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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2300362

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2300362

vendredi 17 février 2023

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2300362
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation4ème chambre - 4/11
Avocat requérantPEKETI ESSODJILOBOUWÈ

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 14 janvier 2023, M. B C, représenté par Me Peketi, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 12 janvier 2023 par laquelle le préfet de l'Essonne lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai ;

2°) d'enjoindre au préfet de l'Essonne de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir.

Il soutient que la décision attaquée méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 10 février 2023, le préfet de l'Essonne conclut au rejet de la requête en soutenant que le moyen soulevé par le requérant n'est pas fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné M. A pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique du 13 février 2023.

Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. B C, ressortissant tunisien né le 4 novembre 1978, est entré en France le 4 août 2018 selon ses déclarations. Par un arrêté du 12 janvier 2023 dont M. C demande l'annulation, le préfet de l'Essonne lui a fait obligation de quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination et lui a fait interdiction de revenir sur le territoire français pendant une durée d'un an en l'informant de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen pour la durée de l'interdiction de retour.

2. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

3. Il ressort des pièces du dossier que M. C, s'il fait valoir résider en France depuis le 4 août 2018, ne produit aucune pièce de nature à établir de manière probante l'ancienneté et la continuité de son séjour. Il est marié à une compatriote tunisienne qui réside en situation irrégulière sur le territoire français. S'il soutient être le père de trois enfants à charge et scolarisés en France, il se borne à produire les certificats de scolarité au titre de l'année scolaire 2022/2023, sans établir l'ancienneté du séjour et de la scolarisation des enfants, ni sa contribution à leur entretien et à leur éducation. Il n'établit pas, ni même n'allègue, avoir d'autres attaches familiales en France, ni être dépourvu de telles attaches dans son pays d'origine, où il a vécu, compte tenu de son séjour allégué en Italie entre 2016 et 2018, jusqu'à l'âge d'au moins vingt-sept ans. Il ne justifie pas de manière probante de l'exercice d'une activité professionnelle ni de ses ressources depuis son entrée sur le territoire français. Par ailleurs, il a été interpellé le 11 janvier 2023 par les services de police pour des faits de conduite d'un véhicule sans permis de conduire et usage d'un faux permis de conduire italien. Dans ces conditions, M. C n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté en litige porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale eu égard aux buts en vue desquels il at été pris et méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par M. C tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet de l'Essonne du 12 janvier 2023 doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions accessoires à fin d'injonction.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au préfet de l'Essonne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 février 2023.

Le magistrat désigné,

signé

S. ALa greffière,

signé

E. Amegee

La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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