jeudi 22 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2207164 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | PILLET |
Vu la procédure suivante :
Par une décision n°s 461630, 466728 du 16 septembre 2022, enregistrée le 22 septembre 2022 au greffe du tribunal, le président de la section du contentieux du Conseil d'État a transmis au tribunal administratif de Versailles la requête présentée par M. G Berbain.
Par une requête, enregistrée au tribunal administratif de Cergy-Pontoise le 20 octobre 2021 et des mémoires, enregistrés les 16 et 25 mai 2023, M. G Berbain, représenté par Me Pillet, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 20 août 2021 par lequel le ministre de l'intérieur l'a exclu temporairement de ses fonctions pour une durée de cinq jours avec sursis ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des Outre-mer de reconstituer sa carrière, dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 4 200 euros en réparation des préjudices économiques et moraux résultant de l'arrêté du 20 août 2021, cette somme étant assortie des intérêts légaux et de leur capitalisation ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 600 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué sanctionne des faits prescrits ;
- il est signé par une autorité incompétente ;
- la compétence de l'auteur du rapport de saisine du conseil de discipline n'est pas établie ;
- la régularité et la réalité des convocations au conseil de discipline ne sont pas établies, ce qui l'a privé d'une garantie ;
- la régularité de la composition du conseil de discipline n'est pas établie, ce qui l'a privé d'une garantie ;
- le nombre de votes était supérieur au nombre de votants, ce qui entache d'irrégularité la délibération du conseil de discipline ;
- le règlement intérieur du conseil de discipline n'a pas été produit ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'inexactitude matérielle des faits, dès lors que l'existence d'un système parallèle de jours de repos non décomptés au sein de l'unité " alpha " n'est pas établie ;
- il a fait ce qui lui incombait lors de l'incident de tir en alertant sa hiérarchie, n'a commis aucune faute en laissant la séance de tir se poursuivre en l'absence de tout signe de malaise ou de détresse des stagiaires et n'a pas méconnu les dispositions de l'article R. 434-6 du code de la sécurité intérieure ;
- il n'a commis aucun manquement à l'obligation de probité résultant de l'article R. 434-9 du code de la sécurité intérieure ;
- il n'a commis aucune faute de nature à justifier qu'une sanction disciplinaire lui soit infligée ;
- la sanction est disproportionnée et seul un avertissement pourrait lui être infligé ;
- il a subi des préjudices résultant de l'illégalité de la sanction disciplinaire qui lui a été infligée ;
- sa demande indemnitaire est recevable ;
- le préjudice résultant de la privation de ses primes pendant quatre années, de 2017 à 2020, s'élève à 1 600 euros ;
- il n'a pas obtenu sa mutation, ce dont il a été informé seulement sept jours avant sa prise d'effet et ce alors qu'il avait déjà tout organisé en vue de cette mutation et a, en outre, subi une différence de traitement méconnaissant le principe d'égalité par rapport à ses collègues qui ont tous obtenu leur demande de mutation ;
- il a subi un préjudice moral et financier, faute de ne pas avoir eu l'avancement auquel il pouvait prétendre ;
- il a subi un préjudice moral qui doit être évalué à 3 000 euros.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 9 et 22 mai 2023, le ministre de l'intérieur et des Outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- les conclusions indemnitaires présentées par M. Berbain sont irrecevables en l'absence de demande indemnitaire préalable ;
- les moyens soulevés par M. Berbain tendant à l'annulation de la décision du 20 août 2021 ne sont pas fondés ;
- la réalité et l'ampleur du préjudice financier de M. Berbain ne sont pas établis ;
- le versement des primes, qui résulte de la qualité des services rendus, des résultats obtenus ou de la participation à un évènement exceptionnel au plan national, est dépourvu de tout lien direct de causalité avec l'illégalité alléguée de la sanction disciplinaire litigieuse ;
- la différence alléguée de traitement avec d'autres agents concernés par la même procédure disciplinaire n'est pas établie ;
- si un vice de légalité externe était retenu, il ne serait pas de nature à conduire à une indemnisation de M. Berbain.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité intérieure ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 82-451 du 28 mai 1982 ;
- le décret n° 84-961 du 25 octobre 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Grenier,
- les conclusions de Mme Marc, rapporteure publique,
- et les observations de Me Pillet, représentant M. Berbain.
