lundi 9 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2209605 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | CHANLAIR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 21 décembre 2022 et 9 décembre 2023, la société Free Mobile, représentée par Me Pascal Martin, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner ensemble la suspension de l'exécution de l'arrêté du 24 mai 2022 par lequel le maire de la commune du Plessis-Pâté s'est opposé à la réalisation des travaux prévus par la déclaration préalable n° DP 091 494 22 10012, déposée le 2 mai 2022, pour l'édification d'une station relais de téléphonie mobile sur un terrain situé au 4, rue du Bicentenaire de la Révolution, parcelle cadastrée section A n°1026, ainsi que la décision du 23 septembre 2022 par laquelle le maire de cette même commune a rejeté implicitement son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre, à titre principal, à la commune du Plessis-Pâté de lui délivrer une décision de non-opposition à déclaration préalable dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) d'enjoindre, à titre subsidiaire, de réexaminer le dossier de déclaration préalable qu'elle a déposé, dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir;
4°) de mettre à la charge de la commune du Plessis-Pâté une somme de 5 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La société soutient que :
En ce qui concerne l'urgence :
- l'urgence est caractérisée, eu égard à l'intérêt public qui s'attache à la couverture du territoire national par ses réseaux de téléphonie mobile, et aux obligations qui pèsent sur la société Free Mobile aux termes de l'autorisation d'exploiter le réseau radioélectrique que l'Etat lui a délivrée, alors que la partie du territoire sur laquelle l'installation de la station relais en cause est projetée n'est pas suffisamment couverte en conséquence de trous de couverture et de la saturation des antennes-relais existantes, ainsi qu'il ressort des cartes de couverture produites au dossier ; la décision litigieuse porte ainsi incontestablement et directement atteinte à la qualité de la couverture radiotéléphonique du territoire communal par la norme GSM et UMTS et fait obstacle à la continuité du service public des télécommunications auquel la société Free Mobile participe ; elle n'a pas manqué de diligence pour introduire la requête en référé et n'a pas à justifier qu'elle aurait pu installer ailleurs l'antenne relai, argument qui ne pourrait être retenu qu'à peine d'erreur de droit ; l'accord d'itinérance est sans effet sur la condition d'urgence et il n'y a aucune obligation de mutualisation des installations ;
En ce qui concerne l'existence d'un moyen propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté :
- l'arrêté en litige a été pris par une autorité incompétente ;
- il méconnaît les articles UI.7 et UI.8 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- la demande de substitution de motifs n'est pas fondée.
Par un mémoire en défense enregistré le 4 janvier 2023, la commune du Plessis-Pâté, représentée par Me Chanlair, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge de la société Free mobile au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie dès lors que, d'une part, le comportement de la société Free Mobile a contribué à créer une telle situation et que, d'autre part, par un courriel du 28 décembre 2022, elle a proposé la parcelle cadastrée section A n°964 située à 100 mètres du terrain litigieux pour implanter l'antenne ; enfin, l'urgence doit s'apprécier au regard des dispositions de l'article D. 98-6-1 du code des postes et des communications électroniques, duquel il ressortirait une obligation de partage des antennes relais entre opérateurs de téléphonie mobile ;
- aucun des moyens n'est de nature à créer en l'état de l'instruction un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté en litige ;
- à supposer l'un des moyens fondés, elle invoque une substitution de motif tiré de la circonstance que le plan local d'urbanisme est actuellement en révision, et qu'en conséquence, elle était tenue de surseoir à statuer sur la déclaration préalable déposée par la société.
Vu les autres pièces du dossier, et notamment la requête au fond tendant à l'annulation de la décision litigieuse.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le règlement du plan local d'urbanisme de la commune du Plessis-Pâté ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Le Gars, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique tenue le 9 janvier 2023 à 11 heures, en présence de Mme Gilbert, greffière d'audience :
- le rapport de M. C ;
- les observations de Me Candelier, représentant la société Free Mobile, qui persiste dans ses précédentes conclusions, par les mêmes moyens et discute de la définition de construction au lexique ;
- les observations de Me Przybyszewski, représentant la commune du Plessis-Pâté qui conclut aux mêmes fins que ses écritures.
