lundi 6 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2209238 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Magistrat Fraisseix |
| Avocat requérant | DUMAZ ZAMORA |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête et des mémoires complémentaires, enregistrés les 8 décembre 2022, 24 mai 2023 et 4 juillet 2023, sous le n° 2209238, Mme B E, représentée par Me Dumaz Zamora, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'avis des sommes à payer émis le 13 octobre 2022 par le président du conseil départemental de l'Essonne d'un montant de 1 268 euros ;
2°) de la décharger de l'obligation de payer la somme de 1 268 euros ;
3°) de mettre à la charge du département de l'Essonne la somme de 1 200 euros à verser à Me Dumaz Zamora en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- l'administration devra produire le bordereau de titres de recette afin de s'assurer qu'il comporte la signature de l'ordonnateur ; la seule capture d'écran du logiciel comptable du département de l'Essonne ne permet pas d'assurer que le titre litigieux a été signé par M. A ; cette capture d'écran ne vaut pas signature électronique ; la compétence de M. A n'est pas établie ; le titre a été émis le 27 mars 2023 et signé le 29 mars 2023 ;
- l'avis de somme à payer n'est pas suffisamment motivé en ce qu'elle n'a pas été mise en mesure de comprendre les bases de la liquidation de créance, ni les éléments de calcul sur lesquels il se fonde ; l'administration ne produit aucun élément de preuve de l'envoi des courriers des 9 juin et 27 juillet 2022 ; ces courriers ne lui ont jamais été notifiés ;
- elle n'a jamais été informée qu'une amende administrative a été prononcée sur le fondement de l'article L. 262-52 du code de l'action sociale et des familles ; l'équipe pluridisciplinaire n'a jamais été saisie pour avis ; deux signataires de l'avis du 11 mai 2022 ne sont pas identifiés par leur nom et leur prénom ; l'équipe ne pouvait se composer d'agents de la caisse d'allocations familiales ; la commission était composée que de représentants du département ; elle n'a pas été mise en mesure de présenter ses observations écrites ou orales en méconnaissance de l'article L. 114-17 du code de la sécurité sociale ;
- elle est de bonne foi et elle ignorait l'obligation de déclarer ses séjours à l'étranger ; elle était présente en France en 2019 puisqu'elle a effectué des achats en mai, juillet et novembre.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 20 avril 2023, 28 juin 2023, 4 septembre 2023 et 25 septembre 2023, le département de l'Essonne conclut au rejet de la requête de Mme E.
Il soutient que :
- dès lors que le titre initial contesté a été retiré puis réémis, les conclusions de la requête doivent être considérées comme étant dirigées contre la nouvelle décision ;
- le titre de recettes initialement contesté n° 16198 émis et rendu exécutoire le 13 octobre 2022 a été signé électroniquement par M. C A, directeur des finances au département de l'Essonne ; le département a procédé au retrait de ce titre par un mandat émis le 27 mars 2023 ; le nouveau titre n° 4571 a été signé électroniquement le 29 mars 2023 par M. A ; la signature électronique du titre n° 4571 est conforme aux exigences réglementaires comme en atteste la vérification de la signature PES de l'outil Xémélios ; par arrêté du 10 mars 2023, le président du département de l'Essonne a délégué sa signature à M. A notamment pour les bordereaux de titres de recettes ainsi que pour leur annulation ;
- le titre du 13 octobre 2022 comporte la mention " Amende administrative RSA " et renvoie au courrier du 27 juillet 2022 de notification de l'amende ; ces mentions s'ajoutent à celles de la caisse d'allocations familiales dans un courrier du 1er juin 2022 ; la circonstance que le courrier mentionné dans le titre de recettes n'y est pas joint est sans incidence sur la motivation de l'acte dès lors que le titre fait référence à un document précédemment adressé au débiteur ;
- l'équipe pluridisciplinaire a été saisie le 11 mai 2022 pour avis et a retenu la qualification de fraude ; les courriers des 9 juin 2022 et 27 juillet 2022 mentionnent l'intervention de l'équipe ; la circonstance que l'avis de l'équipe pluridisciplinaire ne mentionne pas les noms des signataires est sans incidence sur la régularité de la composition ; l'équipe saisie pour avis le 11 mai 2022 se composait également d'un agent de la caisse d'allocations familiales en charge du contentieux, d'un responsable du service recouvrement de la caisse et de représentants du conseil départemental ; la détermination du nombre, de la composition et des membres de l'équipe relèvent de la compétence du président du conseil départemental ; la commission qui s'est réunie le 11 mai 2022 correspond à la tenue de la commission administrative de fraude et non à celle de l'équipe qui s'est réunie le 7 juillet 2022 ; le procès-verbal de l'équipe pluridisciplinaire mentionne la présence de représentants du département et de l'action sociale, de la SYMGHAV et d'un référent revenu de solidarité active Pôle-Emploi ;
- le courrier du 9 juin 2022 indique à la requérante la possibilité de formuler des observations écrites ; l'article L. 114-17 du code de la sécurité sociale ne prévoit aucunement que le montant envisagé de pénalité y soit mentionné ;
- le versement indu de RSA a pour seule cause les déclarations inexactes et l'omission de déclarer un séjour à l'étranger de la requérante entre le 12 mai 2019 et le 18 juillet 2019, entre le 20 juillet et le 18 novembre 2019 et à compter du 27 novembre 2019 ; si les frontières étaient fermées pendant 14 mois, la requérante a été en mesure de rentrer depuis mai 2021 ;
- la requérante ne démontre pas que l'indu laissé à sa charge excèderait ses capacités contributives.
II. Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 23 décembre 2022 et 26 avril 2023, sous le n° 2209873, Mme B E, représentée par Me Dumaz Zamora, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 27 octobre 2022 par laquelle le président du conseil départemental de l'Essonne a rejeté sa demande de remise de dette de 17 988,16 euros ;
2°) de lui accorder une remise totale de dette pour son indu de revenu de solidarité active ;
3°) de mettre à la charge du département de l'Essonne la somme de 1 200 euros à verser à Me Dumaz Zamora en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- elle a toujours été de bonne foi et si elle n'a pas mentionné ses séjours à l'étranger c'est qu'elle n'a jamais eu connaissance de l'obligation qu'elle avait de les déclarer ; la brochure d'information produite en défense ne lui a pas été remise ;
- elle n'a jamais bénéficié d'un accompagnement en méconnaissance de l'article L. 262-27 du code de l'action sociale et des familles ;
- ses séjours étaient inférieurs à trois mois et elle n'avait pas à les déclarer ;
- elle est partie en Algérie car elle ne parvenait pas à faire le deuil de son époux et avait besoin d'un soutien moral de sa famille ;
- elle est restée bloquée en Algérie en raison de la crise sanitaire et lors de la reprise des vols, les prix étaient élevés ;
- les vaccins exigés pour pénétrer sur le territoire français n'étaient pas accessibles dans son pays d'origine ; elle a dû attendre que la France assouplisse ses conditions d'entrée et accepte les personnes non vaccinées justifiant d'un test PCR de moins de 72 heures ;
- elle n'a perçu aucun revenu en 2021 et ne dispose que d'une faible épargne insuffisante pour couvrir le montant de la dette réclamée.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 24 mars 2023 et 6 septembre 2023, le département de l'Essonne conclut au rejet de la requête de Mme E.
Il soutient que :
- les éléments du dossier témoignent une volonté de la part de la requérante de vouloir dissimuler son séjour à l'étranger ; elle est rentrée d'Algérie le 3 mai 2019, puis est repartie le 12 mai suivant, puis est rentrée à partir du 18 juillet suivant, puis est repartie le 20 juillet suivant, puis est rentrée le 18 novembre 2019 puis est repartie le 21 novembre suivant ; elle a donc omis de déclarer ses séjours en Algérie au moins sur la période du 15 mai 2019 au 27 octobre 2021 ;
- la requérante ne pouvait ignorer son obligation de déclarer tout changement de situation dès lors qu'il a publié sur son site internet un guide à l'attention des bénéficiaires du revenu de solidarité active daté du 5 octobre 2018 ;
- elle ne saurait invoquer l'interruption des liaisons entre la France et l'Algérie dès lors qu'il n'est pas établi qu'elle ait informé les services de la caisse d'allocations familiales ou du département de l'Essonne au plus tard dès son retour sur le territoire français de cette situation ;
- la créance qu'il détient à l'encontre de la requérante résulte des fausses déclarations de cette dernière ;
- elle ne démontre pas sa précarité.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;
- l'arrêté du 27 juin 2007 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Fraisseix, premier conseiller, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Fraisseix, Me Dumaz Zamora, représentant Mme E, et M. D, mandaté par le département de l'Essonne, pour le représenter, ont été entendus au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B E demande au tribunal d'annuler l'avis de sommes à payer émis le 13 octobre 2022 par lequel le département de l'Essonne a mis à sa charge la somme de 1 268 euros au titre d'une amende administrative ainsi que de la décharger du paiement de cette somme. Elle demande également d'annuler la décision du 27 octobre 2022 par laquelle le président du conseil départemental de l'Essonne a rejeté sa demande de remise de dette de 17 988,16 euros et de lui accorder une remise totale de dette pour son indu de revenu de solidarité active.
