mercredi 26 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2208049 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL LAZARE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 25 octobre 2022, 22 janvier, 7 et 26 février 2023, M. et Mme A, M. F et Mme E, M. et Mme G, représentés par Me Emeric Vigo, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 25 août 2022 par lequel le maire de Saint-Cyr l'Ecole a délivré un permis de construire à la SAS Greencity Immobilier relatif à la construction d'un bâtiment de 40 logements ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Cyr l'Ecole et de la SAS Greencity Immobilier, chacune une somme de 2 000 euros, à verser à chacun des requérants en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la requête est recevable ; ils ont intérêt à agir ;
- l'arrêté est signé d'une autorité incompétente ;
- aucune étude géotechnique n'a été réalisée alors que le terrain est situé en zone B1 du plan de prévention des risques naturels (PPRN) de mouvements de terrain ; le projet méconnaît l'article 1 du règlement du PPRN et l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme ;
- en méconnaissance de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme, le dossier de permis de construire ne comporte aucune indication sur les modalités de raccordement aux réseaux ;
- en méconnaissance de l'article R. 431-14 du code de l'urbanisme, le dossier ne mentionne pas les matériaux utilisés et les modalités d'exécution des travaux ;
- en méconnaissance de l'article R.451-4 du code de l'urbanisme, le dossier ne comprend pas de notice décrivant les moyens mis en œuvre dans la démolition ;
- en méconnaissance de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme, le dossier ne comprend pas l'attestation de prise en compte des exigences de performance énergétique et environnementale ;
- le projet comportant un parc de stationnement de 44 places, il est soumis à la règlementation des établissements recevant du public ; le dossier ne comprend pas l'intégralité des pièces requises au titre de l'article R. 431-30 du code de la construction et de l'habitation ;
- le projet méconnaît l'article UB3 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) et l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme dès lors que la voie d'accès n'est pas adaptée ; elle est insuffisante pour permettre le passage des engins de secours ;
- la voie d'accès au parking souterrain est insuffisante pour permettre le passage des engins de secours ;
- le projet méconnaît l'article UB4 du règlement du PLU ; en l'absence de plan indiquant les modalités de raccordement aux réseaux, il n'est pas possible de vérifier que cet article est bien respecté ;
- le projet méconnaît l'article UB6 du règlement du PLU ; le projet ne respecte pas le recul imposé de 2m par rapport à l'alignement de la voie publique ;
- le projet méconnaît l'article UB7 du règlement du PLU ; l'implantation de la façade aveugle en limite sud ne respecte pas le recul imposé ;
- le projet méconnaît l'article UB11 du règlement du PLU ; le maire n'a édicté aucune prescription qui aurait assuré la protection des éléments patrimoniaux remarquables identifiés par l'architecte des bâtiments de France ; le projet méconnaît les dispositions de l'article UB11.2.3 relatives aux toitures ; le projet s'accompagne de la démolition d'une maison ancienne ;
- le projet méconnaît les articles L. 332-15 et L. 111-11 du code de l'urbanisme ; une extension du réseau électrique est nécessaire, sans que l'arrêté précise dans quel délai et par qui ces travaux seront réalisés ; le maire était en situation de compétence liée pour refuser l'autorisation ;
- le projet méconnaît l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, en raison des nuisances sonores ;
- le projet méconnaît le titre IV du règlement du PPRN.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 février 2023, la commune de Saint Cyr l'école, représentée par Me Guillaume Ghaye, conclut au rejet de la requête ainsi qu'à la mise à la charge de chacun des requérants de la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par des mémoires enregistrés les 23 novembre 2022, 7 et 24 février 2023, la SAS Greencity Immobilier, représentée par Me Bertrand Courrech, conclut au rejet de la requête, à titre subsidiaire au sursis à statuer en application de l'article L.600-5-1 du code de l'urbanisme, et en tout état de cause à la mise à la charge des requérants de la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
La clôture de l'instruction a été fixée, en dernier lieu, au 20 mars 2023.
