lundi 15 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2300864 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | CHAYÉ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 1er février 2023, Mme A B, représentée par Me Chayé demande au juge des référés :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Essonne de lui fixer un rendez-vous afin d'enregistrer sa demande d'asile et de lui délivrer un récépissé de demande d'asile en procédure normale, dans un délai de cinq jours sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Elle soutient que :
- le délai de six mois prévu par les dispositions de l'article paragraphe 1 de l'article 29 du règlement n° 604/2013 pour l'exécution d'un arrêté de transfert a expiré le 19 novembre 2022, que la France est devenue responsable de l'examen de sa demande de protection internationale et que la décision de transfert est devenue caduque ;
- l'urgence tient à l'impossibilité, dans laquelle elle est placée, de faire enregistrer sa demande de protection internationale, en l'absence d'attestation de demande d'asile elle risque de se voir suspendre les conditions matérielles d'accueil, ce qui la place dans une situation de grande précarité, dès lors qu'elle risque de se retrouver à la rue avec son nourrisson, le père de l'enfant ne pouvant les prendre en charge ;
- cette situation porte atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale selon les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la mesure est utile en ce qu'elle constitue le seul moyen de permettre l'examen de sa demande de titre de séjour ;
- la mesure demandée ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.
La requête a été communiquée au préfet de l'Essonne qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Blanc, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B, ressortissante ivoirienne, née le 9 mai 1989, a sollicité le 8 février 2022 son admission au séjour en qualité de demandeur d'asile. Par un arrêté du 29 avril 2022, le préfet de l'Essonne a décidé du transfert de sa demande aux autorités espagnoles, responsables de sa demande d'asile. Ces autorités ont été informées du recours de Mme B contre cet arrêté et de la suspension du délai de transfert jusqu'au jour où le tribunal administratif de Versailles a statué. Par une ordonnance du 26 septembre 2022, le président de la cour administrative d'appel de Versailles a prononcé un non-lieu à statuer admettant la caducité du délai de transfert à compter du 19 novembre 2022. Estimant que son délai de transfert a expiré, Mme B demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de l'Essonne de lui fixer un rendez-vous afin de déposer sa demande d'asile et de lui délivrer un récépissé de demande d'asile en procédure normale, dans un délai de cinq jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.
Sur les conclusions tendant à l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ". Dans les circonstances particulières de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de
la requérante au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
5. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
6. Aux termes, d'autre part, de l'article 29 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, établissant les critères et mécanismes de détermination de l'Etat membre responsable de l'examen d'une demande de protection internationale introduite dans l'un des Etats membres par un ressortissant de pays tiers : " 1. Le transfert du demandeur ou d'une autre personne visée à l'article 18, paragraphe 1, point c) ou d), de l'État membre requérant vers l'État membre responsable s'effectue conformément au droit national de l'État membre requérant, après concertation entre les États membres concernés, dès qu'il est matériellement possible et, au plus tard, dans un délai de six mois à compter de l'acceptation par un autre État membre de la requête aux fins de prise en charge ou de reprise en charge de la personne concernée ou de la décision définitive sur le recours ou la révision lorsque l'effet suspensif est accordé conformément à l'article 27, paragraphe 3. () ; / 2. Si le transfert n'est pas exécuté dans le délai de six mois, l'État membre responsable est libéré de son obligation de prendre en charge ou de reprendre en charge la personne concernée et la responsabilité est alors transférée à l'État membre requérant. Ce délai peut être porté () à dix-huit-mois au maximum si la personne concernée prend la fuite. () ". Aux termes du paragraphe 2 de l'article 9 du règlement (CE) n° 1560/2003 du 2 septembre 2003, modifié par le règlement d'exécution (UE) n° 118/2014 de la Commission du 30 janvier 2014 : " Il incombe à l'État membre qui, pour un des motifs visés à l'article 29, paragraphe 2, du règlement (UE) n° 604/2013, ne peut procéder au transfert dans le délai normal de six mois à compter de la date de l'acceptation de la requête aux fins de prise en charge ou de reprise en charge de la personne concernée, ou de la décision finale sur le recours ou le réexamen en cas d'effet suspensif, d'informer l'État responsable avant l'expiration de ce délai. À défaut, la responsabilité du traitement de la demande de protection internationale et les autres obligations découlant du règlement (UE) n° 604/2013 incombent à cet État membre conformément aux dispositions de l'article 29, paragraphe 2, dudit règlement ".
7. En l'espèce, il résulte de l'instruction, et notamment de l'ordonnance du 24 novembre 2022 rendue par la cour administrative d'appel de Versailles que si le délai de six mois prévu par les dispositions précitées a été interrompu par l'introduction par la requérante d'un recours contre l'arrêté du 29 avril 2022, un nouveau délai de six mois a commencé à courir à compter de la notification au préfet du jugement du tribunal administratif de Versailles du 19 mai 2022, réalisée le même jour. Il résulte également de l'instruction que ce délai n'a pas été prolongé en raison de l'emprisonnement ou du placement en fuite de l'intéressée, en application de l'article 29 paragraphe 2 du règlement n° 604/2013. Par cette même ordonnance, la cour administrative d'appel de Versailles a reconnu que la décision portant transfert aux autorités espagnoles étant devenue caduque, la France est devenue l'Etat responsable du traitement de la demande d'asile de Mme B depuis le 19 novembre 2022.
9. Depuis le 1er novembre 2015, les personnes souhaitant demander l'asile en France sont préalablement reçues au sein de l'une des structures de premier accueil des demandeurs d'asile (SPADA) qui sont pilotées et financées par l'Office français de l'immigration et de l'intégration dans le cadre d'un marché public passé avec des opérateurs extérieurs. Ces Spada procèdent au pré-enregistrement de la demande d'asile des intéressés, leur fournissent une information sur la procédure d'asile en France et leur délivrent un rendez-vous dans un guichet unique pour demandeur d'asile (GUDA), guichet unique regroupant les services de la préfecture et de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. En Ile-de-France, depuis le 2 mai 2018, les demandeurs d'asile doivent nécessairement, pour obtenir un rendez-vous en Spada, contacter une plateforme téléphonique dédiée, mise en œuvre par l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
10. En l'espèce, Mme B est actuellement hébergée dans une structure de premier accueil des demandeurs d'asile située 9, boulevard des Coquibus, à Evry. Si l'intéressée soutient qu'elle risque de se voir retirer des conditions matérielles d'accueil dont elle bénéficie, à défaut d'avoir pu se rendre à un rendez-vous en préfecture prévu le 3 novembre 2022 en raison de son hospitalisation, il est toutefois constant qu'elle n'a pas fait l'objet d'une décision la déclarant en fuite et dispose toujours d'un hébergement. Par ailleurs, Mme B, qui se borne à produire un courriel de son conseil adressé à la préfecture de l'Essonne le 20 décembre 2022, n'établit pas avoir tenté de joindre la plateforme téléphonique dédiée mise en œuvre par l'Office français de l'immigration et de l'intégration . Par suite, Mme B n'établit pas avoir été confrontée à l'impossibilité d'obtenir une rendez-vous afin de présenter une demande d'asile en procédure normale.
11. Dans ces conditions, Mme B ne peut être regardée comme justifiant d'une situation d'urgence rendant nécessaire l'édiction de la mesure sollicitée sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que Mme B demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme B est admise, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B est rejetée.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B, à Me Chayé et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet de l'Essonne.
Fait à Versailles, le 15 mai 2023.
Le juge des référés,
Signé
P. BLANC
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026