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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2301672

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2301672

mardi 14 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2301672
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation4ème chambre - 4/11
Avocat requérantKUCHLY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 28 février 2023, M. B C demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 26 février 2023 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine l'a obligé à quitter le territoire français sans lui accorder de délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination en cas d'exécution d'office et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée d'un an, en l'informant qu'il fait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;

2°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de réexaminer sa situation sans délai à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.

Il soutient que :

En ce qui concerne l'arrêté :

- il a été pris par une autorité incompétente ;

- il est insuffisamment motivé ;

- il est entaché d'erreur de fait ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire :

- elle a été prise en méconnaissance du droit à être préalablement entendu oralement ou par écrit garanti par les stipulations de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation, dès lors qu'il n'est pas établi qu'il constitue une menace à l'ordre public ;

En ce qui concerne la décision de refus de délai de départ volontaire :

- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 6 mars 2023, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens invoqués ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné M. E pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 7 mars 2023 :

- le rapport de M. E,

- les observations de Me Kuchly, avocat commis d'office, pour M. C, assisté par Mme A, interprète en langue anglaise, qui conclut aux mêmes fins que sa requête par les mêmes moyens et fait valoir en outre que le requérant a accompli des démarches pour régulariser sa situation, ainsi qu'il ressort de l'attestation de dépôt de son dossier en date du 19 août 2014 ; il a été condamné à une peine de trois ans d'emprisonnement pour proxénétisme aggravé dont un an avec sursis et qu'il a bénéficié d'une remise de peine d'un an ; il n'a jamais été condamné, ni même poursuivi pour les autres infractions ayant fait l'objet d'un signalement ; il ne constitue donc plus une menace actuelle à l'ordre public ;

- le préfet des Hauts-de-Seine n'étant ni présent, ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. B C, ressortissant jamaïcain né le 19 juillet 1996 à Kingston, déclare être entré sur le territoire français en 2014 au moyen d'un visa. Il a été interpellé par les services de police municipale de Clichy, le 25 février 2023, dans le cadre d'un contrôle d'identité. Il demande l'annulation de l'arrêté du 26 février 2023 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine l'a obligé à quitter le territoire français sans lui accorder de délai de départ volontaire, a fixé le pays à destination duquel il sera renvoyé en cas d'exécution d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an en l'informant qu'il faisait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen. M. C demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.

2. Par ailleurs, par un arrêté du même jour, le préfet des Hauts-de-Seine a ordonné le placement en centre de rétention de M. C, qui a été maintenu en rétention par ordonnance du juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Versailles le 1er mars 2023. Par une ordonnance du 2 mars 2023, la première présidente de chambre à la cour d'appel de Versailles a annulé cette ordonnance et a rejeté la demande de prolongation de la rétention administrative de M. C.

Sur les moyens communs à toutes les décisions :

3. En premier lieu, par un arrêté n° 2022-100 du 5 décembre 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial du 7 décembre 2022, le préfet des Hauts-de-Seine a donné délégation à M. F D, sous-préfet d'Antony et de Boulogne-Billancourt pour signer les décisions attaquées. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire ne peut qu'être écarté.

4. En deuxième lieu, l'arrêté vise les textes dont il est fait application, expose les circonstances de fait propres à la situation personnelle de M. C, dont les éléments sur lesquels le préfet s'est fondé pour l'obliger à quitter le territoire français, pour refuser de lui accorder un délai de départ volontaire et pour fixer le pays de renvoi, ainsi que pour arrêter, dans son principe et dans sa durée, une décision d'interdiction de retour sur le territoire français. Dès lors, cet arrêté comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de chacune des décisions attaquées et permet ainsi au requérant d'en contester utilement le bien-fondé. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation ne peut qu'être écarté.