Par des courriers des 26 janvier et 14 mars 2023, le tribunal a informé les parties de ce que, dans l'hypothèse où il retiendrait comme fondés les moyens tirés respectivement de la méconnaissance des articles UB3 et UB7 du règlement du PLU, il serait susceptible de faire application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme.
Les requérants ont présenté leurs observations par mémoire du 20 mars 2023.
La société Green City immobilier a présenté ses observations par mémoire du 20 mars 2023.
Par un courrier du 14 mars 2023, le tribunal a informé les parties de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité, en application de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme, du moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 4 de l'arrêté du 31 janvier 1986 s'agissant de l'accès au sous-sol, présenté pour la première fois après cristallisation des moyens.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- l'arrêté interministériel du 31 janvier 1986 relatif à la protection contre l'incendie des bâtiments d'habitation ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Fejérdy, première conseillère,
- les conclusions de M. Maitre, rapporteur public,
- et les observations de Me Yon, représentant les requérants, de Me Radoszycki, représentant la commune de Saint-Cyr l'Ecole et de Me Verdier, représentant la société Nexity.
La société Green City immobilier a produit une note en délibéré, enregistrée le 7 avril 2023.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 25 août 2022, le maire de Saint-Cyr l'Ecole a délivré à la SAS Greencity Immobilier un permis de construire pour réaliser un bâtiment d'habitation de 40 logements. M. et Mme A, M. F et Mme E, M. et Mme G, voisins directs du projet, demandent l'annulation de cet arrêté.
2. En premier lieu, par un arrêté du 12 novembre 2020, le maire de Saint-Cyr l'Ecole a donné à M. C B, adjoint délégué à l'urbanisme, à la voirie et à l'enfouissement des déchets, délégation pour signer notamment les autorisations d'urbanisme. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire doit être écarté.
3. En deuxième lieu, les requérants font valoir que plusieurs pièces manquent au dossier de demande de permis de construire, qui est en conséquence insuffisant.
4. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou inexacts, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé, que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
5. Aux termes de l'article R.431-16 du code de l'urbanisme : " Le dossier joint à la demande de permis de construire comprend en outre, selon les cas () : / f) Lorsque la construction projetée est subordonnée par un plan de prévention des risques naturels prévisibles ou un plan de prévention des risques miniers approuvés, ou rendus immédiatement opposables en application de l'article L. 562-2 du code de l'environnement, ou par un plan de prévention des risques technologiques approuvé, à la réalisation d'une étude préalable permettant d'en déterminer les conditions de réalisation, d'utilisation ou d'exploitation, une attestation établie par l'architecte du projet ou par un expert certifiant la réalisation de cette étude et constatant que le projet prend en compte ces conditions au stade de la conception ; () ". En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet est situé en zone B2 du plan de prévention des risques de mouvements de terrain, zone dans laquelle l'article 1er du règlement de ce plan prescrit la réalisation, en cas de projet de construction, d'une étude géotechnique. Le dossier comprenant toutefois l'attestation de l'architecte prévue en pareil cas à l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme, il n'est pas entaché d'insuffisance sur ce point.
6. Aux termes de l'article R.431-9 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. / Il indique également, le cas échéant, les modalités selon lesquelles les bâtiments ou ouvrages seront raccordés aux réseaux publics ou, à défaut d'équipements publics, les équipements privés prévus, notamment pour l'alimentation en eau et l'assainissement. () " Il ressort des pièces du dossier que si ni la notice ni le plan de masse ne donnent d'indications sur le raccordement aux réseaux d'eau, d'électricité et d'assainissement, ils sont complétés sur ce point, de manière suffisamment précise, par la note relative à l'assainissement et à la gestion des eaux pluviales et les avis respectifs d'Aquavesc, d'Enedis et d'Hydreaulis. Le dossier n'est donc pas entaché d'insuffisance au sujet du raccordement aux réseaux.
