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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2207716

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2207716

jeudi 5 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2207716
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation6ème chambre
Avocat requérantLAPLANTE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 13 octobre 2022, M. C A B, représenté par Me Laplante, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 16 août 2022 par lequel le préfet de l'Essonne a suspendu son agrément de contrôleur technique de véhicules légers pour une durée d'une année à compter du 9 septembre 2022 ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- sa requête est recevable ;

- la sanction est disproportionnée.

Par un mémoire en défense enregistré le 2 août 2023, le préfet de l'Essonne conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. A B ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la route ;

- l'arrêté du 18 juin 1991, modifié, relatif à la mise en place et à l'organisation du contrôle technique des véhicules dont le poids n'excède pas 3,5 tonnes ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Gibelin,

- et les conclusions de M. Chavet, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, qui disposait d'un agrément de contrôleur technique de véhicules légers, a fait l'objet d'une décision de suspension de cet agrément pour une durée d'un an par un arrêté du préfet de l'Essonne du 16 août 2022, dont il demande l'annulation.

2. Aux termes du IV. de l'article R. 323-18 du code de la route : " L'agrément d'un contrôleur peut être suspendu ou retiré pour tout ou partie des catégories de contrôles techniques qu'il concerne si les conditions posées lors de sa délivrance ne sont plus respectées ou s'il est constaté un manquement aux règles fixant l'exercice de l'activité du contrôleur () ". Aux termes de l'article 30-1 de l'arrêté du 18 juin 1991 visé ci-dessus : " La surveillance administrative des installations de contrôle et des contrôleurs est assurée par les directions régionales agissant pour le compte du ministre chargé des transports, sous l'autorité des préfets. / Les agents des services chargés de la surveillance peuvent notamment demander dans ce cadre le renouvellement, sous leur autorité, du contrôle technique d'un ou plusieurs véhicules présents sur l'installation de contrôle et ayant subi un contrôle technique. Le centre de contrôle demeure en possession des clés et des documents du véhicule pendant ses heures d'ouverture tant que celui-ci reste stationné dans l'emprise immobilière de l'installation de contrôle. / Les agents des services chargés de la surveillance peuvent également demander dans ce cadre le renouvellement, sous leur autorité, du contrôle technique d'un ou plusieurs véhicules stationnés à proximité de l'installation et dont la clé ainsi que les documents du véhicule sont présents dans le centre et ayant subi un contrôle technique dans l'installation de contrôle. Les frais engendrés sont à la charge du titulaire de l'agrément de l'installation. () Le refus du contrôleur opposé à la demande de renouvellement du contrôle technique d'un ou plusieurs véhicules constitue un manquement aux règles fixant l'exercice de son activité. Toute manœuvre visant à faire obstacle à la demande de renouvellement du contrôle technique d'un ou plusieurs véhicules, imputable au contrôleur, est qualifiée de manquement aux règles encadrant l'activité de celui-ci. ".

3. Il résulte de l'instruction que les agents de la direction régionale et interdépartementale de l'environnement, de l'aménagement et des transports d'Ile-de-France (DRIEAT) ont constaté lors de la visite du centre Contrôle et sécurité SARL réalisée le 14 avril 2022 plusieurs anomalies. Ils ont ainsi relevé une non-conformité majeure sur un véhicule ne figurant pas dans le procès-verbal de contrôle technique émis par M. A B, tenant à un endommagement conséquent de la barre anti-encastrement arrière qui est un élément de sécurité important.

4. Il résulte en outre de l'instruction que les agents de la DRIEAT ayant constaté que M. A B n'avait pas opéré une identification complète du véhicule, faute d'avoir procédé au contrôle de la frappe à froid du numéro de série, manquement qui avait déjà été constaté lors d'une précédente visite des agents de la DRIEAT du 1er juin 2016, l'ont invité à y procéder. L'intéressé a alors refusé de procéder à cette vérification et de mener à son terme le renouvellement du contrôle du véhicule, adoptant un comportement agressif en contraignant les agents, craignant pour leur sécurité, à quitter les lieux, les empêchant de poursuivre leur surveillance.

5. Au regard de la gravité des manquements reprochés, dont l'intéressé ne conteste pas la matérialité et dont certains avaient déjà été relevés lors d'une précédente visite de contrôle, et du comportement du requérant ayant fait délibérément obstacle au renouvellement du contrôle, et compte tenu des exigences liées à la sécurité routière et à la nécessité de ne pas entraver la mission de surveillance des agents de la DRIEAT, la sanction de suspension de l'agrément de M. A B pour une durée d'un an n'est pas disproportionnée.

6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. A B à fin d'annulation doivent être rejetées ainsi que celles, par voie de conséquence, présentées au titre des frais liés au litige.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A B et au ministre chargé des transports.

Délibéré après l'audience du 21 novembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Lellouch, présidente,

M. Gibelin, premier conseiller,

Mme Corthier, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 décembre 2024.

Le rapporteur,

signé

F. GibelinLa présidente,

signé

J. Lellouch

La greffière,

signé

Y. Bouakkaz

La République mande et ordonne au ministre chargé des transports en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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