Considérant ce qui suit :
1. M. Berbain est brigadier-chef, affecté au sein de la division technique et de la sécurité en intervention et exerce ses fonctions depuis septembre 2007 en unité de nuit, au sein de l'unité " alpha " dirigée par M. F, en qualité de formateur des techniques et de la sécurité en intervention (FTSI). Cette division relève de la sous-direction de la formation de la direction des ressources humaines de la préfecture de police, créée en mai 2014. Par un arrêté du 20 août 2021, le ministre de l'intérieur lui a infligé la sanction disciplinaire de l'exclusion temporaire de fonctions de cinq jours avec sursis. M. Berbain demande l'annulation de cet arrêté et la réparation des préjudices subis en raison de son illégalité.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la prescription des faits à l'origine de la sanction :
2. Aux termes de l'article 19 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, alors en vigueur, dans sa rédaction applicable en l'espèce : " Le pouvoir disciplinaire appartient à l'autorité investie du pouvoir de nomination. / Aucune procédure disciplinaire ne peut être engagée au-delà d'un délai de trois ans à compter du jour où l'administration a eu une connaissance effective de la réalité, de la nature et de l'ampleur des faits passibles de sanction. En cas de poursuites pénales exercées à l'encontre du fonctionnaire, ce délai est interrompu jusqu'à la décision définitive de classement sans suite, de non-lieu, d'acquittement, de relaxe ou de condamnation. Passé ce délai et hormis le cas où une autre procédure disciplinaire a été engagée à l'encontre de l'agent avant l'expiration de ce délai, les faits en cause ne peuvent plus être invoqués dans le cadre d'une procédure disciplinaire (). ".
3. D'une part, il ressort des pièces du dossier que l'existence d'un système frauduleux de gestion du temps de travail des agents FTSI travaillant de nuit au sein des unités " alpha " et " bravo ", leur permettant de bénéficier de jours de repos non décomptés et de partir une heure, voire davantage, avant la fin de leur service prévue à 6h30 du matin, a été dénoncée au mois de mai 2017 par le responsable de l'unité " bravo " qui a affirmé que le même système avait été également mis en place au sein de l'unité " alpha " dans laquelle M. Berbain était affecté. Cependant, ce n'est qu'après avoir reçu le rapport du 19 juillet 2019 de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), qui a mené une enquête administrative approfondie sur les faits litigieux, auditionné l'ensemble des agents des unités " alpha " et " bravo " ainsi que leur hiérarchie et apprécié, pour chacun d'eux, sa participation et son degré d'implication dans ce système de gestion parallèle du temps de travail, que l'autorité administrative a pu avoir effectivement connaissance de la réalité, de la nature et de l'ampleur des faits passibles d'une sanction disciplinaire. Par suite, à la date du 21 novembre 2019 à laquelle une procédure disciplinaire a été engagée à l'encontre de M. Berbain, les faits relatifs aux jours de repos et " départs avancés " non décomptés n'étaient pas prescrits.
4. D'autre part, il ressort des pièces du dossier, qu'alors même qu'un incident s'est produit au cours d'une séance de tir dans la nuit du 7 au 8 juillet 2017, le comportement inapproprié de M. Berbain, qui n'était pas responsable de l'animation de cette séance de tir, mais chef du centre de tir, présent ce jour-là, n'a pu être constaté qu'à l'occasion des auditions menées sur cet incident et en particulier de son audition par l'IGPN le 26 octobre 2017. Ce n'est qu'à la date de la remise du rapport de l'IGPN sur ces faits, le 18 juillet 2019, que le ministre de l'intérieur a pu avoir effectivement connaissance de la réalité, de la nature et de l'ampleur des faits commis par M. Berbain passibles d'une sanction disciplinaire. Par suite, à la date du 21 novembre 2019 à laquelle une procédure disciplinaire a été engagée à l'encontre de M. Berbain, les faits relatifs à l'incident de tir dans la nuit du 7 au 8 juillet 2017 n'étaient pas prescrits.
