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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2207744

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2207744

mardi 8 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2207744
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC+
Formation4ème chambre - 4/11
Avocat requérantASSOCIATION FRANCE TERRE ASILE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 14 octobre 2022, M. F B, retenu au centre de rétention administrative de Palaiseau (Essonne), demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 11 octobre 2022 par lequel le préfet de l'Essonne l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il sera renvoyé en cas d'exécution d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans en l'informant qu'il faisait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;

2°) d'enjoindre au préfet de l'Essonne de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, de réexaminer sa situation et de mettre fin aux mesures de surveillance dont il fait l'objet sans délai à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.

Il soutient que :

- sa requête est recevable ;

- l'arrêté a été signé par une autorité incompétente ;

- il est insuffisamment motivé ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français a été prise en méconnaissance de son droit d'être entendu ;

- elle a été fondée à tort sur les dispositions de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation personnelle ;

- la décision portant fixation de son pays de destination en cas d'exécution d'office est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle a été fondée à tort sur les dispositions de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation personnelle ;

- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense, enregistré le 4 novembre 2022, le préfet de l'Essonne conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné M. D pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 8 novembre 2022 :

- le rapport de M. D ;

- les observations de Me Kone-Boussalem, représentant M. B, présent, assisté de Mme A, interprète, qui conclut aux mêmes fins que sa requête par les mêmes moyens et soutient en outre que le requérant conteste les faits fondant la condamnation en appel du 2 mai 2022, regrette ses actes et souhaite pleinement s'intégrer en prenant des cours d'alphabétisation ;

- le préfet de l'Essonne n'étant ni présent, ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. F B, ressortissant algérien, né le 20 septembre 2003 à Alger, déclare être entré en France dans le courant de l'année 2020. Il demande l'annulation de l'arrêté du 12 octobre 2022 par lequel le préfet de l'Essonne l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il sera renvoyé en cas d'exécution d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans en l'informant qu'il faisait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen.

Sur la recevabilité de la requête :

2. Aux termes de l'article R. 776-1 du code de justice administrative : " Sont présentées, instruites et jugées selon les dispositions du chapitre IV du titre I du livre VI du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article L. 732-8 du même code, ainsi que celles du présent code, sous réserve des dispositions du présent chapitre, les requêtes dirigées contre : 1° Les décisions portant obligation de quitter le territoire français, prévues aux articles L. 241-1 et L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile () 2° Les décisions relatives au délai de départ volontaire prévues aux articles L. 251-3 et L. 612-1 du même code ; 3° Les interdictions de retour sur le territoire français prévues aux articles L. 612-6 à L. 612-8 du même code et les interdictions de circulation sur le territoire français prévues à l'article L. 241-4 dudit code ; 4° Les décisions fixant le pays de renvoi prévues à l'article L. 721-4 du même code () ". Aux termes de l'article R. 776-2 du même code : " () II.- Conformément aux dispositions de l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la notification par voie administrative d'une obligation de quitter sans délai le territoire français fait courir un délai de quarante-huit heures pour contester cette obligation et les décisions relatives au séjour, à la suppression du délai de départ volontaire, au pays de renvoi et à l'interdiction de retour ou à l'interdiction de circulation notifiées simultanément. () ". Aux termes de l'article R. 776-19 du même code : " Si, au moment de la notification d'une décision mentionnée à l'article R. 776-1, l'étranger est retenu par l'autorité administrative, sa requête peut valablement être déposée, dans le délai de recours contentieux, auprès de ladite autorité administrative. ". Il résulte des dispositions combinées des articles R. 776-29 et R. 776-31 du code de justice administrative, issues du décret du 28 octobre 2016 pris pour l'application du titre II de la loi du 7 mars 2016 relative au droit des étrangers en France, que les étrangers ayant reçu notification d'une décision mentionnée à l'article R. 776-1 du code alors qu'ils sont en détention ont la faculté de déposer leur requête, dans le délai de recours contentieux, auprès du chef de l'établissement pénitentiaire.

3. Depuis l'entrée en vigueur des articles R. 776-19, R. 776-29 et R. 776-31 du code de justice administrative issus du décret n° 2016-1458 du 28 octobre 2016 pris pour l'application du titre II de la loi du 7 mars 2016 relative au droit des étrangers en France, il incombe à l'administration de faire figurer, dans la notification, notamment, d'une obligation de quitter le territoire français sans délai à un étranger retenu ou détenu, la possibilité de déposer sa requête dans le délai de recours contentieux auprès de l'administration chargée de la rétention ou du chef de l'établissement pénitentiaire. En cas de rétention ou de détention, lorsque l'étranger entend contester une décision prise sur le fondement du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour laquelle celui-ci a prévu un délai de recours bref, notamment lorsqu'il entend contester une décision portant obligation de quitter le territoire sans délai, la circonstance que sa requête ait été adressée, dans le délai de recours, à l'administration chargée de la rétention ou au chef d'établissement pénitentiaire fait obstacle à ce qu'elle soit regardée comme tardive, alors même qu'elle ne parviendrait au greffe du tribunal administratif qu'après l'expiration de ce délai de recours.

4. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté du 11 octobre 2022, par lequel le préfet de l'Essonne a obligé M. B à quitter le territoire français sans délai et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit en cas d'exécution d'office, a été notifié à l'intéressé le 12 octobre 2022 à 11 heures alors qu'il était détenu à la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis. Il en ressort également qu'à 11 heures et 9 minutes ce même jour, l'intéressé a été libéré de son écrou, et qu'à 11 heures et 11 minutes, l'autorité administrative lui a notifié une décision de placement en rétention administrative et a procédé à son transfert immédiat en centre de rétention. Dans ces circonstances, en s'abstenant de faire figurer dans la notification de l'arrêté attaqué ou à l'occasion de l'arrêté de placement en rétention la mention selon laquelle, bien que placé en rétention, l'intéressé pouvait, dans le délai de recours contentieux, former un recours contre les décisions prises à son encontre auprès de l'administration chargée de la rétention, et non pas seulement du chef de l'établissement pénitentiaire, l'autorité administrative ne l'a pas placé dans une situation dans laquelle il pouvait utilement contester ces dernières. Ainsi, en l'absence des mentions destinées à garantir l'effectivité du droit au recours, le délai de recours contentieux n'a pas été déclenché par la notification de l'arrêté litigieux. Au demeurant, en indiquant d'abord dans la notification de l'arrêté que l'intéressé disposait d'un délai de recours de deux mois, puis, en faisant état ensuite d'un délai de seulement quarante-huit heures, l'autorité administrative a induit en erreur M. B. Il s'ensuit que la requête de M. B est, ainsi qu'il l'allègue, recevable.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

Sur les moyens communs aux décisions attaquées :

5. En premier lieu, par un arrêté n° 2022-PREF-DCPPAT-BCA-085 du 17 juin 2022, régulièrement publié, le préfet de l'Essonne a donné délégation de signature à M. E C, directeur de l'immigration et de l'intégration, à l'effet de signer notamment les décisions portant obligation de quitter le territoire français. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision en litige doit être écarté.

6. En second lieu, l'arrêté attaqué vise le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et notamment ses articles L. 611-1, L. 612-2, L. 612-3, L. 612-6 et L. 612-10, la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et notamment ses articles 3 et 8, et l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. Il suit de là qu'il est suffisamment motivé en droit. Par ailleurs, l'arrêté mentionne les circonstances de fait propres à la situation du requérant, notamment son identité, les conditions de son entrée et sa présence sur le territoire français, et précise, en outre, sa situation privée et familiale et le fait qu'il n'établit pas être exposé à des peines ou traitements contraires à la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dans son pays d'origine. Enfin, il fait état de l'examen expresse des quatre critères prévus par les dispositions de l'article L. 612-10 du code précité. Par conséquent, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la motivation des décisions attaquées serait insuffisante. Ces moyens doivent, dès lors, être écartés.

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

7. En premier lieu, aux termes de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " 1. Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions, organes et organismes de l'Union. 2. Ce droit comporte notamment : / a) le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre (). ".

8. Si les dispositions de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ne sont pas en elles-mêmes invocables par un étranger faisant l'objet d'une mesure d'éloignement telle qu'une obligation de quitter le territoire français, celui-ci peut néanmoins utilement faire valoir que le principe général du droit de l'Union européenne, relatif au respect des droits de la défense, imposait qu'il soit préalablement entendu et mis à même de présenter toute observation utile sur la mesure d'éloignement envisagée. Toutefois, une atteinte à ce droit n'est susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle la décision défavorable est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision, ce qu'il lui revient, le cas échéant, d'établir devant la juridiction saisie.

9. En l'espèce, il ne ressort d'aucune pièce du dossier et il n'est pas même soutenu que M. B aurait sollicité en vain un entretien avec les services préfectoraux, ni qu'il aurait été empêché de présenter ses observations avant que ne soit prise la décision contestée. Par suite, le moyen tiré de ce qu'il aurait été privé de son droit à être entendu et de la méconnaissance de l'article 41, paragraphe 2, de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne doit être écarté.

