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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2207176

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2207176

vendredi 26 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2207176
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation3ème chambre
Avocat requérantSCP LONQUEUE SAGALOVITSCH EGLIE RICHTERS & ASSOCIÉS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 22 septembre 2022 et 7 février 2023, la société civile immobilière (SCI) Orsay Archange, représentée par Me Parmentier, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 27 avril 2022 par lequel le maire d'Orsay a délivré à la SCCV Orsay Cœur de Village un permis de construire, en vue de la réalisation d'un ensemble immobilier comprenant 95 logements, 3 unités commerciales, un poste de transformation électrique et des places de stationnement en sous-sol, ainsi que la décision du 22 juillet 2022 rejetant son recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge de la commune d'Orsay une somme de 3 000 euros, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- elle a intérêt à agir ;

- l'arrêté contesté a été signé par une autorité incompétente dès lors que le caractère exécutoire de l'arrêté de délégation produit n'est pas établi et que celui-ci est en tout état de cause illégal ;

- il existe une discordance entre, d'une part, les renseignements indiqués dans le point 3.1 du formulaire Cerfa et d'autre part, la localisation précisée dans l'arrêté du 25 avril 2022 ;

- il n'est pas établi que la troisième page de la pièce PC 17 produite par la société pétitionnaire était jointe à la demande de permis de construire dès lors qu'elle ne lui a pas été communiquée et ne comporte pas le tampon de la commune ;

- la notice comporte des informations contradictoires quant à la proportion que représentent les logements sociaux dans le projet, qui ont été de nature à induire en erreur la commune dans l'appréciation du respect de l'article UCV-3 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) ;

- il existe une discordance entre les renseignements indiqués dans le point 5.7 du formulaire Cerfa et celles précisées dans la notice d'information quant au nombre de places de stationnement ;

- le dossier de demande de permis de construire ne mentionne pas les matériaux des cheminées des bâtiments A, C, D et E et ne permet ainsi pas de vérifier le respect des dispositions du point 9.1.5 de l'article UCV-9 du règlement du PLU ;

- il ne permet pas davantage d'apprécier la conformité du projet aux dispositions du point 15.1.5 du règlement du PLU qui prévoit que le nombre de stationnement de vélos et de poussettes doit correspondre à 1,5% de la surface de plancher des logements ;

- le secteur de plan de masse n°1 du PLU d'Orsay est illégal en ce qu'il n'est pas côté aux trois dimensions comme l'impose l'article R. 414-50 du code de l'urbanisme, qu'il contrevient aux orientations du projet d'aménagement et de développement durables (PADD) en portant atteinte à la sécurité des piétons et des cyclistes et en ce qu'il bénéficie à une seule unité foncière et un seul promoteur ;

- le projet n'est pas conforme au secteur de plan de masse n°1 en ce que les bâtiments A et B ne sont pas implantés sur les limites des emprises matérialisées sur ce plan ;

- le projet méconnait l'article UCV-3 du règlement du PLU dans la mesure où les logements sociaux ne représentent que 27,06% de la surface totale de plancher créée ;

- il méconnait l'article UCV-8 du règlement du PLU dès lors que la hauteur des bâtiments A, C, D et E dépasse les cotes NGF mentionnées sur le plan de masse du secteur ;

- il méconnait l'article UCV-9.1 du règlement du PLU dès lors que le projet, par son ampleur, ses dimensions et l'aspect extérieur des constructions, porte atteinte au caractère " rustique " et " provincial " de l'îlot de la Poste ;

- le projet a un impact négatif sur les paysages naturels du quartier et méconnait ainsi l'article UCV-9.1.1. du règlement du PLU ;

- les façades du projet ne bénéficient d'aucune ornementation ou végétalisation, en méconnaissance de l'article UCV-9.1.4 du règlement du PLU ;

- la lucarne en saillie de la façade 01 du bâtiment A et les lucarnes en saillie de la façade AA' du bâtiment A dépassent le gabarit des constructions défini à l'article UCV-9.1.5 du règlement du PLU ;

- les toitures terrasses du projet couvrent plus de 50% de l'emprise des bâtiments qu'elles couronnent, que l'on considère les bâtiments B, C et D pris globalement ou les bâtiments A, B, C et D pris isolément ;

- aucun espace permettant le stockage de 10 mètres linéaires n'a été prévu au niveau de la rampe d'accès au parking, en méconnaissance de l'article UCV-15.2 du règlement du PLU ;

- la surface de 70,15 m² prévue pour le stationnement des deux-roues motorisés méconnait l'article UCV-15.1.4 du règlement du PLU en ce qu'elle est inférieure à 1% de la surface de plancher totale qui s'élève à 7 287 m2 ;

- le projet méconnaîtrait les dispositions de l'article UCV- 15.1.6 du règlement du PLU, dès lors que la place de stationnement dédiée aux livraisons n'est pas facilement accessible depuis le domaine public et présente un risque pour la sécurité des usagers et des piétons utilisant la future place publique ;

