mardi 7 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2207813 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL REDILEX AVOCATS FERDI-MARTIN PREIRA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 octobre 2022, M. A B, représenté par Me Ferdi-Martin, demande au tribunal :
1°) d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté du 13 septembre 2022 par lequel le préfet de l'Essonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Essonne de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou, à défaut, de réexaminer sa situation en lui délivrant une autorisation provisoire de séjour, le tout dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le préfet de l'Essonne a commis une erreur manifeste d'appréciation en ne faisant pas usage de son pouvoir de régularisation, alors qu'il est atteint d'une maladie très grave, est âgé et que le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a estimé qu'il ne pouvait pas voyager sans risque vers son pays d'origine ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'un défaut d'examen de sa demande de certificat de résidence sur le fondement du 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien ;
- le refus de certificat de résidence est entaché d'une erreur d'appréciation en application du 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien ;
- le préfet aurait dû faire usage de son pouvoir de régularisation en lui délivrant un titre de séjour en qualité d'ascendant à charge ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation, faute pour le préfet d'avoir fait usage de son pouvoir discrétionnaire de régularisation.
La requête a été communiquée au préfet de l'Essonne, qui n'a pas produit de mémoire en défense, mais des pièces, enregistrées le 20 décembre 2022.
Par une ordonnance du le 20 décembre 2022, la clôture de l'instruction initialement fixée au 18 novembre 2022 a été reportée au 30 décembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- et les observations de Me Ferdi-Martin pour M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant algérien né le 25 décembre 1947, est entré en France, selon ses déclarations, le 12 juillet 2019. Par un arrêté du 13 septembre 2022, dont M. B demande l'annulation, le préfet de l'Essonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné.
2. En premier lieu, aux termes du 7) de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () / 7) au ressortissant algérien, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve qu'il ne puisse pas effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays. ".
3. Par un avis du 23 mars 2022, le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a estimé que l'état de santé de M. B nécessitait une prise en charge dont le défaut pourrait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, mais qu'il pouvait cependant bénéficier effectivement d'un traitement approprié à son état de santé dans son pays d'origine. Il a également précisé qu'à la date de son avis et au vu des éléments de son dossier médical, M. B ne pouvait pas voyager sans risque vers son pays d'origine.
4. Sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve à l'une des parties, il appartient au juge administratif, au vu des pièces du dossier, d'apprécier si l'état de santé d'un étranger nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, et s'il peut bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La partie qui justifie d'un avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, la possibilité ou l'impossibilité pour ce dernier de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires.
5. M. B fait valoir qu'il souffre d'une insuffisance rénale chronique traitée par hémodialyse itérative à raison de 3 séances par semaine depuis le mois de juillet 2018. Il établit également souffrir d'un diabète à l'origine de lésions vasculaires des artères avec notamment une rétinopathie diabétique proliférante et une artériopathie ayant nécessité plusieurs angioplasties et des amputations. Il est ainsi pris en charge par les services de chirurgie vasculaire. Alors même que son médecin traitant, néphrologue, estime, par un certificat mentionné dans les écritures du requérant mais non daté, qu'il n'y a pas de traitement approprié à son état de santé dans le pays d'origine de M. B, cette seule attestation n'est pas de nature à remettre en cause l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, pris collégialement, selon lequel M. B peut bénéficier de traitements adaptés à son état de santé dans son pays d'origine. En outre, la circonstance qu'il ne serait pas en mesure de voyager sans risque vers son pays d'origine est sans incidence sur la légalité des décisions portant refus de délivrance d'un certificat de résidence et obligation de quitter le territoire français, mais a, en revanche, une incidence sur les modalités d'exécution de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Par suite, le préfet de l'Essonne n'a pas commis d'erreur d'appréciation en ne délivrant pas à M. B un certificat de résidence sur le fondement du 7) de l'article 6 de l'accord franco-algérien et en l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours.
6. En deuxième lieu, le 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 stipule que : " Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () / 5) au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus ".
7. D'une part, il ressort des termes mêmes de l'arrêté attaqué que le préfet a examiné si un certificat de résidence pouvait être délivré à M. B sur le fondement de son droit à une vie privée et familiale normale. Il a ainsi examiné la demande de M B sur ce fondement, alors même qu'il ne cite pas le 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien. Le moyen tiré du défaut d'examen de la demande de M. B doit, dès lors, être écarté.
8. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que M. B, qui est veuf, est entré en France à 2019, à l'âge de 72 ans. S'il est hébergé par son fils, ressortissant français qui le prend en charge, il n'est pas établi qu'il devrait nécessairement résider aux côtés de ce dernier. Il ressort des pièces du dossier que deux des quatre enfants de M. B résident en Algérie. Par suite, eu égard à son entrée récente en France, le préfet de l'Essonne n'a pas porté une atteinte disproportionnée à la vie privée et familiale de M. B en refusant de lui délivrer un certificat de résidence en application du 5 de l'article 6 de l'accord franco-algérien et en l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours.
9. En troisième lieu, aux termes du quatrième alinéa de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " Le certificat de résidence valable dix ans est délivré de plein droit sous réserve de la régularité du séjour pour ce qui concerne les catégories visées au a), au b), au c) et au g) : / () b) À l'enfant algérien d'un ressortissant français si cet enfant a moins de vingt et un ans ou s'il est à la charge de ses parents, ainsi qu'aux ascendants d'un ressortissant français et de son conjoint qui sont à sa charge () ".
10. D'une part, il ressort des pièces du dossier que M. B, qui a déposé sa première demande de certificat de résidence, ne justifie pas de la régularité du séjour à laquelle est subordonnée la délivrance d'un certificat de résidence en qualité d'ascendant à charge d'un ressortissant français en application du b) de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien.
11. D'autre part, eu égard à ce qui est dit aux points 5 et 8, le préfet de l'Essonne n'a pas entaché sa décision d'erreur manifeste d'appréciation en ne faisant pas usage de son pouvoir de régularisation et en lui délivrant un certificat de résidence sur ce fondement.
12. En dernier lieu, il résulte de tout ce qui précède que le préfet de l'Essonne n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en ne faisant pas usage de son pouvoir discrétionnaire de régularisation pour délivrer un certificat de résidence d'un an à M. B et en l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours.
13. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. B tendant à l'annulation de l'arrêté attaqué doivent être rejetées. Cependant, dès lors, qu'ainsi qu'il a été dit au point 3 du présent jugement, il ne peut voyager sans risque vers son pays d'origine, il ne pourra être éloigné du territoire français sans que toutes les mesures soient prises pour qu'il puisse être reconduit sans risque pour sa santé dans son pays d'origine.
14. Il résulte de ce qui est dit au point précédent que les conclusions à fin d'injonction présentées par M. B et celles qu'il présente au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de l'Essonne.
Délibéré après l'audience du 5 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
- Mme Grenier, présidente,
- Mme Caron, première conseillère,
- M. Connin, conseiller.
Rendu public par mise à disposition du greffe, le 7 février 2023.
La présidente-rapporteure,
signé
C. CL'assesseure la plus ancienne
dans le grade,
signé
V. Caron
La greffière,
signé
G. Le Pré
La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026