vendredi 27 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2209443 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SAYAGH |
Vu la procédure suivante :
I . Par la requête et le mémoire complémentaire, enregistrés les 15 et 23 décembre 2022 sous le n° 2294435, M. B C, représenté par Me Sayagh, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de prononcer la suspension de la décision d'affectation au quartier d'évaluation de la radicalisation prise par la commission disciplinaire unique de la maison d'arrêt de Fleury Mérogis en date du 10 novembre 2022 notifiée le 21 novembre 2022 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- sa requête est recevable, car cette décision change radicalement sa situation car, alors qu'il se trouvait à la maison d'arrêt de Fleury Mérogis jusqu'au 29 novembre 2022 dans la situation d'un condamné de droit commun, il se retrouve dans un établissement spécifique aux infractions en lien avec une entreprise terroriste dans le nord de la France, privé de toute visite, dont celle de son avocat, alors qu'un pourvoi en cassation est en cours ;
- il y a urgence à prononcer la suspension de la décision en cause car, lors de sa visite le 10 décembre 2022, son conseil a eu la surprise de constater qu'il avait déjà été transféré au quartier d'évaluation de la radicalisation de Vendin Le Vieil ;
- cette décision porte atteinte à sa sûreté et à sa sécurité, en violation de l'article 3 de la CEDH car il a été condamné à une peine de 10 ans d'emprisonnement, et est incarcéré à la maison d'arrêt de Fleury Mérogis pour des faits, qui, s'ils étaient connus de ses codétenus, le mettraient encore plus en danger que dans un établissement pénitentiaire où de tels faits doivent être tenus au secret ;
- il existe un doute sérieux sur la légalité de cette décision, qui est entachée d'incompétence de son auteur, dépourvue de motivation, prise en violation flagrante du principe du contradictoire, entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa personnalité, car la nécessité de l'évaluation de la radicalisation n'est pas avérée ; en effet, il n'a jamais été condamné pour des faits en lien avec une entreprise terroriste et n'a jamais été considéré comme présentant un tel risque ;
Par un mémoire en défense enregistré le 11 janvier 2022, le Garde des Sceaux, ministre de la justice, conclut au rejet de la requête, à titre principal pour irrecevabilité, à titre subsidiaire, au fond ;
Le ministre fait valoir que :
- la synthèse de la commission pluridisciplinaire unique a un caractère informatif et non décisoire et ne constitue donc pas une décision faisant grief susceptible d'être déférée au juge de l'excès de pouvoir ;
- A titre subsidiaire, si la requête doit être regardée comme dirigée contre la décision du 4 novembre 2022 notifiée le 23 novembre 2022 ordonnant le transfert vers un quartier d'évaluation de la radicalisation, la condition d'urgence n'est pas remplie, compte tenu de l'absence de préjudice suffisamment grave et immédiat porté à la situation actuelle de M. C ; en effet, en premier lieu, M. C n'a entendu solliciter la suspension de la décision du 10 novembre 2022, notifiée le 22 novembre 2022, que le 15 décembre 2022, sans justifier ce délai ; en deuxième lieu, la décision ordonnant son affectation au sein du quartier d'évaluation de la radicalisation du centre pénitentiaire de Vendin-le-Vieil a été prise compte tenu de son profil pénitentiaire ; en troisième lieu, le quartier d'évaluation de la radicalisation (QER) diffère du quartier de prise en charge de la radicalisation (QPR) ; dès lors, la mesure de placement en QER a été prise dans le but d'évaluer l'imprégnation de l'idéologie radicale de M. C sur une courte période, afin, le cas échéant, de permettre un suivi adapté ;
- A titre subsidiaire, il n'existe aucun doute sérieux sur la légalité de la décision ; en effet, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision doit être écarté comme manquant en fait, tout comme le moyen tiré du défaut de procédure contradictoire et du moyen tiré du défaut de motivation ; enfin, c'est sans erreur manifeste d'appréciation que l'administration a ordonné l'affectation du requérant au quartier d'évaluation de la radicalisation de Vendin-le-Vieil ;
II. Par la requête, enregistrée le 12 janvier 2023 sous le n° 2300284, M. B C, représenté par Me Sayagh, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de prononcer la suspension de la décision de transfert au quartier d'évaluation de la radicalisation prise par la commission disciplinaire unique de la maison d'arrêt de Fleury Mérogis en date du 4 novembre 2022 notifiée le 23 novembre 2022 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- sa requête est recevable, car cette décision change radicalement sa situation car, alors qu'il se trouvait à la maison d'arrêt de Fleury Mérogis jusqu'au 29 novembre 2022 dans la situation d'un condamné de droit commun, il se retrouve dans un établissement spécifique aux infractions en lien avec une entreprise terroriste dans le nord de la France, privé de toute visite, dont celle de son avocat, alors qu'un pourvoi en cassation est en cours ;