- le permis de construire méconnaît l'article UCV-16.1.2. du règlement du PLU dans la mesure où certaines façades du projet ne sont pas directement accessibles aux pompiers ;

- le permis de construire litigieux est incompatible avec les dispositions de l'orientation d'aménagement et de programmation (OAP) B-1 relative à l'îlot de la Poste ;

- le projet méconnait l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme dans la mesure où les accès au parc de stationnement et à l'aire de livraison sont de nature à engendrer des risques pour la sécurité des piétons et des cyclistes ;

- il n'est pas établi que la ventilation du bâtiment E se trouverait à plus de huit mètres de certaines fenêtres de ce même bâtiment, comme l'impose l'article 63.1 du règlement sanitaire départemental de l'Essonne.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 7 décembre 2022 et 21 février 2023, la SCCV Orsay Cœur de Village, représentée par Me Bachelier, conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à l'application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et, en tout état de cause, à ce que soit mise à la charge de la SCI Orsay Archange une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable, faute d'intérêt à agir de la SCI Orsay Archange et en raison de sa tardiveté, en l'absence de preuve que le recours gracieux lui a été notifié dans le délai de 15 jours fixé par l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;

- aucun des moyens soulevés dans la requête n'est, en tout état de cause, fondé.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 12 janvier 2023 et 21 février 2023, la commune d'Orsay, représentée par Me Sagalovitsch, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de la SCI Orsay Archange d'une somme de 7 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable, faute d'intérêt à agir de la SCI Orsay Archange et de preuve que le recours gracieux a été notifié à la société pétitionnaire dans le délai de 15 jours fixé par l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;

- aucun des moyens soulevés dans la requête n'est, en tout état de cause, fondé.

Par lettre du 6 janvier 2023, les parties ont été averties, en application de l'article R. 611-11­1 du code de justice administrative, que l'instruction était susceptible d'être close sans avertissement préalable à compter du 26 janvier 2023, dans les conditions prévues par le dernier alinéa de l'article R. 613-1 du même code.

Par ordonnance du 13 mars 2023, la clôture immédiate de l'instruction a été prononcée, en application des articles R. 613-1 et R. 611-11-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le règlement sanitaire du département de l'Essonne ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Amar-Cid ;

- les conclusions de M. Maitre, rapporteur public ;

- les observations de Me Horeau, représentant la SCI Orsay Archange ;

- les observations de Me Schvartz pour la commune d'Orsay ;

- et les observations de Me Boyer pour la SCCV Orsay Cœur de Village.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 27 avril 2022, le maire d'Orsay a délivré à la SCCV Orsay Cœur de Village un permis de construire, en vue de la réalisation d'un ensemble immobilier comprenant 95 logements, 3 unités commerciales, un poste de transformation électrique et des places de stationnement en sous-sol. La SCI Orsay Archange demande l'annulation de cet arrêté ainsi que de la décision rejetant son recours gracieux.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne la compétence du signataire de la décision attaquée :

2. Il ressort des pièces du dossier que par un arrêté n°20-92 du 12 juin 2020, M. A B, signataire de la décision attaquée et 6ème adjoint au maire d'Orsay, a reçu de celui-ci délégation en matière d'urbanisme aux fins notamment de signer les permis de construire. Il résulte, par ailleurs, des mentions apposées sur cet arrêté, qui font foi jusqu'à preuve du contraire et qui ne sont en l'espèce pas sérieusement contestées, que celui-ci a été transmis en préfecture le 15 juin 2020 et publié le 17 juin 2020. Si cet arrêté, qui n'est devenu exécutoire qu'à compter du 17 juin 2020, ne pouvait légalement prévoir que cette délégation entre en vigueur le 9 juin 2020, une telle illégalité n'affecte cet arrêté qu'en tant qu'il porte sur la période antérieure à son entrée en vigueur. Par suite, à la date du 27 avril 2022, le signataire de la décision attaquée était titulaire d'une délégation régulière à cette fin. Le moyen tiré de l'incompétence de ce dernier ne peut, dès lors, qu'être écarté.

En ce qui concerne le dossier de permis de construire :

3. La circonstance qu'un dossier de demande de permis de construire soit incomplet ou comporte des pièces insuffisantes, imprécises ou inexactes n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire accordé que dans le cas où ces omissions, inexactitudes ou insuffisances ont été de nature à fausser l'appréciation de l'administration sur la conformité du projet à la réglementation, sans que l'autorité compétente ne soit en mesure, grâce aux autres pièces produites, d'apprécier l'ensemble des critères énumérés par ces dispositions.

