vendredi 5 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2300661 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Président Mégret |
| Avocat requérant | CABINET KIRMEN ET LEFEBVRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 24 janvier 2023, M. C B, représenté par Me Yann Lefebvre, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision " 48 SI " du 2 septembre 2022 par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer lui a notifié son dernier retrait de points, lui a rappelé les précédentes décisions de retraits de points et a constaté l'invalidité de son permis de conduire en raison d'un solde de points nul ;
2°) d'annuler les décisions portant retrait de points suite aux infractions commises les 27 novembre 2016 (1 point), 5 février 2017 (1 point), 21 avril 2017 (1 point), 13 octobre 2017 (1 point), 4 novembre 2017 à 5h57 (1 point), 4 novembre 2017 à 20h02 (2 points), 20 octobre 2018 (1 point), 3 mai 2020 (1 point), 16 août 2020 (1 point), 26 août 2020 (1 point), 30 octobre 2020 (1 point), 28 décembre 2020 (1 point), 5 juin 2021 (1 point), 25 septembre 2021 (1 point), 5 novembre 2021 (1 point) et 26 décembre 2021 (1 point) ;
3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de restituer les points illégalement retirés et de retirer la décision d'invalidation de son permis de conduire ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à lui verser en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les décisions de retrait de points ne lui ont pas été notifiées ;
- la réalité des infractions n'est pas établie, faute de paiement des amendes ;
- il n'a pas reçu les informations prévues par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 février 2023, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens t ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 21 juillet 2023, la clôture d'instruction a été fixée le 15 septembre 2023 à 12h00.
Par un courrier du 6 mars 2024, les parties ont été informées que le tribunal est susceptible de soulever d'office, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, un moyen d'ordre public tiré de l'irrecevabilité des conclusions dirigées à l'encontre des décisions de retraits de points des 5 février 2017, 21 avril 2017, 20 octobre 2018, 28 décembre 2020 et 5 juin 2021, les points retirés ayant été restitués.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la route ;
- le code de procédure pénale ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné Mme A pour statuer sur les litiges mentionnés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative selon la procédure prévue par cet article.
La magistrate désignée a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme A a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C B a commis une série d'infractions au code de la route ayant entraîné le retrait de plusieurs points les 27 novembre 2016 (1 point), 5 février 2017 (1 point), 21 avril 2017 (1 point), 13 octobre 2017 (1 point), 4 novembre 2017 (1 point) à 5h57, 4 novembre 2017 à 20h02 (2 points), 20 octobre 2018 (1 point), 3 mai 2020 (1 point), 16 août 2020 (1 point), 26 août 2020 (1 point), 30 octobre 2020 (1 point), 28 décembre 2020 (1 point), 5 juin 2021 (1 point), 5 novembre 2021 (1 point), 25 septembre 2021 (1 point) et 26 décembre 2021 (1 point). Constatant le solde de points nul du requérant, le ministre de l'intérieur et des outre-mer, par une décision " 48 SI " du 2 septembre 2022, lui a notifié le dernier retrait de points sur son permis de conduire, lui a rappelé les précédentes décisions de retraits de points et a constaté l'invalidité de son permis de conduire. M. B a formé un recours gracieux le 4 octobre 2022 dont il a été accusé réception le 5 octobre 2022. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de ces décisions.
