mardi 8 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2209670 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | SCP GABORIT-RUCKER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 22 décembre 2022 et le 15 septembre 2023, M. E C et Mme D G, épouse C, représentés par Me Savignat, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 2 août 2022 par lequel le maire de la commune de Houilles (Yvelines) a refusé de leur délivrer un permis de construire modificatif n° PC 078 311 18-0121 M03 ensemble la décision implicite née le 26 novembre 2022 par laquelle le maire de Houilles a rejeté leur recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au maire de leur délivrer le permis de construire modificatif sollicité dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Houilles le versement d'une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- il reste à démontrer que le signataire de l'arrêté attaqué était bien compétent pour ce faire ;
- l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l'article UH 12-1-4 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune dès lors que les deux places de stationnement de leur propriété sont bien accessibles au moyen de manouvres aisées, que le portail d'accès à cette propriété soit d'une largeur de 4 mètres, comme prévu au permis de construire initial ou de 3 mètres comme cela figure sur leur demande de permis de construire modificatif ;
- le même type de manœuvres est nécessaire pour garer les deux véhicules sur les deux emplacements de stationnement, que la largeur du portail soit de 3 ou de 4 mètres, alors que le permis de construire initial autorisait cette dernière largeur.
Par un mémoire en défense et un mémoire, enregistrés le 31 juillet 2023 et le 26 septembre 2023, la commune de Houilles, représentée par son maire en exercice, représenté par Me Després, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. et Mme C sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision a été prise par une autorité compétente ;
- les manœuvres aisées mentionnées à l'article UH 12-1-4 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune ne peuvent s'entendre de celles devant être réalisées dans l'espace public, qui sont préjudiciables à la sécurité publique ;
- il n'est pas établi que les manœuvres nécessaires au stationnement seraient aussi aisées avec des véhicules d'un plus gros gabarit que ceux dont les requérants sont propriétaires ;
- les difficultés de stationnement seraient moindres avec une largeur de portail de 4 mètres.
Par ordonnance du 18 septembre 2023, la clôture d'instruction a été fixée le 18 octobre 2023 à 10H00.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. F ;
- les conclusions de Mme Mathé, rapporteure publique ;
- les observations de Me Trub substituant Me Savignat, représentant M. et Mme C ;
- et les observations de Me Deprés représentant la commune de Houilles.
Considérant ce qui suit :
Sur la légalité de l'arrêté contesté :
1. Pour refuser, par arrêté du 2 août 2022, à M. et Mme C la délivrance d'un permis de construire modificatif n° PC 078 311 18-0121 M03 pour, notamment, les autoriser à réduire la largeur du portail d'accès à leur maison d'habitation sise au 8 ter, rue de Stalingrad à Houilles (Yvelines) de 4 mètres, comme cela avait été prévu au permis de construire initial, à 3 mètres, le maire de Houilles a considéré que la réduction de la largeur de l'accès automobile a pour effet de rendre la place de stationnement située le long de l'allée piétonne difficilement accessible en raison de l'absence d'espace de manœuvre suffisant, en méconnaissance de l'article UH 12-1-4 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Houilles. M. et Mme C demandent l'annulation de cet arrêté, ensemble la décision implicite, née le 26 novembre 2022, par laquelle le maire de Houilles a rejeté leur recours gracieux.
2. En premier lieu, l'arrêté du 2 août 2022 a été signé par M. B A, sixième adjoint, auquel le maire de Houilles a, par un arrêté n°21-011 du 31 mai 2021, régulièrement publié et transmis en préfecture le 1er juin 2021, donné délégation pour signer, notamment, tout acte administratif se rapportant aux autorisations d'occupation des sols.
3. En second lieu, l'article UH 12.1.4 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune prévoit que " La configuration des places de stationnement doit permettre leur utilisation effective. Les places de stationnement doivent être accessibles au moyen de manœuvres aisées ".
4. Il ressort des pièces du dossier que la maison de M. et Mme C comporte deux places de stationnement sur le terrain d'emprise de la construction, clos par un portail d'accès, que la commune désigne comme un emplacement " maître ", situé en face du portail d'accès et un emplacement " commandé ", parallèle à ce premier emplacement. C'est, aux termes de l'arrêté attaqué, ce second emplacement qui serait difficile d'accès en raison du manque d'espace de manœuvre. Dans ses écritures, la commune précise qu'il est impossible au véhicule garé sur ce second emplacement de sortir de la propriété lorsque le premier emplacement de stationnement est occupé, sans que le véhicule garé sur l'emplacement " maître " n'effectue une manœuvre en se déplaçant, le temps de cette manœuvre, sur la voie publique.
