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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2300698

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2300698

vendredi 2 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2300698
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation2ème chambre
Avocat requérantPANARELLI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance en date du 24 janvier 2023, le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a transmis au tribunal administratif de Versailles la requête présentée par M. D C le 20 janvier 2023.

Par cette requête et un mémoire, enregistrés au tribunal administratif de Versailles le 25 janvier 2023 et le 17 octobre 2023, M. D C, représenté par Me Panarelli, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 13 décembre 2022 par lequel le préfet des Yvelines lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé le pays de destination de sa reconduite ;

2°) d'enjoindre au préfet des Yvelines de lui délivrer le titre de séjour sollicité ou, à défaut de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de réexaminer sa situation, dans le délai de 15 jours à compter de la date de notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros à verser à son conseil au titre des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

Il soutient que :

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

- elle est entachée d'incompétence ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- la décision a été prise au terme d'une procédure viciée dès lors que ni le médecin rapporteur ni le collège des médecins n'ont cherché à obtenir un complément d'information de la part de son médecin traitant ; les éléments de procédure ne sont pas précisés dans l'avis du collège des médecins et les pièces médicales qu'il a transmis ne sont pas listées ; l'avis ne précise pas s'il pourrait bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine ni la durée prévisible du traitement ;

- elle a été prise en méconnaissance des droits de la défense dès lors qu'il n'a pas été invité à présenter des observations préalablement à la décision et qu'il n'a pas été destinataire du rapport médical du médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) ;

- le préfet aurait dû mettre en application les dispositions de l'article L. 114-5 du code des relations entre le public et l'administration pour lui demander de compléter son dossier médical ;

- le préfet s'est cru lié par l'avis du collège des médecins ;

- le préfet aurait dû s'appuyer sur les articles 5 et 6.4 de la directive 2008/115 pour l'admettre au séjour ;

- la décision de refus méconnaît les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales compte tenu de son état de santé et de l'impossibilité d'obtenir des soins dans son pays d'origine ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation dans l'application de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; il souffre d'une hépatite B, pathologie grave pour laquelle il est suivi en France ; son traitement n'est pas disponible dans son pays d'origine ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire :

- elle est entachée d'incompétence ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- le préfet aurait dû mettre en application les dispositions de l'article L. 114-5 du code des relations entre le public et l'administration pour lui demander de compléter son dossier médical ;

- la décision est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour ;

- elle méconnaît les articles 5 et 6.4 de la directive 2008/115 ainsi que les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît l'alinéa 9 de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

En ce qui concerne la décision accordant un délai de départ volontaire de 30 jours :

- elle est entachée d'incompétence ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- la décision est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour ;

- elle méconnaît les articles 5 et 6.4 de la directive 2008/115 ainsi que les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en l'absence d'évaluation des circonstances particulières de sa situation ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de son état de santé ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- elle est entachée d'incompétence ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- la décision est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour ;

- elle est entachée d'une erreur de droit, de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il ne peut être soigné dans son pays d'origine.

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 mars 2023, le préfet des Yvelines conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 17 octobre 2023, la clôture d'instruction a été fixée en dernier lieu au 31 octobre 2023.

M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 29 août 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la directive CE n°2008/115 du parlement européen et du conseil du 16 décembre 2008 relative aux normes et procédures communes applicables dans les États membres au retour des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Maitre, premier conseiller, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. D C, ressortissant mauritanien, a sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement, alors en vigueur, de l'article L. 313-11 11° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 8 février 2021, le préfet des Yvelines a rejeté sa demande. Par un jugement du 22 avril 2021, le tribunal administratif de céans a annulé cette décision et enjoint au préfet de réexaminer la situation de l'intéressé. Par un arrêté du 13 décembre 2022 pris pour l'exécution de ce jugement, le préfet des Yvelines a refusé de délivrer le titre demandé par M. C, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé le pays de destination de sa reconduite. M. C demande l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne les moyens communs aux différentes décisions :

2. En premier lieu, par un arrêté du 23 septembre 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs du même jour de la préfecture des Yvelines n° 78-2022-195, Mme A B, attachée d'administration d'Etat, cheffe du bureau de l'éloignement, a reçu délégation du préfet de ce département pour signer l'arrêté attaqué. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions contestées doit être écarté.

3. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué vise notamment la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les dispositions pertinentes du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment son article L. 425-9, fondement de la demande de titre de séjour présenté par M. C. Il indique que dans son avis du 2 mai 2022, le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a estimé que son état de santé nécessitait une prise en charge médicale dont le défaut ne devrait toutefois pas entrainer des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qu'il pouvait, au vu de son état de santé, voyager sans risque vers son pays d'origine. L'arrêté, qui mentionne qu'aucun élément du dossier ni aucune circonstance particulière ne justifie de s'écarter de cet avis, précise également la situation personnelle et familiale de l'intéressé, indique qu'aucune circonstance particulière ne justifie d'accorder un délai de départ supérieur à trente jours et retient enfin que l'intéressé n'établit pas être exposé à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine. L'arrêté attaqué contient ainsi les circonstances de droit et de fait sur lesquelles le préfet s'est fondé pour prendre les différentes décisions en litige. Par suite, les moyens tirés de l'insuffisante motivation de ces décisions doivent être écartés.

4. En troisième lieu, compte tenu de la transposition dans l'ordre juridique interne de la directive CE 2008/115 susvisée, M. C ne peut utilement invoquer la méconnaissance des articles 5 et 6.4 de celle-ci à l'encontre des différentes décisions contestées.

En ce qui concerne le refus de titre de séjour :

5. Aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention ''vie privée et familiale'' d'une durée d'un an. () La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. ". Aux termes de l'article R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, applicable à l'instruction des demandes présentées sur ce fondement, la décision est précédée d'un avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) qui " est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. ". L'article R. 425-12 du même code dispose que : " Le rapport médical mentionné à l'article R. 425-11 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à partir d'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement le demandeur ou par un médecin praticien hospitalier inscrits au tableau de l'ordre, dans les conditions prévues par l'arrêté mentionné au deuxième alinéa du même article. Le médecin de l'office peut solliciter, le cas échéant, le médecin qui suit habituellement le demandeur ou le médecin praticien hospitalier. Il en informe le demandeur. Il peut également convoquer le demandeur pour l'examiner et faire procéder aux examens estimés nécessaires. Le demandeur présente au service médical de l'office les documents justifiant de son identité. () Il transmet son rapport médical au collège de médecins. / () / Le collège peut demander au médecin qui suit habituellement le demandeur, au médecin praticien hospitalier ou au médecin qui a rédigé le rapport de lui communiquer, dans un délai de quinze jours, tout complément d'information. Le demandeur en est simultanément informé. Le collège de médecins peut entendre et, le cas échéant, examiner le demandeur et faire procéder aux examens estimés nécessaires. ". Et selon l'article 4 de l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux : " Pour l'établissement de son rapport médical, le médecin de l'office peut demander, dans le respect du secret médical, tout complément d'information auprès du médecin ayant renseigné le certificat médical et faire procéder à des examens complémentaires. Le médecin de l'office, s'il décide, pour l'établissement du rapport médical, de solliciter un complément d'information auprès du médecin qui a renseigné le certificat médical, en informe le demandeur. Il peut convoquer, le cas échéant, le demandeur auprès du service médical de la délégation territoriale compétente. ".

6. En premier lieu, il ressort de l'avis du collège des médecins en date du 2 mai 2022, produit par le préfet, que le médecin rapporteur a convoqué l'intéressé pour examen et a sollicité des examens complémentaires en vue de la rédaction de son rapport. Si les dispositions citées au point précédent permettent au collège des médecins de solliciter également un complément d'information auprès du médecin traitant, il ne s'agit que d'une possibilité dont l'absence de mise en œuvre n'est pas, par elle-même, de nature à vicier la procédure suivie. Par ailleurs, dès lors que le collège a estimé que le défaut de prise en charge de l'intéressé ne devrait pas entrainer des conséquences d'une exceptionnelle gravité, il pouvait légalement s'abstenir d'émettre son avis sur l'existence d'un traitement approprié dans le pays d'origine ainsi que sur la durée des soins. Par suite, M. C n'est pas fondé à soutenir que l'avis du collège des médecins est intervenu dans des conditions irrégulières.

7. En deuxième lieu, aucune disposition législative ou réglementaire ne prévoit la transmission au demandeur de l'avis rendu par le collège des médecins ou du rapport médical. Par ailleurs, il appartenait au requérant, lors du dépôt de sa demande de titre de séjour, d'apporter à l'administration toutes les précisions qu'il jugeait utiles, notamment sur son état de santé. Ainsi, la circonstance que le requérant n'a pas été invité à formuler des observations avant l'édiction de l'arrêté attaqué n'est pas de nature à permettre de le regarder comme ayant été privé de son droit d'être entendu. Enfin, dès lors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que la demande présentée par M. C n'était pas complète et que le motif de la décision ne repose pas sur une telle incomplétude, le requérant ne peut utilement soutenir que le préfet aurait dû faire usage des dispositions prévues à l'article L. 114-5 du code des relations entre le public et l'administration avant de prendre la décision de refus de séjour et l'obligation de quitter le territoire français attaquées. Par suite, ces moyens doivent être écartés.

