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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2209064

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2209064

mercredi 18 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2209064
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduites à la frontière
Avocat requérantHERVET

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 2 décembre 2022 et 7 janvier 2023, M. A B, représenté par Me Hervet, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 30 novembre 2022 par lequel le préfet de police de Paris l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et a fixé le pays à destination duquel il sera renvoyée en cas d'exécution d'office ;

2°) d'enjoindre au préfet de police de Paris, à titre principal, de lui délivrer une carte temporaire de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation et de le munir dans l'attente d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) d'enjoindre au préfet de police de Paris de mettre fin au signalement dont il a fait l'objet dans le système d'information Schengen.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;

- il n'a pas été précédé d'un examen complet de sa situation ;

- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- il méconnaît les dispositions des articles L. 612-1 et L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par deux mémoires en défense, enregistrés le 26 décembre 2022, le préfet de police de Paris conclut au rejet de la requête.

Il soutient que

- il y a lieu de substituer les dispositions du 2° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à celles du 1° du même article, ayant servi de fondement à sa décision portant obligation de quitter le territoire français, dès lors qu'il dispose du même pouvoir d'appréciation et que cela ne prive le requérant d'aucune garantie ;

- les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné Mme D pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique du 11 janvier 2023 qui s'est tenue en présence de Mme Amegee, greffière :

- le rapport de Mme D ;

- le préfet de police de Paris n'étant ni présent, ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant marocain né le 3 août 1984, est entré en France le 16 juin 2022 sous couvert d'un visa de court séjour. Par un arrêté du 30 novembre 2022, le préfet de police de Paris l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et a fixé le pays à destination duquel il sera renvoyé en cas d'exécution d'office. M. C demande l'annulation de cet arrêté.

2. En premier lieu, l'arrêté attaqué vise le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et notamment ses articles L. 611-1, L. 612-2 et L. 612-6 et la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et notamment ses articles 3 et 8. Il suit de là qu'il est suffisamment motivé en droit. Par ailleurs, l'arrêté mentionne les circonstances de fait propres à la situation du requérant, notamment son identité, la circonstance qu'il a été signalé le 29 novembre 2022 pour détention de plusieurs faux documents administratifs et qu'il s'est maintenu irrégulière sur le territoire à l'expiration de son visa de court séjour, et précise, en outre, sa situation privée et familiale et le fait qu'il n'établit pas être exposé à des peines ou traitements contraires à la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dans son pays d'origine. Par conséquent, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la motivation des décisions attaquées serait insuffisante ni même que le préfet de police de Paris n'aurait pas procédé à un examen suffisant de sa situation individuelle. Ces moyens doivent, dès lors, être écartés.

3. En deuxième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ".

4. Il ressort des pièces du dossier que le requérant est entré en France en juin 2022 et ne peut donc se prévaloir que d'une présence très récente sur le territoire. S'il allègue que son frère réside en France en situation régulière, qu'il a suivi deux années d'études supérieures dans le domaine de l'électrotechnique et qu'il a la volonté de s'intégrer dans un milieu professionnel en rapport avec ses études, ces seuls éléments ne sont pas de nature à regarder le préfet de police de Paris comme ayant, en prenant l'arrêté attaqué, porté une atteinte disproportionnée au droit du requérant au respect de sa vie privée et familiale. Les moyens doivent, dès lors, être écartés.

5. En troisième et dernier lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () 2° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa ou, s'il n'est pas soumis à l'obligation du visa, à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de son entrée en France, sans avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour () ".

6. Il ressort des pièces du dossier, et n'est pas contesté par le requérant, que celui-ci est entré en France le 16 juin 2022 sous couvert d'un visa de court séjour à l'expiration duquel il s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire sans déposer de demande de titre de séjour ni entamer de démarche en vue de la régularisation de sa situation. Par suite, le requérant, qui ne fait état d'aucune circonstance particulière, n'est pas fondé à soutenir que les dispositions précitées auraient été méconnues. Le moyen doit, dès lors, être écarté.

7. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté du 29 novembre 2022 du préfet de police de Paris serait illégal. Il s'ensuit que ses conclusions à fin d'annulation de cet arrêté doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de police de Paris.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 janvier 2023.

La magistrate désignée,

signé

C. D La greffière,

signé

E. Amegee

La République mande et ordonne au préfet de police de Paris en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 2209064

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