vendredi 29 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2301281 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Magistrat Crandal |
| Avocat requérant | ROCHEFORT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés au tribunal les 8, 27 février et 22 mai 2023, et le 11 mars 2024 M. B A, représenté par Me Rochefort, doit être considéré comme demandant dans le dernier état de ses écritures, l'annulation :
1°) de la décision de la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales de l'Essonne du 10 mai 2021 rejetant sa contestation d'un trop-perçu de prime d'activité de 551,77 euros au titre de la période de novembre 2018 à janvier 2021,
2°) de la décision de ladite caisse du 1er juillet 2021 mettant à sa charge un trop-perçu de 5949,72 euros de revenu de solidarité active pour la période de mai 2019 à décembre 2020,
3°) de la décision du 23 avril 2021 du conseil départemental de l'Essonne rejetant son recours du 9 mars 2021,
4°) de la décision du conseil départemental de l'Essonne du 22 mars 2023. Il demande au tribunal d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales des Yvelines ( sic ) de restituer les sommes indûment prélevées et de réétudier ses droits au RSA dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir et de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales des Yvelines ( sic ) et du département des Yvelines ( sic ) la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'indu de RSA dont il n'a eu connaissance qu'en juin 2022 est prescrit pour l'année 2019 et le premier semestre 2020 dès lors qu'aucune manoeuvre frauduleuse ne peut lui être imputée ;
- le formalisme de l'article R.133-9-2 du code de la sécurité sociale n'a pas été respecté ce qui l'a privé d'une garantie ;
- la décision de la commission de recours amiable n'est pas signée et ne comporte pas la mention des voies et délais de recours ;
- ni la décision de la caisse d'allocations familiales du 1er juillet 2021, ni la décision implicite du département n'expliquent les bases de liquidation de la répétition de l'indu de RSA ;
- la caisse d'allocations familiales et le département ne rapportent pas la preuve de l'existence de la créance alléguée ;
- les décisions litigieuses sont entachées d'erreur de droit, d'erreur de fait et d'erreur manifeste d'appréciation en ne mettant pas en œuvre les dispositions de l'article L.256-4 du code de la sécurité sociale ;
- il a reçu des secours pour faire vivre sa famille mais il est de bonne foi et dans une situation de grande précarité ce qui fonde sa demande de remise gracieuse et de remboursement des sommes déjà prélevées ;
- le département et la caisse d'allocations familiales doivent apprécier sa situation au regard des dispositions de l'article L.262-8 du code de la sécurité sociale ;
- en tant que stagiaire de la formation professionnelle, il a droit au RSA.
Par deux mémoires en défense enregistrés le 21 mars et le 25 mai 2023, la caisse d'allocations familiales de l'Essonne conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que le recours de M. A en tant qu'il concerne l'indu de prime d'activité est forclos.
Par un mémoire en défense enregistré le 8 novembre 2023, le département de l'Essonne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- les conclusions de la requête dirigées contre l'indu de revenu de solidarité active sont irrecevables faute de caractère préalable du recours administratif obligatoire ;
- les conclusions en annulation de l'avis de la commission de recours amiable sont irrecevables dès lors qu'il ne s'agit pas d'actes faisant grief.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'aide sociale et des familles ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné M. Crandal, premier conseiller honoraire, pour statuer sur les litiges mentionnés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative selon la procédure prévue par cet article.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Crandal ;
- les observations de Me Rochefort représentant M. A qui a confirmé ses écritures.
