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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2208009

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2208009

vendredi 24 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2208009
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationMagistrat Maitre
Avocat requérantCRECY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 20 octobre 2022, M. A B, représenté par Me Crecy, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 27 septembre 2022 par laquelle le préfet de police a refusé de créditer son permis de conduire de quatre points suite à un stage de sensibilisation à la sécurité routière suivi les 1er et 2 juillet 2022.

2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de restituer les points dès la notification du jugement ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

Il soutient que :

- en application de l'article R. 223-8 du code de la route, son permis de conduire devait être crédité de quatre points à raison du stage qu'il a effectué les 1er et 2 juillet 2022 ; si une décision 48SI a été prise par le ministre de l'intérieur et des outre-mer en janvier 2022, cette décision doit être considérée comme ayant été retirée ultérieurement dès lors que son relevé d'information intégral consulté le 29 juin 2022 ne contenait pas cette décision ;

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 février 2024, le préfet de police conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la code de la route ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Maitre, premier conseiller, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Maitre a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B a effectué un stage volontaire de sensibilisation à la sécurité routière les 1er et 2 juillet 2022. Par une décision du 27 septembre 2022 dont il demande l'annulation, le préfet de police a refusé de prendre en compte ce stage pour procéder à la reconstitution partielle de points sur son permis de conduire.

2. Aux termes du quatrième alinéa de l'article L. 223-6 du code de la route : " () Le titulaire du permis de conduire qui a commis une infraction ayant donné lieu à retrait de points peut obtenir une récupération de points s'il suit un stage de sensibilisation à la sécurité routière qui peut être effectué dans la limite d'une fois par an. () ". Aux termes de l'article R. 223-8 du même code : " I. - Le titulaire de l'agrément prévu au II de l'article R. 213-2 délivre une attestation de stage à toute personne qui a suivi un stage de sensibilisation à la sécurité routière dans le respect de conditions d'assiduité et de participation fixées par arrêté du ministre chargé de la sécurité routière. Il transmet un exemplaire de cette attestation au préfet du département du lieu du stage, dans un délai de quinze jours à compter de la fin de celui-ci. / II. - L'attestation délivrée à l'issue du stage effectué en application des dispositions du quatrième alinéa de l'article L. 223-6 donne droit à la récupération de quatre points dans la limite du plafond affecté au permis de conduire de son titulaire. / III. - Le préfet mentionné au I ci-dessus procède à la reconstitution du nombre de points dans un délai d'un mois à compter de la réception de l'attestation et notifie cette reconstitution à l'intéressé par lettre simple. La reconstitution prend effet le lendemain de la dernière journée de stage. / (). ".

3. Il résulte de ces dispositions que l'administration est tenue de rejeter toute demande de reconstitution de points acquis à la suite d'un stage de sensibilisation lorsque le conducteur a reçu, avant le dernier jour du stage, régulièrement notification d'une décision du ministre de l'intérieur et des outre-mer l'informant que son permis de conduire a perdu sa validité par suite de l'épuisement de son capital de points.

4. Il ressort en l'espèce des pièces du dossier que par une décision 48SI du 17 décembre 2021, le ministre de l'intérieur et des outre-mer a constaté la perte de validité du permis de conduire de M. B pour solde de point nul. Le relevé d'information intégral produit par le préfet de police indique que cette décision a été notifiée à l'intéressé par lettre RAR le 21 janvier 2022, ce qu'il ne conteste pas sérieusement. En tout état de cause, il ressort de ses propres écritures qu'il a au moins eu connaissance de cette décision à l'occasion d'un contrôle routier en janvier 2022 et qu'il a d'ailleurs adressé un recours gracieux au ministre de l'intérieur et des outre-mer, lequel, en l'absence de réponse, n'a pu donner lieu qu'à une décision implicite de rejet. La circonstance que la décision 48SI n'apparaissait pas encore dans le relevé d'information consulté par le requérant le 29 juin 2022 et qu'elle n'a été enregistrée dans ce fichier que le 26 septembre 2022, soit postérieurement à la réalisation du stage, est sans incidence sur sa notification et partant sur la légalité de la décision attaquée. Dès lors que le permis de M. B était invalide à la date de réalisation du stage de sensibilisation, le préfet de police ne pouvait que rejeter sa demande de reconstitution partielle de points.

5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision attaquée doivent être rejetées, ainsi que par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre des frais de l'instance.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de police.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 mai 2024.

Le magistrat désigné,

signé

B. Maitre

Le greffier,

signé

I de Dutto

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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