7. Aux termes de l'article R.431-14 du code de l'urbanisme : " Lorsque le projet porte sur des travaux nécessaires à la réalisation d'une opération de restauration immobilière au sens de l'article L. 313-4 ou sur un immeuble inscrit au titre des monuments historiques, sur un immeuble situé dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable ou dans les abords des monuments historiques, la notice mentionnée à l'article R. 431-8 indique en outre les matériaux utilisés et les modalités d'exécution des travaux. " Il ressort des pièces du dossier que la notice précise les matériaux utilisés pour le projet, situé dans les abords et le champ de visibilité de plusieurs monuments historiques. Si le document n'indique pas les modalités d'exécution des travaux, cette omission n'est toutefois pas susceptible d'entacher le dossier d'irrégularité, compte tenu de la production dans ce dernier de différents documents graphiques permettant d'apprécier l'impact des modalités d'exécution des travaux dans l'environnement du projet, ainsi que de l'avis de l'architecte des bâtiments de France.
8. Aux termes de l'article R. 451-4 du code de l'urbanisme : " Lorsque l'immeuble est situé dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable ou dans les abords des monuments historiques, le dossier joint à la demande comprend en outre la description des moyens mis en œuvre dans la démolition pour éviter toute atteinte au patrimoine protégé. " La demande de permis de construire, valant permis de démolir, identifie la nature et la localisation précise des démolitions projetées, portant sur trois bâtiments ne faisant l'objet d'aucune protection particulière. Par ailleurs figure également au dossier l'avis de l'architecte des bâtiments de France qui comporte une recommandation portant sur l'un de ces bâtiments. Par suite, les omissions du dossier de demande au regard des dispositions précitées de l'article R. 451-4 du code de l'urbanisme n'ont pas été de nature à fausser l'appréciation du service instructeur, et donc à entacher le dossier d'insuffisance.
9. Contrairement à ce que soutiennent les requérants, l'attestation de prise en compte des exigences de performance énergétique et environnementale prévue à l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme figure au dossier.
10. Contrairement à ce que soutiennent les requérants, ni le projet dans son ensemble, ni le seul parc de stationnement souterrain n'entrent dans le champ de la règlementation des établissements recevant du public. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 431-30 du code de l'urbanisme, qui précisent les documents supplémentaires exigibles pour les projets soumis à cette réglementation, est donc inopérant.
11. En troisième lieu, aux termes de l'article UB3 du règlement du PLU : " Conditions de desserte des terrains par les voies publiques ou privées et d'accès des voies ouvertes au public / Pour être constructible, un terrain doit avoir un accès à une voie publique ou privée ouverte à la circulation automobile et en état de viabilité. Les caractéristiques des accès doivent permettre de satisfaire aux exigences de sécurité, de la défense contre l'incendie et de la protection civile. () " Aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. "
12. Il ressort des pièces du dossier que l'accès au projet est prévu par l'allée des Cottages, voie publique à double sens de circulation, d'une largeur supérieure à 4 mètres, qui ne présente aucune difficulté de visibilité, et sur laquelle la vitesse est réduite à 30 km/h. Dans ces circonstances, et contrairement à ce que soutiennent les requérants, qui ne produisent notamment aucun élément tendant à établir que cette voie serait déjà sujette à des problèmes de circulation, il ne ressort pas des pièces du dossier que cette voie ne serait pas adaptée au trafic automobile qui résultera de la création de 40 logements.
13. En application de l'article R. 111-13 du code de la construction et de l'habitation, l'arrêté du 31 janvier 1986 relatif à la protection contre l'incendie des bâtiments d'habitation fixe les règles de droit commun de protection de ces bâtiments contre l'incendie. Aux termes des dispositions de l'article R. 431-29 du code de l'urbanisme : " Lorsque les travaux projetés portent sur un immeuble de grande hauteur, la demande est accompagnée du récépissé du dépôt en préfecture du dossier prévu par l'article R. 146-14 du code de la construction et de l'habitation ", lequel dispose que : " Le dossier de la demande d'autorisation est établi en trois exemplaires et comporte () ;2° Des plans accompagnés d'états descriptifs précisant le degré de résistance au feu des éléments de construction, ( ) ". Il ressort des pièces du dossier que la construction à usage d'habitation autorisée par l'arrêté en litige n'est pas un immeuble de grande hauteur. Par suite, les dispositions de l'arrêté du 31 janvier 1986 ne sont pas au nombre de celles dont il appartenait à l'administration d'assurer le respect lors de la délivrance du permis de construire. Il en résulte que le moyen tiré de la méconnaissance de ses dispositions est inopérant.