4. En premier lieu, si la rubrique 3.1 du formulaire Cerfa mentionne que le terrain d'assiette du projet est situé aux 36 et 36 ter rue de Paris à Orsay, il résulte tant de la rubrique 5.2 de ce document que du cartouche de l'ensemble des plans du dossier qu'il s'étend également au 24 de cette même rue. Le dossier dresse, par ailleurs, la liste des parcelles cadastrales sur lesquelles prend place le projet et comporte un plan de situation qui délimite précisément l'emprise foncière de celui-ci. Ainsi, contrairement à ce qui est soutenu, le dossier de permis de construire permettait d'apprécier la localisation exacte du projet.

5. En deuxième lieu, si la SCI Orsay Archange fait valoir que la pièce PC17 est incomplète en ce qu'elle ne précise pas la typologie des logements au sein des bâtiments D et E, elle ne précise pas la règle dont cette omission aurait empêché de vérifier le respect. Au demeurant, une telle information figure dans la notice du projet (rubrique B7). Le moyen ne peut, par suite, qu'être écarté.

6. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier de permis de construire que la notice précise la surface de plancher des logements des différents bâtiments projetés et la surface dédiée au stationnement des vélos et des poussettes au sein de chaque bâtiment. La commune était ainsi, en dépit de l'incomplétude alléguée de la pièce PC17, en mesure de vérifier le respect des dispositions de l'article UCV-15.1.5 du règlement du PLU qui exigent une surface affectée au stationnement des vélos et des poussettes au moins égale à 1,5% de la surface de plancher des logements. Par ailleurs, la circonstance que la notice fasse état de modalités de calcul fondées sur les dispositions nationales plus exigeantes en la matière n'est pas de nature à avoir induit en erreur la commune dans l'appréciation du respect des dispositions de l'article UCV-15 du règlement du PLU.

7. En quatrième lieu, il ressort des pièces du dossier de permis de construire, en particulier de la notice, que les logements sociaux prévus par le projet, qui correspondent aux logements du bâtiment A, représentent une surface de plancher de 1 972 m2 pour une surface totale de plancher des logements à réaliser de 6 543 m2. Au vu de ces éléments, la commune était en mesure d'apprécier la conformité du projet aux dispositions de l'article UCV-3 du règlement du PLU qui exigent la réalisation de 30% de la surface de plancher en logements locatifs sociaux. En outre, la circonstance que la notice indique, par ailleurs, que le projet comporte 30 logements sociaux sur un total de 95 logements, soit 32% de logements sociaux, n'est pas de nature à avoir induit en erreur la commune dans l'appréciation du respect de ces dispositions.

8. En cinquième lieu, il ressort de la notice et des plans de niveaux que le projet prévoit la réalisation de 137 places de stationnement pour les logements et un emplacement de stationnement réservé aux livraisons. De telles informations ne sont pas discordantes avec celles ressortant du formulaire Cerfa qui fait état de 138 places de stationnement. Le moyen tiré d'une incohérence des pièces du dossier de permis de construire sur ce point manque donc en fait et doit être écarté.

9. En sixième lieu, contrairement à ce qui est soutenu, la notice indique que, pour chaque bâtiment, les émergences en toiture seront en maçonnerie enduite ou en tôle métallique de teinte sombre et précise ainsi les matériaux avec lesquels seront traitées les cheminées des bâtiments A, C, D et E. La société requérante n'est ainsi pas fondée à soutenir que le dossier de permis de construire ne permettait pas de vérifier le respect des dispositions de l'article UCV-9.1.5 du règlement du PLU.

En ce qui concerne l'illégalité par voie d'exception du secteur de plan de masse :

10. Aux termes de l'article R. 151-40 du code de l'urbanisme : " Dans les zones U, AU, dans les secteurs de taille et de capacité d'accueil limitées délimités en application de l'article L. 151-13, ainsi que dans les zones où un transfert des possibilités de construction a été décidé en application de l'article L. 151-25, le règlement peut définir des secteurs de plan masse côté en trois dimensions ".

11. Si un permis de construire ne peut être délivré que pour un projet qui respecte la réglementation d'urbanisme en vigueur, il ne constitue pas un acte d'application de cette réglementation. Par suite, un requérant demandant l'annulation d'un permis de construire ne saurait utilement se borner à soutenir qu'il a été délivré sous l'empire d'un document d'urbanisme illégal, quelle que soit la nature de l'illégalité dont il se prévaut. Cependant, il résulte de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme que la déclaration d'illégalité d'un document d'urbanisme a, au même titre que son annulation pour excès de pouvoir, pour effet de remettre en vigueur le document d'urbanisme immédiatement antérieur. Dès lors, il peut être utilement soutenu devant le juge qu'un permis de construire a été délivré sous l'empire d'un document d'urbanisme illégal - sous réserve, en ce qui concerne les vices de forme ou de procédure, des dispositions de l'article L. 600-1 du même code -, à la condition que le requérant fasse en outre valoir que ce permis méconnaît les dispositions pertinentes ainsi remises en vigueur.

