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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2300193

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2300193

jeudi 15 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2300193
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation8ème chambre
Avocat requérantSELARL BECAM MONCALIS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 10 janvier 2023, le 4 octobre 2023 et le 8 novembre 2023, M. C E, représenté par Me Moncalis, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision du 13 juillet 2022 par laquelle la présidente de l'université Paris-Saclay l'a licencié pour refus d'une modification d'un élément substantiel du contrat, ensemble la décision du 10 novembre 2022 de rejet de son recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge de l'université Paris-Saclay une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens de l'instance, et de rejeter les conclusions de la présidente de l'université Paris-Saclay présentées sur le même fondement.

Il soutient que :

- la décision attaquée est signée par un auteur non identifiable ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors que le procès-verbal permettant de vérifier la régularité de la composition de la commission consultative paritaire du 12 juillet 2021 et de l'avis qu'elle a rendu ne lui a pas été transmis ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors qu'il a expressément donné son accord à la proposition de modification de ses missions ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors que l'administration conditionne l'acceptation de la proposition de modification d'un élément substantiel du contrat à la signature d'un avenant au contrat ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors que le nouveau poste proposé n'est pas compatible avec sa qualification professionnelle ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors qu'elle n'a pas été prise pour des motifs liés à l'intérêt du service et constitue une sanction déguisée ;

- elle a été prise dans un contexte de harcèlement qu'il a subi sur son lieu de travail.

Par des mémoires enregistrés le 13 février 2023, le 18 octobre 2023 et le 23 novembre 2023, la présidente de l'université Paris-Saclay conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 167,40 euros soit mise à la charge de M. E au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que les moyens de M. E ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 24 novembre 2023 la clôture d'instruction a été fixée au 8 décembre 2023.

En réponse à la mesure supplémentaire d'instruction adressée par le tribunal, l'université Paris-Saclay a produit le procès-verbal de la commission consultative paritaire du 12 juillet 2022, enregistré le 19 décembre 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le décret 86-83 du 17 janvier 1986 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Perez,

- les conclusions de Mme Chong-Thierry, rapporteure publique,

- et les observations de Mmes B et Rakotomanga, représentant l'université Paris-Saclay

Considérant ce qui suit :

1. M. C E a été recruté en contrat à durée indéterminée à compter du 1er octobre 2016 par la communauté d'universités et d'établissements Paris-Saclay sur le poste de responsable du système informatique de la formation. En 2020, suite à la création de l'université Paris-Saclay, son contrat de travail été transféré dans ce nouvel établissement. Par un courrier du 24 février 2021, l'université Paris-Saclay lui a proposé une modification de ses missions et lui a proposé un poste de chargé de projet de sécurisation des archives papier. Par un courrier du 6 septembre 2021, faute d'avoir reçu l'avenant au contrat avec sa signature, la direction des ressources humaines lui a adressé un courrier lui proposant à nouveau ce changement de poste, lui transmettant l'avenant à signer, et lui indiquant que sa réponse est attendue pour le 15 septembre 2021. Par une décision du 13 juillet 2022, dont il demande l'annulation, la présidente de l'université Paris-Saclay lui a notifié son licenciement en application de l'article 45-3 du décret 86-83 du 17 janvier 1986 relatif aux dispositions générales applicables aux agents contractuels. Par un courrier du 14 septembre 2022, M. E a formé un recours gracieux contre cette décision. Par une décision du 10 novembre 2022, dont il demande l'annulation, la présidente de l'université Paris-Saclay a rejeté son recours gracieux.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci. ".

3. La décision attaquée fait apparaître qu'elle a été signée par Mme A D, directrice générale des services de l'université Paris-Saclay. Par Suite, M. E n'est pas fondé à soutenir qu'elle serait signée par un auteur non identifiable.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 45-5 du décret du 17 janvier 1986 relatif aux dispositions générales applicables aux agents non titulaires de l'Etat pris pour l'application de l'article 7 de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat : " () II. Lorsque l'administration envisage de licencier un agent pour l'un des motifs mentionnés au I du présent article, elle convoque l'intéressé à un entretien préalable selon les modalités définies à l'article 47. A l'issue de la consultation de la commission consultative paritaire prévue à l'article 1er-2, elle lui notifie sa décision par lettre recommandée avec demande d'avis de réception ou par lettre remise en main propre contre signature. Cette lettre précise le ou les motifs du licenciement et la date à laquelle celui-ci doit intervenir, compte tenu des droits à congés annuels restant à courir et de la durée du préavis prévu à l'article 46. ".

