vendredi 25 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2208364 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | AARPI HUG & ABOUKHATER |
Vu la procédure suivante :
A une requête enregistrée le 8 novembre 2022, et un mémoire, enregistré le
22 novembre 2022, M. D B, représenté A Me Hug, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre la décision du préfet des Yvelines portant refus d'enregistrer sa demande d'asile en procédure normale ;
3°) d'enjoindre au préfet des Yvelines d'enregistrer sa demande d'asile ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation, dans un délai de cinq jours à compter de la notification de la décision à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, à verser à son conseil ou, en cas de non admission à l'aide juridictionnelle, à lui verser directement sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite, dès lors qu'il risque à tout moment d'être transféré en Italie et que le refus d'enregistrer sa demande d'asile en procédure normale le maintient dans une situation de grande précarité, faute de pouvoir bénéficier de l'allocation de demande d'asile ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision ; en effet, en premier lieu, il n'est pas justifié que les autorités espagnoles ont été informé de la prolongation du délai de transfert, conformément à l'article 9 du règlement UE n° 1560/2003 du 2 septembre 2003 modifié A le règlement UE n°2014/118 du 30 janvier 2014 ; en second lieu, la décision de prolongation du délai de transfert est entachée d'erreur manifeste d'appréciation, dès lors qu'il ne peut être regardé comme étant en fuite, aucune convocation pour exécuter l'arrêté de transfert ne lui ayant été adressé A la préfecture, laquelle ne produit pas les enveloppes contenant ces convocations et ne justifiant ainsi pas qu'elles lui aient été effectivement adressées, alors qu'elles mentionnent une adresse à Limay au lieu de son adresse à Maurepas où il résidait.
La requête a été communiquée au préfet des Yvelines qui n'a pas produit de mémoire en défense mais qui a versé, les 12 et 16 novembre 2022, des pièces au dossier.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 7 novembre 2022 sous le numéro 2208340 A laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- la charte des droits fondamentaux de l'Union Européenne ;
- le règlement (UE) n° 603/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le règlement (CE) n° 1560/2003 de la Commission du 2 septembre 2003, modifié A le le règlement d'exécution (UE) n° 118/2014 de la Commission du 30 janvier 2014 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Delage, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 23 novembre 2022 en présence de Mme Bridet, greffière d'audience, M. C a lu son rapport et entendu :
-les observations de Me El Haik, représentant le préfet des Yvelines, qui conclut au rejet de la requête ; il fait valoir que l'administration n'a pas été informée d'un potentiel changement d'adresse avant le dépassement du délai, le requérant ne s'étant pas manifesté pour savoir si il y avait des instructions en cours ; ce comportement caractérise une fuite.
L'instruction a été close à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant guinéen né le 26 juin 1996, est entré irrégulièrement sur le territoire français aux fins d'y solliciter la reconnaissance de la qualité de réfugié. Faisant suite à la demande de l'intéressé, les autorités espagnoles, saisies A le préfet des Yvelines d'une demande de prise en charge en application de l'article 13-1 du règlement (UE) n° 604/2013, ont accepté leur responsabilité A décision implicite du 2 novembre 2021. A une décision en date du 17 décembre 2021, le préfet des Yvelines a décidé le transfert de M. B aux autorités espagnoles. Dès lors que le délai de six mois imparti A le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil était, selon lui, venu à expiration sans que cet arrêté ait reçu exécution, l'intéressé a présenté, A l'intermédiaire de son conseil qui a adressé un courriel en ce sens à la préfecture des Yvelines, une demande aux fins de procéder à l'enregistrement de sa demande d'asile en France selon la procédure normale. Sa demande a fait l'objet d'une décision implicite de rejet. En conséquence, A la présente requête,
M. B demande, sur le fondement des dispositions de l'article L.521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision A laquelle le préfet des Yvelines a refusé d'enregistrer sa demande d'asile en France selon la procédure normale.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi précédemment visée du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit A le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit A la juridiction compétente ou son président. ". Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de
M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Aux termes de l'article L. 522-1 de ce code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () ". Enfin aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".
En ce qui concerne la condition d'urgence :
4. Il résulte des dispositions citées au point 3 que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies A le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
5. La décision contestée, qui expose le requérant à une exécution d'office de l'arrêté de transfert et la place en situation de précarité en conséquence de la suspension de ses conditions matérielles d'accueil, préjudicie de manière grave et immédiate à sa situation. Dans ces conditions, la condition d'urgence posée à l'article L. 521-1 du code de justice administrative doit être tenue pour satisfaite.
En ce qui concerne la condition relative à l'existence d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
6. Pour justifier de sa défaillance aux deux convocations pour les 5 et 8 avril 2022 qui lui ont été adressées le 21 mars 2022 au siège de l'association Coallia à Limay, M. B soutient n'en avoir jamais été informé en raison d'un changement d'adresse dès lors qu'il a fait l'objet d'un contrat de séjour avec domiciliation au siège de Prahda Adoma à Maurepas, adresse figurant sur l'attestation de demande d'asile établie le 8 octobre 2021. En tout état de cause, à défaut pour le préfet de produire les éléments justifiant de l'envoi à M. B de la convocation en cause à quelque adresse que ce soit, et nonobstant les éléments contradictoire figurant au dossier quant à la domiciliation de l'intéressé, le moyen tiré de ce que le requérant ne pouvait être regardé comme en situation de fuite au sens de l'article 29.2 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 apparaît, en l'état de l'instruction, de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
7. Il résulte de ce qui précède que les deux conditions posées A l'article L. 521-1 du code de justice administrative au prononcé d'une suspension sont réunies. Il y a lieu, en l'espèce, de suspendre la décision en litige du préfet des Yvelines et d'assortir cette mesure de l'injonction faite au préfet de procéder à titre provisoire à l'enregistrement de la demande d'asile en France de M. B selon la procédure normale et de la mettre en possession d'une attestation de demande d'asile dans un délai de huit jours à compter de la notification de la présente ordonnance.
Sur les frais de l'instance :
8. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros qui sera versée à Me Hug en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle et sous réserve de l'admission définitive du requérant à l'aide juridictionnelle. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. B A le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1 000 euros sera versée à ce dernier au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E:
Article 1er : M. B est admis à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : L'exécution de la décision du préfet des Yvelines portant refus d'enregistrer la demande d'asile de M. B selon la procédure normale est suspendue.
Article 3 : Il est enjoint au préfet des Yvelines de procéder à titre provisoire à l'enregistrement de la demande d'asile en France de M. B selon la procédure normale et de le mettre en possession d'une attestation provisoire de demande d'asile dans un délai de huit jours à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 4 : L'Etat versera la somme de 1 000 euros à Me Hug en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour celle-ci de renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle et sous réserve de l'admission définitive de son client à l'aide juridictionnelle. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. B, cette somme de 1 000 euros sera versée à ce dernier au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D B, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à Me Hug.
Copie en sera adressée au préfet des Yvelines.
Fait à Versailles, le 25 novembre 2022 .
Le juge des référés,
Signé
Ph. C
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026