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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2208904

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2208904

lundi 5 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2208904
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation4ème chambre - 4/11
Avocat requérantKLEINFINGER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 26 et 30 novembre 2022, M. D G, représenté par Me Kleinfinger, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 24 novembre 2022 par lequel le préfet de la Côte-d'Or l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il sera renvoyée en cas d'exécution d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an en l'informant qu'il faisait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;

2°) d'annuler la décision par laquelle le préfet de l'Essonne l'a assigné à résidence ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Côte-d'Or de réexaminer sa situation ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- sa requête est recevable ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire a été prise par une autorité incompétente ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle n'a pas été précédée d'un examen sérieux de sa situation personnelle ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision portant fixation du pays de destination est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an est illégale en ce que cette durée est disproportionnée ;

- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- la décision portant assignation à résidence a été prise par une autorité incompétente ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle n'a pas été précédée d'un examen de sa situation personnelle ;

- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision d'éloignement ;

- elle est illégale dès lors que, ne disposant pas de documents de voyage, il n'existe pas de perspectives raisonnables d'éloignement au sens de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et que le cumul des délais de jugement et d'obtention d'un document des autorités consulaires permettant l'éloignement ne permettent le maintien de l'assignation à résidence dans l'attente d'une perspective raisonnable d'éloignement ;

- elle méconnaît sa liberté d'aller et venir.

Par un mémoire en défense, enregistré le 29 novembre 2022, le préfet de l'Essonne conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 30 novembre 2022, le préfet de la Côte-d'Or conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge du requérant une somme de 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné Mme A pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 1er décembre 2022 qui s'est tenue en présence de Mme Amegee, greffière :

- le rapport de Mme A ;

- les observations de Me Dekemel, substituant Me Kleinfinger, représentant M. G, absent, qui conclut aux mêmes fins que sa requête par les mêmes moyens et soutient en outre que les difficultés du requérant à garder un logement stable et la perte de son passeport expliquent la fin de sa scolarité et l'absence de demande de renouvellement de son titre de séjour, et qu'il travaille actuellement dans l'objectif d'économiser pour reprendre ses études ;

- le préfet de la Côte-d'Or et le préfet de l'Essonne n'étant ni présents, ni représentés.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. D G, ressortissant comorien né le 20 novembre 1990 à Madagascar, a fait l'objet d'un contrôle d'identité par les services de la police aux frontières le 24 novembre 2022. Par un arrêté du 24 novembre 2022, le préfet de la Côte-d'Or l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il sera renvoyée en cas d'exécution d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an en l'informant qu'il faisait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen. Par une décision du 24 novembre 2022, le préfet de l'Essonne l'a assigné à résidence dans le département de l'Essonne pour une durée de quarante-cinq jours. M. G demande l'annulation de ces décisions.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

2. En premier lieu, par un arrêté n° 1198/SG du 17 octobre 2022, régulièrement publié, le préfet de la Côte-d'Or a donné délégation de signature à M. Frédéric Carre, secrétaire général de la préfecture de la Côte-d'Or, à l'effet de signer tous arrêtés et décisions relevant des attributions de l'Etat dans le département de la Côte-d'Or. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision en litige doit être écarté.

3. En deuxième lieu, la décision attaquée vise le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et notamment ses articles L. 611-1 (2°), L. 612-2 (3°), L. 612-6 et L. 612-10, la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et notamment ses articles 3 et 8. Il suit de là qu'il est suffisamment motivé en droit. Par ailleurs, l'arrêté mentionne les circonstances de fait propres à la situation du requérant, notamment son identité, et sa détention d'un titre de séjour valable de 2020 à 2021. Surtout, il précise que l'intéressé s'est maintenu sur le territoire sans demander le renouvellement de ce titre, procède à l'examen de sa situation privée et familiale et mentionne le fait qu'il n'établit pas être exposé à des peines ou traitements contraires à la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dans son pays d'origine. Par conséquent, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la motivation de la décision attaquée serait insuffisante ni que le préfet n'aurait pas procédé à un examen sérieux de sa situation personnelle. Ces moyens doivent, dès lors, être écartés.