Sur la jonction des requêtes n° 2209238 et n° 2209873 :
2. Les requêtes visées ci-dessus présentent à juger des questions semblables concernant une même requérante et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a donc lieu de les joindre pour y statuer par un seul jugement.
Sur l'étendue du litige :
3. Lorsqu'une décision administrative faisant l'objet d'un recours contentieux est retirée en cours d'instance pour être remplacée par une décision ayant la même portée, le recours doit être regardé comme tendant également à l'annulation de la nouvelle décision. Lorsque le retrait a acquis un caractère définitif, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions dirigées contre la décision initiale, qui ont perdu leur objet. Le juge doit, en revanche, statuer sur les conclusions dirigées contre la nouvelle décision.
4. Mme E a demandé, dans sa demande introductive d'instance enregistrée le 8 décembre 2022 sous le n° 2209238, l'annulation de l'avis des sommes à payer n° 16198 émis le 13 octobre 2022 par le président du conseil départemental de l'Essonne d'un montant de 1 268 euros. Dès lors que ce titre du 13 octobre 2022 a été retiré en cours d'instance le 27 mars 2023 et qu'un nouveau titre ayant le même objet, portant le n° 4571, a été émis le 27 mars 2023, le recours de la requérante doit nécessairement être regardé comme tendant également à l'annulation de la nouvelle décision. La requérante n'était donc pas tenue de demander expressément l'annulation de ce nouveau titre. Par suite, la requête de Mme E doit être regardée comme dirigée contre l'avis de sommes à payer émis le 27 mars 2023.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision infligeant une amende administrative :
En ce qui concerne la régularité :
5. En premier lieu, aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " () / Le président du conseil départemental constate la créance du département et transmet au payeur départemental le titre de recettes correspondant pour le recouvrement () ". Aux termes de l'article L. 111-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute personne a le droit de connaître le prénom, le nom, la qualité et l'adresse administratives de l'agent chargé d'instruire sa demande ou de traiter l'affaire qui la concerne ; ces éléments figurent sur les correspondances qui lui sont adressées () ". Aux termes de l'article L. 212-1 du même code : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci () ". Aux termes de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales : " () / 4° Quelle que soit sa forme, une ampliation du titre de recettes individuel ou de l'extrait du titre de recettes collectif est adressée au redevable. () / En application de l'article L. 111-2 du code des relations entre le public et l'administration, le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif mentionne les nom, prénoms et qualité de la personne qui l'a émis ainsi que les voies et délais de recours. / Seul le bordereau de titre de recettes est signé pour être produit en cas de contestation. () ". Aux termes de l'article D. 1617-23 du même code : " () La signature manuscrite, ou électronique conformément aux modalités fixées par arrêté du ministre en charge du budget, du bordereau récapitulant les titres de recettes emporte attestation du caractère exécutoire des pièces justifiant les recettes concernées et rend exécutoires les titres de recettes qui y sont joints conformément aux dispositions des articles L. 252 A du livre des procédures fiscales et des articles R. 2342-4, R. 3342-8-1 et R. 4341-4 du présent code ". L'article 2 de l'arrêté du 27 juin 2007 pris pour l'application de l'article précité dispose : " La validité juridique () des titres de recettes et des bordereaux () de titres de recettes dématérialisés résulte de l'utilisation du protocole d'échange standard d'Hélios dans ses versions 2 et suivantes ainsi que de la signature électronique de l'ordonnateur ou de son représentant dans les conditions prévues à l'article 5 ". L'article 5 du même arrêté prévoit : " La transmission au comptable public par l'ordonnateur ou son représentant de fichiers aller recette et dépense, signés électroniquement dans les conditions fixées à l'article 4, conformément au protocole d'échange standard dans ses versions 2 et suivantes, dispense l'ordonnateur ou son représentant de produire () les titres de recettes, () et les bordereaux de titres sur support papier au comptable public ". Aux