mardi 28 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2301887 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | CABINET LOUBEYRE ENTREMONT PORNIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 7 mars 2023, M. C D et Mme B E, représentés par Me De Zolt, demandent au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté du 13 janvier 2023 par lequel le maire de Houilles a délivré à M. A un permis de construire pour la construction d'un bâtiment d'habitation à usage individuel sur la parcelle située au 19, rue Pierre Clavillier ;
2°) de mettre à la charge de M. A la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- leur requête est recevable ;
S'agissant de l'urgence
- la condition d'urgence est remplie en application de l'article L. 600-3 du code de l'urbanisme ;
S'agissant de l'existence de moyens sérieux
- l'arrêté est entaché d'incompétence ;
- il est entaché d'une erreur de droit dès lors que le dossier de demande de permis de construire était incomplet en méconnaissance de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme ;
- il est entaché d'une erreur de droit dès lors qu'il autorise la construction d'un bâtiment dont la hauteur de façade dépasse les dix mètres de haut en méconnaissance de l'article UB10 du plan local d'urbanisme.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 mars 2023, la commune de Houilles, représentée par Me Després, conclut à ce qu'il soit pris acte de l'irrégularité du permis délivré et au rejet des conclusions des requérants tendant au bénéfice des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune soutient que les requérants sont fondés à soutenir que le quatrième niveau de la construction autorisée par le permis de construire contesté, bien que désigné comme constituant un niveau en attique, ne remplit pas les conditions permettant de ne pas inclure sa hauteur dans la hauteur de la façade.
Par deux mémoires en défense enregistrés le 21 mars, M. A, représenté par Me Entremont, conclut, à titre principal au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à la suspension partielle de l'arrêté de permis, et à ce qu'il soit mis à la charge des requérants une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. A fait valoir que :
-les requérants n'ont pas intérêt à agir ;
- la présomption d'urgence peut ici être renversée ;
- le vice est divisible du reste de l'autorisation d'urbanisme ;
- aucun moyen n'est de nature à faire naître un doute sérieux ; en particulier, s'agissant de l'étage en attique, la circonstance que le retrait ne serait pas opéré sur l'ensemble des façades ne saurait rendre le projet illégal, il ne résulte d'aucune disposition du règlement du PLU, ni d'aucune prescription, qu'un retrait de deux mètres doit être opéré sur l'ensemble des façades, et notamment en limite séparative.
Vu les autres pièces du dossier, notamment la requête au fond n° 2801886 des requérants.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Mathou, première conseillère, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique tenue le 21 mars 2023 à 15h30, en présence de Mme Paulin, greffière d'audience :
- le rapport de Mme Mathou, juge des référés,
- les observations de Me Després, représentant la commune de Houilles, qui persiste dans ses écritures et indique que la procédure de retrait du permis va être engagée ;
- les observations de Me Gauthier, substituant Me Entremont, représentant M. A, qui persiste dans ses écritures ;
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, à 15h57.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision ou de certains de ces effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
2. Par un arrêté du 13 janvier 2023, le maire de Houilles a délivré à M. A un permis de construire pour la construction d'une maison individuelle. Les requérants demandent au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cet arrêté jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur sa légalité.
Sur l'intérêt à agir :
3. Aux terme de l'article article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement () ".
4. Si la requête tendant à l'annulation du ou des actes administratifs dont la suspension est demandée est irrecevable, aucun des moyens présentés au soutien d'une requête formée sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'est susceptible de créer un doute sérieux quant à la légalité du ou des actes administratifs contestés. Lorsqu'elle ressort des pièces du dossier soumis au juge des référés, l'irrecevabilité de la requête à fin d'annulation doit être relevée, le cas échéant d'office par le juge des référés, pour constater que la requête à fin de suspension ne peut qu'être rejetée.
5. Au cas d'espèce, M. D et Mme E, voisins immédiats du projet litigieux, justifient suffisamment de leur intérêt à agir, eu égard notamment à leur vue directe sur la construction et à ses volumes.
