lundi 3 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2208631 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Magistrat Crandal |
| Avocat requérant | BORDESSOULE DE BELLEFEUILLE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, complétée par un formulaire enregistrés au tribunal les 17 et 28 novembre 2022, et par un mémoire enregistré le 11 avril 2023, M. D B A, représenté par Me Bordessoule de Bellefeuille, demande au tribunal d'annuler la décision du président du conseil départemental de l'Essonne du 27 octobre 2022 rejetant sa demande de remise gracieuse de dettes de revenu de solidarité de 8 121,09 euros pour la période de mars 2017 à mai 2019, de 1 091,99 euros pour la période de juin à octobre 2019 et de 1 800,46 euros pour la période novembre 2019 à mars 2020. Il demande au tribunal d'annuler la décision du 27 octobre 2022 par laquelle le président du conseil départemental de l'Essonne a maintenu les indus de revenu de solidarité active à sa charge, de le rétablir dans ses droits au RSA pour la période litigieuse, d'ordonner à la caisse d'allocations familiales le versement des sommes qui lui sont dues, de lui accorder la remise totale de sa créance ou de la réduire et de la rééchelonner ou à défaut d'enjoindre au président du conseil départemental de l'Essonne de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance et de lui délivrer durant cet examen une autorisation provisoire de séjour ( sic) sous astreinte de 200 euros par jour de retard. Il demande à ce que soit mis à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- de 2017 à 2019, il peut justifier d'une activité salariée notamment de travailleur temporaire ;
- en 2018, il a été hospitalisé et a subi des interventions chirurgicales ;
- il connaît une situation financière précaire, perçoit l'allocation de solidarité aux personnes âgées, sa femme ne travaille pas et doivent acquitter un loyer de 368 euros mensuels auquel s'ajoutent les charges et le coût des transports et est dans l'impossibilité de rembourser la somme mise à sa charge ;
- la décision n'a pas été signée par une autorité incompétente ( sic ) ;
- elle est illégale par défaut de motivation en droit et au regard des faits litigieux ;
- le 21 mars 2017, a eu lieu le mariage de sa fille en Algérie et il est de bonne foi.
Par un mémoire en défense enregistré le 13 mars 2023, le président du conseil départemental de l'Essonne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- le litige a fait l'objet du jugement du tribunal administratif de Versailles le 27 septembre 2021 ( décisions n°1909606 et 2002954 ) et les conclusions du requérant méconnaissent l'autorité de la chose jugée ;
- la décision du 27 octobre 2022 est une décision confirmative de la décision du 22 octobre 2020 ;
- à titre subsidiaire, la requête n'est pas fondée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné M. Crandal, premier conseiller honoraire, pour statuer sur les litiges mentionnés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative selon la procédure prévue par cet article.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Crandal ;
- les observations de M. B A qui a confirmé vouloir faire appel du jugement rendu par le tribunal et qui a confirmé sa bonne foi et sa situation de précarité ;
- les observations de Mme C, représentant le département de l'Essonne, qui a maintenu ses conclusions par les mêmes moyens.
La clôture de l'instruction a été prononcée, en application des dispositions de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A a bénéficié du revenu de solidarité active à partir de décembre 2016. A la suite d'un contrôle ayant donné lieu à un rapport d'enquête établi le 23 octobre 2019 par un agent assermenté de la caisse d'allocations familiales de l'Essonne, la caisse d'allocations familiales de l'Essonne a notifié, par une décision du 16 juin 2020, à M. B A divers indus parmi lesquels un indu correspondant à un trop-perçu de revenu de solidarité active de 11 281,77 euros pour la période de mars 2017 à mars 2020. M. B A a sollicité la remise gracieuse de ses dettes par courrier du 16 juillet 2020 qui lui a été refusée par une décision du président du conseil départemental de l'Essonne du 22 septembre 2020. Par son jugement n°2002954 du 27 septembre 2021, le tribunal administratif de Versailles a rejeté la requête de M. B A à fin que lui soit accordée la remise gracieuse de sa dette de revenu de solidarité active pour la période de mars 2017 à mars 2020.
2. Aux termes de l'article 1355 du code civil : " L'autorité de la chose jugée n'a lieu qu'à l'égard de ce qui a fait l'objet du jugement. Il faut que la chose demandée soit la même ; que la demande soit fondée sur la même cause ; que la demande soit entre les mêmes parties, et formée par elles et contre elles en la même qualité. ". L'autorité relative de la chose jugée s'attache tant au dispositif qu'aux motifs qui en constituent le support nécessaire.
