vendredi 10 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2300225 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 4ème chambre - 4/11 |
| Avocat requérant | PESCHANSKI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 janvier 2023, et un mémoire, enregistré le 2 février 2023, M. D E, représenté par Me Peschanski, demande au tribunal :
1°) de l'admettre à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler l'arrêté du 14 décembre 2022 par lequel le préfet de l'Essonne a rejeté sa demande de titre de séjour au titre de l'asile, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
3°) d'enjoindre au préfet de l'Essonne de lui délivrer un titre de séjour ou, le cas échéant, de réexaminer sa situation dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision de refus de titre de séjour au titre de l'asile a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée et n'a pas été précédée d'un examen sérieux de sa situation ;
- elle est entachée d'erreur de droit en ce qu'aucune disposition légale n'exige la production d'un document transfrontière revêtu d'un cachet d'entrée de la police aux frontières afin d'établir la date d'entrée sur le territoire français ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 521-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision l'obligeant à quitter le territoire français a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée et n'a pas été précédée d'un examen sérieux de sa situation ;
- elle méconnaît les dispositions du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît le principe de non-refoulement du demandeur d'asile, les stipulations de l'article 33 de la convention de Genève et les dispositions de l'article L. 542-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'erreur de droit résultant de ce que le préfet de l'Essonne s'est considéré en situation de compétence liée ;
- elle méconnaît les dispositions des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision fixant le pays de destination a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée et n'a pas été précédée d'un examen sérieux de sa situation ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 février 2023, le préfet de l'Essonne conclut au rejet de la requête en soutenant que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné M. B pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 6 février 2023 :
- le rapport de M. B,
- les observations de Me Peschanski, représentant M. E, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens et précise, en outre, qu'il est en mesure de faire valoir de nouveaux éléments postérieurs au rejet de sa demande d'asile, qu'il a fait l'objet d'une hospitalisation en lien avec un stress post-traumatique, a poursuivi son engagement associatif malgré le rejet de sa demande d'asile, produit le témoignage de son compagnon, avec lequel il a un projet de vie commune, ajoutant que son analphabétisme et ses problèmes psychologiques, pour lesquels il continue d'être suivi, ont posé des difficultés pour s'exprimer devant la Cour nationale du droit d'asile, qu'il a quitté à l'âge de quinze ans son pays d'origine, où il subissait des persécutions en raison de son homosexualité, estimant que la décision fixant le pays de destination méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- les observations de M. E, assisté de Mme C, interprète en langue anglaise,
- le préfet de l'Essonne n'étant ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. D E, ressortissant sierra-léonais né le 15 décembre 2000, est entré sur le territoire français le 13 mai 2019 selon ses déclarations et a sollicité son admission au séjour au titre de l'asile. Par une décision du 8 décembre 2021, l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides (OFPRA) a rejeté sa demande de protection internationale, rejet confirmé par une décision de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) du 14 juin 2022. Par un arrêté du 14 décembre 2022, le préfet de l'Essonne a fait obligation à M. E de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il sera reconduit. M. E demande l'annulation de ces décisions.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président () ". Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de M. E au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions de la requête :
3. En premier lieu, par un arrêté n° 2022-PREF-DCPPAT-BCA-132 du 23 août 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture de l'Essonne du même jour, le préfet de l'Essonne a donné délégation à M. A G, chef du bureau de l'asile, pour signer les décisions contenues dans l'arrêté en litige. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté contesté doit être écarté.
4. En deuxième lieu, l'arrêté en litige vise les textes dont il est fait application, expose les circonstances de fait propres à la situation personnelle de M. E, ainsi que les éléments sur lesquels le préfet s'est fondé pour refuser la délivrance d'un titre de séjour au titre de l'asile et l'obliger à quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Le préfet de l'Essonne n'était pas tenu de faire état, dans l'arrêté en litige, de l'ensemble des éléments allégués par le requérant. Dès lors, cet arrêté comporte l'énoncé des considérations de fait qui constituent le fondement des décisions attaquées et permet ainsi au requérant d'en contester utilement le bienfondé. Par ailleurs, il ne ressort pas des termes de cet arrêté, ni des autres pièces du dossier, que le préfet n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle de M. E. Par suite, les moyens tirés de l'insuffisante motivation de l'arrêté et du défaut d'examen sérieux de la situation de l'intéressé doivent être écartés.
5. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en mentionnant, dans l'arrêté en litige, que M. E " déclare être entré en France le 13 mai 2019 mais ne peut confirmer cette date par la production d'un document transfrontière revêtu d'un cachet d'entrée de la Police aux Frontières établissant le lieu et la date d'entrée sur le territoire français ", le préfet de l'Essonne, qui s'est borné à exposer une circonstance de fait relative à la situation particulière de l'intéressé, ait entendu fonder sa décision de refus de titre de séjour sur cette circonstance. Il ne ressort pas davantage des pièces du dossier que le préfet de l'Essonne se serait estimé en situation de compétence liée au regard des décisions de l'OFPRA et de la CNDA. Les moyens tirés de l'erreur de droit doivent, dès lors, être écartés.
6. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° () ".
7. Par ailleurs, aux termes de l'article L. 521-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'enregistrement de sa demande d'asile a été effectué, l'étranger se voit remettre une attestation de demande d'asile dont les conditions de délivrance et de renouvellement sont fixées par décret en Conseil d'Etat. La durée de validité de l'attestation est fixée par arrêté du ministre chargé de l'asile. / La délivrance de cette attestation ne peut être refusée au motif que l'étranger est démuni des documents et visas mentionnés à l'article L. 311-1. Elle ne peut être refusée que dans les cas prévus aux c ou d du 2° de l'article L. 542-2 ".
8. Enfin, aux termes de l'article L. 542-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " En l'absence de recours contre la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin à la notification de cette décision. / Lorsqu'un recours contre la décision de rejet de l'office a été formé dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français prend fin à la date de la lecture en audience publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ou, s'il est statué par ordonnance, à la date de la notification de celle-ci ". Aux termes de l'article R. 531-19 dudit code : " La date de notification de la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides qui figure dans le système d'information de l'office, et qui est communiquée au préfet compétent et au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration au moyen de traitements informatiques, fait foi jusqu'à preuve du contraire ". Aux termes de l'article R. 532-57 de ce code : " La date de notification de la décision de la Cour nationale du droit d'asile qui figure dans le système d'information de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, et qui est communiquée au préfet compétent et au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration au moyen de traitements informatiques, fait foi jusqu'à preuve du contraire ".
9. Il ressort des pièces du dossier, en particulier du relevé extrait de la base de données Telemofpra produit par le préfet de l'Essonne, qui fait foi jusqu'à preuve du contraire en ce qui concerne la date de notification des décisions rendues par l'OFPRA et la CNDA, que la CNDA a rejeté le recours formé par M. E, à l'encontre de la décision de l'OFPRA du 8 décembre 2021, par une décision du 14 juin 2022 notifiée le 21 juin 2022. Par suite, M. E, qui n'a notamment pas présenté de demande de réexamen de sa demande d'asile et n'entrait pas dans le champ des dispositions de l'article L. 542-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ne bénéficiait plus, à la date de l'arrêté en litige, du droit de se maintenir sur le territoire français. Le moyen tiré de la méconnaissance de ce droit ne peut, dès lors, qu'être écarté.
10. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger () qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an () ". Aux termes de l'article L. 435-1 du même code : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 (). "
11. Il ressort des pièces du dossier que M. E ne justifiait que d'une ancienneté de séjour d'environ trois ans et demi à la date d'intervention de l'arrêté en litige. Il est célibataire, le requérant n'établissant pas de façon probante mener une vie commune avec son compagnon, sans charge de famille et n'établit pas, ni même n'allègue, avoir d'autres attaches familiales en France, ni être dépourvu de telles attaches dans son pays d'origine, où il a vécu jusqu'à l'âge de dix-huit ans, l'intéressé ne justifiant pas avoir quitté son pays d'origine dès l'âge de quinze ans. Dans ces conditions, M. E n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté en litige porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale eu égard aux buts en vue desquels il a été pris et méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Pour les mêmes motifs, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de l'Essonne aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences des décisions attaquées sur la situation personnelle de M. E.
