 5 octobre 2022,
Le juge des référés, La greffière,
Signésigné
P. B V. Bridet
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026