mercredi 18 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2300352 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Urgences |
| Avocat requérant | GENIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 janvier 2023 à 11h58, M. A C, représenté par Me Genies, demande au tribunal, en application des dispositions de l'article L. 779-1 du code de justice administrative :
1°) d'annuler l'arrêté pris par le préfet de l'Essonne le 13 janvier 2023, notifié le 14 janvier à 17h30, mettant en demeure les personnes installées illégalement sur le parking de la SNC IKEA, sis rue du clos aux pois, parcelle cadastrale AX56 sur le territoire de la commune de Lisses (91090), d'évacuer les lieux dans un délai de 24 heures ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 700 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision a été prise par une autorité incompétente, faute pour le signataire de la décision de détenir une délégation ;
- la décision est insuffisamment motivée ;
- le préfet ne pouvait prendre un tel arrêté en l'absence d'un arrêté interdisant le stationnement des caravanes pris par la communauté d'agglomération Grand Paris Sud, seule compétente pour le faire ;
- la décision est entachée d'un vice de procédure et méconnaît l'article 9 (II) de la loi du 5 juillet 2000 d'accueil des gens du voyage dès lors que ni le maire, ni le propriétaire, ni le titulaire du droit d'usage n'ont demandé au préfet de mettre en demeure les occupants ;
- elle méconnaît les dispositions du I de l'article 9 de la loi du 5 juillet 2000 d'accueil des gens du voyage, faute pour la préfecture de faire la preuve du respect, par la collectivité concernée, des obligations découlant de l'article 1er de cette loi, et notamment l'aménagement des aires de grand passage selon les prescriptions du schéma département d'accueil des Gens du voyage ;
- elle méconnaît les dispositions du II de l'article 9 de la même loi, la communauté d'agglomération Grand Paris Sud Seine Essonne Sénart n'étant pas dotée de structures permettant l'accueil des gens du voyage et ne pouvant formuler une telle demande de mise en demeure ;
- elle est entachée d'erreur de fait dès lors qu'il n'est pas démontré que le terrain sur lequel est installé le groupe serait bien une propriété privée, aucun justificatif de propriété n'étant apporté ;
- elle est entachée d'erreur dans la qualification juridique des faits et d'une erreur manifeste d'appréciation, faute pour le préfet de démontrer une atteinte à la sécurité, la salubrité ou la tranquillité publique ;
- l'arrêté méconnait le droit des requérants à mener une vie privée et familiale normale ;
- il méconnaît également l'article 13 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales sur le droit au recours effectif ;
Par deux mémoires en défense, enregistrés le 17 janvier 2023 à 9h29 et le 18 janvier 2023 à 13h29, le préfet de l'Essonne conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par une lettre, enregistrée le 17 janvier 2023 à 12h09, intitulée " Lettre sur le non-lieu à statuer ", le conseil de M. C a informé le tribunal qu'il ne serait pas présent à l'audience, le site ayant été évacué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- la loi n°2000-614 du 5 juillet 2000 relative à l'accueil et à l'habitat des gens du voyage ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Mathou, première conseillère, en application des dispositions de l'article R. 779-8 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience publique du 17 janvier 2023 à 13h30.
Mme B a lu son rapport au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Paulin, greffière d'audience.
Les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique, à 13h35.
La clôture de l'instruction a été rouverte, par ordonnance du 18 janvier 2023, et fixée au 18 janvier 2023 à 15h.