En ce qui concerne la légalité externe :
5. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que, par un arrêté du 22 février 2021 régulièrement publié au Journal officiel de la République française le 24 février 2021, Mme D B, directrice adjointe des ressources humaines et des compétences de la police nationale, a reçu délégation pour signer l'arrêté de sanction attaqué. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit, en conséquence, être écarté.
6. En deuxième lieu, aux termes de l'article 19 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, alors en vigueur, dans sa rédaction applicable en l'espèce : " () Le fonctionnaire à l'encontre duquel une procédure disciplinaire est engagée a droit à la communication de l'intégralité de son dossier individuel et de tous les documents annexes et à l'assistance de défenseurs de son choix. L'administration doit informer le fonctionnaire de son droit à communication du dossier. Aucune sanction disciplinaire autre que celles classées dans le premier groupe par les dispositions statutaires relatives aux fonctions publiques de l'Etat, territoriale et hospitalière ne peut être prononcée sans consultation préalable d'un organisme siégeant en conseil de discipline dans lequel le personnel est représenté. / L'avis de cet organisme de même que la décision prononçant une sanction disciplinaire doivent être motivés. ". L'article 67 de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat, dans sa rédaction alors en vigueur, énonce que : " Le pouvoir disciplinaire appartient à l'autorité investie du pouvoir de nomination qui l'exerce après avis de la commission administrative paritaire siégeant en conseil de discipline et dans les conditions prévues à l'article 19 du titre Ier du statut général. Cette autorité peut décider, après avis du conseil de discipline, de rendre publics la décision portant sanction et ses motifs. / La délégation du pouvoir de nomination emporte celle du pouvoir disciplinaire. Toutefois, le pouvoir de nomination peut être délégué indépendamment du pouvoir disciplinaire. Il peut également être délégué indépendamment du pouvoir de prononcer les sanctions des troisième et quatrième groupes. Le pouvoir de prononcer les sanctions du premier et du deuxième groupe peut être délégué indépendamment du pouvoir de nomination. Les conditions d'application du présent alinéa sont fixées par des décrets en Conseil d'Etat. ". Selon l'article 2 du décret du 25 octobre 1984 relatif à la procédure disciplinaire concernant les fonctionnaires de l'Etat, dans sa rédaction applicable en l'espèce : " L'organisme siégeant en Conseil de discipline lorsque sa consultation est nécessaire, en application du second alinéa de l'article 19 de la loi susvisée du 13 juillet 1983, est saisi par un rapport émanant de l'autorité ayant pouvoir disciplinaire ou d'un chef de service déconcentré ayant reçu délégation de compétence à cet effet. / Ce rapport doit indiquer clairement les faits reprochés au fonctionnaire et préciser les circonstances dans lesquelles ils se sont produits. ".
7. Il ressort des pièces du dossier que, par un arrêté du 2 octobre 2019 régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture de police, M. J E, directeur des ressources humaines au secrétariat général pour l'administration de la préfecture de police, a reçu délégation pour signer, au nom du préfet de police, lequel a la qualité de chef de service déconcentré, tous actes dans la limite de ses attributions, à l'exception de ceux expressément mentionnés par l'arrêté de délégation, au nombre desquels " les propositions de sanction adressées à l'administration centrale et les décisions de sanction ". Toutefois, dès lors que la décision d'engager les poursuites disciplinaires ne constitue que la première étape d'une procédure dans laquelle son auteur n'a aucune part, l'incompétence de son signataire n'est pas susceptible d'exercer une influence sur le sens de la décision prise et ne prive, en tout état de cause, l'intéressé d'aucune garantie. Par suite, elle ne constitue pas une irrégularité de nature à entacher la légalité de la sanction disciplinaire contestée. Le moyen d'incompétence de l'auteur du rapport de saisine du conseil de discipline doit, en conséquence, être écarté.
