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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2209484

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2209484

mardi 20 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2209484
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSCP ARTAUD BELFIORE CASTILLON GREBILLE-ROMAND

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 16 décembre 2022, M. C A, représenté par Me Grebille-Romand, demande au juge des référés :

1°) de suspendre, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de la décision 48 SI du 26 novembre 2022 par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté la perte de validité de son permis de conduire pour solde de points nul ;

2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de faire stopper la procédure de restitution de permis de conduire et lui remettre sous huitaine son permis, ou tout autre document autorisant provisoirement la conduite d'un véhicule automobile ;

3°) de mettre à la charge du ministre de l'Intérieur les entiers dépens.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est satisfaite, dès lors que, titulaire d'une carte professionnelle VTC et d'un contrat à durée indéterminée pour exercer les fonctions de " conducteur de véhicule ", il risque de perdre son emploi et ne pourra plus faire face à ses charges courantes ;

- il ne présente pas de danger pour la sécurité publique puisque les infractions commises, à l'exception d'une portant sur un retrait de trois points, étaient toutes consécutives à un excès de vitesse de moins de vingt km/h entrainant la perte d'un point, sachant qu'il parcourt des milliers de kilomètres ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée en raison de la méconnaissance de son droit à l'information prévu par les articles L. 223-2 et R. 223-3 du code de la route, le ministre de l'Intérieur n'ayant fourni aucune copie de procès-verbal ni d'attestation de paiement s'agissant des infractions citées.

Vu :

- la requête enregistrée le 13 décembre 2022 sous le numéro 2209370 par laquelle

M. A demande l'annulation de la décision attaquée.

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme B pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". Selon l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ". Enfin aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".

2. En application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les dispositions de l'article L. 522-1 de ce code relatives à la procédure contradictoire et à la tenue d'une audience.

3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.

4. Pour justifier de l'urgence à suspendre l'exécution de la décision du 26 novembre 2022 constatant la perte de validité de son permis de conduire pour solde de points nul,

M. A fait valoir, et justifie, que son emploi nécessite qu'il puisse conduire. Cependant, d'une part, il ressort du relevé d'information intégral qu'il a commis des excès de vitesse répétés depuis 2020, et qu'ainsi, dix-sept infractions au code de la route ont été commises entre le 2 mars 2020 et le 21 avril 2022, dont l'une entrainant la perte de trois points. Dans ces conditions, eu égard, d'une part, à la répétition par l'intéressé d'infractions au code de la route sur une courte période et, d'autre part, aux impératifs de protection et de sécurité routière et en dépit de l'atteinte que la décision litigieuse peut porter à la situation professionnelle de M. A, la condition tenant à l'urgence, qui, ainsi qu'il a été dit, doit être appréciée objectivement et globalement, ne peut en l'espèce être tenue pour remplie.

5. Il y a lieu, en conséquence, de faire application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête de M. A, y compris les conclusions à fin d'injonction et celles tendant à ce que les entiers dépens soient mis à la charge du ministre de l'Intérieur, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision litigieuse.

O R D O N N E:

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A.

Fait à Versailles, le 20 décembre 2022.

La juge des référés,

Signé

M. B

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2209484

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