La clôture de l'instruction
Considérant ce qui suit :
1. M. B A bénéficiait du revenu de solidarité active depuis 2018 et de la prime d'activité depuis juillet 2020. Le rapport établi par le service d'enquête de la caisse d'allocations familiales de l'Essonne, le 29 décembre 2020, a conclu à l'absence de déclaration d'une part de la totalité de ses revenus en 2019 et en 2020 et d'autre part, du départ du foyer familial de l'un de ses fils en 2018. Par un courrier du 1er mars 2021, la caisse d'allocations familiales de l'Essonne met à la charge de M. A, d'une part, un indu de revenu de solidarité active de 5949,72 euros pour la période de mai 2019 à décembre 2020, et d'autre part, un indu de de prime d'activité 551,77 euros pour la période de novembre 2018 à janvier 2021. Le 9 mars 2021, M. A a formé les deux recours indiqués sur cette décision de la caisse d'allocations familiales. Le 19 avril 2021, la caisse d'allocations familiales a confirmé la réception de ce recours et a informé M. A de la saisine de la commission de recours amiable concernant sa dette de prime d'activité. Par une décision du 23 avril 2021, le président du conseil départemental de l'Essonne a rejeté le recours administratif préalable obligatoire de M. A et a laissé à sa charge l'indu de revenu de solidarité active de 5 949,72 euros. Le 10 mai 2021 la commission de recours amiable a rendu un avis défavorable à l'examen du recours de M. A contestant l'indu de prime d'activité de 551,77 euros. Cet avis a été adressé à M. A par courrier du directeur de la caisse d'allocations familiales du 3 juin 2021 notifié à M. A le 5 juin 2021.Par un courrier du 1er juillet 2021, la caisse d'allocations familiales a rappelé à M. A l'indu de 5 949,72 euros au titre de du revenu de solidarité active. Par trois courriers des 30 septembre, 30 octobre et 1er décembre 2021, la caisse d'allocations familiales a demandé à M. A de rembourser l'indu de prime d'activité de 551,77 euros. Le 11 août 2022, M. A a déposé une demande d'aide juridictionnelle. Le 24 février 2023, soit postérieurement à l'enregistrement de la présente requête, il a adressé une lettre intitulée " recours préalable de l'article L.262-47 du code de l'action sociale et des familles " au président du conseil départemental de l'Essonne. Par lettre du 22 mars 2023, le président du conseil départemental a rejeté cette demande.
2. Par sa requête, M. A doit être considéré comme demandant l'annulation :
1°) de la décision de la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales de l'Essonne du 10 mai 2021 rejetant sa contestation d'un trop-perçu de prime d'activité de 551,77 euros au titre de la période de à janvier 2021,
2°) de la décision de ladite caisse du 1er juillet 2021 mettant à sa charge un trop-perçu de 5949,72 euros de revenu de solidarité active pour la période de mai 2019 à décembre 2020,
3°) de la décision du conseil départemental de l'Essonne rejetant son recours du 23 avril 2021,
4°) de la décision du 22 mars 2023 du conseil départemental.
Sur les fins de non-recevoir pour tardiveté opposées par le conseil départemental et par la caisse d'allocations familiales :
3. D'une part, aux termes de l'article L. 134-1 du code de l'action sociale et des familles : " Le contentieux relevant du présent chapitre comprend les litiges relatifs aux décisions du président du conseil départemental et du représentant de l'Etat dans le département en matière de prestations légales d'aide sociale prévues par le présent code ". Aux termes de l'article L. 134-2 du même code : " Les recours contentieux formés contre les décisions mentionnées à l'article L. 134-1 sont précédés d'un recours administratif préalable () ". Aux termes de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental () ".
4. D'autre part, aux termes de l'article L. 845-2 du code de la sécurité sociale : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative à la prime d'activité prise par l'un des organismes mentionnés à l'article L. 843-1 fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours auprès de la commission de recours amiable, composée et constituée au sein du conseil d'administration de cet organisme et qui connaît des réclamations relevant de l'article L. 142-1. / Les recours contentieux relatifs aux décisions mentionnées au premier alinéa du présent article sont portés devant la juridiction administrative. () ".
5. Aux termes du premier alinéa de l'article R. 421-1 du code de justice administrative, dans sa rédaction alors en vigueur : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée ". Aux termes de l'article R.421-2 du même code : " Sauf disposition législative ou réglementaire contraire, dans les cas où le silence gardé par l'autorité administrative sur une demande vaut décision de rejet, l'intéressé dispose, pour former un recours, d'un délai de deux mois à compter de la date à laquelle est née une décision implicite de rejet. () ". Aux termes du premier alinéa de l'article L.112-6 du code des relations entre le public et l'administration : " Les délais de recours ne sont pas opposables à l'auteur d'une demande lorsque l'accusé de réception ne lui a pas été transmis ou ne comporte pas les indications exigées par la réglementation. () ".Aux termes de l'article R.421-5 du même code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ". Il résulte de ces dispositions que, lorsque la notification ne comporte pas les mentions requises, ce délai n'est pas opposable.