8. En troisième lieu, aux termes de l'article 14 de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat, dans sa rédaction alors en vigueur : " Dans chaque corps de fonctionnaires existent une ou plusieurs commissions administratives paritaires comprenant, en nombre égal, des représentants de l'administration et des représentants du personnel. Des commissions administratives paritaires communes à plusieurs corps peuvent également être créées à l'échelon central, aux échelons déconcentrés et dans les établissements publics, sans conditions d'effectifs au sein de ces corps au niveau national () / Ces commissions sont consultées sur les décisions individuelles intéressant les membres du ou des corps qui en relèvent. ". En vertu de l'article 5 du décret du 28 mai 1982 relatif aux commissions administratives paritaires : " Les commissions administratives paritaires comprennent en nombre égal des représentants de l'administration et des représentants du personnel. Elles ont des membres titulaires et un nombre égal de membres suppléants. ". Selon l'article 34 du même décret, dans sa rédaction applicable en l'espèce : " Les commissions administratives siègent en formation restreinte lorsqu'elles sont saisies de questions résultant de l'application des articles () 67 () de la loi du 11 janvier 1984 (). Dans les autres cas, elles siègent en assemblée plénière. ". En vertu de l'article 35 du même décret, alors en vigueur : " Lorsque les commissions administratives paritaires siègent en formation restreinte, seuls les membres titulaires et, éventuellement, leurs suppléants représentant le grade auquel appartient le fonctionnaire intéressé et les membres titulaires ou suppléants représentant le grade immédiatement supérieur ainsi qu'un nombre égal de représentants de l'administration sont appelés à délibérer. ". Selon l'article 41 du même décret, dans sa rédaction alors en vigueur : " Les commissions administratives ne délibèrent valablement qu'à la condition d'observer les règles de constitution et de fonctionnement édictées par la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat et par le présent décret, ainsi que par le règlement intérieur. / En outre, les trois quarts au moins de leurs membres doivent être présents lors de l'ouverture de la réunion. Lorsque ce quorum n'est pas atteint, une nouvelle convocation est envoyée dans le délai de huit jours aux membres de la commission qui siège alors valablement si la moitié de ses membres sont présents () ".
9. En vertu des dispositions précitées, une commission administrative paritaire ne peut valablement délibérer, en formation restreinte ou en assemblée plénière, qu'à la condition qu'aient été régulièrement convoqués, en nombre égal, les représentants de l'administration et les représentants du personnel, membres de la commission, habilités à siéger dans chacune de ces formations, et eux seuls, et que le quorum ait été atteint. Si la règle de la parité s'impose ainsi pour la composition des commission administrative paritaire, en revanche, la présence effective en séance d'un nombre égal de représentants du personnel et de représentants de l'administration ne conditionne pas la régularité de la consultation d'une commission administrative paritaire, dès lors que ni ces dispositions, ni aucune autre règle, ni enfin aucun principe ne subordonnent la régularité des délibérations des commissions administratives paritaires à la présence en nombre égal de représentants de l'administration et de représentants du personnel.
10. D'une part, il ressort des pièces du dossier et notamment des pièces produites en défense que, le 19 août 2020, les représentants de l'administration et du personnel titulaires et suppléants ont été convoqués, en nombre égal, en vue du conseil de discipline du 25 septembre 2020. La circonstance qu'un bordereau de réponse n'était pas joint à chacune des convocations et que les bordereaux de réponse n'ont pas été produits est sans incidence sur la réalité et la régularité des convocations, qui sont suffisamment établies.