12. En l'espèce, si la SCI Orsay Archange se prévaut, par la voie de l'exception, de l'illégalité du secteur de plan de masse n°1 du PLU d'Orsay, elle ne soutient pas que le permis de construire délivré méconnait les dispositions pertinentes qui seraient remises en vigueur du fait d'une telle illégalité. Par suite, le moyen doit être écarté comme inopérant.

En ce qui concerne la non-conformité du projet au secteur de plan de masse :

13. Aux termes de l'article UCV-4 du règlement du PLU : " () 4.2.4. Dans le secteur de plan de masse n°1, les constructions : doivent s'implanter à l'intérieur des emprises définies audit plan. () " Aux termes de l'article UCV-5 de ce règlement : " () 5.1.6. Dans le secteur de plan de masse n°1, les dispositions des articles 5.1.2 à 5.1.5 ne s'appliquent pas. Les constructions doivent s'implanter à l'intérieur des emprises définies audit plan. () " Aux termes de son article UCV-6 : " () 6.2.3. Pour le secteur de plan de masse n°1, les dispositions des articles 6.1.1 à 6.1.3 ne s'appliquent pas. Les constructions s'implantent librement par rapport aux autres constructions dès lors qu'elles s'établissent à l'intérieur des emprises définies audit plan. "

14. Il résulte de ces dispositions que les constructions situées dans le périmètre du secteur de plan de masse n°1 défini par le règlement du PLU d'Orsay doivent s'implanter " à l'intérieur des emprises " définies au plan masse. Par suite, le moyen tiré de ce que les emprises des constructions projetées ne correspondent pas en tous points à celles matérialisées sur le plan de masse n°1 doit être écarté comme inopérant.

En ce qui concerne le pourcentage de logements sociaux :

15. Aux termes de l'article UCV-3 du règlement du PLU : " 3.1. Les programmes de logements réalisés sur une même unité foncière ou sur plusieurs unités foncières contigües, en un seul ou en plusieurs bâtiments, et qui portent, après projet, sur une surface de plancher totale supérieure à 400 m² à usage d'habitation (y compris les surfaces affectées aux circulations : hall, couloirs, paliers) ou qui se composent de 6 logements au moins ne sont autorisés que s'ils comportent au minimum 30% de surface de plancher destinée à des logements sociaux au titre de la loi Solidarité et Renouvellement Urbain (SRU) ".

16. Eu égard à l'objet et à la lettre de ces dispositions, le respect du taux de 30% qu'elles imposent s'apprécie non au regard de la totalité de la surface de plancher créée par le projet mais uniquement de celle affectée aux logements. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier, ainsi qu'indiqué au point 7, que le projet prévoit la création de 6 543 m2 de surface de plancher affectée aux logements dont 1972 m2 pour des logements sociaux, soit une proportion de plus de 30%, conformément aux dispositions de l'article UCV-3 du règlement du PLU.

En ce qui concerne le respect des règles de hauteur :

17. Aux termes de l'article UCV-8 du règlement du PLU : " Champ d'application / Ne sont pas comptabilisés dans la hauteur maximale autorisée : / * Les souches de cheminées ; () / Le niveau de référence pour la mesure de hauteur est celui de la voie de desserte du terrain pour le 1er plateau de 15 mètres de profondeur et celui du terrain existant avant travaux pour les plateaux de 15 mètres de profondeur suivants (référence prise à l'entame du plateau). Dans le cas de terrains traversants, la tranche de 15 mètres (ou moins) servant de jonction entre le niveau haut et le niveau bas est prise au regard de la rue la plus basse. Les schémas suivants illustrent cette définition. () / 8.3. Dispositions applicables au secteur de plan de masse n°1 / 8.3.1. Dans le secteur de plan de masse n°1 les dispositions des articles 8.1. et 8.2. ne s'appliquent pas. / 8.3.2. Pour chaque emprise définie au secteur de plan de masse, la hauteur maximale des constructions ou des parties de construction devra être inférieure ou égale à la cote NGF indiquée au dit plan. De plus, les constructions ou des parties de construction ne devront pas présenter un nombre de niveaux supérieurs à celui indiqué au dit plan. "

18. Ces dispositions prévoient que " dans le secteur de plan de masse n°1, les dispositions des articles 8.1 et 8.2 ne s'appliquent pas " et que " la hauteur maximale des constructions ou des parties de construction devra être inférieure ou égale à la cote NGF indiquée au dit plan ". Elles n'excluent pas, en revanche, l'application dans ce secteur des dispositions liminaires de l'article UCV-8 du règlement du PLU relatives à son champ d'application qui prévoient notamment que les souches de cheminées ne sont pas comptabilisées dans la hauteur maximale autorisée. En outre, les dispositions de l'article UCV-9.1.5 du règlement du PLU qui prévoient que " les cheminées peuvent dépasser du volume de la toiture et excéder de 50 cm la hauteur définie à l'article 8 " sont, en l'absence de dispositions contraires, applicables dans le secteur de plan de masse n°1, contrairement à celles de l'article UCV-9.1.2 Or, en l'espèce, il ressort des pièces du dossier que le projet respecte bien, cheminées exclues, les hauteurs maximales autorisées mentionnées sur le plan de masse n°1 et que ses cheminées ne s'élèvent pas à plus de 50 centimètres au-dessus des cotes NGF maximales figurant sur ce plan. A cet égard, l'émergence en toiture que pointe la société requérante correspond, non pas à un édicule d'ascenseur, mais à un conduit de ventilation qui, eu égard à son usage et à son aspect, est assimilable à une cheminée et pouvait donc excéder de 50 centimètres la hauteur maximale mentionnée sur le plan de masse. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UCV-8 du règlement du PLU peut être écarté.