6. Toutefois, le principe de sécurité juridique, qui implique que ne puissent être remises en cause sans condition de délai des situations consolidées par l'effet du temps, fait obstacle à ce que puisse être contestée indéfiniment une décision administrative individuelle qui a été notifiée à son destinataire, ou dont il est établi, à défaut d'une telle notification, que celui-ci a eu connaissance. En une telle hypothèse, si le non-respect de l'obligation d'informer l'intéressé sur les voies et les délais de recours, ou l'absence de preuve qu'une telle information a bien été fournie, ne permet pas que lui soient opposés les délais de recours fixés par le code de justice administrative, le destinataire de la décision ne peut exercer de recours juridictionnel au-delà d'un délai raisonnable. En règle générale et sauf circonstances particulières dont se prévaudrait le requérant, ce délai ne saurait, sous réserve de l'exercice de recours administratifs pour lesquels les textes prévoient des délais particuliers, excéder un an à compter de la date à laquelle une décision expresse lui a été notifiée ou de la date à laquelle il est établi qu'il en a eu connaissance. Dans le cas où le recours juridictionnel doit obligatoirement être précédé d'un recours administratif, celui-ci doit être exercé, comme doit l'être le recours juridictionnel, dans un délai raisonnable.
7. En l'espèce, il résulte de l'instruction que M. A a formé un recours le 9 mars 2021 contre la décision du 1er mars 2021 de la caisse d'allocations familiales de l'Essonne mettant à sa charge l'indu de revenu de solidarité active et l'indu de prime d'activité en litige qui mentionnait les deux voies de recours citées aux points 3 et 4 ci-dessus, ainsi qu'il l'expose dans ses écritures. La caisse d'allocations familiales a accusé réception de ce recours le 19 avril 2021. Le président du conseil départemental a rejeté expressément ce recours concernant l'indu de revenu de solidarité active par une décision du 23 avril 2021 qu'il produit à l'appui de son mémoire en défense et que M. A ne conteste pas avoir reçue. Si M. A mentionne dans ses écritures une décision du conseil départemental du 2 avril 2021, il ne produit pas cette décision dont l'existence sera écartée. Le directeur de la caisse d'allocations familiales a adressé sa décision de rejet de ce recours portant sur la prime d'activité et l'avis de la commission de recours amiable du 10 mai 2021 par un courrier notifié à M. A le 5 juin 2021. Chacune de ces deux décisions comportait la mention des voies et délais de recours conformément aux dispositions citées au point 5. La lettre du 1er juillet 2021 du directeur de la caisse d'allocations familiales dont M. A demande l'annulation n'était, dans ces conditions, qu'une simple lettre de rappel de l'indu de revenu de solidarité active mis à sa charge par la décision du président du conseil départemental et est, dès lors, insusceptible de recours. Or, M. A n'a déposé de demande d'aide juridictionnelle que le 11 août 2022 soit largement plus d'un an après l'écoulement du délai mentionné au point 6. En tout état de cause, dès lors qu'il a exercé son droit à recours administratif préalable obligatoire le 9 mars 2021, le courrier du 24 février 2023, postérieur à l'enregistrement de sa requête, adressé par M. A au président du conseil départemental ne peut être qualifié de recours administratif préalable obligatoire au sens des dispositions citées au point 3 et la lettre du 22 mars 2023 du conseil départemental ne peut, en conséquence, valoir décision mais ne constitue qu'une simple confirmation des décisions antérieures dont M. A avait eu connaissance, peu important à cet égard la mention aussi regrettable qu'inappropriée des voies et délais de recours devant la juridiction administrative. Par suite, ainsi que le font valoir, à bon droit, le conseil départemental de l'Essonne et la caisse d'allocations familiales de l'Essonne, les conclusions de M. A, à fin d'annulation de la décision du président du conseil départemental portant sur l'indu de revenu de solidarité active de 5949,72 euros pour la période de mai 2019 à décembre 2020, et à fin d'annulation de la décision du directeur de la caisse d'allocations familiales portant sur l'indu de prime d'activité de 551,77 euros pour la période de novembre 2018 à janvier 2021 sont tardives et, pour ce motif, irrecevables. Elles ne peuvent, dès lors, qu'être rejetées.
8. Le rejet des conclusions de M. A à fin d'annulation de la décision de la caisse d'allocations familiales mettant à sa charge un indu de prime d'activité et des conclusions à fin d'annulation de la décision du président du conseil départemental mettant à sa charge un indu de revenu de solidarité active entraîne, par voie de conséquence, le rejet de ses conclusions à fin de décharge de ces indus, de remboursement des sommes perçues et de procéder à un nouvel examen de ses droits à la prime d'activité et au RSA. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée, en ce compris les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au conseil départemental de l'Essonne et à la caisse d'allocations familiales de l'Essonne.
Rendu public par mise à disposition au greffe 29 le mars 2024.
Le magistrat désigné,
signé
J-M Crandal
La greffière,
signé
B. Dalla Guarda
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités et à la préfète de l'Essonne en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026