termes de l'article 4 du même arrêté : " En application de l'article D. 1617-23 du code général des collectivités territoriales, la signature électronique des fichiers de données et de documents électroniques transmis au comptable est effectuée par l'ordonnateur ou son délégataire au moyen : / - soit d'un certificat garantissant notamment son identification et appartenant à l'une des catégories de certificats visées par l'arrêté du ministre de l'économie et des finances en date du 15 juin 2012 relatif à la signature électronique dans les marchés publics (NOR : EFIM1222915A) ; / - soit du certificat de signature "DGFiP" délivré gratuitement par la direction générale des finances publiques aux ordonnateurs des organismes publics visés à l'article 1er du présent arrêté ou à leurs délégataires qui lui en font la demande ". Il résulte de ces dispositions, qu'il appartient à l'autorité administrative de justifier, en cas de contestation, que le bordereau de titre de recettes comporte la signature de l'émetteur ainsi que ses nom prénom et qualités. Enfin, aux termes de l'article L. 3221-2 du code général des collectivités territoriales : " Le président du conseil départemental est l'ordonnateur des dépenses du département et prescrit l'exécution des recettes départementales, sous réserve des dispositions particulières du code général des impôts relatives au recouvrement des recettes fiscales des collectivités territoriales ". Aux termes de l'article L. 3221-3 de ce code : " Le président du conseil départemental est le chef des services du département. Il peut, sous sa surveillance et sa responsabilité, donner délégation de signature en toute matière aux responsables desdits services ".
6. Tout titre de recettes exécutoire comprend quatre volets dont le premier, formant bulletin de perception permettant de suivre le recouvrement de la créance, est adressé au comptable public, le deuxième est annexé au compte de gestion de la collectivité locale, le troisième, formant avis des sommes à payer, est adressé au débiteur, et le quatrième, formant bulletin de liquidation, est conservé par l'ordonnateur. En application des dispositions de l'article L. 111-2 du code des relations entre le public et l'administration, selon lesquelles le destinataire d'une décision administrative doit pouvoir avoir connaissance du nom, du prénom et de la qualité de son auteur et doit pouvoir également constater que ce dernier l'a signée, il appartient à la personne publique concernée, dans le cas où l'avis des sommes à payer reçu par son destinataire n'est pas signé et n'indique pas le nom, le prénom et la qualité de son auteur, de démontrer que l'un des trois autres volets du titre de recettes exécutoire en cause comporte lesdites mentions ainsi que la signature de l'ordonnateur ou de son délégué.
7. En l'espèce, il résulte de l'instruction que l'avis des sommes à payer adressé à Mme E mentionne que le titre n° 4571 rendu exécutoire le 27 mars 2023 est émis, par délégation, par M. C A, directeur des finances du département de l'Essonne. Il résulte également de l'instruction, notamment d'une copie d'écran extraite de la plateforme XéMélios, que le bordereau du titre de recettes a été signé par cette même personne de façon électronique. Ces éléments, issus d'un logiciel dont la validité est admise par les dispositions précitées de l'article 2 de l'arrêté du 27 juin 2007 portant application de l'article D. 1617-23 du code général des collectivités territoriales relatif à la dématérialisation des opérations en comptabilité publique, suffisent à établir la réalité de la signature électronique du bordereau par l'ordonnateur ayant émis le titre. En outre, par arrêté du 10 mars 2023, le président du département de l'Essonne a délégué sa signature à M. A notamment pour les bordereaux de titres de recettes ainsi que pour leur annulation. Par suite, Mme E n'est pas fondée à soutenir que le titre exécutoire litigieux méconnaitrait les dispositions de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales.
8. En second lieu, il résulte des dispositions de l'article 24 du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique que tout état exécutoire doit indiquer les bases de la liquidation de la créance pour le recouvrement de laquelle il est émis et les éléments de calcul sur lesquels il se fonde, soit dans le titre lui-même, soit par référence précise à un document joint à l'état exécutoire ou précédemment adressé au débiteur.
