mercredi 16 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2207985 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | CARROGER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 24 octobre 2022, M. C B, représenté par Me Carroge, demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'arrêté du 24 août 2022 par lequel le préfet de l'Essonne lui a interdit de solliciter la délivrance d'un permis de conduire avant un délai de douze mois et lui a interdit de conduire, même accompagné d'une personne titulaire de permis de conduire, pendant la même durée, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite, dès lors qu'il est privé du droit d'exercer son activité professionnelle de chauffeur de VTC alors qu'il a obtenu un certificat d'aptitude pour l'exercice de cette profession, qu'il a exposé des frais pour sa formation et qu'il a commandé un véhicule adapté à cette fin au prix de 50 075,21 euros ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté contesté, dès lors, d'une part, que la compétence de l'auteur de l'acte n'est pas établie ;
- d'autre part, l'arrêté du 24 août 2022 est entaché d'une erreur de fait, dès lors que la préfecture du Loiret lui avait indiqué en novembre 2021 que son permis était toujours valide et qu'ainsi, il ne saurait lui être reproché d'avoir sciemment conduit un véhicule sans être titulaire du permis de conduire et qu'il a d'ailleurs de nouveau passé l'examen du permis de conduire le 8 juillet 2022 après avoir été informé, en juin 2022, que son permis de conduire n'était plus valide;
- enfin, l'arrêté contesté est entaché d'une erreur d'appréciation quant à sa situation, dès lors qu'il a fait le nécessaire pour repasser en urgence son permis de conduire, qu'il est de bonne foi et qu'ainsi la peine complémentaire prononcée à son encontre est disproportionnée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 octobre 2022, le ministre de l'intérieur et des outre-mer fait valoir qu'il n'appartient qu'au préfet de défendre l'Etat dans le présent litige.
La requête a été communiquée au préfet de l'Essonne qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 24 octobre 2022 sous le numéro 2207984 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme A pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 15 novembre 2022 tenue en présence de Mme Paulin, greffière d'audience, Mme A a lu son rapport et entendu :
- M. B qui a relevé que son permis avait été suspendu en 2019 et que les services de la préfecture du Loiret lui avaient indiqué que son permis de conduire était valide en novembre 2021, que le médecin a de nouveau validé son permis de conduire, qu'il a suivi une formation de chauffeur de VTC et qu'il a de nouveau passé l'examen de permis de conduire en juillet 2022 quand il a été informé de ce que son permis de conduire n'était plus valide.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience à 15h45.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 24 août 2022, le préfet de l'Essonne a interdit à M. B, né le
18 octobre 1996, de solliciter la délivrance d'un permis de conduire avant un délai de douze mois à compter de la notification de cet arrêté et lui a interdit de conduire, même accompagné d'une personne titulaire de permis de conduire, pendant la même durée. M. B demande la suspension de l'exécution de cet arrêté sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Selon l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () ".
3. Aux termes de l'article L. 221-2 du code de la route : " I.- Le fait de conduire un véhicule sans être titulaire du permis de conduire correspondant à la catégorie du véhicule considéré est puni d'un an d'emprisonnement et de 15 000 euros d'amende () / II.- Toute personne coupable de l'infraction prévue au présent article encourt également les peines complémentaires suivantes : () / 4° L'interdiction de conduire certains véhicules terrestres à moteur, y compris ceux pour la conduite desquels le permis de conduire n'est pas exigé, pour une durée de cinq ans au plus () ". Selon l'article L. 224-7 du même code : " Saisi d'un procès-verbal constatant une infraction punie par le présent code de la peine complémentaire de suspension du permis de conduire, le représentant de l'Etat dans le département où cette infraction a été commise peut, s'il n'estime pas devoir procéder au classement, prononcer à titre provisoire soit un avertissement, soit la suspension du permis de conduire ou l'interdiction de sa délivrance lorsque le conducteur n'en est pas titulaire. Il peut également prononcer à titre provisoire soit un avertissement, soit la suspension du permis de conduire à l'encontre de l'accompagnateur d'un élève conducteur lorsqu'il y a infraction aux dispositions des articles
L. 234-1 et L. 234-8 et aux dispositions des articles L. 235-1 et L. 235-3. ".
4. Il ressort des pièces du dossier que, par une décision du 9 décembre 2019, devenue définitive, M. B a été condamné à une peine de cinq mois d'emprisonnement assortie d'une peine complémentaire d'annulation de son permis de conduire. Il lui était loisible de solliciter un permis de conduire à l'expiration d'un délai de six mois à compter de l'exécution de cette peine, soit à compter du 11 juin 2020 selon ses écritures. M. B n'a pas sollicité de nouveau permis de conduire avant le 8 juillet 2022, date à laquelle il a obtenu l'examen du permis de conduire. Ainsi, il n'est pas sérieusement contesté, en l'état de l'instruction, qu'à la date du procès-verbal d'infraction du 6 juin 2022, M. B n'était pas titulaire d'un permis de conduire en cours de validité. Ni la circonstance que les services de la préfecture du Loiret lui auraient indiqué à tort, le 30 novembre 2021, que son ancien permis de conduire était valide et disposait d'un solde positif de trois points, ni les circonstances qu'il aurait suivi une formation pour être chauffeur de VTC, aurait obtenu, le 6 mai 2022, une attestation d'aptitude professionnelle à cette fin et aurait commandé un véhicule adapté pour l'exercice de cette profession pour une somme de 50 075,21 euros, ni enfin qu'il aurait obtenu le permis de conduire, le 8 juillet 2022 avant l'édiction de l'arrêté contesté n'ont d'incidence sur la légalité de l'arrêté contesté, alors même qu'il serait de bonne foi. Par suite, en l'état de l'instruction, les moyens tirés de l'erreur de fait et de l'erreur d'appréciation ne sont pas de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté du 24 août 2022 du préfet de l'Essonne. Le moyen d'incompétence de l'auteur de l'acte n'est pas davantage de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de cet arrêté.
5. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner la condition d'urgence, la requête présentée par M. B doit être rejetée.
O R D O N N E:
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B et au ministre de l'intérieur et des Outre-mer.
Copie en sera adressée pour information au préfet de l'Essonne.
Fait à Versailles, le 16 novembre 2022.
La juge des référés, La greffière,
signé signé
C. A S. Paulin
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026