- il y a urgence à prononcer la suspension de la décision en cause car, lors de sa visite le
10 décembre 2022, son conseil a eu la surprise de constater qu'il avait déjà été transféré au quartier d'évaluation de la radicalisation de Vendin Le Vieil ;
- il existe un doute sérieux sur la légalité de cette décision, qui est entachée d'une illégalité externe car le délai de recours indiqué est faux et que les juridictions indiquées sont incompétentes pour connaître de l'acte attaqué, lequel est également dépourvu de motivation, en violation de l'article R. 224-19 du code pénitentiaire, la motivation étant stéréotypée, et pris en méconnaissance de l'article D. 82-1 du code de procédure pénale, ainsi qu'en méconnaissance du principe du contradictoire ;
- cette décision est également entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa personnalité, aucune preuve de radicalisation ne se retrouvant dans la liste des incidents versés au dossier par le ministre de la justice ;
- cette décision porte atteinte à sa sûreté et à sa sécurité, en violation de l'article 3 de la CEDH car il a été condamné pour des faits, qui, s'ils étaient connus de ses codétenus, le mettraient encore plus en danger que dans un établissement pénitentiaire où de tels faits doivent être tenus au secret ;
Par un mémoire en défense enregistré le 25 janvier 2022, le Garde des Sceaux, ministre de la justice, conclut au rejet de la requête, à titre principal pour irrecevabilité, à titre subsidiaire, au fond ;
Le ministre fait valoir que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie, compte tenu de l'absence de préjudice suffisamment grave et immédiat porté à la situation actuelle de M. C ; en effet, en premier lieu, M. C n'a entendu solliciter la suspension de la décision du 4 novembre 2022, notifiée le 23 novembre 2022, que le 12 janvier 2023, sans justifier ce délai ; en deuxième lieu, la décision ordonnant son affectation au sein du quartier d'évaluation de la radicalisation du centre pénitentiaire de Vendin-le-Vieil a été prise compte tenu de son profil pénitentiaire ; en troisième lieu, le quartier d'évaluation de la radicalisation (QER) diffère du quartier de prise en charge de la radicalisation (QPR) ; dès lors, la mesure de placement en QER a été prise dans le but d'évaluer l'imprégnation de l'idéologie radicale de M. C sur une courte période, afin, le cas échéant, de permettre un suivi adapté ;
- il n'existe aucun doute sérieux sur la légalité de la décision ; en effet, les moyens tirés du défaut de procédure contradictoire et du défaut de motivation doivent être écartés ; enfin, c'est sans erreur manifeste d'appréciation que l'administration a ordonné l'affectation du requérant au quartier d'évaluation de la radicalisation de Vendin-le-Vieil ;
Vu :
- les décisions dont la suspension est demandée ;
- les requêtes au fond de M. C, enregistrées sous les n°229442 et 23283 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de procédure pénale ;
- le code pénitentiaire
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme D, magistrat honoraire, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Descours-Gatin, juge des référés,
- les observations de Me Sayag, représentant les intérêts du requérant, qui conclut aux mêmes fins que les requêtes par les mêmes moyens, et qui ajoute que le garde des Sceaux, ministre de la justice n'a produit un mémoire en défense dans la seconde affaire que trois quart d'heure avant l'audience, qu'en ce qui concerne la décision du 10 novembre 2022, elle est entachée d'incompétence, d'insuffisance de motivation et prise en méconnaissance du principe du contradictoire, que les 4 compte-rendus d'incidents ne comportent aucun élément sur la radicalisation, qu'en réalité, les gardiens de la maison d'arrêt veulent transférer l'intéressé dans un autre établissement uniquement parce qu'il est insupportable, que ce transfert risque de le mettre en danger compte tenu des faits pour lesquels il a été condamné, que, dans la convocation, il n'y a aucun élément relatif à son refus de s'adresser aux femmes, qu'il a demandé à être confronté à des personnels féminins, que la condition d'urgence est remplie compte tenu de ce que la décision de transfert est exécutée ; en ce qui concerne la seconde décision, du 4 novembre 2022, notifiée le 23 novembre 2022, la condition d'urgence est également remplie, qu'il conteste avoir eu notification de cette décision sur laquelle il est indiqué " refuse de signer ", que la décision comporte une indication erronée sur le délai de recours, que la motivation est insuffisante car la décision ne permet pas de savoir quel est le personnel de surveillance concerné, que l'article D. 82-1 du code de procédure pénale a été méconnu, que le principe du contradictoire a été méconnu, qu'il confirme sa demande de frais d'irrépétibles pour les deux affaires.