9. Il résulte de l'instruction que l'avis de sommes à payer en litige comporte la mention " Amende administrative revenu de solidarité active courrier du 27 juillet 2022 " avec l'indication de la somme de 1 268 euros dans la rubrique somme due ce qui constitue une indication des bases de liquidation de la créance pour le recouvrement de laquelle il a été émis. Le département de l'Essonne fait valoir Mme E a été préalablement rendue destinataire d'un courrier du 27 juillet 2022, auquel l'avis de sommes à payer fait référence, l'informant du montant de l'amende administrative arrêtée par l'équipe pluridisciplinaire réunie le 11 mai 2022. Il fait également valoir que Mme E a également été destinataire d'un courrier du 9 juin 2022 l'informant du lancement d'une procédure d'amende administrative en raison de son séjour à l'étranger et précisant son fondement juridique, l'article L. 114-17 du code de la sécurité sociale ne prévoyant au demeurant pas que le montant envisagé de pénalité y soit mentionné. En se bornant à faire valoir que Mme E aurait été destinataire de ces deux courriers dès lors qu'elle a adressé un courrier au département de l'Essonne le 29 septembre 2022 dans lequel elle réclame une demande de remise de dette pour l'indu de RSA en cause, le département de l'Essonne, qui produit ces courriers en défense, ne rapporte toutefois pas la preuve de leur date de réception par Mme E. Par suite, Mme E est fondée à soutenir que l'avis de sommes à payer en litige est insuffisamment motivé au regard des exigences des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration et qu'elle n'a pas été régulièrement informée des bases et éléments de calcul de la dette dont il était demandé règlement.
En ce qui concerne le bien-fondé :
10. Aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre () ". Aux termes de l'article R. 262-5 du même code : " Pour l'application de l'article L. 262-2, est considérée comme résidant en France la personne qui y réside de façon permanente ou qui accomplit hors de France un ou plusieurs séjours dont la durée de date à date ou la durée totale par année civile n'excède pas trois mois. Les séjours hors de France qui résultent des contrats mentionnés aux articles L. 262-34 ou L. 262-35 ou du projet personnalisé d'accès à l'emploi mentionné à l'article L. 5411-6-1 du code du travail ne sont pas pris en compte dans le calcul de cette durée. / En cas de séjour hors de France de plus de trois mois, l'allocation n'est versée que pour les seuls mois civils complets de présence sur le territoire ".
11. Il résulte de ces dispositions que, pour bénéficier de l'allocation de revenu de solidarité active, une personne doit remplir la condition de ressources qu'elles mentionnent et résider en France de manière stable et effective. La personne qui remplit les conditions pour bénéficier de l'allocation de revenu de solidarité active a droit, lorsqu'elle accomplit hors de France un ou plusieurs séjours dont la durée de date à date ou la durée totale par année civile n'excède pas trois mois, au versement sans interruption de cette allocation. En revanche, lorsque ses séjours à l'étranger excèdent cette durée de trois mois, le revenu de solidarité active ne lui est versé que pour les mois civils complets de présence en France. En toute hypothèse, le bénéficiaire du revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation, outre l'ensemble des ressources dont il dispose, sa situation familiale et tout changement en la matière, toutes informations relatives au lieu de sa résidence, ainsi qu'aux dates et motifs de ses séjours à l'étranger lorsque leur durée cumulée excède trois mois.
12. Aux termes de l'article L. 262-52 du code de l'action sociale et des familles : " La fausse déclaration ou l'omission délibérée de déclaration ayant abouti au versement indu du revenu de solidarité active est passible d'une amende administrative prononcée et recouvrée dans les conditions et les limites définies, en matière de prestations familiales, aux sixième, septième, neuvième et dixième alinéas du I, à la seconde phrase du onzième alinéa du I et au II de l'article L. 114-17 du code de la sécurité sociale. La décision est prise par le président du conseil départemental () / Aucune amende ne peut être prononcée à raison de faits remontant à plus de deux ans, ni lorsque la personne concernée, a pour les mêmes faits, déjà été définitivement condamnée par le juge pénal () ". Aux termes du sixième, devenu septième alinéa du I de l'article L. 114-17 du code de la sécurité sociale, auquel il est ainsi renvoyé : " () Le directeur de l'organisme concerné notifie le montant envisagé de la pénalité et les faits reprochés à la personne en cause, afin qu'elle puisse présenter ses observations écrites ou orales dans un délai d'un mois. A l'issue de ce délai, le directeur de l'organisme prononce, le cas échéant, la pénalité et la notifie à l'intéressé () ". Aux termes de l'article R. 262-85 du code de l'action sociale et des familles : " Pour l'application de l'article L.262-52, les compétences dévolues au directeur de l'organisme de sécurité sociale et à la commission constituée au sein du conseil d'administration de cet organisme sont exercées respectivement par le président du conseil départemental et l'équipe pluridisciplinaire mentionnée à l'article L.262-39 ". Aux termes enfin, de l'article L. 262-39 du code de l'action sociale et des familles : " Le président du conseil départemental constitue des équipes pluridisciplinaires composées notamment de professionnels de l'insertion sociale et professionnelle, en particulier des agents de l'institution mentionnée à l'article L. 5312-1 du code du travail dans des conditions précisées par la convention mentionnée à l'article L. 262-32 du présent code, de représentants du département et des maisons de l'emploi ou, à défaut, des personnes morales gestionnaires des plans locaux pluriannuels pour l'insertion et l'emploi et de représentants des bénéficiaires du revenu de solidarité active ".
