jeudi 6 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2207415 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SINGH |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 30 septembre 2022, Mme C A, représentée par Me Singh, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) de suspendre l'exécution de la décision de fin de prise en charge et de refus de renouvellement de son contrat jeune majeur prise par le conseil départemental de l'Essonne le 7 septembre 2022 ;
3°) d'enjoindre au conseil départemental de l'Essonne de procéder au réexamen de sa demande de renouvellement de contrat jeune majeur dans un délai de 5 jours à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
4°) d'enjoindre au conseil départemental de l'Essonne de lui assurer une solution d'hébergement et une prise en charge adaptée à son état de santé dans un délai de 24h à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
5°) de mettre à la charge du département de l'Essonne le versement d'une somme de 1500 euros en application combinées des dispositions de l'article L 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que son avocate renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'elle est dépourvue de toutes attaches familiales sur le territoire français, qu'elle souffre de graves problèmes psychiques et physiques, qu'elle est enceinte de 4 mois et se retrouve sans solution d'hébergement ni ressources ;
- la carence du conseil départemental dans l'accomplissement de ses missions est caractérisée ; il y a atteinte au droit à l'éducation, au droit de ne pas subir des traitements inhumains et dégradants et au respect de sa vie privée et familiale ;
- l'atteinte présente un caractère manifestement illégal ;
- en application des dispositions de l'article L 221-1 du code de l'action social et des familles le conseil départemental a l'obligation de poursuivre sa prise en charge et de renouveler son contrat jeune majeur.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 octobre 2022 à 19h15, le département de l'Essonne, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir :
- l'absence d'urgence dès lors que l'absence de logement de la requérante lui est imputable ;
- que la condition d'atteinte à une liberté fondamentale n'est pas satisfaite ;
- que le caractère manifestement illégal de l'atteinte n'est pas fondé ;
- l'absence de carence caractérisée du département.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Ouardes, vice-président, pour statuer en qualité de juge des référés.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 5 octobre 2022 à 10h en présence de Mme Bridet, greffière d'audience, M. B a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Singh, représentant Mme A, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens : elle produit à l'audience des pièces complémentaires ;
- le département de l'Essonne n'étant ni présent ni représenté, la personne s'étant présentée à l'audience n'étant pas munie d'un pouvoir.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Une note en délibéré présentée par Maitre Singh, a été enregistrée le 6 octobre 2022.
Considérant ce qui suit :
1.Mme A demande de suspendre l'exécution de la décision de fin de prise en charge et de refus de renouvellement de son contrat jeune majeur prise par le conseil départemental de l'Essonne le 7 septembre 2022.
S'agissant de l'aide juridictionnelle :
2. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique dispose, " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. () ". Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de
Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
S'agissant des conditions aux fins de suspension :
3.Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ".
4. Il ressort de l'instruction que Mme A a été placée et confiée à l'aide sociale à l'enfance du conseil départemental de l'Essonne depuis le 28 janvier 2019 par le procureur de la République. Après avoir été accueillie à " l'Espace Ados " en collectif et famille d'accueil de mai 2019 à juin 2020, elle a été prise en charge, eu égard à ses problèmes de santé, aux Appartements thérapeutiques de la clinique du " Pôle Ado " à Crosne dans l'Essonne. Au mois de septembre 2020, elle a commencé une formation professionnelle. A compter de sa majorité, elle a pu intégrer le dispositif contrat jeune majeur du 12 août 2021 au 11 février 2022. Elle a intégré en mars 2022 le service de semi-autonomie de la structure de la Fondation Rothschild situé à Chaville Larue. Son comportement s'avérant problématique, le contrat jeune majeur n'a pas été renouvelé par le département de l'Essonne et la prise en charge s'est arrêtée le 12 août 2022.
5. Pour justifier de l'urgence, Mme A fait valoir qu'elle se retrouve sans solution d'hébergement alors qu'elle souffre de troubles psychiques et physiques et qu'elle est enceinte de 4 mois. Toutefois il n'est pas contesté qu'elle a quitté d'elle-même le service de semi-autonomie de la structure de la Fondation Rothschild. Le service de la DPPPE lui a alors proposé une orientation en centre maternel " Thalie " à L'Hay les roses, ce qu'elle a refusé au motif qu'elle préférait un studio. Le département de l'Essonne lui a ensuite proposé d'être accueillie à la maison d'accueil prénatal " Tom Pouce " mais elle a également refusé son admission. Il suit de là que c'est le comportement de Mme A, notamment ses refus successifs de toute proposition d'hébergement, qui a créé la situation d'urgence dont elle entend se prévaloir. Par suite, dans les circonstances particulières de l'espèce, la condition d'urgence au sens des dispositions de l'article L 521-2 du code de justice administrative ne peut être regardée comme remplie. Il suit de là que les conclusions aux fins de suspension et d'injonction ainsi que celles tendant au paiement de frais d'instance, ne peuvent qu'être rejetées.
O R D O N N E:
Article 1er : Mme A est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A, à Me Singh et au département de l'Essonne.
Fait à Versailles, le 6 octobre 2022,
Le juge des référés, La greffière,
Signé signé
P. B V. Bridet
La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026