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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2208987

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2208987

mercredi 18 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2208987
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduites à la frontière
Avocat requérantBESSON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance n° 2207757 du 29 novembre 2022, le président de la 1ère chambre du tribunal administratif de Grenoble a transmis le dossier de la requête de M. D B au tribunal administratif de Versailles en application des articles R.312-8 et R.351-3 du code de justice administrative.

Par une requête et un mémoire, enregistrés au greffe du tribunal administratif de Versailles les 30 novembre et 12 décembre 2022, M. D B, représenté par Me Besson, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 25 novembre 2022 par lequel le préfet de la Savoie l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il sera renvoyé en cas d'exécution d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an en l'informant qu'il faisait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;

2°) de surseoir à statuer dans l'attente du jugement du tribunal judiciaire statuant sur sa nationalité ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté a été signé par une autorité incompétente ;

- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- il est illégal dès lors qu'il dispose de la nationalité française.

La requête a été communiquée au préfet de la Savoie, qui n'a pas produit de mémoire en défense mais qui a versé le 2 décembre 2022, des pièces au dossier.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné Mme E pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique du 11 janvier 2023 qui s'est tenue en présence de Mme Amegee, greffière :

- le rapport de Mme E.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. D B, ressortissant comorien né le 5 avril 1996, est entré irrégulièrement sur le territoire français. Le 24 novembre 2022, il a fait l'objet d'un contrôle de son droit au séjour par les services de police. Par un arrêté du 25 novembre 2022, le préfet de la Savoie l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il sera renvoyé en cas d'exécution d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an en l'informant qu'il faisait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen. M. B demande l'annulation de cet arrêté.

2. En premier lieu, l'arrêté contesté a été signé par Mme C A, directrice de la citoyenneté et de la légalité à la préfecture de la Savoie, qui bénéficiait à cet effet d'une délégation de signature en date du 23 août 2022, régulièrement publiée. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'acte doit être écarté.

3. En deuxième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ".

4. Il ressort des pièces du dossier que l'ancienneté sur le territoire du requérant n'est pas connue. S'il se prévaut de la présence en France de son père ainsi que de ses deux sœurs, disposant tous les trois de certificats de nationalité française, il n'établit pas le lien de parenté avec ces personnes et il ne conteste pas que résident toujours dans son pays d'origine son ex-épouse ainsi que leurs trois enfants. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 précité doit, dès lors, être écarté. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.

5. En troisième et dernier lieu, si le requérant soutient qu'il est le fils d'un ressortissant comorien ayant acquis la nationalité française par son père, il ne l'établit, en ne démontrant pas être effectivement le fils de la personne qu'il désigne comme son père. Par suite, le moyen tiré de ce que sa nationalité française ferait obstacle à son éloignement doit être écarté.

6. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté du 25 novembre 2022 du préfet de la Savoie est illégal. Il s'ensuit que ses conclusions à fin d'annulation de cet arrêté doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin de sursis à statuer et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B et au préfet de la Savoie.

Rendu public par mise à disposition au greffe le18 janvier 2023.

La magistrate désignée,

signé

C. E La greffière,

signé

E. Amegee

La République mande et ordonne au préfet de la Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 2208987

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