13. Il appartient au juge du fond, saisi d'une contestation portant sur une sanction que l'administration inflige à un administré, de prendre une décision qui se substitue à celle de l'administration. Par suite, compte tenu des pouvoirs dont il dispose ainsi pour contrôler une sanction de cette nature, le juge se prononce sur la contestation dont il est saisi comme juge de plein contentieux.
14. Mme E soulève le moyen tiré de ce que l'équipe pluridisciplinaire qui s'est réunie le 11 mai 2022 n'était pas composée conformément aux dispositions de l'article L. 262-39 du code de l'action et des familles. Il résulte de l'instruction que la commission s'étant réunie le 11 mai 2022 correspond à la tenue de la commission administrative fraude et non celle correspondant à l'équipe pluridisciplinaire qui s'est réunie le 7 juillet suivant afin de donner son avis sur le prononcé de l'amende administrative. En outre, le procès-verbal de l'équipe pluridisciplinaire renseigne la présence de représentants du département, d'Action Emploi, de la SYMGHAV ainsi que d'un référent RSA de Pôle-Emploi. Toutefois, il résulte également de l'instruction que le département de l'Essonne en défense produit le procès-verbal de la réunion du 11 mai 2022 signé du coordinateur de l'équipe pluridisciplinaire départementale ainsi que la feuille d'émargement. Deux signataires de l'avis ne sont pas identifiés par leur nom et leur prénom. Dès lors, le moyen tiré de l'irrégularité de la composition de l'équipe pluridisciplinaire doit être accueilli.
15. En deuxième lieu, aux termes du sixième, devenu septième alinéa du I de l'article L. 114-17 du code de la sécurité sociale, auquel il est ainsi renvoyé : " () Le directeur de l'organisme concerné notifie le montant envisagé de la pénalité et les faits reprochés à la personne en cause, afin qu'elle puisse présenter ses observations écrites ou orales dans un délai d'un mois. A l'issue de ce délai, le directeur de l'organisme prononce, le cas échéant, la pénalité et la notifie à l'intéressé () ". Les dispositions en cause de l'article L. 114-17 du code de la sécurité sociale, telles qu'elles résultent des dispositions de l'article 114 de la loi du 21 décembre 2011 de financement de la sécurité sociale pour 2012, auxquelles il y a lieu de se référer s'agissant du décompte des alinéas de renvoi malgré l'absence d'actualisation ultérieure, ouvrent à la personne qui fait l'objet d'une pénalité prononcée par le directeur de la caisse de sécurité sociale la faculté de former un recours gracieux auprès du directeur, qui se prononce " après avis d'une commission composée et constituée au sein du conseil d'administration de l'organisme ". L'article R. 262-85 de ce code précise que : " Pour l'application de l'article L. 262-52, les compétences dévolues au directeur de l'organisme de sécurité sociale et à la commission constituée au sein du conseil d'administration de cet organisme sont exercées respectivement par le président du conseil départemental et l'équipe pluridisciplinaire mentionnée à l'article L. 262-39 ". Ainsi, l'amende administrative que le président du conseil départemental peut prononcer, après avis de l'équipe pluridisciplinaire, en cas de fausse déclaration ou d'omission délibérée de déclaration ayant abouti au versement indu de revenu de solidarité active, est susceptible d'un recours gracieux devant cette même autorité, qui se prononce à nouveau après avis de l'équipe pluridisciplinaire.