5. La présidente de l'université, dans la décision attaquée, mentionne le décret n°86-83 du 17 janvier 1986, et notamment son article 45-3, et expose que cette décision a été prise en raison d'un refus d'une modification d'un élément substantiel du contrat de travail à la suite de la transformation des besoins du service. Par suite, la décision attaquée est suffisamment motivée en droit et en fait et le moyen tiré du défaut de motivation ne pourra qu'être écarté.

6. En troisième lieu, M. E soutient qu'il n'a pas eu connaissance de l'avis de la commission consultative paritaire qui s'est réunie le 12 juillet 2022, ni du procès-verbal de cette commission lui permettant de vérifier la régularité de la composition de son délibéré. Toutefois, il n'allègue pas qu'il aurait demandé ces pièces à l'administration. De plus, l'université Paris-Saclay a produit le 19 décembre 2023 le procès-verbal de la commission consultative paritaire du 12 juillet 2022. Cette pièce a été communiquée pendant l'instance au requérant, qui n'a développé aucune critique de ce document. Il n'a donc pas assorti son moyen tiré de l'irrégularité de cet avis des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait entachée d'un vice de procédure dès lors que le procès-verbal permettant de vérifier la régularité de la composition de la commission consultative paritaire du 12 juillet 2022 et de l'avis qu'elle a rendu ne lui a pas été transmis doit être écarté.

7. En quatrième lieu, aux termes de l'article 45-3 du décret du 17 janvier 1986 : " Sans préjudice des dispositions relatives au licenciement pour faute disciplinaire, pour insuffisance professionnelle ou pour inaptitude physique, le licenciement d'un agent contractuel recruté pour répondre à un besoin permanent doit être justifié par l'un des motifs suivants : () 4° Le refus par l'agent d'une modification d'un élément substantiel du contrat proposée dans les conditions prévus à l'article 45-4 ; () ". Aux termes de l'article 45-4 du même décret : " En cas de transformation du besoin ou de l'emploi qui a justifié le recrutement de l'agent contractuel recruté pour un besoin permanent, l'administration peut proposer la modification d'un élément substantiel du contrat de travail tel que la quotité de temps de travail de l'agent, ou un changement de son lieu de travail. Elle peut proposer dans les mêmes conditions une modification des fonctions de l'agent, sous réserve que celle-ci soit compatible avec la qualification professionnelle de l'agent. Lorsqu'une telle modification est envisagée, la proposition est adressée à l'agent par lettre recommandée avec avis de réception ou par lettre remise en main propre contre décharge. / Cette lettre informe l'agent qu'il dispose d'un mois à compter de sa réception pour faire connaître, le cas échéant, son acceptation. / A défaut de réponse dans le délai d'un mois, l'agent est réputé avoir refusé la modification proposée. ".

8. M. E soutient qu'il avait donné son accord à la proposition de modification de ses missions et que la décision qu'il attaque est donc entachée d'une erreur dans ses motifs. Il ressort des pièces du dossier que, par un courriel adressé le 24 avril 2021 à la directrice générale des services adjointe en charge des ressources humaines, M. E a effectivement fait part à l'université de son accord sur ces nouvelles missions, en écrivant : " (..), j'accepte la mission sur l'archivage que vous me proposez et je vous remercie pour votre confiance ". Par un courriel du 27 février 2021, la directrice générale des services adjointe a pris note de son acceptation de la fiche de poste, " bien qu'elle survienne hors délai ", et lui a demandé de la retourner signée rapidement. Toutefois, par un courrier du 21 mai 2021 adressé à la présidente de l'université, une organisation syndicale saisie par M. E a remis en cause cette acceptation en indiquant que : " () la fiche de mission qui lui est proposée est ressentie comme une sanction alors même qu'il a déjà subi un harcèlement et des dysfonctionnements ayant renforcé sa maladie. De plus, il est actuellement en arrêt maladie et la pression exercée pour qu'il accepte cette fiche de mission dont il n'a pas les compétences aggrave son état, le rendant incapable de prendre une décision sereinement. Nous vous demandons donc de surseoir au délai qui lui est imposé jusqu'à ce qu'il revienne de son congé maladie et que vous puissiez de nouveau lui proposer un projet qui corresponde à ses compétences et son expérience ". Par un courriel du 19 juillet 2019, la directrice générale des services adjointe, pour tenir compte de cette demande, a répondu à cette organisation syndicale que : " M. E avait reçu une fiche de poste pour laquelle il avait donné son accord. Vous avez demandé à ce que cet accord ne soit pas pris en compte. Nous l'avons fait. M. E devra nous faire un retour formel sur cette fiche de poste, à laquelle correspond un contrat (nous le renverrons si besoin), avant le 15 septembre 2021, ce qui est un délai très compréhensif laissant le temps de la trêve estivale et de la rentrée. ". Ces pièces, produites par M. E à l'instance, ainsi que le fait que M. E n'avait pas adressé à son administration l'avenant signé portant son accord, démontrent que l'acceptation du nouveau poste par M. E en juillet 2019 n'était pas ferme. Par suite, afin de respecter les termes de l'article 45-4 du décret du 19 janvier 1987 précité, il incombait à l'administration d'adresser un nouveau courrier recommandé avec accusé de réception afin de lui transmettre sa proposition de modification d'un élément substantiel du contrat pour recueillir de manière formelle l'accord éventuel de l'intéressé. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'erreur d'appréciation dès lors que la proposition de modification d'un élément substantiel du contrat avait déjà été acceptée sans réserve doit être écarté.