L'instruction a été close à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes visées ci-dessus sont relatives à la situation d'un même détenu. Il y a lieu de les joindre pour y statuer par une seule décision.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () " et aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ".
En ce qui concerne la requête n°229443 :
3. Un plan national de prévention de la radicalisation, mis en place par le Gouvernement en février 2018, a préconisé la mise en place de quartiers de prise en charge des personnes radicalisées (QPR) pour y accueillir, après leur évaluation, les détenus majeurs radicalisés et prosélytes nécessitant une prise en charge adaptée et séparée de la détention ordinaire, de quartiers d'évaluation de la radicalisation (QER) ainsi que des programmes de prévention de la radicalisation violente.
4. Aux termes de l'article 726-2 du code de procédure pénale : " Lorsqu'il apparaît que leur comportement porte ou est susceptible de porter atteinte au maintien du bon ordre de l'établissement ou à la sécurité publique, les personnes détenues majeures peuvent, sur décision de l'autorité administrative, être affectées au sein de quartiers spécifiques pour bénéficier d'un programme adapté de prise en charge et soumises à un régime de détention impliquant notamment des mesures de sécurité renforcée. / La décision d'affectation dans ces quartiers spécifiques doit être motivée et ne peut intervenir qu'après une procédure contradictoire au cours de laquelle la personne concernée, qui peut être assistée de son avocat, présente ses observations orales ou écrites. Cette décision fait l'objet d'un nouvel examen régulier. / (). ".
5. Aux termes de l'article R. 224-18 du code pénitentiaire : " La décision de placement dans un quartier de prise en charge de la radicalisation spécialisé dans l'évaluation visé au I de l'article R. 224-13 est de la compétence exclusive du garde des sceaux, ministre de la justice. / La décision de placement dans un quartier de prise en charge de la radicalisation prévu par les dispositions du II de l'article R. 224-13 est de la compétence exclusive du garde des sceaux, ministre de la justice : / 1° Lorsqu'elle concerne : / a) Des personnes condamnées à une ou plusieurs peines dont la durée totale est supérieure ou égale à dix ans et dont la durée de détention restant à exécuter au moment où la dernière condamnation est devenue définitive est supérieure à cinq ans au jour où est formée la proposition de placement ; / b) Des personnes condamnées ou prévenues à raison d'actes de terrorisme tels que prévus et réprimés par les dispositions des articles 421-1 et suivants du code pénal ; / c) Des personnes condamnées ou prévenues ayant fait l'objet d'une inscription au répertoire des personnes détenues particulièrement signalées, prévu par les dispositions de l'article D. 223-11 ; / 2° Lorsque le quartier de prise en charge de la radicalisation se situe au sein d'une maison centrale ou d'un quartier maison centrale ; / 3° Lorsque le quartier de prise en charge de la radicalisation est situé dans le ressort d'une autre direction interrégionale des services pénitentiaires que celle dont relève l'établissement au sein duquel se trouve la personne détenue. / Le directeur interrégional des services pénitentiaires est compétent pour décider du placement en quartier de prise en charge de la radicalisation dans tous les autres cas. Il informe le garde des sceaux, ministre de la justice, de ses décisions. ".