16. Il résulte de l'instruction que l'avis de sommes à payer attaqué se réfère au courrier du 27 juillet 2022 par lequel le président du conseil départemental de l'Essonne a informé Mme E de la décision de lui infliger une amende administrative d'un montant de 1 268 euros, l'intéressée ayant reçu un courrier le 9 juin 2022 l'informant du lancement d'une procédure d'amende administrative du fait de l'absence de déclaration de séjour à l'étranger. Le département de l'Essonne qui produit ces courriers en défense ne rapporte pas toutefois la preuve de leur date de réception par Mme E. Dans ces conditions, le département de l'Essonne n'établit pas que Mme E a été mise à même de présenter sa défense dans les conditions réglementaires prévues par les dispositions citées au point 15.
17. En troisième lieu, en vertu de l'article L. 262-52 du code de l'action sociale et des familles, une amende administrative peut être infligée à l'allocataire qui a perçu indument le revenu de solidarité active à la suite de fausses déclarations ou d'omissions délibérées. La fausse déclaration ou l'omission délibérée doit s'entendre comme désignant les inexactitudes ou omissions qui procèdent d'une volonté de dissimulation de l'allocataire caractérisant de sa part un manquement à ses obligations déclaratives. Par ailleurs, l'amende administrative que le président du conseil départemental peut prononcer, après avis de l'équipe pluridisciplinaire, en cas de fausse déclaration ou d'omission délibérée de déclaration ayant abouti au versement indu de revenu de solidarité active, est susceptible d'un recours gracieux devant cette même autorité, qui se prononce à nouveau après avis de l'équipe pluridisciplinaire.
18. Mme E soutient que la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et d'une erreur de fait. D'une part, il résulte des dispositions citées au point 16 que l'amende administrative peut être prononcée dès lors qu'aucune sanction pénale n'a été prononcée pour les mêmes faits, ce qui est le cas en l'espèce dès lors Mme E n'établit pas avoir fait l'objet d'une décision d'un juge pénal pour les faits qui lui sont reprochés. D'autre part, il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'enquête établi le 10 décembre 2021 et produit en défense que la requérante n'a pas résidé en France de façon permanente au moins du 12 mai 2019 au 27 octobre 2021 dès lors qu'il ressort de l'analyse combinée de ses relevés bancaires et des tampons de son passeport algérien qu'elle est entrée en Algérie le 3 mai 2019, qu'elle était sur le territoire français le 11 mai 2019, qu'elle est repartie en Algérie le 12 mai 2019, qu'elle est rentrée d'Algérie le 18 juillet 2019, puis repartie le 20 juillet 2019, puis rentrée en France le 18 novembre 2019 et repartie le 21 novembre 2019. Il s'ensuit que Mme E n'était pas présente en France entre le 12 mai 2019 et le 18 juillet 2019 et entre le 20 juillet 2019 et le 18 novembre 2019, soit environ sept mois. En outre, la requérante a elle-même déclaré être restée en Algérie jusqu'en octobre 2021 suite à son départ de France le 21 novembre 2019. L'intéressée ne conteste pas s'être absentée du territoire national pour une durée totale excédant quatre-vingt-dix jours, et si elle a indiqué lors du contrôle être partie en Algérie " pour des raisons psychologiques et de santé " à la suite du décès de son époux puis n'avoir pas été en mesure de revenir en France en raison de la fermeture des frontières dans le cadre de la crise sanitaire, ces circonstances sont sans influence sur l'application des conditions auxquelles est subordonné le versement du revenu de solidarité active et ses obligations déclaratives. Eu égard à l'importance et à la répétition des manquements de Mme E à ses obligations déclaratives, celle-ci devait être regardée comme ayant procédé à de fausses déclarations et que cette circonstance faisait obstacle à ce que soient accordés à Mme E la remise de dettes et le remboursement des sommes déjà prélevées.
19. Enfin, Mme E se prévaut de la faiblesse de ses revenus. Toutefois si la situation de précarité de la requérante pouvait être invoquée à l'appui d'une demande de remise gracieuse, elle ne peut être utilement invoquée devant le juge pour contester le bien-fondé de l'amende contestée. Dans ces conditions, ce moyen, tiré de l'impossibilité de payer l'amende qui lui a été infligée, est inopérant dans le cadre du présent litige et doit être écarté.