12. Enfin, aux termes des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ".
13. M. E, ainsi qu'il a été dit au point 1, est un ressortissant sierra-léonais. Il soutient qu'il craint d'être exposé, en cas de retour dans son pays d'origine, à des persécutions ou à des atteintes graves à sa santé en raison de son appartenance au groupe social des personnes homosexuelles. D'une part, il n'est pas sérieusement contesté que M. E appartient à ce groupe social, ce que confirment notamment son accompagnement, depuis son arrivée en France, par l'association pour la reconnaissance des droits des personnes homosexuelles et trans à l'immigration et au séjour (ARDHIS), sa participation aux activités organisées par cette association et, à défaut de vie commune, la relation sentimentale qu'il entretient avec un compatriote sierra-léonais titulaire d'une carte de résident en qualité de réfugié. D'autre part, il ressort tant des écritures du requérant que de données publiques librement accessibles que la section 61 de la loi britannique " Offences against the Person Act 1861 ", qui est encore applicable en Sierra Leone dans sa rédaction initiale, réprime les relations sexuelles entre hommes d'une peine d'emprisonnement à vie et prévoit une peine d'emprisonnement à perpétuité pour attentat à la pudeur sur un homme. Par ailleurs, il est constant que l'environnement sociopolitique en Sierra Leone est très hostile aux personnes homosexuelles et que les autorités sierra-léonaises n'ont pas mis en œuvre les mesures nécessaires pour lutter contre cette stigmatisation et les agissements discriminatoires et violents qui peuvent en découler. Dès lors, en raison du regard que portent sur eux la société environnante et les institutions, les homosexuels en Sierra Leone doivent être regardés comme membres d'un groupe social au sens du 2 du A de l'article 1er de la convention de Genève. Enfin, il ressort d'un certificat médical établi le 6 décembre 2021 par le docteur F, médecin généraliste à Maisons-Alfort, que M. E présente sur le corps de nombreuses lésions " cohérentes et compatibles avec les agressions et maltraitances dont il dit avoir été victime en Sierra Leone ". Il ressort également des pièces du dossier que, lors d'une visite au centre psychiatrique d'orientation et d'accueil - centre Georges Daumezon à Paris le 4 novembre 2019, il a été constaté que M. E était affecté d'idées noires et de troubles du sommeil caractérisés par des cauchemars et des reviviscences anxieuses et que l'intéressé a fait l'objet au mois de janvier 2022, peu après le rejet de sa demande d'asile par l'OFPRA, d'une hospitalisation pour mise à l'abri du risque suicidaire, M. E présentant notamment la symptomatologie d'un état de stress post-traumatique. Dans ces conditions, M. E doit être regardé comme établissant de manière suffisamment probante la réalité des risques d'exposition à des traitements contraires aux stipulations précitées de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour en Sierra Léone.
14. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête dirigée contre cette décision, que M. E est seulement fondé à demander l'annulation de la décision du 14 décembre 2022 par laquelle le préfet de l'Essonne a fixé la Sierra Léone comme pays de destination de la mesure d'éloignement.
15. Le présent jugement, qui annule la seule décision fixant la Sierra-Léone comme pays de destination de la mesure d'éloignement, n'implique pas que le préfet de l'Essonne délivre à M. E un titre de séjour ou, à titre subsidiaire, réexamine sa situation. Dès lors, les conclusions à fin d'injonction sous astreinte présentées par le requérant doivent être rejetées.
16. M. E a été provisoirement admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Peschanski, avocate de M. E, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de son client à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Peschanski d'une somme de 1 000 euros. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée par le bureau d'aide juridictionnelle, ladite somme sera versée à M. E.
D E C I D E :
Article 1er : M. E est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La décision du 14 décembre 2022 par laquelle le préfet de l'Essonne a fixé la Sierra Léone comme pays de destination de la mesure d'éloignement prise à l'encontre de M. E est annulée.
Article 3 : Sous réserve de l'admission définitive de M. E à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Peschanski, avocate de M. E, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, ce dernier versera à Me Peschanski la somme de 1 000 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée par le bureau d'aide juridictionnelle, ladite somme de 1 000 euros sera versée à M. E.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. D E, au préfet de l'Essonne et à Me Flora Peschanski.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 février 2023.
Le magistrat désigné,
signé
S. B La greffière,
signé
E. Amegee
La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026