Sur les conclusions à fin de suspension :
En ce qui concerne la condition d'urgence :
6. En l'espèce, la demande de suspension étant dirigée contre un permis de construire, la condition d'urgence doit donc être regardée comme remplie. La circonstance, invoquée par le pétitionnaire, que le projet ne porterait pas une atteinte suffisamment grave et immédiate aux intérêts des requérants, les travaux n'ayant pas commencé, ne suffit pas à renverser cette présomption, alors qu'il n'est pas contesté que l'autorisation d'urbanisme litigieuse pourrait recevoir une exécution imminente.
En ce qui concerne le doute sérieux :
7. Aux termes de l'article UB10 du règlement du PLU de la commune de Houilles, applicable au permis litigieux : " Dans l'ensemble de la zone UB () la hauteur maximale des constructions est définie par : / -Une hauteur de façade (Hf) qui est limitée à 10 mètres ; / - Une hauteur plafond (Hp) qui est limitée à 13 mètres. ". Le lexique annexé au règlement du PLU défini la hauteur de façade comme mesurée à partir du sol naturel avant travaux jusqu'à l'égout du toit pour les toitures en pente ou au pied de l'attique pour les toitures terrasses. La hauteur de plafond est mesurée à compter du sol naturel avant travaux jusqu'au point le plus haut de la construction ou partie de construction, et notamment jusqu'au faîtage ou au sommet de l'acrotère. L'attique, quant à lui, est défini comme le dernier niveau d'une construction réalisé en retrait de 2 mètres au minimum par rapport aux niveaux inférieurs, et de proportions moindres. Le schéma illustrant la définition de l'attique représente un niveau en attique en retrait de deux mètres sur chacune des façades du bâtiment, soit la façade principale ou façade sur rue, la façade arrière et les façades latérales ou pignons.
8. En l'état de l'instruction, le moyen tiré de ce que la hauteur de façade est de 11,30 mètres sur au moins l'une des façades du bâtiment, en méconnaissance de l'article UB10 du règlement précité, est de nature, comme le reconnaît la commune elle-même, à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
9. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun des autres moyens susvisés de la requête n'est, en l'état du dossier, susceptible de fonder la suspension de cet arrêté.
10. Aux termes de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5-1, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable, estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice n'affectant qu'une partie du projet peut être régularisé, limite à cette partie la portée de l'annulation qu'il prononce et, le cas échéant, fixe le délai dans lequel le titulaire de l'autorisation pourra en demander la régularisation, même après l'achèvement des travaux. Le refus par le juge de faire droit à une demande d'annulation partielle est motivé. ".
11. Il ressort des pièces du dossier que la méconnaissance par le permis de construire de l'article 10 de la zone UB du PLU affecte une partie identifiable du projet autorisé. Sa régularisation n'implique pas d'apporter au projet litigieux un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même. Cette méconnaissance est susceptible d'être régularisée par la délivrance d'un permis modificatif. Par suite, il y a lieu, en application de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme, de ne prononcer que la suspension partielle de l'arrêté du 13 janvier 2023 par lequel le maire de la commune de Houilles a accordé un permis de construire à M. A. Il est précisé à toutes fins utiles que les dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme ne trouvent pas à s'appliquer dans le cadre d'une instance présentée sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
12. Les deux conditions fixées par les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative étant remplies, il y a lieu de suspendre partiellement l'exécution de l'arrêté du 13 janvier 2023 par lequel le maire de la commune de Houilles a accordé un permis de construire sur un terrain situé 19 rue Pierre Clavillier, en tant que cet arrêté autorise la construction d'un niveau en attique ne comprenant pas un retrait de deux mètres par rapport aux niveaux inférieurs sur l'ensemble des façades.
13. Sans préjudice de ce qui précède, les parties conservent la possibilité, si elles le jugent opportun, de poursuivre un processus de discussion ou de médiation en application des dispositions des articles L. 213-1 et suivants du code de justice administrative.
14. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions des parties présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : L'exécution de l'arrêté du 13 janvier 2023 est suspendue en tant que cet arrêté autorise la construction d'un niveau en attique ne comprenant pas un retrait de deux mètres par rapport aux niveaux inférieurs sur l'ensemble des façades.
Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C D, à Mme B E, à la commune de Houilles et à M. F A.
Fait à Versailles, le 28 mars 2023.
Le juge des référés,
signé
C. Mathou
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2301887
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026