Sur la recevabilité :
2. Il résulte du relevé d'information intégral relatif au permis de conduire de M. B édité le 22 février 2023 produit par le ministre de l'intérieur et des outre-mer, que les points correspondant aux infractions commises les 5 février 2017, 21 avril 2017, 20 octobre 2018, 28 décembre 2020 et 5 juin 2021 ont été restitués, respectivement les 17 août 2017, 3 décembre 2017, 15 mai 2019, 28 décembre 2021 et 25 avril 2022 soit antérieurement à l'introduction de la requête. Par suite, les conclusions tendant à l'annulation de ces décisions de retrait de points sont irrecevables et ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de l'article L. 223-1 du code de la route : " Le permis de conduire est affecté d'un nombre de points. Celui-ci est réduit de plein droit si le titulaire du permis a commis une infraction pour laquelle cette réduction est prévue () La réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive () " et aux termes de l'article L. 223-3 du même code : " Lorsque l'intéressé est avisé qu'une des infractions entraînant retrait de points a été relevée à son encontre, il est informé des dispositions de l'article L. 223-2, de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès conformément aux articles L. 225-1 à L. 225-9. Lorsqu'il est fait application de la procédure de l'amende forfaitaire ou de la procédure de composition pénale, l'auteur de l'infraction est informé que le paiement de l'amende ou l'exécution de la composition pénale entraîne le retrait du nombre de points correspondant à l'infraction reprochée, dont la qualification est dûment portée à sa connaissance ; il est également informé de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès. Quand il est effectif, le retrait de points est porté à la connaissance de l'intéressé par lettre simple ou, sur sa demande, par voie électronique () ".
Sur le défaut de notification des décisions de retraits de points :
4. Les conditions de la notification au conducteur des retraits de points de son permis de conduire, prévues par les dispositions de l'article L. 223-3 du code de la route, ne conditionnent pas la régularité de la procédure suivie et partant, la légalité de ces retraits. Cette procédure a pour seul objet de rendre ceux-ci opposables à l'intéressé et de faire courir le délai dont il dispose pour en contester la légalité devant la juridiction administrative. La circonstance que le ministre ne soit pas en mesure d'apporter la preuve que la notification des retraits successifs, effectuée par lettre simple, a bien été reçue par son destinataire, ne saurait ainsi lui interdire de constater que le permis a perdu sa validité, dès lors que, dans la décision procédant au retrait des derniers points, il récapitule les retraits antérieurs et les rend ainsi opposables au conducteur qui demeure recevable à exciper de l'illégalité de chacun de ces retraits.
5. En outre, la décision " 48 SI " du 2 septembre 2022 du ministre de l'intérieur et des
outre-mer qui procède à la récapitulation des différents retraits de points opérés sur le permis de conduire du requérant rend opposable les différents retraits de points qui y figurent. Ainsi, le moyen tiré de ce que le requérant n'aurait pas été informé des décisions de retrait de points doit être écarté.
Sur l'obligation d'information :
6. Il résulte des dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route que l'administration ne peut légalement prendre une décision retirant des points affectés à un permis de conduire à la suite d'une infraction dont la réalité a été établie, que si l'auteur de l'infraction s'est vu, préalablement, délivrer un document contenant les informations prévues aux articles précités du code de la route, lesquels constituent une garantie essentielle lui permettant de contester la réalité de l'infraction et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis. Il appartient à l'administration d'apporter la preuve, par tout moyen, qu'elle a satisfait à cette obligation d'information.
S'agissant des infractions des 27 novembre 2016, 13 octobre 2017, 4 novembre 2017 à 5h57 et 4 novembre 2017 à 20h02 :
7. Lorsqu'il est établi que le titulaire du permis de conduire a payé l'amende forfaitaire prévue à l'article 529 du code de procédure pénale au titre d'une infraction constatée par radar automatique, il découle de cette seule constatation qu'il a nécessairement reçu l'avis de contravention. Eu égard aux mentions dont cet avis doit être revêtu, la même constatation conduit également à regarder comme établi que l'administration s'est acquittée envers lui de son obligation de lui délivrer, préalablement au paiement de l'amende, les informations requises, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, ne démontre avoir été destinataire d'un avis inexact ou incomplet.
8. Il résulte des mentions du relevé d'information intégral relatif au permis de conduire de M. B que l'intéressé s'est acquitté du paiement de l'amende forfaitaire correspondant aux infractions commises les 27 novembre 2016, 13 octobre 2017, 4 novembre 2017 à 5h57 et 4 novembre 2017 à 20h02 lesquelles ont été constatées au moyen d'un radar automatique. Ainsi, M. B a nécessairement reçu des courriers du ministre de l'intérieur et des outre-mer l'invitant à s'acquitter de ces paiements et comportant les informations requises. Dans ces conditions, et alors que l'intéressé n'établit pas, à défaut de produire les documents qui lui ont été remis, que ceux-ci ne comportaient pas l'ensemble des informations exigées, l'administration doit être regardée comme ayant apporté la preuve qu'elle a satisfait à l'obligation d'information. Par suite, le moyen tiré du défaut d'information préalable concernant ces infractions doit être écarté.
