mardi 18 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2209783 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | LENGRAND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 16 décembre 2022, le 30 décembre 2022 et le 24 mars 2023, Mme A B, représentée par Me Lengrand, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 4 avril 2022 par lequel le préfet de l'Essonne lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français et a fixé le pays de destination en cas d'exécution d'office ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Essonne de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard
3°) à défaut d'enjoindre au préfet de l'Essonne de procéder au réexamen de sa situation, sous les mêmes conditions de délai et d'astreinte et de lui délivrer, dans cette atteinte, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
L'ensemble des décisions :
- sont signées par un auteur incompétent ;
La décision de refus de titre de séjour :
- a été prise au terme d'une procédure irrégulière faute de transmission de l'avis des médecins de l'Office français de l'Immigration et de l'intégration ; a été prise au terme d'une procédure irrégulière faute de transmission du rapport préalable du médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) ; l'administration n'apporte pas la preuve que les médecins de l'OFII auraient délibéré collégialement ; elle n'apporte pas davantage la preuve que les médecins qui composaient le collège ont été désignés régulièrement ;
- méconnaît l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ; le préfet s'est cru lié à tort par l'avis rendu par le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ;
- méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 et de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
La décision portant obligation de quitter le territoire :
- est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre ;
- a été prise au terme d'une procédure irrégulière faute de transmission de l'avis des médecins de l'Office français de l'Immigration et de l'intégration ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- il a méconnu l'article L. 611-3 9° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il a également méconnu les articles 8 et 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- il a méconnu les dispositions de l'article L. 423-23 du code d'entrée et de séjour des étrangers et du droit d'asile ;
La décision fixant le pays de destination :
- est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- est insuffisamment motivée ;
- méconnaît les articles 2 et 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; méconnaît l'article L. 721-4 3° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
La requête a été communiquée au préfet de l'Essonne, qui n'a pas produit de mémoire en défense mais a produit des pièces enregistrées le 10 mars et le 28 mars 2023.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 26 septembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. D a été entendu au cours de l'audience publique :
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, née le 27 février 1988, ressortissante togolaise, a sollicité le 10 septembre 2021 la délivrance d'un titre de séjour, sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par arrêté du 4 avril 2022, le préfet de l'Essonne a refusé de lui délivrer le titre demandé, l'a obligé à quitter le territoire dans le délai de 30 jours et a fixé le pays de destination. Mme B demande au tribunal d'annuler ces décisions.
Sur les conclusions aux fins d'annulation en ce qui concerne le moyen commun à toutes les décisions attaquées
2. Par un arrêté n° 2021-PREF-DCPPAT-BCA-201 du 1er août 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture de l'Essonne du 2 août 2021, M. F E, sous-préfet d'Etampes, a reçu du préfet de l'Essonne délégation à l'effet de signer les décisions contenues dans l'arrêté attaqué. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.
Sur la décision portant refus de séjour
En ce qui concerne la légalité externe
3. Aux termes de l'article R. 425-11 du même code : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. / () ". Aux termes de l'article R. 425-12 de ce code : " Le rapport médical mentionné à l'article R. 425-11 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à partir d'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement le demandeur ou par un médecin praticien hospitalier inscrits au tableau de l'ordre, dans les conditions prévues par l'arrêté mentionné au deuxième alinéa du même article. Le médecin de l'office () peut également convoquer le demandeur pour l'examiner et faire procéder aux examens estimés nécessaires. (). Il transmet son rapport médical au collège de médecins. Sous couvert du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le service médical de l'office informe le préfet qu'il a transmis au collège de médecins le rapport médical. (). / () ". Aux termes de l'article R. 425-13 du même code : " Le collège à compétence nationale mentionné à l'article R. 425-12 est composé de trois médecins, il émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du même article. La composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. (). / (). L'avis est transmis au préfet territorialement compétent, sous couvert du directeur général de l'office ". Aux termes de l'article 3 de l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Au vu du certificat médical et des pièces qui l'accompagnent ainsi que des éléments qu'il a recueillis au cours de son examen éventuel, le médecin de l'office établit un rapport médical, conformément au modèle figurant à l'annexe B du présent arrêté ". Aux termes de l'article 5 du même arrêté : " Le collège de médecins à compétence nationale de l'office comprend trois médecins instructeurs des demandes des étrangers malades, à l'exclusion de celui qui a établi le rapport. / () ".
