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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2301462

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2301462

lundi 6 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2301462
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1ère chambre
Avocat requérantCABINET PIERRE PINTAT AVOCAT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 20 février 2023, la société Continental Foncier, représentée par Me Pintat, demande au tribunal :

1°) d'annuler la délibération du conseil municipal de la commune de Milly-la-Forêt du 28 septembre 2022 en son point 8, autorisant le maire à engager des discussions auprès de partenaires potentiels pour la cession future du terrain cadastré section AH n°466 d'une surface de 7 068 m², et la décision implicite du 8 janvier 2023 par laquelle la commune a rejeté le recours gracieux formé contre cette délibération ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Milly-la-Forêt une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la délibération contestée est entachée d'un vice de procédure en l'absence de transmission aux élus d'une note explicative de synthèse ;

- elle est entachée d'erreur de fait dès lors que la promesse de vente n'était pas caduque ; elle ne pouvait en conséquence autoriser le maire à engager des discussions auprès d'autres acquéreurs potentiels.

Par un mémoire en défense enregistré le 5 janvier 2024, la commune de Milly-la-Forêt conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de la société Continental Foncier une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que les moyens invoqués à l'appui de la requête ne sont pas fondés.

Par un courrier du 11 décembre 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement à intervenir était susceptible d'être fondé sur le moyen relevé d'office tiré de l'incompétence de la juridiction administrative pour statuer sur la demande d'annulation de la délibération par laquelle le conseil municipal a constaté la fin de la relation contractuelle avec la société Continental foncier, qui ne met en cause que des rapports de droit privé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Lutz,

- les conclusions de Mme Winkopp-Toch, rapporteure publique,

- les observations de Me Drevet, représentant la société Continental foncier.

Considérant ce qui suit :

1. La société Continental Foncier a conclu avec la commune de Milly-la-Forêt, le 24 juin 2015, une promesse de vente en vue de la cession du terrain cadastré section AH n°466 d'une surface de 7 068 m². Par la délibération du 28 septembre 2022, dont cette société demande l'annulation, le conseil municipal de la commune de Milly-la-Forêt a autorisé le maire à engager des discussions auprès de partenaires potentiels aux fins de pouvoir proposer à un prochain conseil municipal un projet immobilier sur cette parcelle.

2. La contestation par une personne privée de l'acte, délibération ou décision du maire, par lequel une commune ou son représentant, gestionnaire du domaine privé, initie avec cette personne, conduit ou termine une relation contractuelle, quelle qu'en soit la forme, dont l'objet est la valorisation ou la protection de ce domaine et qui n'affecte ni son périmètre ni sa consistance, ne met en cause que des rapports de droit privé et relève, à ce titre, de la compétence du juge judiciaire. En revanche, l'acte d'une personne publique, qu'il s'agisse d'une délibération ou d'une décision, qui modifie le périmètre ou la consistance de son domaine privé ne se rapporte pas à la gestion de ce domaine, de sorte que la contestation de cet acte ressortit à la compétence du juge administratif.

3. En l'espèce, le conseil municipal de la commune de Milly-la-Forêt, en autorisant le maire à engager des discussions auprès de partenaires potentiels aux fins de pouvoir proposer à un prochain conseil municipal un projet immobilier sur la parcelle cadastrée section AH n°466, a acté la fin de la relation contractuelle engagée avec la société Continental foncier. La délibération contestée a pour objet la valorisation de cette parcelle dont il n'est pas contesté qu'elle appartient au domaine privé de la commune. Cette délibération n'affectant ni la consistance ni le périmètre du domaine privé de la commune, les conclusions tendant à son annulation relèvent donc de la compétence du juge judiciaire.

4. Il résulte de ce qui précède que la requête de la société Continental Foncier doit être rejetée, y compris les conclusions présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

5. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de rejeter également les conclusions présentées par la commune de Milly au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la société Continental Foncier est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Milly-la-Forêt au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Continental Foncier et à la commune de Milly-la-Forêt.

Délibéré après l'audience du 16 décembre 2024, à laquelle siégeaient :

- Mme Sauvageot, présidente,

- Mme Lutz, première conseillère,

- Mme Degorce, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 janvier 2025.

La rapporteure,

signé

F. Lutz La présidente,

signé

J. Sauvageot

La greffière,

signé

C. Delannoy

La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 230146

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