5. En troisième lieu, M. C fait valoir que l'arrêté est entaché d'erreur de fait, dès lors qu'il indique qu'il est connu " très défavorablement des services de police pour des faits commis entre 2018 et 2022 " alors que les faits reprochés n'auraient donné lieu qu'à des signalements, sans qu'aucune suite ne leur soit donnée. Toutefois, cette mention n'implique pas qu'il ait été condamné pénalement pour de tels faits. Au surplus, l'intéressé a explicitement déclaré lors de son audition du 25 février 2023 qu'il a " fait l'objet de condamnations en France ", ce qu'il a confirmé à l'audience en précisant qu'il avait été condamné à trois ans d'emprisonnement, dont un an de sursis avec mise à l'épreuve, pour proxénétisme aggravé. Il a ajouté qu'il a bénéficié d'une remise de peine d'un an. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de fait doit être écarté.

Sur les moyens dirigés contre la décision portant obligation de quitter le territoire français :

6. En premier lieu, aux termes de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " 1. Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions, organes et organismes de l'Union. / 2. Ce droit comporte notamment : a) le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre (). ".

7. Si les dispositions de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ne sont pas en elles-mêmes invocables par un étranger faisant l'objet d'une mesure d'éloignement telle qu'une obligation de quitter le territoire français, celui-ci peut néanmoins utilement faire valoir que le principe général du droit de l'Union européenne, relatif au respect des droits de la défense, imposait qu'il soit préalablement entendu et mis à même de présenter toute observation utile sur la mesure d'éloignement envisagée. Toutefois, une atteinte à ce droit n'est susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle la décision défavorable est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision, ce qu'il lui revient, le cas échéant, d'établir devant la juridiction saisie.

8. En l'espèce, il ressort du procès-verbal dressé le 25 février 2023 par l'officier de police judiciaire ayant procédé à l'audition de M. C, que la situation de l'intéressé au regard du droit au séjour en France ainsi que la perspective de son éloignement ont été clairement évoqués, perspective que l'intéressé a d'ailleurs rejetée. En outre, il ne ressort d'aucune autre pièce du dossier et n'est pas même soutenu que M. C aurait sollicité en vain un entretien avec les services préfectoraux, ni qu'il aurait été empêché de présenter ses observations avant que ne soit pris l'arrêté contesté. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision contestée méconnaîtrait les stipulations de l'article 41 de la charte susvisée et le principe général des droits de la défense, qui est au nombre des principes fondamentaux du droit de l'Union européenne, ne peut qu'être écarté.

9. En deuxième lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et de l'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 2° L'étranger, entré sur le territoire français sous couvert d'un visa désormais expiré ou, n'étant pas soumis à l'obligation du visa, entré en France plus de trois mois auparavant, s'est maintenu sur le territoire français sans être titulaire d'un titre de séjour ou, le cas échéant, sans demander le renouvellement du titre de séjour temporaire ou pluriannuel qui lui a été délivré ; () 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public ; (). ".

10. Il ressort des termes de l'arrêté attaqué que le préfet des Hauts-de-Seine, pour faire obligation au requérant de quitter le territoire français, s'est fondé sur le seul fait que le requérant, entré sur le territoire français sous couvert d'un visa désormais expiré s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que le comportement du requérant ne constituerait pas une menace à l'ordre public ne peut être utilement soulevé à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

11. En troisième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ".

12. M. C fait valoir qu'il réside en France depuis 2014, qu'il est hébergé par sa belle-mère, de nationalité française, qu'il a accompli des démarches en vue de régulariser sa situation administrative et qu'il réalise des actions de bénévolat. Toutefois, il n'établit pas la réalité des actions bénévoles dont il se prévaut et il ressort des pièces du dossier que le requérant et célibataire et sans enfant. Dans ces conditions, et à supposer même la durée de présence du requérant établie, le préfet des Hauts-de-Seine n'a pas porté au droit du requérant au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée en l'obligeant à quitter le territoire français. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.

Sur les moyens dirigés contre la décision de refus de délai de départ volontaire :

13. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de ce que la décision de refus d'octroi d'un délai de départ volontaire doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français ne peut qu'être écarté.

14. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. () ". Aux termes de l'article L. 612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 de ce code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () 2° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa ou, s'il n'est pas soumis à l'obligation du visa, à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de son entrée en France, sans avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; ; () 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; (). ".