14. En quatrième lieu, d'une part, ainsi qu'il a été dit plus haut, le dossier de demande de permis de construire comprend, à travers les avis des différents gestionnaires de réseaux, toutes les précisions relatives aux modalités de raccordement du projet aux réseaux. Les requérants ne sont donc pas fondés à soutenir qu'en l'absence au dossier de telles indications, le maire ne pouvait pas vérifier que les prescriptions de l'article UB4 du règlement du PLU, relatif aux " conditions de desserte des terrains par les réseaux publics d'eau, d'électricité et d'assainissement ", sont respectées.
15. D'autre part, aux termes de l'article UB4.2.2, relatif au traitement des eaux pluviales : " () En cas de rejet des eaux pluviales dans le réseau public, le débit de fuite doit être limité à 1 l/s/ha () / Toute création d'une surface imperméabilisée supérieure à 500 m² raccordée au réseau public d'assainissement doit faire l'objet d'une rétention à la parcelle des eaux de ruissellement, de façon à ne pas dépasser un débit de fuite indiqué ci-dessus. () / Les eaux pluviales des balcons ne peuvent pas être rejetées directement sur le domaine public. () "
16. Il ressort de l'avis rendu sur le projet par Hydreaulys que si l'infiltration des eaux pluviales à la parcelle n'a pas été retenue, " du fait de résultats des essais d'imperméabilité peu favorables ", le débit de rejet est limité à 1 l/s/ha. Dès lors, quand bien même la surface imperméabilisée créée est supérieure à 500m², les prescriptions de l'article UB4.2.2 ont été respectées. Il ressort par ailleurs des plans joints à ce même avis que les eaux de pluie, y compris celles s'écoulant des balcons, ne sont pas rejetées dans le domaine public, mais collectées dans un bassin de rétention avant de s'écouler dans le réseau public. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UB4 du règlement du PLU doit être écarté.
17. En cinquième lieu, d'une part, aux termes de l'article UB6 du règlement du PLU, relatif à l'implantation des constructions par rapport aux voies publiques ou privées ouvertes à la circulation publique et aux emprises publiques : " 6.1 Dans une bande constructible de 30 mètres : / - Les constructions nouvelles autres que celles nécessaires aux services publics ou d'intérêt collectif s'implantent en recul de l'alignement en respectant une marge de 4 mètres minimum. () "
18. D'autre part, aux termes de l'article L. 151-18 du code de l'urbanisme : " Le règlement peut déterminer des règles concernant l'aspect extérieur des constructions neuves, rénovées ou réhabilitées, leurs dimensions, leurs conditions d'alignement sur la voirie et de distance minimale par rapport à la limite séparative et l'aménagement de leurs abords, afin de contribuer à la qualité architecturale, urbaine et paysagère, à la mise en valeur du patrimoine et à l'insertion des constructions dans le milieu environnant. " Aux termes de l'article UB6.3 du règlement du PLU : " Alignements spécifiques / Des alignements spécifiques doivent être respectés sur les linéaires repérés sur les documents graphiques du présent règlement. Une disposition complémentaire en fin de règlement détaille la marge à respecter par rapport à l'alignement existant. " Le règlement du PLU identifie à ce titre, sur le fondement de l'article L. 151-18 du code de l'urbanisme, l'angle entre l'avenue Pierre Curie et l'allée des Cottages, et y impose un recul de 2 mètres par rapport à l'alignement.
19. La combinaison de ces dispositions imposait donc une implantation du projet, dont le terrain d'assiette est situé à l'angle de ces deux voies publiques, en recul de l'alignement, avec une marge minimale de 6 mètres. Il ressort du plan de masse que ce recul est respecté. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UB6 du règlement du PLU doit être écarté.
