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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2209134

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2209134

vendredi 7 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2209134
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation3ème chambre
Avocat requérantLAMINE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête sommaire enregistrée le 2 décembre 2022 et des mémoires enregistrés les 16 décembre 2022 et 25 janvier 2023, M. E D, représenté par Me Lamine, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision en date du 4 avril 2022 par laquelle le préfet de l'Essonne a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il devait être renvoyé ;

2°) d'enjoindre au préfet de l'Essonne de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande d'admission au séjour, en saisissant la commission du titre de séjour et de lui délivrer, dans l'attente de ce réexamen, un récépissé de demande de titre de séjour, sous astreinte de 20 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 300 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- sa requête est recevable ;

- l'arrêté est insuffisamment motivé et procède d'un examen non approfondi de sa situation personnelle, en particulier de celle de son fils ;

- il est irrégulier en l'absence de consultation préalable de la commission du titre de séjour ;

- il est entaché d'une erreur de droit dès lors que le préfet s'est estimé en situation de compétence liée eu égard à l'avis émis par le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ;

- il est entaché d'erreur d'appréciation au regard des dispositions des articles L. 425-10 et L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, en méconnaissance de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation ;

- il méconnaît les articles 3-1 et 2-2 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- il méconnaît le 10° de l'article L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il contrevient à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

L'Office français de l'immigration et de l'intégration a présenté, les 10 et 21 janvier 2023, un mémoire en production de pièces, ainsi que des observations.

Par un mémoire en défense enregistré le 25 février 2023, le préfet de l'Essonne conclut au rejet de la requête en faisant valoir que les moyens ne sont pas fondés.

M. D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 26 septembre 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Le rapport de Mme B a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. E D, ressortissant ivoirien né en 1987, déclare être entré en France au cours du mois d'août 2016. Il a bénéficié, entre 2019 et 2021, d'autorisations provisoires de séjour délivrées en sa qualité d'accompagnant de l'un de ses enfants, atteint d'une pathologie nécessitant un suivi particulier. Par un arrêté du 4 avril 2022, le préfet de l'Essonne a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français et a fixé le pays à destination duquel il devait être renvoyé. M. D demande l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions en annulation :

2. En premier lieu, l'arrêté attaqué vise les textes dont il est fait application et expose les circonstances de fait propres à la situation personnelle et familiale de M. D. Il fait, en particulier, mention du sens détaillé de l'avis émis par le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) concernant son fils, prénommé A. Dès lors, cet arrêté comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de chacune des décisions attaquées et permet ainsi au requérant d'en contester utilement le bien-fondé. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de l'arrêté doit être écarté.

3. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier, au vu notamment de l'avis émis par le collège des médecins de l'OFII et des éléments communiqués au cours de cette instance, que l'arrêté procèderait d'un examen incomplet de la situation personnelle de M. D et qu'il n'aurait, notamment, pas été tenu compte de l'état de santé de son fils.

4. En troisième lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. () ". Aux termes de l'article L. 425-10 du même code : " Les parents étrangers de l'étranger mineur qui remplit les conditions prévues à l'article L. 425-9, ou l'étranger titulaire d'un jugement lui ayant conféré l'exercice de l'autorité parentale sur ce mineur, se voient délivrer, sous réserve qu'ils justifient résider habituellement en France avec lui et subvenir à son entretien et à son éducation, une autorisation provisoire de séjour d'une durée maximale de six mois. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / Cette autorisation provisoire de séjour ouvre droit à l'exercice d'une activité professionnelle. / Elle est renouvelée pendant toute la durée de la prise en charge médicale de l'étranger mineur, sous réserve que les conditions prévues pour sa délivrance continuent d'être satisfaites. / Elle est délivrée par l'autorité administrative, après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans les conditions prévues à l'article L. 425-9 ".

5. Sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve à l'une des parties, il appartient au juge administratif, au vu des pièces du dossier, et compte tenu, le cas échéant, de l'abstention d'une des parties à produire les éléments qu'elle est seule en mesure d'apporter et qui ne sauraient être réclamés qu'à elle-même, d'apprécier si l'état de santé d'un étranger nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve de l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi et d'un accès effectif à ce traitement. La partie qui justifie d'un avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'accès effectif à un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires. En cas de doute, il lui appartient de compléter ces échanges en ordonnant toute mesure d'instruction utile.

6. Pour refuser de délivrer à M. D le titre de séjour sollicité, le préfet de l'Essonne a notamment relevé l'avis émis le 8 décembre 2021 par le collège des médecins de l'OFII précisant notamment que si l'état de santé de son fils nécessite une prise en charge médicale, le défaut d'une telle prise en charge n'est pas susceptible d'entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qu'il peut voyager sans risque vers son pays d'origine. Le requérant produit plusieurs documents d'ordre médical dont il ressort que son fils, dépourvu d'œil gauche à la naissance, atteint de cécité partielle et d'une microphtalmie congénitale sévère, a bénéficié d'un suivi spécialisé en France et est porteur d'une prothèse oculaire nécessitant un contrôle et une adaptation, notamment marquée par un repolissage, tous les six mois. Si M. D fait valoir que ce suivi particulier ne peut être assuré en Côte d'Ivoire, à tout le moins dans les mêmes conditions qu'en France, les structures proposant un tel appareillage dans ce pays étant moins nombreuses et le coût d'une telle prise en charge étant plus élevé, aucune des pièces qu'il produit n'est de nature à remettre en cause l'avis du collège des médecins de l'OFII selon lequel l'absence d'un tel suivi n'est pas de nature à entraîner, pour l'enfant, des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Dès lors, il n'est pas établi que la décision de refus de séjour opposée à M. D procèderait d'une inexacte application des dispositions des articles L. 425-10 et L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

7. En quatrième lieu, il n'est pas établi que le préfet se serait estimé en situation de compétence liée au regard de l'avis émis par le collège des médecins de l'OFII. Le moyen d'erreur de droit doit, dès lors, être écarté.

8. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour qui est saisie pour avis par l'autorité administrative : / 1° Lorsqu'elle envisage de refuser de délivrer ou de renouveler la carte de séjour temporaire prévue aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-13, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21, L. 423-22, L. 423-23, L. 425-9 ou L. 426-5 à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance () ". Il résulte de ces dispositions que le préfet est tenu de saisir la commission du titre de séjour du seul cas des étrangers qui remplissent effectivement les conditions prévues aux articles visés par ces dispositions, et auxquels il envisage néanmoins de refuser le titre de séjour sollicité, et non de celui de tous les étrangers qui s'en prévalent.

9. Ainsi qu'il a été dit au point 6 ci-dessus, M. D ne remplissait pas les conditions prévues par les articles L. 425-9 et L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour se voir délivrer un titre de séjour. Dès lors, le préfet de l'Essonne n'était pas tenu de soumettre son cas à la commission du titre de séjour avant de rejeter sa demande.

10. En sixième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. () ".

11. Eu égard aux motifs énoncés au point 6 ci-dessus, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire français, en ce qu'elle impliquerait l'éloignement de son fils, méconnait les dispositions précitées du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, auparavant codifiées au 10° de l'article L. 511-4 de ce code.

12. En septième lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, les tribunaux des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.

13. Si le requérant fait valoir que l'intérêt de son fils est de bénéficier d'un suivi médical en France, le document qu'il verse au dossier, présenté comme l'extrait d'une étude menée en Côte d'Ivoire sur l'anophtalmie congénitale, n'établit pas que les soins nécessaires à la prise en charge de sa pathologie oculaire ne seraient pas disponibles en Côte d'Ivoire, ni que de tels soins n'y seraient pas accessibles. Dès lors, le requérant n'établit pas que le suivi médical dont bénéficie son fils en France ne pourrait pas se poursuivre dans son pays d'origine dans des conditions satisfaisantes. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant doit être écarté.

14. En huitième lieu, aux termes de l'article 2 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " 1. Les Etats parties s'engagent à respecter les droits qui sont énoncés dans la présente Convention et à les garantir à tout enfant relevant de leur juridiction, sans distinction aucune, indépendamment de toute considération de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d'opinion politique ou autre de l'enfant ou de ses parents ou représentants légaux, de leur origine nationale, ethnique ou sociale, de leur situation de fortune, de leur incapacité, de leur naissance ou de toute autre situation. / 2. Les Etats parties prennent toutes les mesures appropriées pour que l'enfant soit effectivement protégé contre toutes formes de discrimination ou de sanction motivées par la situation juridique, les activités, les opinions déclarées ou les convictions de ses parents, de ses représentants légaux ou des membres de sa famille ".

15. Les stipulations de l'article 2 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, qui ne créent des obligations qu'entre les seuls Etats parties à la convention, ne peuvent être utilement invoqués par le requérant à l'encontre de la décision attaquée. Le moyen tiré de la méconnaissance de ces stipulations, inopérant, doit être écarté.

16. En neuvième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Et aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. () ".

17. Il ressort des pièces du dossier que M. D réside en France depuis la fin de l'année 2016, et qu'il est père de cinq enfants, respectivement nés, pour les deux ainés, en Côte d'Ivoire, en 2012 et 2015 et, pour les trois plus jeunes, en France, en 2017, 2019 et 2021. Il ressort également des pièces du dossier que l'ainé des enfants, prénommé C, a été scolarisé en France entre 2017 et 2022 et qu'il était inscrit en classe de CM1 au cours de l'année scolaire 2021-2022, que le deuxième enfant, prénommé Moussa, a été scolarisé en France dès 2018 et qu'il était inscrit en classe de CP au cours de l'année scolaire 2021-2022, et que le troisième enfant, prénommé A, a été scolarisé dès la rentrée scolaire 2020. Toutefois, aucune indication n'est donnée sur les conditions de séjour de l'épouse du requérant et, eu égard à leur jeune âge, les enfants de M. D peuvent poursuivre ou engager, pour les plus jeunes, leur scolarité en Côte d'Ivoire. Il ne ressort par ailleurs pas des pièces du dossier que M. D justifierait d'une volonté particulière d'intégration professionnelle, celui-ci se bornant à faire état de périodes d'emploi ponctuelles au cours des années 2019 et 2021. Dès lors, et compte tenu de ce qui a été dit précédemment concernant la prise en charge du suivi de la pathologie du jeune A, l'arrêté attaqué ne peut être regardé comme portant une atteinte disproportionnée au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit donc être écarté.

18. En dixième lieu, eu égard à ce qui vient d'être dit, l'arrêté ne peut être regardé comme entaché d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur la situation personnelle du requérant et de ses enfants.

19. En dernier lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

20. Il résulte des motifs énoncés précédemment que M. D ne justifie pas que l'arrêté, en ce qu'il implique l'éloignement de son fils A, emporterait des risques pour l'intégrité physique de ce dernier. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit donc être écarté.

21. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner la recevabilité de la requête, que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. D doivent être rejetées, de même, par voie de conséquence, que celles aux fins d'injonction et d'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. D est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E D et au préfet de l'Essonne.

Délibéré après l'audience du 24 mars 2023, à laquelle siégeaient :

- Mme Rollet-Perraud, présidente,

- Mme Amar-Cid, première conseillère,

- Mme Milon, première conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 avril 2023.

La rapporteure,

Signé

A. B

La présidente,

Signé

C. Rollet-Perraud La greffière,

Signé

A. Lloria

La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

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