4. En troisième lieu, aux termes des stipulations l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ".

5. Il ressort des pièces du dossier que la durée de présence en France de M. G, qui n'y est entré selon ses déclarations que le 20 août 2019, s'explique par la détention d'un titre de séjour portant la mention " étudiant " du 19 novembre 2020 au 18 novembre 2021, ne lui donnant pas vocation à demeurer sur le territoire, et par son maintien en situation irrégulière à l'expiration de ce titre dont il reconnaît lui-même lors de son audition du 24 novembre 2022 ne pas avoir demandé le renouvellement. S'il se prévaut d'un total d'une douzaine de bulletins de paie sur les années 2020 et 2021 en tant qu'agent de service, d'accueil, ouvrier et plongeur dans un restaurant, cela ne constitue pas une insertion professionnelle suffisante. En outre, s'il soutient qu'il va conclure un pacte de solidarité civile avec une ressortissante comorienne en situation régulière en France, et s'il allègue avoir noué en France des liens forts dans le cadre de ses études, les attestations fournies ne suffisent pas à établir l'intensité de ses liens sur le territoire, alors qu'au demeurant, la relation amoureuse qu'il entretient avec une compatriote demeure récente. Enfin, il n'établit pas être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine, les Comores, où il ne conteste pas que résident toujours sa mère, ses trois frères et ses deux sœurs, et où il a vécu jusqu'à l'âge d'environ vingt-huit ans. Dans ces conditions, en prenant la décision attaquée, le préfet de la Côte-d'Or n'a pas porté à sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée.

6. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. ".

7. Indépendamment de l'énumération donnée par l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile des catégories d'étrangers qui ne peuvent faire l'objet d'une mesure d'éloignement, l'autorité administrative ne saurait légalement prendre une mesure d'éloignement à l'encontre d'un étranger que si ce dernier se trouve en situation irrégulière au regard des règles relatives à l'entrée et au séjour. Lorsque la loi prescrit que l'intéressé doit se voir attribuer de plein droit un titre de séjour, cette circonstance fait obstacle à ce qu'il puisse légalement être l'objet d'une obligation de quitter le territoire français. Il en résulte que M. G ne peut utilement se prévaloir des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, celles-ci ne prévoyant pas la délivrance de plein droit d'un titre de séjour. En tout état de cause, il résulte de ce qui a été dit au point 5 du présent jugement que la situation du requérant ne justifie pas son admission au séjour au regard de considérations humanitaires ou motifs exceptionnels au sens des dispositions de l'article L. 435-1 précité. Le moyen tiré d'une erreur manifeste d'appréciation doit, dès lors, être écarté.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

8. En cinquième lieu, le requérant n'établit pas que la décision portant obligation de quitter le territoire français qui lui a été opposée est illégale. Il s'ensuit qu'il n'est pas fondé à soutenir que la décision portant fixation de son pays de destination en cas d'exécution d'office doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de celle portant obligation de quitter le territoire français. Le moyen doit, dès lors, être écarté.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour pour une durée d'un an :

9. En sixième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. ".

10. Il résulte de ces dispositions que, lorsque le préfet prend, à l'encontre d'un étranger, une décision portant obligation de quitter le territoire français ne comportant aucun délai de départ, ou lorsque l'étranger n'a pas respecté le délai qui lui était imparti pour satisfaire à cette obligation, il appartient au préfet d'assortir sa décision d'une interdiction de retour sur le territoire français, sauf dans le cas où des circonstances humanitaires y feraient obstacle. Seule la durée de cette interdiction de retour doit être appréciée au regard des quatre critères énumérés par l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, à savoir la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France, l'existence ou non d'une précédente mesure d'éloignement et, le cas échéant, la menace pour l'ordre public que constitue sa présence sur le territoire.

11. Si le préfet était tenu de prendre une décision d'interdiction de retour sur le territoire français, il ne conteste pas que M. G, entré régulièrement en France, est présent sur le territoire depuis août 2019, soit depuis plus de trois ans à la date de la décision attaquée, qu'il y est hébergé chez une ressortissante comorienne avec laquelle il allègue vouloir conclure un pacte civil de solidarité, qu'il dispose d'attaches sociales en France, d'un certain degré d'insertion professionnelle et, enfin, qu'il n'a jamais fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement ni menacé d'une quelconque manière l'ordre public. Il s'ensuit que le préfet de la Côte-d'Or, en fixant la durée de l'interdiction de retour à une durée de douze mois, a commis une erreur d'appréciation.

12. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens soulevés au soutien des conclusions à fin d'annulation de la décision attaquée, M. G est fondé à soutenir que l'arrêté du 24 novembre 2022 du préfet de la Côte-d'Or doit être annulé en tant qu'il porte interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de douze mois.