9. En cinquième lieu, comme il a été dit au point précédent, l'accord exprimé par M. E le 24 avril 2021, suite à la proposition de modification de missions, ne peut être considéré comme un accord ferme et sans réserve. Par suite, M. E n'est pas fondé à soutenir que l'université pouvait, sur la base de cet accord, l'affecter immédiatement à ces nouvelles missions et lui faire signer l'avenant au contrat ultérieurement. Il résulte de ce qui précède que M. E n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que l'université aurait conditionné l'accord pour les nouvelles missions à la signature de l'avenant au contrat.

10. En sixième lieu, le poste proposé à M. E le 24 février 2021 est un poste de chargé de projet sécurisation des archives papier. Il ressort des pièces du dossier, et particulièrement de la fiche du poste concerné, qu'il s'agit d'un poste de catégorie A, rattaché au corps des ingénieurs d'étude ou ingénieurs de recherche, caractéristiques identiques à celles du poste qu'il occupait en tant que responsable du système d'information de la formation. De plus, si les missions relatives au nouveau poste proposé sont différentes de celles de l'ancien poste, il ressort de la comparaison des fiches des deux postes concernés que ces derniers requièrent certaines compétences comparables, notamment la qualification transversale de directeur de projet. Par suite le moyen tiré de ce que la décision attaquée est entachée d'erreur d'appréciation dès lors que la proposition de modification des fonctions ne serait pas compatible avec la qualification professionnelle de l'agent doit être écarté.

11. En septième lieu, la mutation dans l'intérêt du service constitue une sanction déguisée lorsqu'il est établi que l'auteur de l'acte a eu l'intention de sanctionner l'agent et que la décision a porté atteinte à la situation professionnelle de ce dernier.

12. Si M. E soutient que la décision attaquée, dont les motifs sont le refus d'une modification d'un élément substantiel du contrat suite à la transformation des besoins du service, a en réalité été prise en raison des difficultés relationnelles qu'il a rencontrées dans ses fonctions, et qu'elle constitue une sanction déguisée. S'il ressort des pièces du dossier que le changement d'affectation proposé à M. E a pu être décidé dans ce contexte de difficultés relationnelles et de leur retentissement sur la situation personnelle de l'intéressé, ainsi que l'établit le courrier du 24 février 2021 par lequel la directrice générale adjointe des services en charge des ressources humaines a proposé à M. E une modification d'affectation où il est fait mention " d'importantes difficultés relationnelles dans le cadre des missions relatives aux systèmes d'informations dont vous aviez la responsabilité, difficultés ayant affecté votre santé, () ", l'administration s'est toutefois limitée à constater ces difficultés, sans en imputer la responsabilité à M. E ou lui en faire le reproche. Il ne ressort d'aucune autre pièce du dossier que l'université aurait entendu sanctionner M. E. Il résulte de ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision de lui proposer un changement d'affectation et de le licencier suite à son refus d'accepter une modification d'un élément substantiel de son contrat est entachée d'erreur d'appréciation dès lors qu'elle constitue une sanction déguisée.

