vendredi 18 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2301647 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SELARLU LAURENT SERY AVOCAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 27 février 2023 et le 10 mai 2024, Mme A B, représentée par Me Servillat, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 30 août 2022 par laquelle le maire de Marcoussis a procédé à sa réaffectation ainsi que la décision du 23 novembre 2022 rejetant son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre à la commune de Marcoussis de lui verser son traitement ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Marcoussis une somme de 2 400 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire en défense enregistré le 21 mars 2024, la commune de Marcoussis, représentée par Me Sery, conclut au rejet de la requête, faisant valoir que la requête est irrecevable en raison de sa tardiveté.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Geismar, première conseillère, en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative pour statuer selon la procédure prévue par cet article.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les magistrats ayant une ancienneté minimale de deux ans et ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance : () / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; () ".
2. Mme B, d'abord recrutée au sein de la commune de Marcoussis par contrats à compter de 2004, a été lauréate du concours d'adjoint d'animation territorial en 2017 et a alors été titularisée. Par un courrier du 30 août 2022, le maire de Marcoussis l'a informée qu'elle ne pouvait plus exercer les fonctions de direction d'un accueil collectif de mineurs, et qu'elle serait réaffectée sur un poste d'animateur. Mme B demande l'annulation de cette décision, ainsi que de la décision du 23 novembre 2022 rejetant son recours gracieux.
3. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée () ". En outre, selon l'article R. 421-5 du même code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ".
4. Il est constant qu'à la suite de la décision litigieuse du 30 août 2022, Mme B a effectué un recours gracieux le 28 octobre 2022, rejeté par une décision du maire du 23 novembre 2022 comportant la mention des délais et voies de recours. Il ressort des pièces produites par la commune que cette décision du 23 novembre 2022 a été adressée par le biais d'une lettre recommandée avec accusé de réception n°1A 190 765 8901 2, présentée au domicile de Mme B le 23 décembre 2022 et retournée à l'expéditeur avec la mention " pli avisé et non réclamé ". Dans ces conditions, la notification du rejet du recours gracieux de l'intéressée est réputée avoir été régulièrement accomplie le 23 décembre 2022, et la requête, enregistrée le 27 février 2023 est tardive et doit être rejetée. A cet égard, la circonstance d'une part que la décision rejetant son recours gracieux lui a été remise en mains propres le 18 janvier 2023 n'a pas été de nature à ouvrir un nouveau délai de recours contentieux, et la circonstance d'autre part qu'elle souffrait alors de troubles anxieux n'est pas de nature de prolonger le délai de recours visé au point précédent. Dès lors, la requête, enregistrée le 27 février 2023, est tardive, et ne peut qu'être rejetée.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête, y compris les conclusions présentées à fin d'injonction ainsi que celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, doit être rejetée.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et à la commune de Marcoussis.
Fait à Versailles, le 18 octobre 2024.
La magistrate désignée,
signé
M. Geismar
La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2301647
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