L'instruction a été close à l'issue de l'audience le 9 janvier 2023 à 11h40.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision ou de certains de ces effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
2. La société Free Mobile demande au juge des référés de suspendre, en application des dispositions, citées au point 1, de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de l'arrêté du 24 mai 2022 par lequel le maire de la commune du Plessis-Pâté s'est opposé à la réalisation des travaux prévus par la déclaration préalable n° DP 091 494 22 10012, déposée le 2 mai 2022, pour l'édification d'une station relais de téléphonie mobile sur un terrain situé au 4, rue du Bicentenaire de la Révolution, parcelle cadastrée section A n°1026, ainsi que la décision du 23 septembre 2022 par laquelle le maire de cette même commune a rejeté implicitement son recours gracieux
Sur les conclusions aux fins de suspension :
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente pour délivrer le permis de construire, d'aménager ou de démolir et pour se prononcer sur un projet faisant l'objet d'une déclaration préalable est : a) Le maire, au nom de la commune, dans les communes qui se sont dotées d'un plan local d'urbanisme () ". Aux termes de l'article L. 2122-18 du code général des collectivités territoriales : " Le maire est seul chargé de l'administration, mais il peut, sous sa surveillance et sa responsabilité, déléguer par arrêté une partie de ses fonctions à un ou plusieurs de ses adjoints et à des membres du conseil municipal () ". Aux termes de l'article L. 2131-1 du même code, dans sa rédaction applicable à la date de la délégation de signature : " Les actes pris par les autorités communales sont exécutoires de plein droit dès qu'il a été procédé à leur publication ou affichage ou à leur notification aux intéressés ainsi qu'à leur transmission au représentant de l'Etat dans le département ou à son délégué dans l'arrondissement () ".
4. Par un arrêté n°A-034-2020 du 24 mai 2020, régulièrement affiché le 25 mai 2020 et transmis aux services du préfet de l'Essonne le même jour, M. E B, maire de la commune du Plessis-Pâté, a donné délégation à M. D A, 4e adjoint, à l'effet de signer tous les actes administratifs afférents au domaine de l'urbanisme. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte manque n'est pas susceptible de créer un doute sérieux sur la légalité de l'acte attaqué.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article UI.7 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune du Plessis-Pâté : " Les constructions doivent s'implanter en retrait des limites séparatives. La hauteur des constructions est mesurée à partir du terrain naturel jusqu'au point le plus élevé du bâtiment (acrotère, faîtage), ouvrages techniques, cheminées et autres superstructures exclus. La marge de retrait doit être égale à la moitié de la hauteur du bâtiment avec un minimum de 5 mètres. Pour les constructions mitoyennes à un espace boisé classé, la marge de retrait doit être égale à la hauteur du bâtiment avec un minimum de 10 mètres ". Selon le lexique annexé au règlement du plan local d'urbanisme, constitue un bâtiment " tout ouvrage durable édifié au-dessus du niveau du sol et ayant une fonction d'abri () ". Et aux termes de l'article UI 8 : " IMPLANTATION DES CONSTRUCTIONS LES UNES PAR RAPPORT AUX AUTRES SUR UNE MEME PROPRIETE : " Lorsque deux constructions implantées sur la même unité foncière ne sont pas contiguës, elles doivent respecter une marge de recul minimal de 5 mètres ". Selon le lexique annexé au règlement du plan local d'urbanisme, la marge de recul ou de retrait correspond à la " Distance de retrait imposée par les articles 6, 7 et 8 du présent règlement entre les façades d'une construction et la limite de la parcelle supportant cette construction avec le domaine public (article 6), les limites séparatives de la parcelle (article 7), et une autre construction (article 8) " et constitue une construction " Tout assemblage solide et durable de matériaux ".
6. La société Free Mobile soutient que ces dispositions n'envisagent que les hauteurs sur les bâtiments, ce qui ne s'applique pas au projet en litige. Elle s'appuie notamment sur le lexique qui accompagne le règlement du plan local d'urbanisme. Si le projet d'implantation d'une station relais de téléphonie mobile n'a pas une fonction d'abri, et n'est donc pas un bâtiment au sens des dispositions de l'article UI.7 du règlement du plan local d'urbanisme, le maire de la commune du Plessis-Pâté aurait pris la même décision s'il s'était fondé uniquement sur l'article UI.8 du règlement du plan local d'urbanisme, dès lors que l'antenne en litige est implantée à 3 mètres d'une construction située sur la même unité foncière et qu'il n'y a pas de doute sérieux en l'état de l'instruction sur la légalité de l'acte attaqué au regard de l'article UI.8 compte tenu des définitions des notions de construction et de marge de recul selon le lexique annexé au règlement du plan local d'urbanisme.
7. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence, ni sur la substitution de motif demandée par la commune du Plessis-Pâté, que la société Free Mobile n'est pas fondée à demander la suspension de l'exécution de l'arrêté du 24 mai 2022 et de la décision du 23 septembre 2022. Par suite, les conclusions aux fins de suspension ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
8. La présente ordonnance, qui rejette les conclusions aux fins de suspension, n'appelle aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte de la société Free Mobile doivent être rejetées.
Sur les frais d'instance :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune du Plessis-Pâté, qui n'est pas la partie perdante, une quelconque somme au titre des frais exposés par la société Free Mobile et non compris dans les dépens. En revanche, il y a lieu, au titre des mêmes dispositions, de mettre à la charge de la société Free Mobile une somme de 1 000 euros.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la société Free Mobile est rejetée.
Article 2 : La société Free Mobile versera à la commune du Plessis-Pâté une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Free Mobile et à la commune du Plessis-Pâté.
Fait à Versailles, le 9 janvier 2023.
Le juge des référés,
signé
J. C
La greffière,
signé
N. Gilbert
La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2209605
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026