6. L'article R. 224-19 du même code prévoit que : " Lorsqu'au terme de l'évaluation prévue à l'article R. 224-13, une décision de placement initial en quartier de prise en charge de la radicalisation est envisagée, le chef de l'établissement pénitentiaire informe la personne détenue par écrit des motifs invoqués, résultant notamment de l'avis de la commission pluridisciplinaire unique. La même procédure est applicable lorsqu'est envisagée une décision de renouvellement de placement en quartier de prise en charge de la radicalisation, prévu par les dispositions du II de l'article R. 224-13. / Il l'informe également du déroulement de la procédure et du délai dont elle dispose pour préparer ses observations écrites ou orales ; ce délai ne saurait être inférieur à soixante-douze heures à partir du moment où la personne détenue est mise en mesure de consulter les éléments de la procédure. Cette consultation peut avoir lieu en présence d'un avocat si elle en fait la demande. Les documents ou informations dont la communication pourrait porter atteinte à la sécurité des personnes ou des établissements pénitentiaires sont occultés ou retirés du dossier de la procédure avant cette consultation. / Si la personne détenue ne comprend pas la langue française, les informations sont présentées par l'intermédiaire d'un interprète désigné par le chef d'établissement. Il en est de même de ses observations, si elle n'est pas en mesure de s'exprimer en langue française. / Les observations de la personne détenue et, le cas échéant, celles de l'avocat sont jointes au dossier de la procédure. Si la personne détenue présente des observations orales, elles font l'objet d'un compte rendu écrit signé par elle. / Le chef d'établissement transmet l'ensemble des éléments à l'autorité qui prend la décision de placement en quartier de prise en charge de la radicalisation. Lorsque le garde des sceaux, ministre de la justice, est compétent, le directeur interrégional des services pénitentiaires joint son avis à l'ensemble des pièces. / La décision de placement en quartier de prise en charge de la radicalisation est motivée. Elle est notifiée sans délai à la personne détenue par le chef d'établissement. / Le cas échéant, l'affectation et le transfèrement de la personne détenue sont effectués conformément aux dispositions des articles L. 112-3, L. 211-1, L. 211-2, L. 211-3, D. 112-5, D. 112-10, D. 211-18 à D. 211-31 et D. 215-12 à D. 215-18. ".
7. Par cette requête M. C demande la suspension de la " décision " d'affectation au quartier d'évaluation de la radicalisation du 10 novembre 2022 prise, selon lui, par un agent non identifié. A l'appui de sa requête, M. C produit la synthèse issue de la commission pluridisciplinaire unique du 10 novembre 2022, l'informant de ce que cette commission a examiné sa situation, puis l'invite à " stabiliser " son comportement, avant de lui indiquer qu' "une orientation en QER a été validée " et qu'il est " invité à participer au dispositif dans [son] intérêt ". Ce document ne peut ainsi constituer une décision d'affectation en quartier d'évaluation de la radicalisation, décision, qui, en application des dispositions précitées, ainsi que le souligne le requérant, ne relève que du ministre ou du directeur interrégional des services pénitentiaires et non du chef d'établissement ou de la commission pluridisciplinaire unique.
8. Cette synthèse doit dès lors être regardée comme étant la mesure d'information, prévue par les dispositions précitées de l'article R. 224-19 du code pénitentiaire, lorsqu'est envisagée une telle décision de placement en quartier de prise en charge de la radicalisation. Elle ne constitue ainsi qu'un acte de la procédure d'affectation en quartier d'évaluation de la radicalisation et n'est pas susceptible, en elle-même, de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir. Par suite, la requête aux fins d'annulation de cette mesure d'information présentée par M. C est irrecevable. Il suit de là que la requête tendant à la suspension de cet acte est également irrecevable et doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles tendant à la mise à la charge de l'Etat d'une somme au titre des frais de l'instance.
En ce qui concerne la requête n°2300284 :
9. L'urgence justifie la suspension de l'exécution d'un acte administratif lorsque celle-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte contesté sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
10. Aux termes de l'article R. 224-13 du code pénitentiaire : " Le quartier de prise en charge de la radicalisation constitue un quartier distinct au sein de l'établissement pénitentiaire.