20. En sixième lieu, aux termes des dispositions de l'article UB7 du règlement du PLU : " () En cas de façade aveugle : / Les façades aveugles s'implantent soit : / - en limite séparative, / - sur au moins une des limites, / - en retrait des limites séparatives, à une distance au moins égale à la moitié de la hauteur du bâtiment mesurée à l'égout du toit, avec un minimum de 2 mètres. () " . Par ailleurs, le lexique du PlU dispose que " Le calcul des distances par rapport à l'alignement ou par rapport aux limites séparatives s'effectue à partir du plan (mur extérieur) des façades hors saillies ".
21. La commune soutient, sans être contredite sur ce point par les requérants, d'une part que si les plans de coupe indiquent pour la façade aveugle du bâtiment B une hauteur de 8,22 mètres, cette mesure correspond à la hauteur au-dessus du niveau de l'égout du toit, et d'autre part que la hauteur à l'égout du toit de ce bâtiment, mesurée sous la toiture comme y invitent les schémas présentés à l'article UB10 du règlement du PLU, et comme l'indique au demeurant le plan de masse, est toutefois de 8 mètres. En outre, il ressort du plan de masse que cette façade aveugle du bâtiment B est implantée en retrait de la limite séparative, avec un recul de 4 mètres mesuré à partir du débord de toiture dont la largeur est, au vu de ce plan, supérieure à 11 cm. Dès lors, les dispositions citées ci-dessus de l'article UB7 du règlement du PLU ne sont pas méconnues.
22. En septième lieu, aux termes de l'article UB11 du règlement du PLU : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. () 11.2.3 Toitures / Les toitures des constructions doivent présenter une simplicité de volume et une unité de conception. / les toitures doivent être composées () : / - soit d'un ou plusieurs éléments à pentes, / - soit d'une toiture terrasse. Dans ce cas, la toiture est de préférence végétalisée. () "
23. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté de permis de construire reprend intégralement, dans son article 2, les recommandations émises par l'architecte des Bâtiments de France (ABF) dans son avis du 24 juin 2022. Les requérants ne sont donc pas fondés à soutenir qu'à défaut de prescriptions particulières reprenant ces recommandations, l'arrêté attaqué méconnaît l'article UB11 du règlement du PLU.
24. Par ailleurs, le projet, qui prévoit une toiture à deux pentes sur la plus grande surface du bâtiment, ainsi qu'une partie en toiture terrasse en son centre, est conforme aux dispositions du point 11.2.3, quand bien même la partie en toit terrasse n'est pas végétalisée, les dispositions du règlement du PLU ne pouvant être lues comme imposant une obligation en ce sens.
25. Enfin, si l'ABF recommande, dans son avis du 24 juin 2022, de conserver la maison décorée en rocaillages de pierres meulières ainsi que le chêne en cépée présents tous deux sur le terrain, cette recommandation ne liait pas le maire dans l'instruction de la demande de permis de construire. Il ressort des pièces du dossier que le quartier se caractérise, en l'état existant, par des constructions très hétéroclites, pour certaines vétustes, ainsi que la présence d'un vaste entrepôt faisant fonction de garage automobile. Dans ces circonstances, le projet, dont l'esthétique est soignée, avec notamment des façades en partie recouvertes de pierres meulières, et nonobstant la démolition éventuelle de la maison décorée de rocaillage et l'abattage du chêne, ne peut être regardé comme portant atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UB11 doit donc être écarté.
26. En huitième lieu, aux termes de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme : " Lorsque, compte tenu de la destination de la construction ou de l'aménagement projeté, des travaux portant sur les réseaux publics de distribution d'eau, d'assainissement ou de distribution d'électricité sont nécessaires pour assurer la desserte du projet, le permis de construire ou d'aménager ne peut être accordé si l'autorité compétente n'est pas en mesure d'indiquer dans quel délai et par quelle collectivité publique ou par quel concessionnaire de service public ces travaux doivent être exécutés () ".