Considérant ce qui suit :
1. Un groupe de personnes appartenant à la communauté des gens du voyage, disposant d'une soixantaine de caravanes et d'un même nombre de véhicules, s'est installé sur le parking de la société Ikéa, situé sur le territoire de la commune de Lisses. Une plainte a été déposée, le 5 décembre 2022, par la SNC Ikéa, propriétaire du site, auprès de la brigade de gendarmerie nationale de Fleury-Mérogis. Par un arrêté du vendredi 13 janvier 2023, notifié le lendemain à 17h30, pris en application de la loi n° 2000-614 du 5 juillet 2000 relative à l'accueil et à l'habitat des gens du voyage, le préfet de l'Essonne a mis en demeure les gens du voyage installés illégalement sur ce terrain, de quitter les lieux dans un délai de 24 heures à compter de la notification de cet arrêté, et les a informés qu'à défaut d'exécution de cette mesure dans le délai imparti, il serait procédé à leur évacuation forcée. M. C a formé une requête, dès le dimanche 15 janvier 2023, sans parvenir à joindre le tribunal lors du dépôt de la requête et sans laisser de message téléphonique. Le lundi 16 janvier 2023, le conseil de M. C a informé le tribunal oralement du fait que l'évacuation du site par les forces de l'ordre avait commencé le matin-même à 8h. Il a confirmé, par lettre transmise au tribunal le mardi avant l'audience, que le site était entièrement évacué. La clôture de l'instruction a été reportée au regard de la teneur de ce courrier afin d'obtenir les éclaircissements éventuels de la préfecture qui a ainsi produit le 18 janvier 2023 à 13h29 un mémoire duquel il ressort clairement que l'opération d'exécution d'office d'expulsion a été stoppée par la préfecture et les forces de l'ordre dès le lundi matin et que les occupants visés par l'arrêté ont ensuite quitté d'eux-mêmes les lieux avant l'audience, tandis qu'une nouvelle installation a été constatée le 17 janvier à 19H.
Sur l'exception de non-lieu à statuer :
2. Aux termes de l'article 9 de la loi du 5 juillet 2000 visée ci-dessus, relative à l'accueil et à l'habitat des gens du voyage : " I. - Le maire d'une commune membre d'un établissement public de coopération intercommunale compétent en matière de création, d'aménagement, d'entretien et de gestion des aires d'accueil des gens du voyage et des terrains familiaux locatifs définis aux 1° à 3° du II de l'article 1er peut, par arrêté, interdire en dehors de ces aires et terrains le stationnement sur le territoire de la commune des résidences mobiles mentionnées au même article 1er () / II. - En cas de stationnement effectué en violation de l'arrêté prévu au I ou au I bis, le maire, le propriétaire ou le titulaire du droit d'usage du terrain occupé peut demander au préfet de mettre en demeure les occupants de quitter les lieux. / La mise en demeure ne peut intervenir que si le stationnement est de nature à porter atteinte à la salubrité, la sécurité ou la tranquillité publiques. / La mise en demeure est assortie d'un délai d'exécution qui ne peut être inférieur à vingt-quatre heures. () ". Aux termes de l'article L. 5211-9-2 du code général des collectivités territoriales : " I. - A. : - () Par dérogation à l'article 9 de la loi n° 2000-614 du 5 juillet 2000 relative à l'accueil et à l'habitat des gens du voyage, lorsqu'un établissement public de coopération intercommunale à fiscalité propre est compétent en matière de réalisation d'aires d'accueil ou de terrains de passage des gens du voyage, les maires des communes membres de celui-ci transfèrent au président de cet établissement leurs attributions dans ce domaine de compétences. / ()".
3. Il ressort des pièces du dossier et notamment du rapport de la gendarmerie nationale produit en défense, que postérieurement à l'enregistrement de la requête, le groupe de personnes visé par l'arrêté du 13 janvier 2023 a quitté le terrain appartenant à la société Ikéa. En effet, alors que l'exécution forcée de l'arrêté préfectoral a été suspendue dès 10h30 le lundi 16 janvier, les occupants ont quitté définitivement les lieux le mardi 17 janvier à 11h. Contrairement à ce que soutient le conseil du requérant, qui conclut au non-lieu dans sa dernière production, l'évacuation du site résulte du départ volontaire des occupants et non de l'exécution forcée. Son courrier produit à 12h09 le 17 janvier énonce que les lieux ont été entièrement évacués, lorsque les documents produits par le préfet relèvent qu'une heure plus tôt il ne restait plus que deux caravanes. Par suite, les conclusions de la requête dirigées contre l'arrêté du préfet de l'Essonne en date du 13 janvier 2023 mettant en demeure les occupants de quitter ce site sont devenues sans objet et il n'y a plus lieu d'y statuer, sans préjudice des suites qui pourraient être données par le préfet à la nouvelle occupation des lieux constatée à 19 h le 17 janvier 2023.
4. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par M. C sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DECIDE :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la requête de M. C.
Article 2 : Les conclusions de la requête présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C et au préfet de l'Essonne.
Fait à Versailles, le 18 janvier 2023.
La magistrate désignée,
signé
C. B
La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026