lundi 14 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2300336 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | LEBON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 janvier 2023, M. B A, représenté par Me Lebon, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 20 juillet 2022 par lequel le préfet de l'Essonne a refusé le renouvellement de son titre de séjour ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Essonne, à titre principal, de renouveler son titre de séjour, ou à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation.
Il soutient que :
- l'arrêté en litige est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'un défaut d'examen complet de sa situation personnelle ;
- il est entaché d'une erreur de droit, l'article L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'étant pas applicable à sa situation ;
- il est entaché d'une erreur d'appréciation quant à la qualification de menace à l'ordre public qu'il représenterait ;
- il méconnaît l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il méconnaît l'article 8 de ladite convention et est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences de l'arrêté sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 octobre 2023, le préfet de l'Essonne conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer ses conclusions à l'audience, en application de l'article R.732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Sauvageot,
- et les observations de M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant tunisien né le 19 juillet 2001 à Tunis, est entré en France avec sa mère le 6 septembre 2007 à l'âge de six ans. Il a sollicité et obtenu un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-21 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile valable du 16 octobre 2020 au 14 octobre 2021. Le 10 novembre 2021, il a sollicité le renouvellement de ce titre de séjour. Par un arrêté du 20 juillet 2022, le préfet de l'Essonne a rejeté sa demande de renouvellement de ce titre de séjour. Par un courrier du 19 septembre 2022, réceptionné le 28 septembre 2022, M. A a formé, par l'intermédiaire de son conseil, un recours gracieux contre l'arrêté précité qui a été implicitement rejeté par le préfet de l'Essonne. M. A demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 20 juillet 2022 lui refusant le renouvellement de son titre de séjour.
2. En premier lieu, la décision attaquée comporte les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle est fondée et mentionne, notamment, la situation familiale et professionnelle du requérant, la condamnation pénale dont il a fait l'objet le 24 février 2021, ainsi que les conditions de son entrée et de son séjour sur le territoire français. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision attaquée doit être écarté.
3. En deuxième lieu, il ne ressort ni des termes de cet arrêté, ni des autres pièces versées au dossier, que le préfet de l'Essonne n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle de l'intéressé. En outre, par un courrier du 22 février 2022, retourné aux services préfectoraux avec la mention de " pli avisé non réclamé ", M. A a été informé de son droit à faire valoir toutes informations utiles lors de la réunion de la commission du titre de séjour qui s'est tenue le 21 mars 2022, et à laquelle le requérant ne s'est pas présenté. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen de sa situation personnelle doit être écarté.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 423-21 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire ou s'il entre dans les prévisions de l'article L. 421-35, l'étranger qui justifie par tout moyen avoir résidé habituellement en France depuis qu'il a atteint au plus l'âge de treize ans avec au moins un de ses parents se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. (). ". Aux termes de l'article L. 412-5 du même code : " La circonstance que la présence d'un étranger en France constitue une menace pour l'ordre public fait obstacle à la délivrance et au renouvellement de la carte de séjour temporaire, de la carte de séjour pluriannuelle et de l'autorisation provisoire de séjour prévue aux articles L. 425-4 ou L. 425-10 ainsi qu'à la délivrance de la carte de résident et de la carte de résident portant la mention "résident de longue durée-UE" ". Lorsque l'administration oppose le motif de la menace pour l'ordre public pour refuser de faire droit à une demande de titre ou de renouvellement de titre de séjour, il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi d'un moyen en ce sens, de rechercher si les faits qu'elle invoque à cet égard sont de nature à justifier légalement sa décision.
5. D'une part, contrairement à ce que soutient M. A, le préfet de l'Essonne pouvait, en application des dispositions de l'article L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile légalement refuser de renouveler la carte de séjour temporaire qui avait délivrée sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-21 du même code. Dès lors, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet de l'Essonne aurait commis une erreur de droit en se fondant sur les dispositions de l'article L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour refuser de procéder au renouvellement de son titre de séjour.
