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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2207286

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2207286

mercredi 28 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2207286
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantPHILOUZE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 27 septembre 2022, Mme C A, représentée par Me Philouze, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner au préfet des Yvelines, sur le fondement des dispositions de l'article

L. 521-2 du code de justice administrative, de renouveler son récépissé de demande de renouvellement de sa carte de séjour l'autorisant à travailler, dans un délai de 48 heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est satisfaite, dès lors qu'elle se trouve désormais en situation irrégulière en France, qu'elle risque de perdre l'emploi qu'elle occupe depuis le 30 mai 2016 dans le cadre d'un contrat de travail à durée indéterminée et que ses démarches en vue du renouvellement de son récépissé de demande de titre de séjour sont demeurées infructueuses ;

- le refus de renouvellement de son récépissé de demande de titre de séjour porte une atteinte manifestement grave et illégale à sa liberté d'aller et venir et méconnaît l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il porte une atteinte manifestement grave et illégale à la liberté de travail et méconnaît l'article R. 431-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme B pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". Selon l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ". Enfin aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".

2. En application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les dispositions de l'article L. 522-1 de ce code relatives à la procédure contradictoire et à la tenue d'une audience.

3. Il ressort des pièces du dossier que Mme A, qui est entrée en France le

21 septembre 2013 sous couvert d'un visa étudiant, était titulaire, en dernier lieu, d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", valable du 23 janvier 2020 au 22 janvier 2021. Dans le cadre de sa demande de renouvellement de son titre de séjour, des récépissés lui ont été délivrés, dont le dernier a expiré le 16 mai 2022. Mme A fait valoir que les services de la préfecture des Yvelines ont refusé de renouveler ce récépissé, le 20 mai 2022 et que ses tentatives depuis lors pour obtenir ce renouvellement ont été vaines.

4. Pour soutenir que la condition d'urgence est satisfaite, Mme A relève qu'elle risque d'être éloignée à tout moment, dès lors qu'elle se trouve en situation irrégulière et qu'elle risque de perdre son emploi alors que sa situation commençait à se stabiliser à la suite des violences conjugales dont elle a été victime.

5. Cependant, Mme A n'établit pas, par les pièces qu'elle produit, que son employeur envisage de la licencier en l'absence de régularisation de sa situation. Elle produit, au contraire, un courrier du 5 août 2022 de la société 2THeloo Railway selon lequel son employeur est très satisfait du travail de Mme A et précise qu'il n'a entrepris aucune procédure de licenciement à son encontre. Il résulte également de l'instruction que Mme A est en situation irrégulière en France depuis le 20 mai 2022, sans avoir contesté depuis cette date le refus de la préfecture de renouveler son récépissé de demande de titre de séjour dans le cadre d'une procédure contentieuse. Par suite, en l'état de l'instruction, Mme A ne fait pas état d'une situation d'urgence au titre de la procédure particulière prévue par l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de nature à justifier qu'il soit statué sur sa demande dans un délai de quarante-huit heures.

6. L'une des deux conditions prévues par l'article L. 521-2 du code de justice administrative n'étant pas satisfaite, il y a lieu, en conséquence, de rejeter la requête de Mme A comme manifestement mal fondée selon la procédure prévue par l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E:

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A et au préfet des Yvelines.

Fait à Versailles, le 28 septembre 2022.

La juge des référés,

Signé

C. B

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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