11. D'autre part, eu égard au caractère réglementaire des arrêtés de délégation de signature, soumis à la formalité de publication, le juge peut, sans méconnaître le principe du caractère contradictoire de la procédure, se fonder sur l'existence de ces arrêtés alors même que ceux-ci ne sont pas versés au dossier. Il ressort des pièces du dossier que, par un arrêté n° 20-026 du 14 septembre 2020, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial n° 75-2020-319 de la préfecture de Paris du 25 septembre 2020, le préfet de police a désigné les membres de la commission administrative paritaire interdépartementale compétente à l'égard des fonctionnaires du corps d'encadrement et d'application de la police nationale relevant du secrétariat général pour l'administration de la police de la zone de défense et de sécurité de Paris compétente pour examiner la situation de M. Berbain. Cet arrêté a été modifié pour la journée du vendredi 25 septembre 2020 par un arrêté n° 20-031 du 14 septembre 2020, également publié le 25 septembre 2020. Il ressort du procès-verbal du conseil de discipline du 25 septembre 2020, dont les mentions font foi jusqu'à preuve du contraire, que les représentants de l'administration et du personnel présents le 25 septembre 2020 étaient désignés par les deux arrêtés du 14 septembre 2020. Tel est notamment le cas de M. C et de Mme H, désignés par l'arrêté n° 20-031 du 14 septembre 2020. Alors même que le nom de Mme A, membre suppléant pour le grade de major de police, ne figurait pas sur la convocation adressée à M. Berbain le 19 août 2020, il ressort des pièces du dossier qu'elle était régulièrement désignée par l'arrêté du 14 septembre 2020 qui a modifié la composition de la commission administrative postérieurement à l'envoi à M. I la convocation au conseil de discipline. Toutefois, dans les circonstances de l'espèce, dès lors que deux représentants du personnel au grade de major de police et trois représentants au grade de brigadier-chef de police ont été régulièrement convoqués et avaient qualité pour siéger au conseil de discipline, la circonstance que le nom de Mme A ne figurait pas sur la convocation adressée à M. Berbain ne l'a privé d'aucune garantie et n'a exercé aucune influence sur la décision de sanction attaquée.
12. En outre, le procès-verbal du conseil de discipline du 25 septembre 2020, dont les mentions font foi jusqu'à preuve du contraire, précise la liste des représentants de l'administration et du personnel présents ainsi que, pour chacun d'entre eux, leur qualité et le grade des représentants du personnel et indique qu'une représentante du personnel au grade de major de police, convoquée, était absente et non excusée. Ainsi, il ressort des pièces du dossier que le quorum était atteint en début de séance, dès lors que 12 membres du conseil de discipline sur 14, et non 9 comme le soutient M. Berbain, dont 7 représentants de l'administration et 5 représentants du personnel, dont deux pour le grade de major et trois pour le grade de brigadier-chef, étaient présents, ainsi que cela résulte des énonciations de ce procès-verbal et notamment des prises de parole des représentants du personnel.
13. Par ailleurs, il ressort des mentions du procès-verbal de la séance du conseil de discipline des corps d'encadrement et d'application de la police nationale du 25 septembre 2020, qu'avant de procéder au vote sur la situation de M. Berbain, le président du conseil de discipline a invité les représentants de l'administration à siéger en nombre égal à ceux du personnel pour rétablir la parité. Après le retrait de deux représentants de l'administration, cinq représentants de l'administration et cinq représentants du personnel ont ainsi pris part au vote. Aucune majorité n'a d'ailleurs été recueillie sur les propositions de sanction successivement mises au vote. M. Berbain, qui fait une lecture erronée des mentions du procès-verbal, n'est pas fondé à soutenir que la délibération du conseil de discipline aurait été irrégulière, dès lors que neuf représentants de l'administration et du personnel y siégeaient mais que le procès-verbal mentionne dix votes, alors, qu'ainsi qu'il est dit, cinq représentants de l'administration et cinq représentants du personnel, en nombre égal, ont voté.
14. Enfin, alors même que M. Berbain soutient que le règlement intérieur du conseil de discipline ne lui a pas été communiqué avant la réunion de cette instance, il n'établit pas en quoi ce règlement intérieur aurait été méconnu, dès lors qu'ainsi qu'il est dit, les différents moyens d'irrégularité qu'il soulève ne peuvent qu'être écartés.
15. Par suite, les moyens tirés de l'irrégularité de la composition et de la procédure devant le conseil de discipline ne peuvent qu'être écartés.