6. D'autre part, pour refuser le renouvellement du titre de séjour, le préfet de l'Essonne a retenu que M. A a été condamné le 24 février 2021 à trois mois d'emprisonnement avec sursis probatoire pendant un an et six mois pour des faits de détention non autorisée de stupéfiants. Le préfet a également relevé que M. A a fait l'objet de quatorze signalements entre le 1er novembre 2017 au 28 août 2021 pour des faits de harcèlement sexuel, escroquerie, participation avec arme à un attroupement, offre ou cession non autorisée de stupéfiants, usage illicite de stupéfiants, détention non-autorisée de stupéfiants, violation par une personne physique d'une interdiction prononcée pour le contrôle judiciaire d'une personne morale. Si ces signalements ne valent pas reconnaissance de culpabilité, ils n'en constituent pas moins des éléments susceptibles d'être pris en considération, en sus de la condamnation précédemment évoquée, pour apprécier la menace à l'ordre public que représente par sa présence en France le requérant. Il y a lieu de relever qu'en l'espèce, M. A, qui se borne à soutenir qu'il se trouvait dans une situation de détresse psychologique à la suite du décès de ses grands-parents en 2019, ne conteste pas la matérialité des faits ayant donné lieu à ces multiples signalements, se bornant à invoquer le principe de présomption d'innocence, au demeurant pas applicable aux mesures de polices administrative. En outre, si M. A se prévaut de son intégration socio-professionnelle en France depuis le dernier signalement retenu, les pièces qu'il produit au dossier, à savoir une attestation du 21 octobre 2021 du directeur de la mission intercommunale Vers l'Emploi de Corbeil-Essonnes qui certifie que le requérant a participé à un programme de séjour solidaire au Bénin, son curriculum vitae, un justificatif d'inscription au permis de conduire en date du 23 mai 2019 et une promesse d'embauche en qualité d'employé polyvalent datée du 1er septembre 2024, ne permettent pas d'établir une intégration socio-professionnelle sur le territoire français. Dans de telles circonstances, eu égard à l'ensemble de ces éléments, le préfet de l'Essonne n'a pas fait une inexacte application des dispositions précitées de l'article L. 412-5 en rejetant la demande de renouvellement de titre de séjour de M. A au motif que sa présence en France constitue une menace pour l'ordre public.
7. En quatrième lieu, si M. A soutient que l'arrêté en litige méconnait les stipulations de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, il n'assortit pas ce moyen de précisions suffisantes pour permettre au tribunal d'en apprécier le bien-fondé. Le moyen doit donc être écarté.
8. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ".
9. Si M. A se prévaut de son entrée sur le territoire en 2007 à l'âge de six ans, de la présence de sa mère, résidant régulièrement sur le territoire français, et de sa sœur mineure, de nationalité française avec qui il résiderait sans le démontrer, il est célibataire et sans charge de famille, ne justifie pas d'une activité professionnelle, n'établit pas être démuni de liens dans son pays d'origine, et possède des liens au Koweït où réside son père. Dans ces circonstances et au regard de la menace à l'ordre public qu'il représente ainsi qu'il a été exposé au point 6, la décision en litige, qui n'a pas pour objet de l'obliger à quitter le territoire français, n'a pas porté au droit du requérant au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Dès lors, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté en litige méconnaît les stipulations précitées. Le moyen doit donc être écarté. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences de l'arrêté sur la situation personnelle de M. A doit également être écarté.
10. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée, y compris les conclusions aux fins d'injonction.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la préfète de l'Essonne.
Délibéré après l'audience du 30 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Sauvageot, présidente rapporteure,
Mme Lutz, première conseillère,
Mme Degorce, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe 14 octobre 2024.
La présidente-rapporteure,
signé
J. Sauvageot
L'assesseure la plus ancienne,
signé
F. LutzLa greffière,
signé
C. Delannoy
La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026