En ce qui concerne l'aspect extérieur des constructions :

19. En premier lieu, aux termes de l'article UCV-9.1 du règlement du PLU d'Orsay : " 9.1. Dispositions générales / Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. / 9.1.1. Les constructions doivent s'insérer dans le paysage naturel et bâti. Cette intégration doit respecter au mieux la végétation existante, le site bâti ou non et le relief naturel du terrain. () ".

20. Pour rechercher l'existence d'une atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains de nature à fonder le refus de permis de construire ou les prescriptions spéciales accompagnant la délivrance de ce permis, il appartient à l'autorité compétente d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site naturel ou urbain sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site.

21. Il ressort des pièces du dossier que le projet prend place dans le centre historique d'Orsay, sur l'îlot de la Poste, qui comporte des constructions identifiées par le PLU comme " remarquables " dans sa partie nord-est et " de caractère " dans sa partie sud-est mais également un parking en son centre et des constructions sans intérêt particulier dont celle qui abrite la Poste au nord-ouest, destinée à être démolie. L'environnement proche du projet comprend, quant à lui, des constructions beaucoup plus modernes en R+2+C voire R+3 le long de la rue Ernest Lauriat et de la rue de Paris. Son environnement plus lointain est marqué par l'hétérogénéité du bâti dont l'architecture et les volumes sont très variés. Il ressort, par ailleurs, des pièces du dossier que le projet s'inscrit dans le cadre d'un aménagement global de l'îlot de la Poste dont les contours ont été définis par un secteur de plan de masse et dont la mise en œuvre fait l'objet d'un projet urbain partenarial. En particulier, l'implantation des constructions a été pensée en lien avec l'aménagement de nouveaux espaces publics concourant à la requalification de l'îlot dans son ensemble. En outre, pour assurer une transition harmonieuse avec le bâti environnant, les bâtiments A et E du projet, qui s'ouvrent sur la partie la plus ancienne du centre-ville, répondent à une architecture traditionnelle avec toitures à pentes et lucarnes en R+1+C à R+3+C tandis que les bâtiments B, C et D, qui culminent à R+3+attique, s'inscrivent dans un parti d'urbanisme plus moderne dans la partie centrale de l'îlot et dans sa partie sud-est. Dans ces conditions, il n'apparait pas que le projet, par sa hauteur ou son gabarit, s'inscrirait en rupture avec son environnement bâti ou porterait atteinte au caractère et à l'intérêt des constructions avoisinantes, notamment celles identifiées au PLU, les considérations liées à son impact sur la circulation dans le quartier étant quant à elles inopérantes. Si le projet prévoit, par ailleurs, de supprimer une partie de la végétation existante, ni les dispositions de l'article UCV-9.1.1 ni d'ailleurs celles de l'article UCV-12.1 du règlement du PLU n'imposent le maintien des plantations existantes. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que le projet conserve 3 arbres importants et aménage un espace végétalisé de plus de 1 000 m2 dans la partie sud du terrain avec de nombreuses plantations, en complément des espaces publics à créer qui seront également végétalisés. Au vu de ces éléments, la société requérante n'est pas fondée à soutenir que le projet ne s'insérerait pas dans le paysage naturel dans lequel il s'implante ni qu'il ne respecterait pas au mieux la végétation existante, la circonstance qu'il impliquerait de supprimer des arbres sur le parking Kempen étant à cet égard sans incidence. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UCV-9.1 du règlement du PLU ne peut être accueilli.

