jeudi 20 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2209897 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 7éme chambre |
| Avocat requérant | DILAWAR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 30 décembre 2022 et le 14 février 2023, M. C A, représenté par Me Cardot et Me Dilawar, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 1er décembre 2022 par laquelle le préfet de l'Essonne lui a fait obligation de quitter le territoire français ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Essonne, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " salarié ", dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande sous la même astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision portant obligation de quitter le territoire français a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d'une erreur quant à l'identité de son destinataire ;
- elle est entachée d'une insuffisance de motivation ;
- elle méconnaît le principe du respect des droits de la défense ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 modifié ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît l'intérêt supérieur de l'enfant ;
- elle est entachée d'une erreur de droit ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense enregistré le 22 mars 2023, le préfet de l'Essonne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 modifié ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Mathé,
- et les observations de Me Dilawar, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. C A, ressortissant tunisien né le 3 février 1997, est entré en France en octobre 2017 selon ses déclarations. Le 5 septembre 2022, il a sollicité auprès du préfet de l'Essonne la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " salarié ". Par un arrêté du 1er décembre 2022, le préfet de l'Essonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement. Par sa requête, M. A demande l'annulation de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français.
2. En premier lieu, par un arrêté n°2022-PREF-DCPPAT-BCA-132 du 23 août 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial n°126 du même jour de la préfecture de l'Essonne, M. F D, directeur de l'immigration et de l'intégration, a reçu délégation du préfet de ce département à l'effet de signer, notamment, les décisions portant obligation de quitter le territoire français. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée manque ainsi en fait.
3. En deuxième lieu, la décision attaquée, qui n'avait pas à indiquer de manière exhaustive l'ensemble des éléments relatifs à la situation personnelle de l'intéressé, mentionne les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que les stipulations de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dont elle fait application. Elle indique avec suffisamment de précisions les circonstances de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde. Ces considérations sont suffisamment développées pour mettre utilement M. A en mesure de discuter les motifs de cette décision et le juge d'exercer son contrôle. La décision attaquée est, par suite, suffisamment motivée.
4. En troisième lieu, la circonstance, pour regrettable qu'elle soit, que l'article 2 de l'arrêté du 1er décembre 2022 mentionne que M. B G, au lieu de M. C A, est obligé de quitter le territoire français, constitue une erreur matérielle qui est sans incidence sur la légalité de cette décision dès lors qu'il n'existe aucun doute sur l'identité de son destinataire au regard des autres mentions contenues dans cet arrêté. Par suite, ce moyen doit être écarté.
5. En quatrième lieu, les moyens tirés de la méconnaissance du principe du respect des droits de la défense, de l'erreur de droit et de la méconnaissance de l'intérêt supérieur de l'enfant sont dépourvus des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bienfondé.
6. En cinquième lieu, il ne ressort pas de l'arrêté attaqué, ni d'aucune autre pièce du dossier, que le préfet de l'Essonne ne se serait pas livré à un examen sérieux de la situation personnelle de M. A.
7. En sixième lieu, le moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 3 de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 modifié, qui ne prévoient pas l'attribution de plein droit d'un titre de séjour, est inopérant à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français, et ne peut, dès lors, qu'être écarté.
8. En septième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
9. Si M. A justifie résider de manière habituelle et continue sur le territoire français depuis 2018, il ne conteste pas être célibataire sans charge de famille. En outre, s'il se prévaut de la présence en France de sa sœur, qui est en situation régulière sur le territoire français et qui est mariée avec M. E avec lequel elle a eu un enfant, il n'établit pas entretenir avec eux des liens d'une particulière intensité ni que sa présence auprès d'eux serait indispensable. De plus, il n'est pas établi, ni même soutenu qu'il serait isolé en cas de retour en Tunisie, où il a vécu la majeure partie de son existence et où il ne conteste pas que résident ses parents ainsi que ses trois autres sœurs. Dans ces conditions, et alors même qu'il justifie avoir travaillé en qualité d'employé polyvalent en février 2018, de second de cuisine en avril et mai 2018, d'employé polyvalent entre juillet et octobre 2019 et de pizzaiolo depuis décembre 2019, son dernier employeur ayant d'ailleurs rempli une autorisation de travail accompagnée d'une lettre de motivation datée du 31 août 2022, et qu'il est titulaire du bail du logement qu'il occupe, en obligeant M. A à quitter le territoire français, le préfet de l'Essonne n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels il a pris cette décision et n'a, dès lors, pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
10. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 9, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation de la situation personnelle de M. A, doit être écarté.
11. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 1er décembre 2022 par laquelle le préfet de l'Essonne lui a fait obligation de quitter le territoire français. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter ses conclusions à fin d'injonction ainsi que celles tendant à l'application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au préfet de l'Essonne.
Délibéré après l'audience du 6 avril 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Ouardes, président,
- M. de Miguel, premier conseiller,
- Mme Mathé, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 avril 2023.
La rapporteure,
C. Mathé
Le président,
P. OuardesLa greffière,
C. Benoit-Lamaitrie
La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026