15. Il ressort des pièces du dossier que M. C s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa sans avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour et qu'il a explicitement déclaré lors de son audition du 25 février 2023 qu'il ne se conformerait pas à une décision d'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre. Dès lors, en l'absence de circonstances particulières de nature à y faire obstacle, il y a lieu de regarder comme établi le risque que M. C se soustraie à l'obligation de quitter le territoire français. Si l'intéressé soutient qu'il ne constitue pas une menace à l'ordre public, il ressort des pièces du dossier que le préfet des Hauts-de-Seine, pour refuser de lui accorder un délai de départ volontaire, ne s'est pas fondé sur le 1° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et de l'asile, mais sur le 3°. Dans ces conditions, en refusant de lui accorder un délai de départ volontaire, le préfet n'a pas fait une inexacte application de ces dispositions. Par suite, le moyen tiré d'une erreur manifeste d'appréciation ne peut qu'être écarté.

Sur le moyen dirigé contre la décision fixant le pays de destination :

16. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de ce que la décision fixant le pays de destination doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français ne peut qu'être écarté.

17. En deuxième lieu, il résulte ce qui a été dit au 12 du présent jugement que le préfet des Hauts-de-Seine n'a, en tout état de cause, pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en fixant le pays à destination duquel M. C sera reconduit.

Sur les moyens dirigés contre la décision d'interdiction de retour sur le territoire français :

18. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de ce que la décision d'interdiction de retour sur le territoire français doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision de refus d'octroi d'un délai de départ volontaire ne peut qu'être écarté.

19. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Et aux termes de l'article L. 612 10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ".

20. Il résulte de ces dispositions que, lorsque le préfet prend, à l'encontre d'un étranger, une décision portant obligation de quitter le territoire français ne comportant aucun délai de départ, ou lorsque l'étranger n'a pas respecté le délai qui lui était imparti pour satisfaire à cette obligation, il appartient au préfet d'assortir sa décision d'une interdiction de retour sur le territoire français, sauf dans le cas où des circonstances humanitaires y feraient obstacle. Seule la durée de cette interdiction de retour doit être appréciée au regard des quatre critères énumérés par l'article L. 612-10, à savoir la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France, l'existence ou non d'une précédente mesure d'éloignement et, le cas échéant, la menace pour l'ordre public que constitue sa présence sur le territoire.

21. D'une part, il ressort des termes de l'arrêté contesté que M. C a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français qui n'était assortie d'aucun délai de départ volontaire. Les circonstances dont le requérant fait état ne présentent aucun caractère humanitaire et ne font ainsi pas obstacle au prononcé d'une décision d'interdiction de retour sur le territoire français. Par suite, c'est à bon droit que le préfet des Hauts-de-Seine a décidé d'assortir l'obligation de quitter le territoire français prise à l'encontre de M. C d'une telle interdiction.

22. D'autre part, le requérant ne peut se prévaloir d'attaches privée ou familiale d'une intensité particulière en France ainsi qu'il a été dit au point 8 du présent jugement. En outre, l'intéressé a été condamné à trois ans d'emprisonnement, dont un an de sursis avec mise à l'épreuve, pour proxénétisme aggravé ainsi qu'il a été dit au point 5 du présent jugement et il ressort des pièces du dossier qu'il a fait l'objet de très nombreux signalements. Dans ces conditions, en dépit de l'absence de toute précédente mesure d'éloignement et de la durée de présence significative de l'intéressé sur le territoire français, à la supposer établie, le préfet des Hauts-de-Seine, en fixant à un an la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français infligée au requérant, n'a pas entaché cette décision d'une erreur d'appréciation au regard de ces dispositions.

23. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 26 février 2023 doivent être rejetées. Par voie de conséquence, ses conclusions formées à fin d'injonction et d'astreinte ne peuvent qu'être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au préfet des Hauts-de-Seine.

Lu en audience publique le 14 mars 2023.

Le magistrat désigné,

Signé

J. E La greffière,

Signé

A. Sambake

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 230167

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