22. En deuxième lieu, aux termes de l'article UCV-9.1.2 : " 9.1.2. Composition générale : () / Le volume de la construction doit s'inscrire dans un gabarit défini par : -l'emprise au sol réelle ; / - la hauteur de façade ou à l'acrotère autorisée ; / - la hauteur maximale autorisée ; / - un quart de cercle reliant la hauteur de façade ou d'acrotère autorisée et la hauteur maximale autorisée. () / Les dispositions du présent article ne s'appliquent pas au secteur de plan de masse n°1. () ". Aux termes de l'article UCV-9.1.5 : " 9.1.5 Toitures : () Pour les constructions situées hors du secteur de plan de masse n°1, les lucarnes en saillie peuvent dépasser du gabarit de la construction à condition que leur longueur cumulée soit inférieure au tiers de la longueur de la façade, qu'elles ne soient pas accolées et qu'elles soient en retrait du plan de la façade. / Les toitures terrasses peuvent être admises à condition de correspondre au moins à l'un des cas suivants : / - être aménagées sur les constructions appartenant à la sous-destination " autres équipements recevant du public " (sous destination 4.6) ; / - couvrir moins de 50% de l'emprise du bâtiment ; / - faire l'objet d'un traitement végétalisé sur au moins 80% de la superficie de toiture réalisée en terrasse ; / - être destinées à recevoir des installations de type panneaux solaires ou photovoltaïque sur au moins 80% de la superficie de toiture réalisée en terrasse, déduction faite de la partie occupée par des édicules ou ouvrages techniques ; / Dans tous les cas, le traitement des toitures-terrasses (volumes, matériaux, couleurs) doit garantir leur bonne insertion dans le site, y compris depuis les points de vue éloignés. () ".

23. D'une part, les dispositions de l'article UCV-9.1.2 qui prévoient l'inscription du volume des constructions dans un gabarit précisent qu'elles ne sont pas applicables au secteur de plan de masse n°1. Par suite, le moyen tiré de ce que le projet comporterait, en méconnaissance de l'article UCV-9.1.5 du règlement du PLU, des lucarnes en saillies dépassant ce gabarit est inopérant.

24. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que les bâtiments A, B, C et D du projet sont contigus et forment une " enveloppe " extérieure unique regroupée autour d'une cour centrale. Ces bâtiments disposent, en outre, d'un parc de stationnement commun en sous-sol qui relie leurs cages d'escaliers et de réseaux communs. Eu égard aux liens physiques et fonctionnels qui les relient et à l'objet de la règle en cause, ces bâtiments peuvent être regardés comme formant un seul et même bâtiment pour l'application des dispositions de l'article UCV-9.1.5 du règlement du PLU limitant à moins de 50% de l'emprise du bâtiment la surface des toitures terrasses. Or, en l'espèce, il ressort de la notice du projet que les bâtiments A, B, C et D intègrent 921 m² de toitures terrasses qui couvrent 47% de l'emprise totale de ces bâtiments, en conformité avec les dispositions de l'article UCV-9.1.5 du règlement du PLU.

25. En troisième lieu, aux termes de l'article UCV-9.1.4 du règlement du PLU : " 9.1.4. Façades : () / • Les façades aveugles doivent être traitées avec le même soin que les façades principales. Leur ornementation ou leur végétalisation doit être recherchée. () ".

26. Il ressort des pièces du dossier que les façades tant principales qu'aveugles seront traitées en enduit blanc taloché et seront ainsi traitées avec le même soin, conformément aux dispositions citées au point précédent. Par ailleurs, si celles-ci prévoient que l'ornementation ou la végétalisation des façades doit être recherchée, elles ne l'imposent pas. Par suite, la circonstance qu'aucune ornementation ou végétalisation des façades ne soit en l'espèce prévue n'est pas de nature à entacher d'illégalité l'arrêté de permis de construire litigieux.

En ce qui concerne la réalisation d'aires de stationnement :

27. Aux termes de l'article UCV-15 du règlement du PLU : " Champ d'application / Les règles applicables aux constructions ou établissements non prévus dans le tableau et les dispositions ci-dessous sont celles qui s'appliquent aux établissements qui leur sont le plus directement assimilables. / Chaque fois qu'une construction comporte plusieurs destinations, le nombre total des places de stationnement exigibles sera déterminé en appliquant à chacune d'entre elles la norme qui lui est propre. () / 15.1.4. Normes de stationnement des deux-roues motorisés / Pour toute construction à destination d'habitation ou de bureau supérieure à 500 m² de surface de plancher, il est exigé une aire de stationnement pour deux-roues motorisés dont la surface, calculée au prorata de la surface de plancher pour ces destinations, ne peut être inférieure à 1 % de la surface de plancher, avec un minimum de 5 m². () / 15.1.6. Réalisation d'aires de stationnement pour les livraisons / Les emplacements nécessaires et adaptés pour assurer toutes les opérations usuelles de chargement, déchargement et manutention pour les livraisons doivent être réalisés sur les emprises privées. Une aire de stationnement pour les livraisons doit être prévue pour les constructions neuves dont la surface de plancher totale atteint les seuils ci-dessous : / * Pour les constructions de plus de 1 000 m² de surface de plancher à destination de commerce de détail et artisanat et de bureaux ; / * Pour les constructions de plus de 200 m² de surface de plancher à destination d'entrepôts et de commerce de gros ; / * Pour les constructions de plus de 5 000 m² de surface de plancher à destination d'habitation. / L'aire doit être facilement accessible depuis le domaine public et avoir les caractéristiques minimales suivantes : / * Largeur : 3,5 mètres ; / * Longueur : 8 mètres ; / * Hauteur : 4,2 mètres. / 15.2. Dispositions particulières / 15.2.1. Les rampes d'accès aux espaces de stationnement de plus de 10 places doivent permettre le croisement de véhicules au sein de l'unité foncière afin d'éviter l'attente sur le domaine public. Pour ce faire, ces rampes devront prévoir, immédiatement après l'alignement, un espace permettant le stockage de 10 mètres linéaires. () "