20. L'annulation d'un titre exécutoire pour un motif de régularité en la forme n'implique pas nécessairement, compte tenu de la possibilité d'une régularisation par l'administration, l'extinction de la créance litigieuse, à la différence d'une annulation prononcée pour un motif mettant en cause le bien-fondé du titre. Il en résulte que, lorsque le requérant choisit de présenter, outre des conclusions tendant à l'annulation d'un titre exécutoire, des conclusions à fin de décharge de la somme correspondant à la créance de l'administration, il incombe au juge administratif d'examiner prioritairement les moyens mettant en cause le bien-fondé du titre qui seraient de nature, étant fondés, à justifier le prononcé de la décharge. Dans le cas où il ne juge fondé aucun des moyens qui seraient de nature à justifier le prononcé de la décharge mais retient un moyen mettant en cause la régularité formelle du titre exécutoire, le juge n'est tenu de se prononcer explicitement que sur le moyen qu'il retient pour annuler le titre : statuant ainsi, son jugement écarte nécessairement les moyens qui assortissaient la demande de décharge de la somme litigieuse.
21. En l'espèce, eu égard aux motifs exposés précédemment, l'annulation de l'avis de sommes à payer n° 4571 émis le 27 mars 2023 n'implique pas la décharge de la somme de 1 268 euros mise à la charge de Mme E au titre de l'amende administrative.
Sur les conclusions tendant à la remise gracieuse :
22. Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles, la créance du département à l'égard d'un bénéficiaire du revenu de solidarité active, résultant du paiement indu de ce revenu, " peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental, en cas de bonne ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ".
23. D'une part, lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'une prestation ou d'une allocation versée au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d'emploi, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision.
24. D'autre part, il résulte des dispositions précitées qu'un allocataire ne peut bénéficier d'une remise gracieuse de la dette résultant d'un paiement indu d'allocation que si, tout à la fois, d'une part, il est de bonne, l'indu ne devant pas trouver sa cause dans une manœuvre frauduleuse ou une fausse déclaration procédant d'une volonté de dissimulation de sa part, et, d'autre part, la précarité de sa situation, appréciée par l'administration à la date de sa décision, justifie l'octroi d'un remise.
25. Il résulte de l'instruction que l'indu litigieux est consécutif à des fausses déclarations de Mme E, relatives à sa résidence en France, celle-ci ayant déclaré être présente sur le territoire français malgré ses absences récurrentes du territoire français pendant des périodes longues comme il l'a été précédemment indiqué au point 17 du présent jugement. Au soutien de sa demande, Mme E se prévaut de son absence d'intention frauduleuse et qu'elle ignorait l'existence de l'obligation de déclarer son absence du territoire français ainsi que les démarches à réaliser pour déclarer ces absences sans contester leur réalité. Enfin, elle fait également valoir que la situation de son foyer était et demeure précaire.
26. Toutefois, d'une part, il résulte de l'instruction que les omissions déclaratives de Mme E présentent un caractère récurrent durant l'année 2019. Par ailleurs, il résulte de l'instruction que Mme E a été informée, lors du dépôt de sa demande de revenu de solidarité active, de l'obligation de déclarer tout changement de situation personnelle résultant des dispositions de l'article R. 262-37 du code de l'action sociale et des familles en ce qui concerne le revenu de solidarité active, y compris les informations relatives à sa présence sur le territoire français. Enfin, et pour regrettables que soient les circonstances, à les supposer établies, que Mme E n'aurait pas été en mesure de revenir en France en raison de la fermeture des frontières de la France et qu'elle n'aurait pas bénéficié d'un accompagnement social au sens de l'article L. 262-27 du code de l'action sociale et des familles, ces seules circonstances ne sauraient caractériser la bonne foi de Mme E, eu égard au caractère répété des omissions précédentes, ni même justifier l'absence de déclaration de son absence du territoire français durant les périodes considérées. Dans ces conditions, Mme E doit être regardée comme ayant délibérément été l'auteur de fausses déclarations à l'origine de l'indu en litige, cette seule circonstance faisant obstacle à ce que la remise sollicitée soit accordée, quelle que soit la précarité de sa situation. Par suite, les conclusions de Mme E tendant à ce qu'il lui soit accordée une remise totale de dette ne peuvent qu'être écartées.
Sur les frais d'instance :
27. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du département de l'Essonne une somme au titre des frais exposés par Mme E, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : L'avis des sommes à payer émis par le président du conseil départemental de l'Essonne le 27 mars 2023, mettant à la charge de Mme E le paiement d'une somme de 1 268 euros, est annulé.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B E et au département de l'Essonne.
Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales du département de l'Essonne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 novembre 2023.
Le magistrat désigné,
signé
P. Fraisseix
La greffière,
signé
B. Dalla Guarda
La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Nos 2209238 et 2209873
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026