jeudi 26 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2209440 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 4ème chambre - 4/11 |
| Avocat requérant | SUCHY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 décembre 2022 au tribunal administratif d'Amiens puis transmise et enregistrée au greffe du tribunal administratif de Versailles le 15 décembre 2022, M. D B, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 12 décembre 2022 par lequel la préfète de l'Oise l'a obligé à quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, a fixé le pays à destination duquel il sera renvoyé en cas d'exécution d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an en l'informant qu'il faisait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Oise de réexaminer sa situation.
Il soutient que :
- il est entré régulièrement en France ;
- l'arrêté est manifestement illégal ;
- l'arrêté méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il méconnaît les stipulations du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense enregistré le 30 décembre 2022, la préfète de l'Oise conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable dès lors qu'elle ne comporte l'exposé d'aucun moyen ni de conclusion ;
- les moyens du requérant ne sont pas assortis de précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé et ils ne sont, en tout état de cause, pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention relative aux droits de l'enfant signée à New York le 26 janvier 1990 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné Mme C pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 19 janvier 2023 qui s'est tenue en présence de M. Rion, greffier :
- le rapport de Mme C ;
- les observations de Me Suchy, avocate désignée d'office, représentant M. B, présent qui conclut aux mêmes fins que sa requête par les mêmes moyens et soutient en outre que le requérant souhaite subvenir aux besoins de son enfant mais que le refus de sa mère y fait obstacle ;
- les observations de M. B, qui indique qu'il a, à plusieurs reprises, engagé des démarches pour se voir délivrer un titre de séjour en qualité de parent d'un enfant français, mais qu'elles n'ont pas abouti en raison du refus de son ex-femme de lui adresser les documents requis ; que son frère réside en France ; qu'il souhaite engager des démarches afin de régulariser sa situation ;
- la préfète de l'Oise n'étant ni présente, ni représentée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. D B, ressortissant malien, né le 22 avril 1985 à Bamako, est entré sur le territoire français le 19 juillet 2014 sous couvert d'un visa. M. B a été interpellé par les services de police, le 12 décembre 2022, dans le cadre d'un contrôle d'identité. Par un arrêté du 12 décembre 2022, la préfète de l'Oise l'a obligé à quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays à destination duquel il pourra être renvoyé en cas d'exécution d'office et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée d'un an, en l'informant de son signalement à fin de non-admission dans le système d'information Schengen pendant la durée de cette interdiction. M. B demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
2. Aux termes de l'article R. 411-1 du code de justice administrative : " () La requête () contient l'exposé des faits et moyens ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. () ". Et aux termes de l'article R. 776-5 du code de justice administrative : " II. - Les délais de quarante-huit heures mentionnés aux articles R. 776-2 et R. 776-4 et les délais de quinze jours mentionnés aux articles R. 776-2 et R. 776-3 ne sont susceptibles d'aucune prorogation. Lorsque le délai est de quarante-huit heures ou de quinze jours, le second alinéa de l'article R. 411-1 n'est pas applicable et l'expiration du délai n'interdit pas au requérant de soulever des moyens nouveaux, quelle que soit la cause juridique à laquelle ils se rattachent. Le requérant qui, dans le délai de quarante-huit heures ou de quinze jours selon les cas, a demandé l'annulation de l'une des décisions qui lui ont été notifiées simultanément peut, jusqu'à la clôture de l'instruction, former des conclusions dirigées contre toute autre de ces décisions. ".
3. Il ressort des pièces du dossier que la requête de M. B tend à l'annulation de la décision de la préfète de l'Oise prise à son encontre le 12 décembre 2022, qu'il soutient qu'elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et celles de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, et qu'il justifie d'être entré régulièrement en France. Dans ces conditions, elle comporte l'exposé des faits et moyens et l'énoncé des conclusions soumises au tribunal. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par la préfète de l'Oise doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. (). ".
5. Il ressort des pièces du dossier que M. B est entré sur le territoire français en 2014, au moyen d'un visa de long séjour, afin de rejoindre son ex-femme, de nationalité française, et qu'un enfant, A B, est né de leur union en 2015. Il ressort en outre des déclarations circonstanciées de l'intéressé à l'audience, confirmées par l'ordonnance de non conciliation du juge des affaires familiales du tribunal d'instance de Bobigny, en date du 19 octobre 2017 et par le procès-verbal d'audition de M. B du 12 décembre 2022, produit en défense, que la mère de l'enfant de M. B s'oppose à toute remise d'une copie d'un document d'identité de l'enfant, ce qui fait obstacle à toute demande de titre de séjour de M. B en qualité de parent d'un enfant français, et que celui-ci bénéficie d'un droit de visite médiatisé qui n'a pu être mis en œuvre, notamment en raison des mêmes difficultés avec son ex-épouse ainsi que de ses problèmes de santé. Au surplus, M. B produit plusieurs documents lui permettant d'établir de vaines démarches en vue de contribuer financièrement à l'éducation de son enfant, qui sont demeurées sans suite en raison de la volonté de son ex-femme. Enfin, M. B déclare résider chez son frère, en situation régulière sur le territoire français, et il soutient sans être contredit qu'il a quitté le Mali depuis plus de huit ans. Par suite, dans les circonstances particulières de l'espèce, M. B est fondé à soutenir que la préfète de l'Oise a commis une erreur manifeste d'appréciation et a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en l'obligeant à quitter le territoire français.
6. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il ne soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, l'arrêté du 12 décembre 2022 de la préfète de l'Oise doit être annulé.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. L'exécution du présent jugement implique seulement le réexamen de la situation de M. B. Il y a lieu d'enjoindre au préfet de l'Oise, ou au préfet territorialement compétent, d'y procéder dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et de le munir, dans l'attente de ce réexamen d'une autorisation provisoire de séjour. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 12 décembre 2022 de la préfète de l'Oise est annulé.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète de l'Oise, ou au préfet territorialement compétent, de réexaminer la situation administrative de M. B dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et de le munir, dans l'attente du réexamen de sa situation, d'une autorisation provisoire de séjour.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D B et à la préfète de l'Oise.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 janvier 2023.
La magistrate désignée,
signé
C. C Le greffier,
signé
T. Rion
La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise ou au préfet territorialement compétent en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2209440
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026