4. En premier lieu, l'avis du collège des médecins de l'OFII du 8 décembre 2021 produit en défense par le préfet de l'Essonne comporte les noms et prénoms, ainsi que les signatures, des trois médecins qui l'ont exprimé. Il mentionne le nom du médecin rapporteur, qui n'a pas siégé au sein du collège.
5. En deuxième lieu, si Mme B soutient que le rapport préalable n'a pas été produit aux débats, le respect du secret médical s'oppose toutefois à la communication à l'autorité administrative de ce rapport, dont les dispositions précitées de l'article R. 313-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne prévoient la transmission qu'au seul collège des médecins.
6. En troisième lieu, lorsque l'avis porte la mention " Après en avoir délibéré, le collège des médecins de l'OFII émet l'avis suivant ", cette mention du caractère collégial de l'avis fait foi jusqu'à preuve du contraire. Cette preuve contraire n'est pas rapportée par les seules allégations de la requérante qui se borne à soutenir qu'il appartient à l'administration de produire la preuve du caractère collégial de la délibération des médecins de l'OFII.
7. Enfin, l'avis du collège des médecins de l'OFII a été signé par les docteurs Levy-Attias, Quilliot et Coriat Haddad, régulièrement désignés par décision du directeur général de l'OFII en date du 28 janvier 2021.
8. Il résulte de ce qui précède que les moyens tirés de l'irrégularité de la procédure au terme de laquelle a été rendu l'avis du collège des médecins de l'OFII ne sont pas fondés et doivent être écartés.
En ce qui concerne la légalité interne
9. En premier lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat () ".
10. Il appartient à l'autorité administrative, lorsqu'elle envisage de refuser la délivrance d'un titre de séjour à un étranger qui en fait la demande sur le fondement des dispositions précitées, de vérifier, au vu de l'avis émis par le collège de médecins mentionné à l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que cette décision ne peut avoir de conséquences d'une exceptionnelle gravité sur l'état de santé de l'intéressé et, en particulier, d'apprécier, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, la nature et la gravité des risques qu'entraînerait un défaut de prise en charge médicale. Lorsque le défaut de prise en charge risque d'avoir des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur la santé du demandeur, l'autorité administrative ne peut légalement refuser le titre de séjour sollicité que s'il existe des possibilités de traitement approprié de l'affection en cause dans le pays d'origine de l'étranger concerné.
11. La partie qui justifie d'un avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) venant au soutien de ses dires doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires.
12. D'une part, il ne ressort pas des termes de la décision attaquée, qui, après avoir cité l'avis du collège des médecins de l'OFII, indique qu'"aucun élément du dossier ni aucune circonstance particulière ne justifie de s'écarter de cet avis ", que le préfet de l'Essonne se serait estimé lié par lui. Par suite, le moyen tiré de ce que le préfet aurait méconnu l'étendue de sa compétence est par conséquent infondé et doit être écarté
13. D'autre part, pour refuser de délivrer le titre de séjour sollicité, le préfet de l'Essonne s'est notamment fondé sur l'avis du collège de médecins de l'OFII du 8 décembre 2021, qui a estimé que si l'état de santé de Mme B nécessitait une prise en charge médicale, le défaut de prise en charge médicale ne devrait pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qu'elle pouvait bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine. La requérante, qui fait valoir qu'elle est atteinte de dysplasie, n'apporte toutefois pas, en se prévalant d'un certificat médical du Dr C, praticien au Centre médical Europe situé à Paris (11e arrondissement) daté du 17 janvier 2023, qui se borne à indiquer que la pathologie de Mme B nécessite une " conisation " et que l'interruption des soins pourrait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, n'apporte pas, ce-faisant, d'élément susceptible de remettre en cause l'appréciation protée par le préfet. Dans ces conditions, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'erreur d'appréciation au regard de ces dispositions doivent être écartés comme infondés.
14. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ". Et aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. "
15. Mme B fait valoir qu'elle réside de manière habituelle et continue sur le territoire français depuis le 1er janvier 2019. Toutefois, alors même qu'elle n'apporte aucun élément susceptible d'établir la réalité de ces allégations, sa présence en France depuis moins de quatre années à la date de la décision litigieuse ne permet pas de justifier de l'intensité des liens personnels qu'elle a pu tisser sur le territoire, alors qu'il n'est pas contesté que ses parents, l'ensemble de sa fratrie et son enfant résident toujours au Togo. Dans ces conditions, le préfet de l'Essonne n'a pas porté au droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels l'arrêté a été pris. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne sont pas fondés et doivent être écartés.
16. Enfin, et pour les mêmes motifs que ceux qui ont été exposés aux points 9 à 13 de la présente décision, le moyen tiré de ce que le préfet aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation n'est pas fondé et doit être écarté.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire
17. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que la décision portant refus de séjour n'étant pas illégale, le moyen tiré de ce que la décision par laquelle le préfet a obligé Mme B à quitter le territoire dans un délai de trente jours serait illégale en raison de l'illégalité du refus de séjour ne peut qu'être écarté.
18. En deuxième lieu, la requérante ne peut utilement invoquer les dispositions citées au point 3 à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français, laquelle n'est pas prise en application de ces dernières.
19. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier, en particulier des termes mêmes de l'arrêté du 4 avril 2022, que le préfet de l'Essonne a procédé à l'examen particulier de la situation personnelle de Mme B avant d'édicter à son encontre la décision portant obligation de quitter le territoire. Le moyen doit donc être écarté comme étant infondé.
20. En quatrième lieu, pour les mêmes motifs que ceux qui sont exposés au point 13 de la présente décision, le moyen tiré de la méconnaissance du 9° de l'article L. 611-3 est infondé et doit être écarté.
21. En cinquième lieu, et pour les mêmes motifs que ceux qui ont été indiqués au point 15 de la présente décision, Mme B n'est pas fondée à soutenir que la décision par laquelle le préfet l'a obligé à quitter le territoire aurait méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
22. En sixième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
23. La requérante ne peut utilement invoquer ces stipulations à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français, laquelle ne fixe en elle-même aucun pays de destination.
24. Enfin et pour les mêmes motifs que ceux qui ont été exposés aux points 13 et 15 de la présente décision, la décision portant obligation de quitter le territoire n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Sur la décision fixant le pays de destination
25. En premier lieu, la requérante n'étant pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté en litige en tant qu'il porte refus de séjour et obligation de quitter le territoire français, la décision fixant le pays de destination ne peut être annulée par voie de conséquence.
26. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que la décision fixant le pays de renvoi vise les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et indique que Mme B pourra être reconduite dans le pays dont elle possède la nationalité. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision fixant le pays de destination est infondé et doit être écarté.
27. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ". Par ailleurs, aux termes de l'article 2 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Le droit de toute personne à la vie est protégé par la loi () ". Aux termes de l'article 3 de la même convention : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
28. Mme B n'établit pas qu'elle encourrait des risques pour sa vie et sa santé en cas de retour dans son pays d'origine, le Togo, ni qu'elle y serait exposée à des traitements inhumains ou dégradants. Dans ses conditions, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de la méconnaissance des articles 2 et 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation ne peuvent qu'être écartés.
29. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête de Mme B tendant à l'annulation de l'arrêté du 4 avril 2022 doivent être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, des conclusions qu'elle présente à fins d'injonction et d'astreinte, et de ses conclusions relatives aux frais d'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au préfet de l'Essonne.
Délibéré après l'audience du 4 avril 2023, à laquelle siégeaient :
M. Delage, président,
Mme Winkopp-Toch, première conseillère,
M. Thivolle, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 avril 2023.
Le rapporteur,
Signé
G. D
Le président,
Signé
Ph. DelageLa greffière,
Signé
V. Retby
La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026