27. Il résulte de ces dispositions qu'une autorisation d'urbanisme doit être refusée lorsque, d'une part, des travaux d'extension ou de renforcement de la capacité des réseaux publics de distribution d'eau, d'assainissement ou d'électricité sont nécessaires à la desserte de la construction projetée et, d'autre part, lorsque l'autorité compétente n'est pas en mesure d'indiquer dans quel délai et par quelle collectivité publique ou par quel concessionnaire de service public ces travaux doivent être exécutés, après avoir, le cas échéant, accompli les diligences appropriées pour recueillir les informations nécessaires à son appréciation. Ces dispositions poursuivent notamment le but d'intérêt général d'éviter à la collectivité publique ou au concessionnaire d'être contraints, par le seul effet d'une initiative privée, de réaliser des travaux d'extension ou de renforcement des réseaux publics et de garantir leur cohérence et leur bon fonctionnement, sans prise en compte des perspectives d'urbanisation et de développement de la collectivité.
28. Il ressort de l'avis émis par Enedis le 10 juin 2022 que la réalisation du projet nécessite, pour raccorder les futures constructions, l'extension du réseau d'électricité sur 185 mètres. Cet avis précise qu'une contribution financière de 17 215,21 euros sera mise à la charge de la commune pour la réalisation de ces travaux, qui seront effectués " dans un délai de 4 à 6 mois après l'ordre de service de la CCU et l'accord du client ". Dans ces circonstances, et alors que ces éléments sont repris précisément à l'article 2 de l'arrêté de permis de construire, la commune de Saint-Cyr l'Ecole ne peut être regardée comme n'étant pas en mesure d'indiquer dans quel délai et par collectivité publique les travaux litigieux doivent être effectués. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme doit être écarté.
29. En neuvième lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. "
30. Si les requérants font valoir que les habitants des futurs logements prévus au projet seront soumis à d'importantes nuisances sonores, en raison de la proximité de l'avenue Pierre Curie et de la voie ferrée, ils ne produisent aucun élément de nature à établir la réalité de leurs affirmations, ni en quoi ces éventuelles nuisances sonores pourraient être d'un niveau tel qu'elles devraient être regardées comme portant atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme doit être écarté.
31. En dixième lieu, le titre IV du règlement du plan de prévention des risques de mouvements de terrain prévoit des " mesures de prévention, de protection et de sauvegarde ", dont il est précisé qu'elles ne s'appliquent pas " lorsqu'une étude géotechnique de niveau minimum G2 () démontre que les fondations de la construction sont suffisamment dimensionnées pour éviter les désordres liés aux aménagements à proximité du bâti ".
32. Les requérants font valoir qu'en l'absence d'étude géotechnique, le projet doit appliquer les " mesures de prévention, de protection et de sauvegarde " prévues par le titre IV du plan de prévention. Il résulte toutefois des pièces du dossier, ainsi qu'il a été dit au point 5, qu'une étude géotechnique de type G2 a été réalisée. Les requérants n'établissant pas, ni même ne soutenant que cette étude ne démontrerait pas que les fondations de la construction sont suffisamment dimensionnées, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du titre IV est inopérant.
33. Il résulte de tout ce qui précède que les requérants ne sont pas fondés à demander l'annulation de l'arrêté du 25 août 2022 par lequel le maire de Saint-Cyr l'Ecole a délivré un permis de construire à la société Greencity Immobilier.
Sur les dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative :
34. Ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Saint-Cyr l'Ecole et de la société Greencity Immobilier, qui ne sont pas les parties perdantes dans la présente instance, la somme que demandent les requérants au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge solidaire des requérants la somme de 3 000 euros, à verser par moitié à la commune et à la société pétitionnaire au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme A et autres est rejetée.
Article 2 : Les requérants verseront solidairement la somme de 3 000 (trois mille) euros, par moitié, à la commune de Saint-Cyr l'Ecole et à la société Greencity Immobilier au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme H et D A, représentant unique des requérants, à la commune de Saint Cyr l'Ecole et à la société Greencity Immobilier.
Délibéré après l'audience du 7 avril 2023, à laquelle siégeaient :
- Mme Rollet-Perraud, présidente,
- Mme Fejérdy, première conseillère,
- Mme Milon, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 avril 2023.
La rapporteure,
signé
B. Fejérdy
La présidente,
signé
C. Rollet-Perraud
La greffière,
signé
K. Dupré
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026