8. En troisième lieu, il ne ressort ni des pièces du dossier ni de la motivation de l'arrêté attaqué que le préfet des Yvelines se serait cru en situation de compétence liée au regard de l'avis émis par le collège des médecins de l'OFII.

9. En quatrième lieu, sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve à l'une des parties, il appartient au juge administratif, au vu des pièces du dossier, et compte tenu, le cas échéant, de l'abstention d'une des parties à produire les éléments qu'elle est seule en mesure d'apporter et qui ne sauraient être réclamés qu'à elle-même, d'apprécier si l'état de santé d'un étranger nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve de l'absence d'un accès effectif au traitement approprié dans le pays de renvoi, sauf circonstance humanitaire exceptionnelle. La partie qui justifie d'un avis du collège des médecins de l'OFII qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un accès effectif à un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires.

10. En l'espèce, la seule production par M. C d'un certificat médical du 15 février 2022 indiquant dans des termes peu circonstanciés que l'interruption de sa prise en charge médicale pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, tout en relevant d'ailleurs " qu'il n'y a pas de traitement anti-viral à proposer à ce patient mais une surveillance tous les 6 mois pour ne pas passer à côté d'une réactivation ", ne suffit pas à renverser l'appréciation portée par le collège de médecins quant à l'absence de conséquences d'une exceptionnelle gravité en cas de défaut de prise en charge médicale de l'intéressé. Par suite, M. C n'est pas fondé à soutenir qu'il remplit les conditions prévues à l'article L. 425-9 et que le préfet des Yvelines a méconnu ces dispositions. Pour les mêmes motifs, il n'est pas fondé à soutenir que la décision portant refus de titre de séjour méconnaît les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales compte tenu de son état de santé et de l'impossibilité d'obtenir des soins dans son pays d'origine.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

11. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que le moyen tiré de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire devrait être annulée en raison de l'illégalité de la décision refusant au requérant un titre de séjour doit être écarté.

12. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux retenus au point 10 du présent jugement, M. C n'est pas fondé à soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaît l'alinéa 9 de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

13. En troisième lieu, M. C ne produit aucun élément circonstancié attestant de l'établissement d'une vie privée ou familiale en France et ne conteste pas les mentions de l'arrêté selon lesquelles il est célibataire et sans charge de famille en France mais que ses cinq enfants mineurs résident dans son pays d'origine dans lequel il a vécu jusqu'à l'âge de 34 ans. Par suite, c'est sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation ni méconnaître les stipulations de l'article 8 la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales que le préfet des Yvelines a pu décider d'obliger l'intéressé à quitter le territoire français.

En ce qui concerne la décision accordant un délai de départ volontaire de trente jours :

14. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que le moyen tiré de ce que la décision fixant un délai de départ devrait être annulée en raison de l'illégalité de la décision refusant au requérant un titre de séjour doit être écarté.

15. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. "

16. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. C présenterait des circonstances particulières justifiant que lui soit accordé un délai de départ supérieur à trente jours. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance de ces dispositions et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.

En ce qui concerne le pays de destination :

17. Il résulte de ce qui a été dit précédemment que le moyen tiré de ce que la décision fixant le pays de destination devrait être annulée en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire doit être écarté.

18. Ainsi qu'il a été exposé précédemment, dès lors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que M. C encourrait des risques particuliers en cas d'interruption de son suivi médical, et qu'il ne produit au demeurant aucun élément quant à l'absence alléguée de traitement en Mauritanie, il n'est pas fondé à soutenir que la décision fixant son pays d'origine comme pays de destination de la reconduite serait entachée d'une erreur de droit, de fait ou d'une erreur manifeste d'appréciation.

19. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté attaqué doivent être rejetées, ainsi que par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles relatives aux frais de l'instance.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. D C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D C et au préfet des Yvelines.

Délibéré après l'audience du 19 janvier 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Gosselin, président,

M. Maitre, premier conseiller,

Mme Geismar, première conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 février 2024.

Le rapporteur,

Signé

B. Maitre

Le président,

Signé

C. Gosselin

La greffière,

Signé

I. de Dutto

La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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