28. En premier lieu, les dispositions de l'article 15.1.4 n'imposent la création d'une aire de stationnement pour deux-roues motorisés que pour les seules constructions à destination d'habitation ou de bureau supérieure à 500 m² de surface de plancher et prévoient que sa surface doit être supérieure ou égale, avec un minimum de 5 m2, à 1 % de la surface de plancher affectée à ces destinations. C'est donc à tort que pour calculer la surface minimale de l'aire que doit comporter le projet pour être conforme à ces dispositions que la société requérante tient compte de la surface de plancher affectée aux commerces et à la restauration. Il ressort, en l'espèce, des pièces du dossier que l'aire de stationnement pour deux-roues motorisés, d'une surface de 70,15 m², prévue par le projet représente plus de 1% des 6 543 m2 de surface de plancher destinée à l'habitation que celui-ci prévoit de réaliser. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UCV-15.1.4 du règlement du PLU ne peut, par suite, être accueilli.

29. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que l'aire de stationnement dédiée aux livraisons que prévoit le projet est desservie par la future place publique dont l'aménagement, prévu par l'orientation d'aménagement et de programmation de l'" îlot de la Poste ", sera réalisé par la communauté d'agglomération Paris-Saclay dans le cadre de la convention de projet urbain partenarial conclue le 7 avril 2022 entre cette dernière, la commune d'Orsay et la société pétitionnaire. Il ressort, par ailleurs, des pièces du dossier que les véhicules de livraison pourront accéder à cette aire de stationnement par le nord de l'îlot sans passer devant les commerces et terrasses et pourront faire demi-tour, sans risque pour les usagers du domaine public, compte tenu de la configuration des lieux et des aménagements qui pourront y être réalisés par la communauté d'agglomération Paris-Saclay pour isoler la voie de desserte de l'aire de livraison des autres espaces d'agréments. La société requérante n'est ainsi pas fondée à soutenir que cette aire ne serait pas facilement accessible depuis le domaine public et méconnaitrait ainsi les dispositions de l'article UCV-15.1.6 du règlement du PLU.

30. En troisième lieu, il ressort du plan du sous-sol que le projet prévoit une rampe d'accès au parking qui comporte un espace linéaire de 12 mètres et permet le croisement des véhicules et ainsi le stockage des véhicules en attente. Par suite, le moyen tiré de ce que la rampe d'accès au parking ne comporterait pas l'espace permettant le stockage de 10 mètres linéaires exigé par les dispositions de l'article UCV-15.2 du règlement du PLU manque en fait et doit être écarté.

En ce qui concerne les conditions de desserte des terrains pour les services de lutte contre l'incendie :

31. Aux termes de l'article UCV-16 du règlement du PLU : " () 16.1.2. Les terrains doivent être desservis par des voies publiques ou privées, dans des conditions répondant à l'importance et à la destination de l'immeuble ou de l'ensemble d'immeubles à édifier, notamment en ce qui concerne la commodité, la sécurité de la circulation et des accès, ainsi que les moyens d'approche permettant une lutte efficace contre l'incendie. () ".

32. Ces dispositions n'imposent pas, contrairement à ce qui est allégué, que toutes les façades de tous les corps de bâtiments d'un projet de construction soient directement accessibles aux échelles de pompiers mais seulement que le projet dans son ensemble bénéficie d'une desserte suffisante pour permettre la lutte efficace contre l'incendie. En l'espèce, il ressort de la notice, qui comporte un schéma des accès pompiers, que tel est bien le cas, les bâtiments A et E étant directement accessibles depuis la rue de Paris et les bâtiments B, C et D via leurs escaliers respectifs situés à moins de 50 mètres de la voie engin en impasse donnant sur la rue de Paris. Le service départemental d'incendie et de secours a d'ailleurs émis le 31 janvier 2022 un avis favorable au projet, assorti de prescriptions dont l'arrêté litigieux impose à son article 4 le respect. Dans ces conditions, il ne ressort pas des pièces du dossier que le projet autorisé n'offrirait pas aux pompiers des moyens d'approche permettant une lutte efficace contre l'incendie.

En ce qui concerne le risque d'atteinte à la sécurité publique :

33. Aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ". Il appartient à l'autorité compétente et au juge de l'excès de pouvoir, pour apprécier si les risques d'atteintes à la salubrité ou à la sécurité publique justifient un refus de permis de construire sur le fondement de ces dispositions, de tenir compte tant de la probabilité de réalisation de ces risques que de la gravité de leurs conséquences, s'ils se réalisent.