3. Par une requête, enregistrée le 18 mai 2020 au greffe du tribunal administratif de Versailles sous le numéro 2002954, M. B A demandait au tribunal d'annuler la décision rejetant sa demande de remise de dette de revenu de solidarité active pour la période de mars 2017 à mars 2020. Par jugement en date du 27 septembre 2021 non contesté et devenu définitif, le tribunal a rejeté sa requête aux motifs que les indus mis à la charge de M. B A résultaient, en premier lieu, de la déclaration par l'intéressé de la résidence de son épouse en France alors que celle-ci résidait en Algérie, que dans sa demande de revenu de solidarité active déposée au mois de décembre 2016, M. B A avait déclaré une entrée en France de son épouse le 16 juin 2003 alors qu'il était constant que l'épouse de M. B A n'avait jamais résidé en France. En second lieu, le tribunal a retenu l'absence de déclaration par M. B A aux services de la caisse d'allocations familiales de l'Essonne de ses séjours à l'étranger pour des durées de 185 jours en 2017, 202 jours en 2018 et 155 jours en 2019 alors même que le versement du RSA est soumis à une condition de résidence sur le territoire français, que M. B A ne contestait ni la réalité et la durée de ces séjours, ni le défaut de déclaration qui lui était reproché, qu'il ne pouvait utilement faire valoir qu'il ignorait son obligation de déclaration, ni que ces séjours étaient liés à des événements familiaux ou à son état de santé, et que dans ces conditions, eu égard à l'importance et à la répétition des manquements à ses obligations déclaratives, il devait être regardé comme ayant procédé à de fausses déclarations, cette circonstance fait obstacle à ce que lui soient accordés la remise de dettes sollicitée et le remboursement des sommes déjà prélevées. Enfin le tribunal rejetait les conclusions de M. B A à fin de contester le bien-fondé de l'indu mis à sa charge dès lors qu'elles ne pouvaient être utilement, présentées à l'appui d'une requête relative à une demande de remise de dette.
4. Ainsi que le fait valoir le conseil départemental de l'Essonne sans être contredit par le requérant, les requêtes enregistrées sous les numéros 2002954 et 2208631 sont dirigées contre la même décision rendue par le président du conseil départemental le 22 septembre 2020 et confirmée le 27 octobre 2022. La décision du 27 octobre 2020 rejetant la demande de remise de dette constituée par un indu de revenu de solidarité active pour la période de mars 2017 à mars 2020 est confirmée par le courrier du 27 octobre 2022 rejetant la demande de remise gracieuse dirigée contre le même indu de revenu de solidarité active. En tant que décision confirmative, elle est donc insusceptible de recours contentieux, ainsi que le fait valoir le conseil départemental de l'Essonne en dépit de la mention des voies et délais de recours d'autant plus regrettable qu'en l'espèce le jugement du tribunal administratif du 27 septembre 2021 rejetant le recours contentieux contre cette décision de refus de remise gracieuse était devenu définitif. La présente requête présente une identité d'objet, de cause et de parties avec la requête enregistrée sous le n° 2002954 qui a donné lieu au jugement du 27 septembre 2021 par lequel le tribunal a rejeté les conclusions de M. B A tendant à la remise de la totalité de sa dette de revenu de solidarité active pour la période de mars 2017 à mars 2020. Dès lors, en raison de l'autorité relative de la chose jugée qui s'attache à ce jugement, il n'y a lieu de statuer ni sur les conclusions de M. B A tendant à l'annulation de la décision du 27 octobre 2022 du président du conseil départemental de l'Essonne qui confirme sa décision du 22 septembre 2020 refusant de lui accorder la remise totale de l'indu de revenu de solidarité active pour la période de mars 2017 à mars 2020, ni sur les conclusions de M. B A à fin que le tribunal lui accorde la remise totale de cet indu, ni sur ses conclusions à fin que le tribunal ordonne à quiconque sur le fondement de cette annulation de le rétablir dans ses droits ou de procéder à un réexamen de sa situation ou encore que soit mise à la charge de l'Etat une somme au titre des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la requête de M. B A.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D B A, à Me Bordessoule de Bellefeuille et au président du conseil départemental de l'Essonne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 juillet 2023.
Le magistrat désigné,
signé
J-M. Crandal
La greffière,
signé
B. Dalla Guarda
La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N° 2208631
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026