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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2209371

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2209371

vendredi 16 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2209371
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation2ème chambre
Avocat requérantSAIDI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des pièces enregistrées les 13 décembre 2022 et 4 janvier 2023, M. A, représenté par Me Saïdi, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 1er décembre 2022, par laquelle le préfet de l'Essonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays d'éloignement ;

2°) d'enjoindre au préfet de l'Essonne, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision à venir, ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation et le munir d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler le temps de ce réexamen ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1.500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

S'agissant de la décision refusant un titre de séjour :

- elle est entachée d'une insuffisante motivation ;

- elle est entachée d'une erreur de droit au regard des dispositions de l'article L. 435-1 et L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des articles 6-5, 7b et 9 de l'accord franco algérien ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle méconnaît le principe de loyauté ;

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est illégale par voie d'exception de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire enregistré le 30 janvier 2023, le préfet de l'Essonne conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens sont infondés.

L'instruction a été close en dernier lieu le 13 février 2023 par une ordonnance du 30 janvier 2023.

Un mémoire présenté pour M. A a été enregistré le 14 février 2023, non communiqué car sous clôture.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco algérien du 27 décembre 1968 conclu entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République algérienne démocratique et populaire relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour des ressortissants algériens et de leurs familles

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Sur sa demande, le rapporteur public a été dispensé par le président de la formation de jugement de prononcer ses conclusions lors de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Gosselin, président-rapporteur

- et les observations de Me Saïdi.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant de nationalité algérienne né le 5 janvier 1987 à Mekla (Algérie), est entré en France en 2016 avec un visa de court séjour. Il a formulé une demande de titre de séjour en qualité de salarié, rejetée par arrêté du préfet de l'Essonne du 1er décembre 2022 qui lui enjoint également de quitter la France dans un délai de trente jours. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de ces décisions.

Sur la légalité de la décision refusant un titre de séjour :

2. En premier lieu, la décision rappelle l'état civil du requérant et sa situation administrative. Par suite, elle est suffisamment motivée, témoignant d'un examen individuel de la situation du requérant. Dès lors le moyen manquant en fait, ne peut être qu'écarté.

3. En deuxième lieu il ressort des pièces du dossier que M. A a présenté une demande de titre de séjour en qualité de travailleur. Par suite, il ne peut utilement se prévaloir des stipulations de l'article 5-6 de l'accord franco algérien, qui ne traite que de l'admission exceptionnelle au regard de la vie privée et familiale.

4.En troisième lieu, aux termes des stipulations de l'article 7 de l'accord franco algérien : " Les dispositions du présent article et celles de l'article 7 bis fixent les conditions de délivrance du certificat de résidence aux ressortissants algériens autres que ceux visés à l'article 6, ainsi qu'à ceux qui s'établissent en France après la signature du premier avenant à l'accordb) Les ressortissants algériens désireux d'exercer une activité professionnelle salariée reçoivent après le contrôle médical d'usage et sur présentation d'un contrat de travail visé par les services du ministre chargé de l'emploi [ministre chargé des travailleurs immigrés], un certificat de résidence valable un an pour toutes professions et toutes régions, renouvelable et portant la mention " salarié " : cette mention constitue l'autorisation de travail exigée par la législation française " .

5. M. A indique qu'il a travaillé depuis 2016 pour le même employeur et est titulaire d'un contrat de travail à durée indéterminée visé par l'administration. Toutefois contrairement à ce qu'indique le requérant, son contrat n'est pas visé par l'administration et il ne produit pas de certificat de résidence d'un an portant la mention " salarié " ; au surplus, il n'est pas titulaire d'un visa de long séjour. Par suite, la décision n'est pas entachée d'erreur de droit.

6. En quatrième lieu, le préfet de l'Essonne a également examiné la demande de M. A au regard des dispositions de l'article L.435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans le cadre de son pouvoir de régularisation. Cependant par les pièces produites, dont la valeur probante est parfois aléatoire, le requérant n'établit pas que la durée de son séjour, ni celle de son activité professionnelle constituerait une circonstance exceptionnelle.

7. En cinquième lieu, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que le préfet de l'Essonne aurait manqué au principe de loyauté ni qu'il ait demandé des pièces non prévues par les dispositions législatives.

Sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

8. Compte tenu de ce qui précède, M. A n'est pas fondé à invoquer, par la voie de l'exception, l'illégalité de la décision refusant un titre de séjour à l'appui de son moyen dirigé à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

9. Enfin, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a le droit au respect sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance.2. Il ne peut y avoir d'ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits ou des libertés d'autrui.".

10. Il ressort des pièces du dossier que M. A est célibataire, en dépit de la circonstance qu'il prétend avoir bénéficié d'un visa de long séjour en qualité de conjoint de français sans l'établir ; il ne produit aucune pièce établissant qu'il aurait des charges de famille en France alors que ses parents et sa fratrie résident toujours en Algérie. Comme il a été indiqué précédemment, il n'établit pas la durée de son séjour en France. Par suite, la décision attaquée n'a pas méconnu les stipulations précitées.

11. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision attaquée. Par suite, sa requête doit être rejetée dans toutes ses conclusions.

D E C I D E

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de l'Essonne.

Délibéré après l'audience du 2 juin 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Gosselin, président,

Mme Vincent, première conseillère,

Mme Geismar, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 juin 2023.

Le président-rapporteurL'assesseur le plus ancien

Signé Signé

C. GosselinL. Vincent

La greffière

Signé

S. Lamarre

La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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