En ce qui concerne la décision portant assignation à résidence :

13. En septième lieu, si le requérant soutient que le signataire de la décision n'est pas clairement identifiable, cette circonstance est manifestement due à la mauvaise qualité de la numérisation de ce document opérée par ce dernier. En outre, contrairement à ce qu'il allègue, la lecture de la décision permet d'identifier que c'est Mme B F, chef du bureau de l'éloignement du territoire, qui a signé la décision par délégation du préfet. Par ailleurs, par un arrêté n°2022-PREF-DCPPAT-BCA-132 du 23 août 2022, régulièrement publié, le préfet de l'Essonne a donné délégation de signature à Mme B F, attachée d'administration, chef du bureau de l'éloignement du territoire, à l'effet de signer, en cas d'absence ou d'empêchement de M. E C, directeur de l'immigration et de l'intégration, notamment les décisions portant assignation à résidence. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision en litige doit être écarté.

14. En huitième lieu, la décision attaquée vise le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et notamment son article L. 731-1, la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et notamment son article 8. Il suit de là qu'il est suffisamment motivé en droit. Par ailleurs, l'arrêté mentionne les circonstances de fait propres à la situation du requérant, notamment son identité, son lieu de résidence dans l'Essonne, la circonstance qu'il a fait l'objet le jour même d'une décision portant obligation de quitter le territoire français sans délai et le fait que son éloignement demeure une perspective raisonnable en l'absence de risque de soustraction. Par conséquent, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la motivation de la décision attaquée serait insuffisante. Pour les mêmes motifs, il n'est pas fondé à soutenir que le préfet n'a pas procédé à un examen de sa situation personnelle avant de prendre sa décision. Ces moyens doivent, dès lors, être écartés.

15. En neuvième lieu, le requérant n'établit pas que la décision portant obligation de quitter le territoire français qui lui a été opposée est illégale. Il s'ensuit qu'il n'est pas fondé à soutenir que la décision portant assignation à résidence doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de celle portant obligation de quitter le territoire français. Le moyen doit, dès lors, être écarté.

16. En dixième lieu, aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins d'un an auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé () ".

17. Il ressort des pièces du dossier que le requérant a fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire sans délai, prise moins d'un an avant la décision contestée. Par ailleurs, M. G, s'il allègue avoir perdu le passeport qu'il produit pourtant à l'instance, reconnaît lui-même disposer d'un logement stable à Evry. En outre, s'il prétend également que le délai de jugement, cumulé avec le délai nécessaire pour saisir les autorités consulaires, prive son éloignement de perspectives raisonnables eu égard au temps nécessaire, il ne saurait se prévaloir de telles circonstances, en partie hypothétiques, et postérieures à la décision attaquée. Le moyen tiré d'une erreur manifeste d'appréciation doit, dès lors, être écarté.

18. En onzième lieu, il ressort des pièces du dossier que le préfet de l'Essonne a assigné le requérant à résidence dans ce département pour une durée de quarante-cinq jours, en l'astreignant à se présenter tous les jours à 10 heures y compris les dimanches et jours fériés au commissariat d'Evry-Courcouronnes. En se bornant à alléguer sans l'établir que la mesure l'empêche de faire des démarches quotidiennes ou encore d'accéder à des soins en dehors de l'Essonne, il n'établit pas que l'assignation à résidence ne serait pas adaptée, nécessaire et proportionnée aux buts qu'elle poursuit, alors qu'il habite dans la ville-même où est situé le commissariat, qu'il peut sortir du département sur autorisation et que cette mesure constitue une alternative au placement en centre de rétention. Le moyen tiré d'une atteinte excessive à sa liberté d'aller et venir doit donc être écarté.

19. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par M. G et tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet de la Côte-d'Or en tant qu'il l'oblige à quitter le territoire sans délai et fixe le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office, et celles dirigées contre la décision du même jour du préfet de l'Essonne l'assignant à résidence doivent être rejetées. Les conclusions à fin d'injonction au réexamen doivent être rejetées par voie de conséquence.

Sur les frais d'instance :

20. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par les parties sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 24 novembre 2022 du préfet de la Côte-d'Or est annulé en tant qu'il porte interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D G, au préfet de la Côte-d'Or et au préfet de l'Essonne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 décembre 2022.

La magistrate désignée,

signé

C. A La greffière,

signé

E. Amegee

La République mande et ordonne au préfet de la Côte-d'Or et au préfet de l'Essonne en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 2208904

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