S'agissant des infractions des 3 mai 2020, 16 août 2020, 26 août 2020, 30 octobre 2020, 25 septembre 2021, 5 novembre 2021 et 26 décembre 2021 :
9. Le paiement par le contrevenant de l'amende forfaitaire majorée prévue par le second alinéa de l'article 529-2 du code de procédure pénale implique nécessairement qu'il a préalablement reçu l'avis d'amende forfaitaire majorée. En vertu des dispositions de l'article A. 37-28 du code de procédure pénale, le formulaire d'avis d'amende forfaitaire majorée utilisé par l'administration est revêtu des mentions qui permettent au contrevenant de comprendre qu'en l'absence de contestation de l'amende il sera procédé au retrait de points et qui portent à sa connaissance l'ensemble des informations requises par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Ainsi, le paiement de l'amende forfaitaire majorée suffit à établir que l'administration s'est acquittée envers le titulaire du permis de son obligation d'information, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, démontre que cet avis était inexact ou incomplet.
10. Il résulte des attestations de paiement produites par le ministre de l'intérieur et des outre-mer émanant du trésorier principal de la trésorerie du contrôle automatisé que M. B s'est acquitté du paiement de chacune des amendes forfaitaires commises les infractions constatées les 3 mai 2020, 16 août 2020, 26 août 2020, 30 octobre 2020, 25 septembre 2021, 5 novembre 2021 et 26 décembre 2021, sans opposer d'objection quant au bien-fondé de la majoration d'amende, notamment sans former la réclamation prévue à l'article 530 du code de procédure pénale. Dans ces conditions, et en l'absence de production par le requérant des avis au vu desquels il a acquitté ces amendes et qui démontrerait leur caractère inexact ou incomplet, il doit être regardé comme établi que l'administration a délivré à l'intéressé l'information due, en application des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Le moyen tiré du défaut d'information concernant ces infractions doit, par suite, être écarté.
En ce qui concerne la réalité des infractions :
11. Il résulte des dispositions des articles L. 223-1 et L. 225-1 du code de la route, combinées avec celles des articles 529 et suivants du code de procédure pénale et du premier alinéa de l'article 530 du même code, que le mode d'enregistrement et de contrôle des informations relatives aux infractions au code de la route conduit à estimer que la réalité de l'infraction est établie dans les conditions prévues à l'article L. 223-1 de ce code dès lors qu'est inscrite, dans le système national des permis de conduire, la mention du paiement de l'amende forfaitaire ou de l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, sauf si l'intéressé justifie avoir présenté une requête en exonération dans les quarante-cinq jours de la constatation de l'infraction ou de l'envoi de l'avis de contravention ou avoir formé, dans le délai prévu à l'article 530 du code de procédure pénale, une réclamation ayant entraîné l'annulation du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée.
12. Il résulte des mentions figurant sur le relevé d'information intégral de M. B, qui font foi jusqu'à preuve contraire que l'ensemble des infractions contestées ont donné lieu soit au paiement de l'amende forfaitaire soit à l'émission d'un titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée dont le requérant s'est acquitté du paiement. Par suite, la réalité de ces infractions doit être regardée comme établie dans les conditions prévues à l'article L. 223-1 du code de la route. Il s'ensuit que le moyen tiré du défaut de réalité des infractions doit être écarté.
13. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées, y compris par voie de conséquence celles aux fins d'injonction et tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 avril 2024.
La magistrate désignée,
signé
S. ALe greffier,
signé
Y.Bouakkaz
La République mande et ordonne à la ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026