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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2208481

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2208481

mercredi 10 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2208481
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1ère chambre - Juge unique
Avocat requérantSOULARUE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 13 novembre 2022, M. C, représenté par Me Soularue, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 13 septembre 2022 par laquelle la commission du droit au logement opposable du département des Yvelines a rejeté son recours amiable tendant à faire reconnaitre la caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement ;

2°) d'enjoindre à la commission de médiation du droit au logement opposable des Yvelines de réexaminer sa demande et de prendre une nouvelle décision dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) de condamner l'Etat à verser à Me Soularue la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et en contrepartie de sa renonciation à percevoir la somme correspondante à la part contributive de l'Etat à la mission d'aide juridictionnelle qui lui a été confiée conformément à l'article 37 alinéa 2 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 13 euros au titre du droit de plaidoirie en application des articles L. 723-3 et R. 723-26-1 et 2 du code de la sécurité sociale.

Il soutient que :

- la décision attaquée est entachée d'un vice de forme en l'absence de signature ;

- elle est entachée d'incompétence ;

- la commission de médiation du département des Yvelines était irrégulièrement composée ;

- la décision attaquée est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors qu'il n'a pas reçu de proposition de logement social depuis sa première demande en 2018, qu'il est actuellement hébergé dans un logement de transition, d'une superficie de 9,8 m² dans lequel il vit avec ses deux enfants mineurs et qu'il a multiplié les démarches pour obtenir un logement notamment auprès de son employeur.

Par un mémoire enregistré le 27 décembre 2022, le préfet des Yvelines conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle à hauteur de 55% par une décision du 19 septembre 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné Mme Sauvageot, vice-présidente, pour statuer sur les litiges mentionnés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

La magistrate désignée a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Mme Sauvageot a, au cours de l'audience publique, présenté son rapport.

La clôture de l'instruction a été prononcée après appel de l'affaire à l'audience, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. A a saisi le 26 aout 2021 la commission de médiation du département des Yvelines d'un recours amiable tendant à la reconnaissance du caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement en application des dispositions de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation. Par une décision du 13 septembre 2022, la commission de médiation du département des Yvelines a rejeté sa demande. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cette décision.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci. / () ".

3. Il ressort des termes mêmes de la décision attaquée que si celle-ci comporte la mention du nom, du prénom et de la qualité de présidente de la commission de l'auteure de l'acte, elle ne comporte aucune signature, alors qu'il ne s'agit pas d'une ampliation de ladite décision ni d'une signature électronique. Par suite, M. A est fondé à soutenir que la décision de la commission de médiation méconnaît les dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration.

4. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que la décision de la commission de médiation des Yvelines du 13 septembre 2022 doit être annulée.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

5. Dans les circonstances de l'espèce, l'exécution du présent jugement implique seulement que la commission de médiation des Yvelines réexamine la demande de M. A. Il y a lieu, par suite, d'enjoindre à la commission de médiation des Yvelines de procéder à ce réexamen dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il y ait lieu de faire droit à la demande d'astreinte.

Sur les frais liés à l'instance :

6. M. A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle au taux de 55 %. En application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 800 euros à Me Soularue, avocate de M. A, sous réserve que l'intéressée renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.

D E C I D E :

Article 1er : La décision de la commission de médiation des Yvelines du 13 septembre 2022 est annulée.

Article 2 : Il est enjoint à la commission de médiation des Yvelines de procéder au réexamen de la demande de M. A dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : L'Etat versera la somme de 800 euros à Me Soularue sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que celle-ci renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. C, au ministre délégué auprès du ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, chargé du logement et à Me Soularue.

Copie en sera adressée au préfet des Yvelines.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 juillet 2024.

La magistrate désignée,

Signé

J. Sauvageot

La greffière,

Signé

C. Delannoy

La République mande et ordonne au ministre délégué auprès du ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, chargé de la ville et du logement, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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