En ce qui concerne la légalité interne :
16. Aux termes de l'article 66 de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat, alors en vigueur : " Les sanctions disciplinaires sont réparties en quatre groupes () / Premier groupe : / - l'avertissement ; / - le blâme ; / - l'exclusion temporaire de fonctions pour une durée maximale de trois jours. / Deuxième groupe : / - la radiation du tableau d'avancement ; / - l'abaissement d'échelon à l'échelon immédiatement inférieur à celui détenu par l'agent ; / - l'exclusion temporaire de fonctions pour une durée de quatre à quinze jours ; / - le déplacement d'office () / L'exclusion temporaire de fonctions, qui est privative de toute rémunération, peut être assortie d'un sursis total ou partiel. Celui-ci ne peut avoir pour effet, dans le cas de l'exclusion temporaire de fonctions du troisième groupe, de ramener la durée de cette exclusion à moins de un mois. L'intervention d'une exclusion temporaire de fonctions pour une durée maximale de trois jours ou d'une sanction disciplinaire du deuxième ou troisième groupe pendant une période de cinq ans après le prononcé de l'exclusion temporaire entraîne la révocation du sursis. En revanche, si aucune sanction disciplinaire, autre que l'avertissement ou le blâme, n'a été prononcée durant cette même période à l'encontre de l'intéressé, ce dernier est dispensé définitivement de l'accomplissement de la partie de la sanction pour laquelle il a bénéficié du sursis. ".
17. Le juge de l'excès de pouvoir exerce un contrôle normal sur les questions de savoir si les faits reprochés à un agent public constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes.
En ce qui concerne l'exactitude matérielle des faits :
18. D'une part, il ressort des pièces du dossier et en particulier du rapport de l'IGPN, qu'une pratique systématique et généralisée de " départs avancés " non décomptés a été mise en place, qui permet aux agents de l'unité " alpha ", qui travaillent en principe de 22h37 à 6h30 du lundi soir au samedi matin, soit pendant une durée 7h53, de partir dès 5h00 ou 5h30 du matin, voire plus tôt. M. Berbain a admis, au cours de son audition lors de l'enquête administrative, avoir bénéficié de cette pratique généralisée et connue de la hiérarchie et ce à hauteur de deux à trois fois par semaine pendant dix ans. Le rapport de l'IGPN a retenu, à cet égard, qu'il avait bénéficié de 997 heures de " départs avancés " non décomptées dans son temps de travail, sans que ce quantum ne soit contesté par le requérant.
19. D'autre part, il ressort également des pièces du dossier et en particulier du rapport de l'IGPN, qu'alors même que l'enquête administrative n'a pas permis d'établir l'existence d'un système généralisé et pérenne de gestion parallèle du temps de travail permettant aux agents de l'unité " alpha " de bénéficier de jours de repos non déclarés dans le système de gestion du temps de travail des agents de police, dénommé " Geopol ", similaire à celui mis en place au sein de l'unité " bravo ", une pratique semblable consistant à accorder au moins un à deux jours de repos non décomptés par an à certains agents de l'unité " alpha " pour récompenser leurs efforts a cependant été constatée au sein de cette unité, ainsi que la même pratique que celle de l'unité " bravo " durant le mois de juillet 2016, au cours duquel les effectifs des unités " alpha " et " bravo " étaient mutualisés.
20. En outre, il ressort du compte-rendu d'audition de l'enquête administrative de l'IGPN que si M. Berbain a déclaré n'avoir jamais bénéficié de jours de " repos maison " non décomptés tels que ceux dont ont bénéficié les agents affectés au sein de l'unité " bravo ", il a cependant admis avoir obtenu annuellement un ou deux jours de repos non décomptés dans le logiciel de gestion du temps de travail en cas de fatigue ou lorsqu'il avait des problèmes de garde d'enfant. Alors même que ces repos n'auraient pas été dénommés " repos maison " ou " repos illégal " et n'auraient pas été accordés de manière systématique et pérenne comme ils l'étaient au sein de l'unité " bravo ", M. Berbain a cependant bénéficié de jours de repos non décomptés. Par suite, en énonçant que M. Berbain " profitait sciemment, dans le cadre de l'exercice de ses fonctions, d'un système officieux de gestion parallèle du temps de travail des effectifs, organisé par son chef d'unité, qui lui permettait -frauduleusement- de se voir octroyer gracieusement des fins de vacation avancées et des " repos maison " non décomptés de l'application administrative dédiée GEOPOL ", la décision attaquée n'est pas entachée d'inexactitude matérielle des faits.
