vendredi 2 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2208331 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | ZEKRI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 novembre 2022, complétée par des pièces enregistrées le 12 décembre 2022, M. D, représenté par Me Zekri, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 4 octobre 2022, notifiée le 8 octobre suivant, par laquelle le préfet de l'Essonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays d'éloignement ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Essonne à titre principal de lui délivrer un titre de séjour ou à titre subsidiaire de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1.200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
S'agissant de la décision refusant un titre de séjour :
- elle est entachée d'un vice d'incompétence ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation individuelle ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle est entachée d'un vice de procédure en l'absence de saisine de la commission du titre de séjour ;
- elle est entachée d'une erreur de fait car il est bien entré en France en 2011 ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions des articles L.421-1 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'il a été involontairement privé d'emploi ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale par voie d'exception.
Le préfet de l'Essonne a produit des pièces enregistrées le 30 mars 2023.
L'instruction a été close en dernier lieu le 24 avril 2023 par une ordonnance du 7 avril 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Sur sa demande, le rapporteur public a été dispensé par le président de la formation de jugement de prononcer ses conclusions lors de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Gosselin, président-rapporteur
- et les observations de Me Zekri.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, ressortissant tunisien né le 17 septembre 1983 à Zarsis (Tunisie), est entré en France en 2011 selon ses dires. Il a été titulaire d'un titre de séjour en qualité de salarié valable jusqu'en 2022 et en a demandé le renouvellement. Le préfet de l'Essonne a rejeté sa demande par un arrêté du 4 octobre 2022 et lui a enjoint de quitter la France dans un délai de trente jours. Par la présente requête, M. D demande l'annulation de ces décisions.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
Sur la légalité de la décision refusant un titre de séjour :
2. En premier lieu, par un arrêté n° 2022-PREF-DCPPAT-BCA- 103 du 19 juillet 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial du même jour de la préfecture de l'Essonne, M. C B, sous-préfet de l'arrondissement de Palaiseau, a reçu délégation du préfet de ce département pour signer les décisions attaquées. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire des décisions contestées doit être écarté.
3. En deuxième lieu, la décision rappelle l'état civil du requérant et sa situation administrative. Par suite, elle témoigne d'un examen individuel de la situation du requérant. Dès lors le moyen manquant en fait, ne peut être qu'écarté.
4. En troisième lieu, si M D soutient qu'il est entré en France en 2011 et y est demeuré depuis, il ne l'établit pas par les pièces qu'il produit. Par suite, la décision attaquée n'est pas entachée d'erreur de fait.
5. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui exerce une activité salariée sous contrat de travail à durée indéterminée se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié" d'une durée maximale d'un an. La délivrance de cette carte de séjour est subordonnée à la détention préalable d'une autorisation de travail, dans les conditions prévues par les articles L. 5221-2 et suivants du code du travail. () ".
6. Il est constant que le requérant ne justifiait pas, à la date de la décision attaquée, d'un contrat de travail à durée indéterminée. Le dernier contrat à durée indéterminée dont il a été titulaire date en effet de 2019 et n'est plus en vigueur ; en outre, si M. D soutient qu'il a été involontairement privé d'emploi, il ne produit aucune pièce l'établissant. Par suite, il ne remplissait pas les conditions de délivrance du titre de séjour portant la mention " salarié " prévu à l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
7. En cinquième lieu, M. D soutient ensuite que le préfet aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation. Il invoque à cet égard les onze années qu'il aurait passé de façon continue en France. Toutefois, par les pièces qu'il produit, et notamment des bulletins de salaire sur les années 2012 à 2015 dont le caractère probant est aléatoire s'agissant de la cohérence des dates de contrats, il n'établit pas cette durée. Il est célibataire, sans charge de famille. Dès lors, le préfet n'a commis aucune erreur de droit et n'a pas entaché sa décision d'erreur manifeste dans l'appréciation de la situation de l'intéressé.
8. En sixième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a le droit au respect sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance.2. Il ne peut y avoir d'ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits ou des libertés d'autrui.".
9. Pour les motifs rappelés au point 7 et alors que M. D a encore de la famille proche dans son pays d'origine, la décision attaquée n'a pas méconnu les stipulations précitées.
10. En septième lieu, et dès lors que le requérant n'établit pas par les pièces produites la durée de son séjour, le préfet de l'Essonne n'a pas entaché sa décision de vice de procédure en ne soumettant pas le dossier de l'intéressé à la commission du titre de séjour.
Sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
11. Compte tenu de ce qui précède, M. D ne peut exciper de l'illégalité de la décision lui refusant un titre de séjour à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
12. Il résulte de tout ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision attaquée. Par suite, sa requête doit être rejetée dans toutes ses conclusions.
D E C I D E
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A D et au préfet de l'Essonne.
Délibéré après l'audience du 22 mai 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Gosselin, président,
Mme Vincent, première conseillère,
Mme Geismar, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 juin 2023.
Le président-rapporteurL'assesseur le plus ancien
Signé Signé
C. GosselinL. Vincent
La greffière
Signé
S. Burel
La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026