I.-Lorsque la commission pluridisciplinaire unique, dont la composition est prévue par les dispositions de l'article D. 211-34, le juge nécessaire, une personne détenue majeure peut être placée dans un quartier de prise en charge de la radicalisation spécialisé dans l'évaluation. L'évaluation réalisée au sein de ce quartier doit déterminer si la personne détenue présente une radicalisation nécessitant une prise en charge adaptée./ II.-Lorsqu'une personne détenue majeure est dangereuse en raison de sa radicalisation et qu'elle est susceptible, du fait de son comportement et de ses actes de prosélytisme ou des risques qu'elle présente de passage à l'acte violent, de porter atteinte au maintien du bon ordre de l'établissement ou à la sécurité publique, elle peut être placée au sein d'un quartier de prise en charge de la radicalisation, dès lors qu'elle est apte à bénéficier d'un programme et d'un suivi adaptés.
Le placement en quartier de prise en charge de la radicalisation intervient à l'issue d'une évaluation de la dangerosité réalisée par une équipe pluridisciplinaire dans le cadre de la commission pluridisciplinaire unique prévue par les dispositions de l'article D. 211-34 ou, si cette instance le juge nécessaire, au sein d'un quartier de prise en charge de la radicalisation spécialisé dans l'évaluation mentionné par les dispositions du I du présent article." Aux termes de l'article R. 224-14 du même code: "Le placement en quartier de prise en charge de la radicalisation spécialisé dans l'évaluation prévu par les dispositions du I de l'article R. 224-13 ne peut excéder quinze semaines". Aux termes de l'article R. 224-15 du même code: "Le placement d'une personne détenue en quartier de prise en charge de la radicalisation est une décision administrative qui n'est pas une mesure disciplinaire. /Les dispositions de l'article R. 213-13 relatives aux maisons centrales sont applicables aux quartiers de prise en charge de la radicalisation quel que soit l'établissement où ils sont localisés.Les personnes détenues placées en quartier de prise en charge de la radicalisation sont affectées en cellule individuelle. Les cellules et les locaux des quartiers de prise en charge de la radicalisation sont spécifiquement aménagés pour garantir des conditions de sécurité renforcées." Enfin, aux termes de l'article R. 224-16 du même code pénitentiaire : "Les personnes détenues prises en charge en application des dispositions de l'article R. 224-13 font l'objet de mesures de sécurité, individualisées, qui sont régulièrement réévaluées. Ces personnes font l'objet d'évaluations régulières par une équipe pluridisciplinaire pendant toute la durée de leur placement./ /Lorsqu'elles sont placées dans les quartiers visés au II de l'article R. 224-13, elles bénéficient d'un programme de prise en charge adapté à leur personnalité et à leur comportement, susceptible d'évoluer au cours du placement."
11. Pour justifier de l'urgence à suspendre la décision litigieuse, M. C se borne à soutenir que son profil pénal le met en danger au sein d'un quartier d'évaluation de la radicalisation sans produire d'élément tendant à démontrer qu'un tel placement serait de nature à aggraver les conditions de sa détention, alors, ainsi qu'il a été dit au point 10, aux termes de l'article R. 224-15 du code pénitentiaire, les personnes détenues placées en quartier de prise en charge de la radicalisation, pour une durée qui ne peut excéder quinze semaines, sont affectées en cellules individuelles, lesquelles sont spécifiquement aménagées, ainsi que les locaux, pour garantir des conditions de sécurité renforcées. Si M. C invoque la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, il n'assortit ce moyen d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé, alors, au demeurant, qu'il résulte de l'instruction que le centre pénitentiaire de Vendin-le-Vieil est situé à 237 km de la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis dans laquelle il était incarcéré auparavant. Dans ces conditions, les seules allégations du requérant ne suffisent pas à démontrer que la décision attaquée porterait une atteinte suffisamment grave et immédiate à sa situation ou à ses intérêts personnels, justifiant sa suspension dans l'attente du jugement au fond.
12. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition tenant à l'existence d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, que la requête de M. C doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris les conclusions relatives aux frais de l'instance.
13. Il résulte de tout ce qui précède que les requêtes de M. C doivent être rejetées, en toutes leurs conclusions.
O R D O N N E
Article 1er : Les requêtes de M. C sont rejetées.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C et au garde des Sceaux, ministre de la justice.
Fait à Versailles, le 27 janvier 2023.
La juge des référés,
signé
Mme D
Le greffier,
signé
Mme A
La République mande et ordonne au Garde des Sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N° 229443
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026