34. Il ressort des pièces du dossier que le projet comporte un parc de stationnement dont l'accès est situé rue de Paris, au niveau du bâtiment E, sur une portion de voie à sens unique, limitée à 30 km/h où, compte tenu de la configuration des lieux et de la largeur de la voie, la visibilité est suffisante pour permettre les entrées et sorties des véhicules du projet dans des conditions de sécurité satisfaisantes, y compris pour les usagers du contre-sens cyclable qui borde cet accès. De même, ainsi qu'il a été dit au point 29, l'accès à l'aire de livraison depuis l'espace public n'est pas de nature à créer des risques particuliers. Par suite, la société requérante n'est pas fondée à soutenir que le maire d'Orsay a commis une erreur manifeste d'appréciation en délivrant l'autorisation contestée, l'impact du projet sur l'intensité du trafic dans le quartier étant par ailleurs sans incidence sur ce point.

En ce qui concerne la méconnaissance du règlement sanitaire départemental :

35. Le premier alinéa de l'article L. 421-6 du code de l'urbanisme dispose : " Le permis de construire ou d'aménager ne peut être accordé que si les travaux projetés sont conformes aux dispositions législatives et réglementaires relatives à l'utilisation des sols, à l'implantation, la destination, la nature, l'architecture, les dimensions, l'assainissement des constructions et à l'aménagement de leurs abords et s'ils ne sont pas incompatibles avec une déclaration d'utilité publique. ". Aux termes de l'article 63.1 du règlement sanitaire départemental de l'Essonne : " les prises d'air neuf et les ouvrants doivent être placés en principe à au moins huit mètres de toute source éventuelle de pollution, notamment véhicules, débouchés de conduits de fumée, sortie d'air extrait, ou avec des aménagements tels qu'une reprise d'air pollué ne soit pas possible. / L'air extrait des locaux doit être rejeté à au moins huit mètres de toute fenêtre ou de toute prisez d'air neuf sans aménagements tels qu'une reprise d'air pollué ne soit pas possible ".

36. Les dispositions des règlements sanitaires départementaux ne peuvent être utilement invoquées au soutien d'un refus de permis de construire que lorsqu'elles concernent l'implantation des constructions, leur destination, leur nature, leur architecture, leurs dimensions, leur assainissement et l'aménagement de leurs abords au sens des dispositions de l'article L. 421-6 du code de l'urbanisme. La distance des conduits de fumée par rapport aux fenêtres des habitations ne se rattachant à aucune de ces considérations, la société requérante ne peut utilement invoquer la méconnaissance des dispositions de l'article 63.1 du règlement sanitaire départemental de l'Essonne au motif que la ventilation du bâtiment E se trouverait à plus de huit mètres de certaines fenêtres de ce bâtiment.

En ce qui concerne l'incompatibilité du projet avec l'OAP de l'îlot de la Poste :

37. Il résulte de ce qui a été dit aux points 16 et 21 que le projet ne contrarie pas l'OAP de l'îlot de la Poste, notamment ces orientations visant la réalisation d'un programme de logements comprenant 30% de logements aidés et la préservation du patrimoine bâti et du caractère d'ancien bourg patrimonial sur le front bâti de la rue de Paris. Par ailleurs, la SCI Orsay Archange ne peut utilement faire valoir que le projet ne respecterait pas l'étude urbaine et économique réalisée par un bureau d'étude spécialisé et n'aurait pas fait l'objet d'une concertation avec les habitants de l'îlot de la Poste dès lors que ces considérations méthodologiques ne constituent pas des orientations d'aménagement et de programmation au sens de l'article L. 151-6 du code de l'urbanisme avec lesquelles le projet doit être compatible.

38. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir opposées en défense, que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

39. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune d'Orsay et de la SCCV Orsay Cœur de Village, qui ne sont pas dans la présente instance les parties perdantes, la somme que demande la SCI Orsay Archange au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de mettre à la charge de cette dernière, en application de ces mêmes dispositions, une somme de 2 000 euros à répartir à parts égales entre la commune d'Orsay et la SCCV Orsay Cœur de Village.

DÉCIDE :

Article 1er : La requête de la SCI Orsay Archange est rejetée.

Article 2 : Les requérants verseront une somme de 2 000 euros à répartir à parts égales entre la commune d'Orsay et la SCCV Orsay Cœur de Village, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SCI Orsay Archange, à la SCCV Orsay Cœur de Village et à la commune d'Orsay.

Délibéré après l'audience du 12 mai 2023, à laquelle siégeaient :

- Mme Rollet-Perraud, présidente,

- Mme Fejérdy, première conseillère,

- Mme Amar-Cid, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 mai 2023.

La rapporteure,

signé

J. Amar-Cid

La présidente,

signé

C. Rollet-Perraud

La greffière,

signé

K. Dupré

La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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