En ce qui concerne l'inexacte qualification juridique des faits :
S'agissant du manquement à l'obligation de probité :
21. Il ressort de ses mentions mêmes que, s'agissant des jours de repos et des " départs avancés " non décomptés, la décision du 20 août 2021 relève que M. Berbain a manqué aux devoirs d'exemplarité, de loyauté et d'obéissance aux règles et sujétions de service relatives à la gestion du temps de travail. M. Berbain ne saurait ainsi utilement soutenir qu'il n'a pas manqué au devoir de probité résultant de l'article R. 434-9 du code de la sécurité intérieure pour contester la légalité de la décision attaquée, qui ne retient pas une telle qualification de ses manquements.
S'agissant de l'incident lors de la séance de tir dans la nuit du 7 au 8 juillet 2017 :
22. Aux termes du I de l'article R. 434-6 du code de la sécurité intérieure : " I. - Le supérieur hiérarchique veille en permanence à la préservation de l'intégrité physique de ses subordonnés. Il veille aussi à leur santé physique et mentale. Il s'assure de la bonne condition de ses subordonnés. ".
23. Il ressort des pièces du dossier que, entre 23h30 et minuit dans la nuit du 7 au 8 juillet 2017, un tir accidentel est parti de l'arme non sécurisée du moniteur qui animait cette séance. Le projectile est passé près du visage de l'un des six stagiaires. Les stagiaires, qui étaient en train d'écouter les explications du moniteur de tir, ne portaient pas de protection auditive. Prévenu de cet incident, M. Berbain, chef du centre de tir cette nuit-là, s'est assuré qu'il n'y avait aucun blessé et a laissé la séance de tir se poursuivre avec le même moniteur. Si M. Berbain fait valoir qu'il a fait le nécessaire en alertant le responsable de l'unité " alpha " de cet incident et en s'assurant de l'absence de blessure et de l'état de santé des stagiaires, il ressort cependant de son audition du 26 octobre 2017 qu'il ne s'est pas approché des stagiaires, qui étaient au fond du stand de tir pour s'assurer personnellement, non seulement de l'absence de blessures, mais également de choc auditif ou psychologique et a laissé la séance se poursuivre sur la seule base des déclarations du moniteur en charge de l'animation de cette séance indiquant que " tout le monde allait bien et était d'accord pour reprendre la séance ", après s'être borné à constater qu'une " collègue féminine rigolait ", que personne ne semblait prostré ou choqué et avoir relevé qu'aucun des stagiaires n'était venu se plaindre et n'avait montré de signe particulier de détresse. Il ressort cependant des pièces du dossier qu'à la suite de cet incident, plusieurs stagiaires ont subi un choc qualifié de " profond " par trois d'entre eux, des acouphènes, une gêne auditive et un bourdonnement aux oreilles, des maux de tête et que trois d'entre eux ont dû cesser temporairement leur travail immédiatement après cet incident.
24. Par suite, en énonçant que M. Berbain a manqué au " devoir de protection dû par l'autorité hiérarchique ", qui résulte du I de l'article R. 434-6 du code de la sécurité intérieure, et à " l'obligation de discernement par une action manifestement inadaptée ", la décision du 20 août 2021 n'est pas entachée d'inexacte qualification juridique des faits.
En ce qui concerne la faute :
25. En premier lieu, il résulte de ce qui est dit au point 20, que M. Berbain a bénéficié, en toute connaissance de cause, de la pratique des " départs avancés " non décomptés sur son temps de travail, à hauteur de deux à trois fois par semaine pendant dix ans, ainsi que d'un à deux jours de repos non décomptés par an. Alors même que cette pratique était généralisée et permettait, selon les pièces du dossier, de compenser les contraintes et le rythme de travail des agents de l'unité " alpha ", elle constitue un manquement à l'obligation de respecter les règles relatives au temps de travail de nature à justifier qu'une sanction disciplinaire soit infligée à M. Berbain.
26. En second lieu, il résulte de ce qui est dit au point 23 du présent jugement que lors de l'incident dans la nuit du 7 au 8 juillet 2017 dont il a été immédiatement informé, M. Berbain, en sa qualité de chef du stand de tir, n'a pas pris les mesures qui s'imposaient en s'assurant personnellement de l'état des stagiaires et en interrompant immédiatement la séance de tir. Ces manquements à son obligation de protection des stagiaires et à l'obligation de discernement sont de nature à justifier qu'une sanction disciplinaire lui soit infligée.