13. Il résulte de ce qui a été dit aux points 7 à 12 du présent jugement que la présidente de l'université Paris-Saclay n'a pas commis d'erreur d'appréciation en procédant par la décision attaquée au licenciement de M. E suite à un refus de modification d'un élément substantiel du contrat.

14. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 133-2 du code général de la fonction publique : " Aucun agent public ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel. ".

15. Il appartient à un agent public qui soutient avoir été victime d'agissements constitutifs de harcèlement moral de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence d'un tel harcèlement. Il incombe à l'administration de produire, en sens contraire, une argumentation de nature à démontrer que les agissements en cause sont justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si les agissements de harcèlement sont ou non établis, se détermine au vu de ces échanges contradictoires, qu'il peut compléter, en cas de doute, en ordonnant toute mesure d'instruction utile. Pour apprécier si des agissements dont il est allégué qu'ils sont constitutifs d'un harcèlement moral revêtent un tel caractère, le juge administratif doit tenir compte des comportements respectifs de l'agent auquel il est reproché d'avoir exercé de tels agissements et de l'agent qui estime avoir été victime d'un harcèlement moral. Pour être qualifiés de harcèlement moral, de tels faits répétés doivent excéder les limites de l'exercice normal du pouvoir hiérarchique.

16. Si M. E soutient qu'il a subi des faits de harcèlement en 2019, et qu'il a en effet dénoncé par un courriel du 27 septembre 2019 à la directrice générale des services préfiguratrice avoir subi une situation de harcèlement dans le cadre de sa mission auprès de CentraleSupélec, aucune pièce versée au dossier ne permet d'établir de tels faits. De plus, si M. E soutient qu'il a été laissé pendant 18 mois en situation de télétravail sans aucune mission à réaliser, il ressort des pièces du dossier qu'entre la période de 37 mois et 24 jours allant du 2 octobre 2019 au 25 novembre 2022, M. E a été en activité pendant 5 mois et 24 jours sur son lieu de travail et à temps plein, pendant 1 mois et 23 jours en télétravail 5 jours sur 5 avec présence possible de façon exceptionnelle suite à une visite médicale, pendant 3 mois à temps partiel thérapeutique à hauteur de 60%, et pendant 27 mois en congés maladie. En outre, ainsi qu'il a été exposé au point 10 du présent jugement, le nouveau poste qui lui a été proposé ne peut être assimilé à une rétrogradation. De plus, si M. E soutient que l'université n'a cessé de le contacter pendant ses arrêts maladie, il ressort des pièces du dossier que l'université est entrée en contact à quatre reprises avec M. E au cours de ses congés maladie, la première fois pour le convoquer par un mail du 9 octobre 2019 à 16h42 à une visite médicale pour le lendemain, la deuxième fois entre le 4 et le 7 mai 2020 par courriel pour lui demander la durée de son arrêt maladie, la troisième fois par un mail du 27 avril 2024 en réponse au mail du 24 avril 2021 par lequel M. E exprimait son accord pour le nouveau poste, et la dernière par un courrier du 6 septembre 2021 afin de lui demander de retourner signé l'avenant au contrat correspondant à la nouvelle mission proposée s'il l'accepte. Ces communications, eu égard à leur objet, n'ont pas excédé les limites de l'exercice normal du pouvoir hiérarchique. Enfin, si M. E soutient que la dégradation de son état de santé est directement liée à son emploi, les pièces qu'il produit ne permettent pas d'établir un lien de causalité entre la pathologie de l'intéressé et une situation de harcèlement. Il résulte de tout ce qui précède que les éléments apportés par M. E ne sont pas susceptibles de faire présumer l'existence du harcèlement moral allégué. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 133-2 du code général de la fonction publique doit être écarté.

17. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de la décision du 13 juillet 2022, ensemble la décision du 10 novembre 2022, présentées par M. E, doivent être rejetées.

Sur les frais liés à l'instance :

18. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'université Paris-Saclay, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par M. E au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. E la somme demandée par l'université Paris-Saclay au même titre.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. E est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de l'université Paris-Saclay présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3: Le présent jugement sera notifié à M. C E, à la présidente de l'université Paris-Saclay et à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche.

Délibéré après l'audience du 1er février 2024, à laquelle siégeaient :

M. Mauny, président,

M. Perez, premier conseiller,

M. Bélot, premier conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 février 2024.

Le rapporteur,

signé

J-L Perez

Le président,

signé

O. MaunyLa greffière,

signé

A. Esteves

La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

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