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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2208329

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2208329

vendredi 2 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2208329
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation2ème chambre
Avocat requérantSAIDI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 7 novembre 2022, complétée par des pièces enregistrées le 15 décembre 2022 et non communiquées, M. C A, représenté par Me Saidi, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 14 octobre 2022 par laquelle le préfet de l'Essonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays d'éloignement ;

2°) d'enjoindre au préfet de l'Essonne à titre principal de lui délivrer un titre de séjour ou à titre subsidiaire de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours et de le munir d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

S'agissant de la décision refusant un titre de séjour :

- elle n'est pas suffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation individuelle ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français :

- elle est illégale par voie d'exception ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est également entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Le préfet de l'Essonne a produit des pièces enregistrées le 14 décembre 2022, non communiquées.

L'instruction a été close le 15 décembre 2022 par une ordonnance du 8 novembre 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Sur sa demande, la rapporteure publique a été dispensée par le président de la formation de jugement de prononcer ses conclusions lors de l'audience.

Le rapport de Mme Gosselin, président-rapporteur a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant comorien né le 7 juillet 1977 à Hadjambou (B), est entré en France en 2016 selon ses dires. Il a déposé une demande de titre de séjour au titre de l'admission exceptionnelle. Le préfet de l'Essonne a rejeté sa demande par un arrêté du 14 octobre 2022 et lui a enjoint de quitter la France dans un délai de trente jours. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de ces décisions.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

Sur la légalité de la décision refusant un titre de séjour :

2. La décision, après avoir visé le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, rappelle l'état civil du requérant et sa situation administrative. Par suite, elle est suffisamment motivée. Dès lors le moyen manquant en fait, ne peut être qu'écarté.

3. Par ailleurs, en détaillant notamment toutes les pièces que l'intéressé a produit devant la préfecture, le préfet s'est livré à un examen individuel de la situation de M. A.

4. M. A soutient ensuite que le préfet aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation. Il invoque à cet égard la circonstance qu'il a conclu un pacte civil de solidarité avec sa concubine, titulaire d'un titre de séjour pluriannuel en qualité de parent d'enfant français, obtenu en raison d'une précédente union, ainsi que la durée de sa vie commune. Toutefois, il ne joint qu'un récépissé de sa conjointe expirant le 6 décembre 2022 ; quant aux preuves de vie commune, elles se limitent à des pièces fiscales de 2021, des quittances d'électricité de 2022, un courrier de la caisse d'allocation familiale de 2022 et des factures de téléphonie mobile. Enfin, il produit une déclaration de mariage établie aux B le 31 décembre 2020 qui reprend un jugement rendu par le tribunal civil de Moroni le 26 novembre 2020, actant d'un mariage qui s'est déroulé le 7 janvier 2020 également aux B et pour lequel la concubine du requérant a déclaré résider habituellement aux B. Les pièces produites sont donc insuffisantes pour établir la durée de la vie commune du requérant en France. Par ailleurs, il ne produit aucun élément établissant une quelconque insertion professionnelle ou associative. Dès lors, le préfet n'a pas commis d'erreur manifeste dans l'appréciation de la situation du requérant.

Sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

5. Compte tenu de ce qui précède, M. A ne peut exciper de l'illégalité de la décision lui refusant un titre de séjour à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

6. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. ".

7. Hormis une déclaration d'un médecin, qui porte sur l'enfant de sa conjointe, M. A ne produit aucun élément relatif à son enfant. Par ailleurs, comme il a été indiqué au point 4, le certificat de mariage indique que son épouse réside aux B. Cette dernière a la même nationalité que l'intéressé ainsi que leur enfant. Enfin, il résulte de sa demande de titre de séjour que le requérant a six enfants aux B, ainsi que ses parents et une sœur. Par suite, la décision attaquée n'a pas méconnu les stipulations précitées.

8. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision attaquée. Par suite, sa requête doit être rejetée dans toutes ses conclusions.

D E C I D E

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au préfet de l'Essonne.

Délibéré après l'audience du 22 mai 2023, à laquelle siégeaient :

- Mme Gosselin, président,

- Mme Vincent, première conseillère,

- Mme Geismar, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 juin 2023.

Le président rapporteur,

Signé

C. Gosselin

L'assesseure la plus ancienne,

Signé

L. VincentLa greffière,

Signé

S. Burel

La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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