En ce qui concerne la proportionnalité de la sanction :
27. D'une part, il ressort des pièces du dossier et en particulier du rapport de l'IGPN, qu'ainsi qu'il a été dit, la pratique des temps de départs avancés et non décomptés sur le temps de travail des agents était généralisée et n'a fait l'objet d'aucun contrôle, ni même d'observations de la sous-direction de la formation dont les responsables successifs ont laissé une autonomie totale aux responsables des deux unités de nuit pour gérer le temps de travail de leurs agents. Il ressort également des pièces du dossier que M. Berbain n'ignorait pas bénéficier chaque année d'un à deux jours de repos à titre gracieux et de départs anticipés, non décomptés dans le logiciel de gestion du temps de travail, et qu'il ne pouvait méconnaître le caractère illégal de cette pratique. Eu égard à son caractère entièrement discrétionnaire au sein de l'unité " alpha ", à l'exception du mois de juillet 2016, M. Berbain ne saurait utilement soutenir qu'il ne pouvait refuser de bénéficier de ces jours de repos sans risquer d'être ostracisé par les autres agents de l'unité " alpha " et sa hiérarchie, alors, au surplus, qu'il ressort de son audition par l'IGPN qu'il a admis avoir bénéficié de ces jours en cas de grande fatigue ou de problèmes de garde d'enfants.
28. D'autre part, l'incident sur le stand de tir dans la nuit du 7 au 8 juillet 2017 présentait un caractère particulièrement grave, le projectile tiré depuis l'arme du moniteur de séance étant passé à quelques centimètres du visage de l'un des stagiaires. Ainsi qu'il a été dit au point 23, M. Berbain, en sa qualité de chef du stand de tir et alors qu'il est un policier particulièrement expérimenté, a adopté un comportement inadapté à la suite de cet incident.
29. Enfin, M. Berbain ne saurait utilement soutenir, pour contester la légalité de la sanction, qu'il a toujours été soucieux des conditions d'hygiène et de sécurité, qu'il est formateur prévention et secours civique de niveau 1 (PSC 1), qu'il a été privé de ses primes, d'une promotion au grade de major de police et d'une mutation à la direction de la coopération internationale. Il ne saurait davantage utilement soutenir au regard de l'office du juge de l'excès de pouvoir, que seule la sanction de l'avertissement aurait pu lui être infligée.
30. Par suite, eu égard au caractère grave des manquements de M. Berbain à ses obligations déontologiques, et alors même que ses appréciations étaient élogieuses et qu'il ressort des pièces du dossier qu'il est un bon agent, la sanction du deuxième groupe de l'exclusion temporaire de fonctions de cinq jours, assortie d'un sursis, n'est pas disproportionnée. Il suit de là qu'en infligeant M. Berbain une telle sanction, le ministre de l'intérieur n'a pas entaché la décision du 20 août 2021 d'erreur d'appréciation.
31. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 20 août 2021 doivent être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
32. Le présent jugement qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par M. Berbain n'appelle aucune mesure d'exécution. Ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte doivent, en conséquence, être rejetées.
Sur les conclusions indemnitaires :
33. En l'absence de toute faute de nature à engager la responsabilité de l'Etat, les conclusions indemnitaires présentées par M. Berbain tendant à la réparation du préjudice matériel et moral qu'il a subi en raison de la sanction disciplinaire litigieuse ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
34. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que demande M. Berbain au titre de ces dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. Berbain est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. G Berbain et au ministre de l'intérieur et des Outre-mer.
Délibéré après l'audience du 7 juin 2023, à laquelle siégeaient :
- Mme Grenier, présidente,
- Mme Caron, première conseillère,
- M. Connin, conseiller.
Rendu public par mise à disposition du greffe, le 22 juin 2023.
La présidente-rapporteure,
signé
C. GrenierL'assesseure la plus ancienne
dans le grade,
signé
V. Caron
La greffière,
signé
G. Le Pré
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-mer en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026