jeudi 20 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2209075 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | M. LUDOT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 1er décembre 2022 et 6 avril 2023, l'association Union nationale des droits et devoirs médicaux (UNDDM), venant au droit de l'Union nationale des associations citoyennes de santé (UNACS), représentée par Me Ludot, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) de condamner le centre hospitalier Sud Francilien à lui verser la somme d'un euro symbolique en réparation du préjudice qu'elle estime avoir subi ;
2°) de mettre à la charge du centre hospitalier Sud Francilien les entiers dépens de l'instance ;
3°) de mettre à la charge du centre hospitalier Sud Francilien la somme de 5 000 euros à lui verser sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable dès lors que son objet social est suffisamment précis et que sa requête présente des moyens en fait et en droit ;
- la responsabilité du centre hospitalier Sud Francilien est engagée au regard de trois fautes commises par cet établissement de santé d'une part, en n'assurant pas convenablement sa sécurité informatique par le choix d'un prestataire défaillant, d'autre part, en faisant le choix d'une prestation de maintenance informatique en sous-traitance dont la mission a été défectueuse, et enfin, en n'informant pas les patients de la divulgation de leur dossier médical, ce qui méconnaît son devoir de surveillance lui incombant au titre de la loi du 4 mars 2022.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 29 mars 2023 et 23 octobre 2024, le centre hospitalier Sud Francilien, représenté par Me Budet, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de l'association requérante au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
A titre principal, il oppose trois fins de non-recevoir de la requête tirées du défaut d'intérêt à agir de l'association requérante, du défaut de moyens sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative et du défaut de régularisation d'une requête sommaire sur le fondement de l'article R. 776-12 du code de justice administrative.
A titre subsidiaire, il soutient que :
- l'association requérante n'établit ni la réalité et la nature de son préjudice, ni l'existence de son lien direct avec les illégalités alléguées, ni les fautes reprochées de mauvaise gestion ou de négligence de la maintenance informatique et de défaut d'information des patients concernés par une divulgation de données ;
- le grief fondé sur la sélection du prestataire en application d'une procédure d'appel d'offres est inopérant dès lors qu'en sa qualité d'établissement public et de pouvoir adjudicateur, il est soumis aux dispositions du code de la commande publique et des règles de mise en concurrence.
Par une ordonnance du 23 octobre 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 7 novembre 2024.
Un mémoire, présenté pour l'association requérante, a été enregistré le 15 janvier 2025 et n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Corthier ;
- et les conclusions de M. Chavet, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Le 21 août 2022, le centre hospitalier Sud Francilien a été victime d'une attaque informatique ayant entraîné l'exfiltration de fichiers de données à caractère personnel concernant des patients. L'association Union nationale des associations citoyennes de santé a adressé au centre hospitalier Sud Francilien, par un courrier du 29 septembre 2022, une demande indemnitaire préalable, laquelle est restée sans réponse. L'association requérante, devenue l'Union nationale des droits et devoirs médicaux, doit être regardée comme demandant au tribunal de condamner le centre hospitalier Sud Francilien à lui verser la somme d'un euro symbolique en réparation de son préjudice.
Sur le préjudice :
2. Il résulte de l'instruction que l'association Union nationale des associations citoyennes de santé, laquelle a pour objet, selon les termes de l'article 2 de ses statuts, la défense des intérêts des consommateurs de soins, de traitements médicaux ou paramédicaux, la défense des victimes de risques sériels et de maladies émergentes, l'information, la prévention, l'écoute, l'aide aux malades, ainsi que la liberté de choix en matière de vaccination, se borne à alléguer l'existence d'une attaque informatique subi par le centre hospitalier Sud Francilien le 21 août 2022 sans établir la matérialité de son préjudice résultant de l'atteinte portée aux intérêts qu'elle s'est donnée pour mission de défendre, ni même le lien direct, certain et personnel avec cette attaque du préjudice qu'elle estime avoir subi. Dans ces conditions, l'association requérante ne justifie pas de l'existence d'un préjudice, ou au moins d'un droit lésé, lui conférant un intérêt lui donnant qualité pour agir aux fins de condamnation du centre hospitalier Sud Francilien pour réparer le préjudice qu'elle estime avoir subi à la suite de l'attaque informatique dont cet établissement de santé a fait l'objet le 21 août 2022.
3. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir opposées en défense, que les conclusions de la requête aux fins d'indemnisation doivent être rejetées.
Sur les frais de l'instance :
4. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du centre hospitalier Sud Francilien, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que l'association requérante demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par le centre hospitalier Sud Francilien au même titre.
5. Par ailleurs, à défaut de dépens engagés en l'espèce, les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent également qu'être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de l'association Union nationale des droits et devoirs médicaux est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par le centre hospitalier Sud Francilien sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à l'association Union nationale des droits et devoirs médicaux et au centre hospitalier Sud Francilien.
Délibéré après l'audience du 6 février 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Sauvageot, présidente,
M. Gibelin, premier conseiller,
Mme Corthier, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 février 2025.
La rapporteure,
signé
Z. Corthier
La présidente,
signé
J. Sauvageot
La greffière,
signé
Y. Bouakkaz
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2209075
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026