lundi 10 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2207132 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SCP SEBAN ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 septembre 2022, M. A B demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision implicite du 30 août 2022 par laquelle le maire de Savigny-sur-Orge a refusé la mise à disposition d'un local commun aux élus municipaux d'opposition, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que l'absence de mise à disposition d'un local depuis neuf mois l'entrave dans l'exercice de ses fonctions d'élu local, ce qui constitue une atteinte à une liberté fondamentale et occasionne des frais qu'il doit personnellement supporter ainsi que des nuisances pour lui et son voisinage ;
- la condition relative à l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée est remplie dès lors que la décision méconnaît les articles L. 2121-27 du code général des collectivités territoriales et 31 du règlement intérieur du conseil municipal de la commune de Savigny-sur-Orge.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 octobre 2022, la commune de Savigny-sur-Orge, représentée par la SELAS Seban et associés, agissant par Me Seban, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. B en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable pour tardiveté ;
- la condition tenant à l'urgence n'est pas satisfaite ;
- la condition relative à l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée n'est pas remplie dès lors que la commune a toujours veillé à mettre un local à disposition des élus d'opposition conformément aux dispositions de l'article L. 2121-27 du code général des collectivités territoriales d'ailleurs reprises à l'article 31 du règlement intérieur du conseil municipal de la commune de Savigny-sur-Orge.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 2 septembre 2022 sous le numéro n° 2206926 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Delage, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique tenue le 6 octobre 2022 à 10h30 :
-le rapport de M. Delage, juge des référés ;
-les observations de M. B qui persiste dans les conclusions de la requête par les mêmes moyens ; il fait en outre valoir que la fin de non-recevoir ne peut être accueillie dès lors que, à supposer même que la question orale soit considérée comme une demande, alors que le formalisme exige qu'elle soit précédée d'un envoi écrit, elle n'a pas fait l'objet d'une décision de rejet mentionnant les délais et voies de recours comme le prévoit l'article R. 421-5 du code de justice administrative et ainsi la demande n'est pas tardive ; que la liste " Bien vivre à Savigny " a également demandé un local et si des échanges ont eu lieu entre la commune et d'autre listes d'opposition, il n'a pour sa part reçu aucune proposition de local ; que c'est au nom de l'intérêt public que le local est demandé et ce local est nécessaire à l'exercice de d'une liberté fondamentale, alors que la commune s'oppose par d'autres décisions à l'exercice de son mandat ce qui le conduit à présenter des recours contentieux ;
-les observations de Me Chevandier représentant la commune de Savigny-sur-Orge qui maintient ses conclusions ; Me Chevandier rappelle à titre de contexte le nombre important d'autres recours déposés par M. B, précise, s'agissant de la fin de non-recevoir, que la demande de janvier 2022 n'est pas que orale et a été réitérée à l'écrit et qu'ainsi le rejet de la demande formulée en juin 2022 est un acte purement confirmatif ; que l'urgence n'est pas caractérisée en l'absence de bouleversement dans les conditions d'existence du requérant, lequel démontre d'ailleurs pouvoir exercer son mandat ; que divers créneaux ont été proposées à la commune aux oppositions pour la mise à disposition d'un local mais que les délais d'instruction ne permettent pas d'en justifier dans la présente instance.
Considérant ce qui suit :
1. M. B est élu d'opposition au sein du conseil municipal de la commune de Savigny-sur-Orge. Par courrier en date du 28 juin 2022, il a demandé au maire de cette commune la mise à disposition d'un local sur le fondement de l'article L. 2121-27 du code général des collectivités territoriales qui dispose que " Dans les communes de plus de 3500 habitants, les conseillers n'appartenant pas à la majorité municipale qui en font la demande peuvent disposer sans frais du prêt d'un local commun () ". Par la présente requête, M. B demande la suspension de l'exécution de la décision du 30 août 2022 par laquelle le maire de Savigny-sur-Orge a implicitement rejeté sa demande.
Sur les conclusions à fin de suspension :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. / () ". .