5. Toutefois, le rapport dressé par un commissaire de justice le 22 septembre 2022 démontre que le stationnement d'un véhicule sur l'emplacement situé en face du portail d'accès, qui s'effectue en marche arrière en une seule manœuvre, ne présente aucune difficulté. Le stationnement sur le second emplacement, le premier emplacement étant inoccupé, s'effectue en trois manœuvres, deux de ces manœuvres effectuées à l'intérieur de la propriété, sans non plus de difficulté particulière. Ainsi, ces places de stationnement sont bien accessibles " au moyen de manœuvres aisées ".
6. Si la commune de Houilles soutient que toute manœuvre réalisée sur la voie publique doit être regardée comme ne pouvant être qualifiée de " aisée " au sens de l'article UH 12.1.4 du plan local d'urbanisme précité, une telle interprétation ne résulte pas desdites dispositions. En l'espèce, l'entrée d'un véhicule dans la propriété de M. et Mme C depuis la voie publique ne nécessitant qu'une marche arrière, cette manœuvre ne saurait être qualifiée de difficile. Si, en défense, la commune relève qu'une telle manœuvre sur la voie publique constituerait " une gêne dangereuse à la circulation publique ", à supposer même une telle circonstance établie, ce qu'elle n'est pas en l'état du dossier, un tel motif n'a pas fondé la décision attaquée, qui est motivée uniquement par la difficulté de stationnement sur l'une des places de stationnement, en raison de l'absence d'espace de manœuvre. Enfin, l'argument tiré de ce que les manœuvres nécessaires pourraient présenter davantage de difficultés si elles étaient réalisées par certains véhicules de plus gros gabarit que ceux dont les requérants sont propriétaires et avec lesquels a été réalisé le constat d'huissier, est purement hypothétique et doit être écarté. Il en est de même du moyen, inopérant, tiré de ce que les manœuvres seraient plus aisées avec un portail de 4 mètres qu'avec un portail de 3 mètres de largeur. Ainsi, le permis de construire modificatif sollicité ne méconnaît pas les dispositions de l'article UH 12.1.4 du règlement plan local d'urbanisme de la commune de Houilles.
7. Il résulte de ce qui précède que le motif unique sur lequel la commune de Houilles s'est fondée pour refuser la demande de permis de construire modificatif présentée par M. et Mme C est entaché d'illégalité.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
8. Lorsque le juge annule un refus d'autorisation ou une opposition à une déclaration après avoir censuré l'ensemble des motifs que l'autorité compétente a énoncés dans sa décision conformément aux prescriptions de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme ainsi que, le cas échéant, les motifs qu'elle a pu invoquer en cours d'instance, il doit, s'il est saisi de conclusions à fin d'injonction, ordonner à l'autorité compétente de délivrer l'autorisation ou de prendre une décision de non-opposition. Il n'en va autrement que s'il résulte de l'instruction soit que les dispositions en vigueur à la date de la décision annulée, qui eu égard aux dispositions de l'article L. 600-2 du code de l'urbanisme demeurent applicables à la demande, interdisent de l'accueillir pour un motif que l'administration n'a pas relevé, ou que, par suite d'un changement de circonstances, la situation de fait existant à la date du jugement y fait obstacle. L'autorisation d'occuper ou utiliser le sol délivré dans ces conditions peut être contestée par les tiers sans qu'ils puissent se voir opposer les termes du jugement ou de l'arrêt.
9. Par suite, et dès lors qu'il ne résulte pas des pièces du dossier que cette demande aurait dû être rejetée pour un autre motif, le présent jugement implique que le maire de la commune de Houilles délivre à M. et Mme C le permis de construire sollicité par ceux-ci sous le numéro PC 078 311 18-0121 M03, dans un délai d'un mois à compter de la date de sa notification, sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
10. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Houilles une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge des requérants la somme demandée par la commune de Houilles sur ce fondement.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du maire de Houilles du 2 août 2022 refusant à M. et Mme C la délivrance d'un permis de construire modificatif numéro PC 078 311 18-0121 M03 et la décision née le 26 novembre 2022 par laquelle il a implicitement rejeté leur recours gracieux, sont annulés.
Article 2 : Il est enjoint à la commune de Houilles de délivrer à M. et Mme C le permis de construire modificatif autorisant la réduction de 4 à 3 mètres de la largeur du portail d'accès à leur propriété dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : La commune de Houilles versera à M. et Mme C la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Les conclusions présentées par la commune de Houilles au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. E C et Mme D G, épouse C et à la commune de Houilles.
Délibéré après l'audience du 23 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Rodolphe Féral, président,
M. Dariusz Kaczynski, premier conseiller,
Mme Sara Ghiandoni, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 octobre 2024.
Le rapporteur,
Signé
D. F
Le Président,
Signé
R. FéralLe greffier,
Signé
C. Gueldry
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies d'exécution contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026