vendredi 27 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2300251 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | FITZJEAN O COBHTHAIGH |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces enregistrées les 11 et 24 janvier 2023, Mme C, représentée par Me Fitzjean o Cobhthaigh, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 1er décembre 2022 par laquelle la rectrice de l'académie de Versailles a rejeté son recours administratif préalable obligatoire du 27 octobre 2022 formé à l'encontre de la décision du 24 juin 2022 refusant de lui accorder l'autorisation d'instruction en famille ;
2°) d'enjoindre à la rectrice de l'académie de Versailles de lui délivrer une autorisation provisoire sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3.500 euros au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
Elle soutient que :
En ce qui concerne la condition d'urgence :
- il y a urgence car même si la rentrée scolaire est faite, l'intérêt supérieur de l'enfant exige qu'il soit rapidement remis dans son contexte habituel d'enseignement ;
En ce qui concerne le moyen propre à créer un doute sérieux :
La décision attaquée est entachée :
- de vice de procédure, tenant d'une part au fait qu'on ne peut lui opposer la tardiveté de son recours dès lors que la Poste a reconnu elle-même sa faute dans l'exécution de son contrat de réexpédition, et d'autre part à l'illégalité de composition de la commission qui s'est prononcée sur sa demande initiale ;
- d'erreur de droit au regard des dispositions de l'article 49 IV de la loi n° 2021-1109
- d'erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L.131-11-1 du code de l'éducation, de méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de l'article 24 de la convention sur les droits fondamentaux de l'union européenne et de l'article 3-1 de la convention internationale sur les droits de l'enfant.
Par un mémoire enregistré le 24 janvier 2023, la rectrice de l'académie de Versailles conclut au rejet de la requête.
Elle soutient qu'il n'y a ni urgence ni doute sur la légalité de la décision.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 11 janvier 2023 sous le n° 2300250 par laquelle Mme C demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Gosselin, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.pour statuer sur les demandes de référé.
Après avoir, au cours de l'audience tenue le 25 janvier 2023 à 14h30 entendu :
-le rapport de Mme Gosselin, magistrat désigné,
-les observations de Me Fitzjean o Cobhthaigh,
- les observations de Mme E, représentant la rectrice de l'académie de Versailles,
-et les observations de Mme C qui précise que son fils a continué sa scolarité à la maison.
Une note en délibéré a été enregistrée pour Mme C le 25 janvier 2023.
Considérant ce qui suit :
1.Mme C, épouse B, a demandé une autorisation d'instruire son fils en famille le 8 juin 2022. Elle a ensuite déménagé et a conclu un contrat de réexpédition de son courrier pour la période allant du 7 juin 2022 au 30 juin 2023. Au cours d'un entretien téléphonique avec les services du rectorat de Versailles le 17 octobre 2022, elle a appris qu'un rejet lui avait été opposé par décision du 24 juin 2022. Elle n'a reçu la lettre de refus que le 21 octobre 2022. Le jour même, elle a déposé un recours préalable obligatoire qui a été rejeté le 1er décembre 2022 pour tardiveté. Par la présente requête, Mme C demande au juge des référés la suspension de cette décision.
Sur la recevabilité de la requête :
2. La rectrice soutient que la requête au fond de Mme C est tardive dès lors qu'elle n'a pas contesté dans les délais la décision initiale du 23 juin 2022.
3. Les dispositions de l'article D. 131-11-10 du code de l'Education précise que : " Toute décision de refus d'autorisation d'instruction dans la famille peut être contestée dans un délai de quinze jours à compter de sa notification écrite par les personnes responsables de l'enfant auprès d'une commission présidée par le recteur d'académie ".
4. Or, il résulte de l'instruction que ce courrier refusant à Mme C l'autorisation d'enseigner en famille n'a été communiquée oralement à l'intéressée que le 17 octobre 2022 puis notifiée le 21 octobre suivant par écrit, alors que les époux B avaient pris le soin de conclure un contrat de réexpédition à La Poste suffisamment tôt, comme il est rappelé au point précédent. Par correspondances du 20 décembre 2022 et 4 janvier 2023, cette administration a reconnu avoir commis une erreur dans l'exécution de ce contrat. Le délai prévu par les dispositions précitées n'a donc pu commencer à courir. Ainsi, Mme C n'a pas été avertie régulièrement de la décision initiale et, ne pouvant exercer le recours administratif préalable dans les temps, elle a été privée d'une garantie. Dès lors la requête au fond et la présente requête sont recevables.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L.521-1 du code de justice administrative :
5.Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
Sur l'urgence :
6. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi de conclusions tendant à la suspension d'un acte administratif, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
7. Pour justifier l'urgence de la mesure sollicitée, Mme C soutient que la scolarité
de son fils serait perturbée dès lors qu'elle ne se fera pas dans les conditions habituelles. Elle précise à la barre que le jeune D suit actuellement ses cours à la maison, comme les années précédentes.
8. Il est constant qu'une scolarisation dans un autre milieu en cours d'année ne pourrait
que créer une situation de stress pour un jeune enfant ; ainsi il y a lieu, eu égard aux conséquences notamment psychologiques possibles, de considérer que la requête de Mme C présente l'urgence prescrite par les dispositions précitées.
Sur le doute sérieux :
9. Compte tenu d'une part de ce qui a été indiqué au point 2 ci-dessus, et d'autre part, de l'indication figurant dans la lettre du 1er décembre 2022 selon laquelle la lettre initiale du 23 juin 2022 avait été notifiée aux requérants, il y a un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée.
10. Il résulte de tout ce qui précède que Mme C, épouse B, est fondée à demander la suspension de la lettre du 1er décembre 2022 rejetant son recours administratif obligatoire préalable pour tardiveté.
Sur les conclusions en injonction :
11. L'article 49 de la loi susvisée dispose que : " Le présent article entre en vigueur à la rentrée scolaire 2022. Par dérogation, l'autorisation prévue à l'article L. 131-5 du code de l'éducation est accordée de plein droit, pour les années scolaires 2022-2023 et 2023-2024, aux enfants régulièrement instruits dans la famille au cours de l'année scolaire 2021-2022 et pour lesquels les résultats du contrôle organisé en application du troisième alinéa de l'article L. 131-10 du même code ont été jugée suffisant ".
12. D'autre part aux termes des dispositions de l'article L.131-1 du code de l'Education : " L'instruction est obligatoire pour chaque enfant dès l'âge de trois ans et jusqu'à l'âge de seize ans ".
13. Le jeune D ayant 7 ans, il doit être scolarisé. Compte tenu de ce qui précède, il est enjoint à la rectrice de délivrer une autorisation provisoire à Mme C d'instruire son fils D à domicile le temps qu'une décision définitive soit adoptée. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'astreinte.
Sur les frais de l'instance :
14. Aux termes de l'article L. 761-1 du CJA : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les 383 dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
15. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1.500 euros au titre des frais du procès.
O R D O N N E :
Article 1er : La décision du 1er décembre 2022 rejetant le recours administratif préalable obligatoire de Mme C est suspendue.
Article 2 : Il est enjoint à la rectrice de l'académie de Versailles de délivrer à Mme C une autorisation provisoire d'enseigner à domicile pour son fils D le temps qu'une décision définitive soit prise.
Article 3 : L'Etat versera une somme de 1.500 (mille cinq cents) euros à Mme C au titre des frais de l'instance.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A C et à la rectrice de l'académie de Versailles.
Fait à Versailles, le 27 janvier 2023
Le juge des référés
signé
Signé
C. Gosselin La greffière
signé
Sig
né
N. Gilbert
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2300251
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026