En ce qui concerne la fin de non-recevoir :
3. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée () ". Aux termes de l'article R. 421-5 du même code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ". Aux termes de l'article L. 112-3 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute demande adressée à l'administration fait l'objet d'un accusé de réception ". Aux termes de l'article R. 112-5 du même code : " L'accusé de réception prévu par l'article L. 112-3 () indique si la demande est susceptible de donner lieu à une décision implicite de rejet ou à une décision implicite d'acceptation. Dans le premier cas, l'accusé de réception mentionne les délais et les voies de recours à l'encontre de la décision () ". Aux termes de l'article L. 112-6 de ce code : " Les délais de recours ne sont pas opposables à l'auteur d'une demande lorsque l'accusé de réception ne lui a pas été transmis ou ne comporte pas les indications exigées par la réglementation ".
4. La commune défenderesse oppose que M. B a présenté une première demande de mise à disposition d'un local par courrier du 10 janvier 2022, qui a fait l'objet d'une décision implicite de rejet née le 11 mars 2022 faisant courir le délai de recours jusqu'au 11 mai suivant. Toutefois, il n'est ni établi ni même allégué que la demande formulée le 10 janvier 2022 par le requérant aurait donné lieu à l'accusé de réception prévu par les dispositions précitées du code des relations entre le public et l'administration. Dans ces conditions, la décision implicite de rejet opposée à la demande formulée par M. B par courrier du 28 juin 2022 ne constitue pas une décision confirmative d'une décision devenue définitive. La fin de non-recevoir opposée par la commune de Savigny-sur-Orge doit donc être écartée.
En ce qui concerne l'urgence
5. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
6. Pour justifier que la condition d'urgence exigée par les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative est remplie, M. B soutient notamment que l'absence de local empêche les élus d'opposition de se réunir et d'exercer leur mandat dans de bonnes conditions, ce qui est constitutif d'une atteinte à une liberté fondamentale. Compte tenu de la nature du droit instauré par les dispositions précitées de l'article L.2121-27 du code général des collectivités territoriales et du refus persistant opposé à la demande formulée par M. B, la condition tenant à l'urgence doit être regardée comme remplie, sans qu'y fasse obstacle la circonstance, invoquée en défense, que M. B pourrait trouver des moyens alternatifs pour l'exercice de son mandat.
En ce qui concerne l'existence d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué :
7. Aux termes de l'article 31 du règlement intérieur du conseil municipal de la commune de Savigny-sur-Orge : " Les Conseillers municipaux n'appartenant pas à la majorité municipale disposent d'un local commun situé dans un bâtiment communal. Destiné à faciliter l'accomplissement de leur mandat électif, le local mis à disposition ne saurait en aucun cas constituer une permanence ou accueillir des réunions publiques. / La répartition du temps d'occupation du local ainsi mis à disposition des élus de l'opposition est fixée par ces derniers d'un commun accord. En l'absence d'accord, le Maire procède à la répartition des créneaux d'occupation. / Les conditions de mise à disposition sont précisées dans le cadre d'une convention. ".
8. En l'état de l'instruction, les moyens tirés de la méconnaissance de cet article du règlement intérieur ainsi que des dispositions, citées au point 1 de la présente ordonnance, de l'article L.2121-27 du code général des collectivités territoriales sont propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
9. Il résulte de ce qui précède que les deux conditions posées par l'article L. 521-1 du code de justice administrative sont réunies. Il y a lieu, en conséquence et dans les circonstances de l'espèce, de suspendre l'exécution de la décision attaquée, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur sa légalité.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. B, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la commune de Savigny-sur-Orge demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
O R D O N N E:
Article 1er : L'exécution de la décision du 30 août 2022 par laquelle le maire de la commune de Savigny-sur-Orge a implicitement rejeté la demande présentée par M. B tendant à la mise à disposition d'un local est suspendue.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Savigny-sur-Orge tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et à la commune de Savigny-sur-Orge.
Fait à Versailles, le 10 octobre 2022.
Le juge des référés,
Signé
Ph. Delage
La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026