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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2207384

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2207384

mercredi 19 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2207384
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantFENZE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 29 septembre, 12 et 15 octobre 2022, M. A, représenté par Me Fenze, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, au préfet des Yvelines la délivrance d'un récépissé de sa demande de renouvellement de son titre de séjour assorti d'une autorisation de travail dans un délai de quinze jours à compter de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que l'urgence et l'utilité de la mesure sollicitée sont justifiées dès lors que son titre de séjour étudiant a expiré le 14 septembre 2022, qu'il en a sollicité le renouvellement le 27 juillet 2022 ; la société Fioulmarket avec laquelle il a signé un contrat de professionnalisation souhaite renouveler son contrat pour lui permettre de faire sa formation, lui a adressé un mail le 23 septembre 2022 l'invitant à produire son nouveau titre de séjour avant le 14 octobre 2022 ; ainsi il court le risque de ne pas pouvoir s'inscrire en spécialisation pour l'année académique 2022 / 2023, et de perdre une chance certaine d'obtention d'un contrat d'alternance nécessaire pour la validation de sa formation ; en outre il ne peut plus quitter et revenir librement sur le territoire français depuis l'expiration de son titre de séjour qui n'a pas été renouvelé jusqu'à ce jour, malgré les démarches faites en temps utile ; le préfet lui a délivré non pas un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour, mais une simple attestation de prolongation d'instruction de sa demande ; avec une simple attestation ses droits sont restreints.

Par un mémoire enregistré le 11 octobre 2022, le préfet des Yvelines conclut au non-lieu à statuer.

Il soutient que le requérant est en possession d'une attestation de prolongation valable du 7 octobre 2022 au 6 janvier 2023 et que la requête est dès lors privée d'objet.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Rollet-Perraud, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. . M. A a obtenu la délivrance d'un titre de séjour en qualité d'étudiant valable du 15 septembre 2021 au 14 septembre 2022. Il ressort des pièces du dossier qu'il a sollicité le 29 juillet 2022 le renouvellement de ce titre. Toutefois si le requérant a obtenu un document confirmant le dépôt de cette demande auprès des services de la préfecture des Yvelines, il n'a pas été mis en possession d'un récépissé. Il demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, au préfet des Yvelines la délivrance d'un récépissé de sa demande de renouvellement de son titre de séjour assorti d'une autorisation de travail.

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision " et aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. () ". Saisi sur le fondement de ces dispositions d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.

3.Aux termes de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise. Ce document est revêtu de la signature de l'agent compétent ainsi que du timbre du service chargé, en vertu de l'article R. 431-20, de l'instruction de la demande. / () ". Aux termes de l'article R. 431-15 du même code : " Le récépissé de demande de renouvellement d'une carte de séjour permettant l'exercice d'une activité professionnelle autorise son titulaire à exercer une activité professionnelle ". Aux termes de l'article R. 431-15-1 du même code : " Le dépôt d'une demande présentée au moyen du téléservice mentionné à l'article R. 431-2 donne lieu à la délivrance immédiate d'une attestation dématérialisée de dépôt en ligne. Ce document ne justifie pas de la régularité du séjour de son titulaire. Lorsque l'instruction d'une demande complète et déposée dans le respect des délais mentionnés à l'article R. 431-5 se poursuit au-delà de la date de validité du document de séjour détenu, le préfet est tenu de mettre à la disposition du demandeur via le téléservice mentionné au premier alinéa une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande dont la durée de validité ne peut être supérieure à trois mois. Ce document, accompagné du document de séjour expiré, lui permet de justifier de la régularité de son séjour pendant la durée qu'il précise. Lorsque l'instruction se prolonge, en raison de circonstances particulières, au-delà de la date d'expiration de l'attestation, celle-ci est renouvelée aussi longtemps que le préfet n'a pas statué sur la demande () ".

4. Il résulte de l'instruction que, postérieurement à l'introduction de la requête, une attestation de prolongation d'instruction valable du 7 octobre 2022 au 6 janvier 2023 a été délivrée à M. A lui maintenant l'ensemble des droits ouverts par le titre de séjour précédemment obtenu. Par suite, les conclusions tendant à ce qu'il soit ordonné au préfet des Yvelines de lui délivrer un récépissé assorti d'une autorisation de travail dans un délai de quinze jours à compter de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard sont devenues sans objet. Il n'y a donc plus lieu d'y statuer.

5.Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions du requérant présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'injonction de la requête de M. A tendant à ce qu'il soit ordonné au préfet des Yvelines de lui délivrer un récépissé assorti d'une autorisation de travail dans un délai de quinze jours à compter de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet des Yvelines.

Fait à Versailles, le 19 octobre 2022.

La juge des référés,

signé

C. Rollet-Perraud

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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