10. En deuxième lieu, s'il ressort des termes de la décision attaquée que le préfet a considéré que le requérant " constitue une menace réelle, actuelle et suffisamment grave pour un intérêt fondamental de la société ", rien n'indique qu'il ait effectivement entendu se fonder sur les dispositions de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui ne s'appliquent qu'aux citoyens de l'Union Européenne et aux membres de leur famille. Au contraire, il ressort de la lecture de l'arrêté, qui vise l'article L. 611-1 dudit code, que le préfet s'est fondé sur les 1° et 2° de ce dernier. Le moyen tiré de ce que le préfet, en fondant sa décision sur ces dispositions, aurait privé sa décision de base légale doit, dès lors, être écarté.

11. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier, et notamment de la décision attaquée, dont les termes ne sont pas contestés, que M. B n'est présent en France que depuis une durée d'an et demi s'expliquant notamment par sa soustraction à une précédente mesure d'éloignement en 2021, qu'il y est célibataire sans charge de famille, qu'il n'y dispose ni d'un logement ou hébergement, ni d'une quelconque insertion professionnelle, ni, enfin, de ressource. En outre, il a fait l'objet de vingt-huit signalements en un an et demi et de condamnations par le tribunal correctionnel de Nanterre le 14 avril 2022 et par la cour d'appel de Paris le 2 mai 2022. Dans ces conditions le préfet de l'Essonne, en décidant de l'éloigner du territoire français, n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.

Sur la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :

12. En premier lieu, le requérant n'établit pas que la décision portant obligation de quitter le territoire français qui lui a été opposée est illégale. Il s'ensuit qu'il n'est pas fondé à soutenir que la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de celle portant obligation de quitter le territoire français. Le moyen doit, dès lors, être écarté.

13. En deuxième lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 9 que le moyen tiré de ce que le préfet, en fondant la décision attaquée sur ces dispositions, aurait privé sa décision de base légale doit être écarté.

14. En troisième lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 10 que le préfet de l'Essonne, en refusant d'octroyer à l'intéressé un délai de départ volontaire, n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.

Sur la décision portant fixation du pays de destination en cas d'exécution d'office :

15. Le requérant n'établit pas que la décision portant obligation de quitter le territoire français qui lui a été opposée est illégale. Il s'ensuit qu'il n'est pas fondé à soutenir que la décision portant fixation de son pays de destination en cas d'exécution d'office doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de celle portant obligation de quitter le territoire français. Le moyen doit, dès lors, être écarté.

Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans :

16. En premier lieu, le requérant n'établit pas que la décision portant obligation de quitter le territoire français qui lui a été opposée est illégale. Il s'ensuit qu'il n'est pas fondé à soutenir que la décision portant fixation de son pays de destination en cas d'exécution d'office doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de celle portant obligation de quitter le territoire français. Le moyen doit, dès lors, être écarté.

17. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ". Il résulte de ces dispositions que, lorsque le préfet prend, à l'encontre d'un étranger, une décision portant obligation de quitter le territoire français ne comportant aucun délai de départ, ou lorsque l'étranger n'a pas respecté le délai qui lui était imparti pour satisfaire à cette obligation, il appartient au préfet d'assortir sa décision d'une interdiction de retour sur le territoire français, sauf dans le cas où des circonstances humanitaires y feraient obstacle. Seule la durée de cette interdiction de retour doit être appréciée au regard des quatre critères énumérés par l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, à savoir la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France, l'existence ou non d'une précédente mesure d'éloignement et, le cas échéant, la menace pour l'ordre public que constitue sa présence sur le territoire.

18. Il ressort des pièces du dossier que M. B s'est maintenu depuis un an et demi en situation irrégulière sur le territoire français en dépit d'une précédente mesure d'éloignement du 10 octobre 2021. Il ne conteste pas la matérialité des faits ayant donné lieu à vingt-huit signalements en un an et demi. Il ne conteste pas sérieusement de la matérialité des faits ayant donné lieu à des condamnations par le tribunal correctionnel de Nanterre le 14 avril 2022 et par la cour d'appel de Paris le 2 mai 2022. Enfin il ne fait pas état de liens avec la France. Dans ces conditions le préfet de l'Essonne n'a pas entaché la décision attaquée d'une erreur d'appréciation. Le moyen doit, dès lors, être écarté.

19. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par M. B tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet de l'Essonne du 11 octobre 2022 doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. F B et au préfet de l'Essonne.

Lu en audience publique le 8 novembre 2022.

Le magistrat désigné,

Signé

J. D Le greffier,

Signé

J. Ileboudo

La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 2207744

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