lundi 6 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2302040 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SCP SEBAN ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires enregistrés le 5 mars 2023 et le 9 décembre 2024, M. Olivier Vagneux demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) avant-dire-droit, de vérifier, par une mesure d'instruction, l'existence d'une " maladie dûment constatée " qui justifierait la validité du pouvoir de M. A B ;
2°) de prononcer, en application des dispositions de l'article R. 633-1 du code de justice administrative, l'inscription de faux du pouvoir donné par M. B à M. C pour le conseil municipal du 15 février 2023 ;
3°) à titre principal, d'annuler la délibération n°17/215 du 15 février 2023 du conseil municipal de la commune de Savigny-sur-Orge portant attribution et versement d'une subvention à la coopérative scolaire de l'école élémentaire Aristide-Briand et à la FCPE du collège Les Gâtines ;
4°) à titre subsidiaire, de rectifier la délibération en litige en retranchant le vote de M. A B, dont la délégation de vote n'était pas valable.
Il soutient que :
- le pouvoir consenti par M. B à M. C était irrégulier au regard des dispositions de l'article L. 2121-20 du code général des collectivités territoriales ;
- il n'a pas été suffisamment informé en l'absence de communication des comptes de la FCPE et de l'OCCE Aristide-Briand, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 2121-13 du code général des collectivités territoriales ;
- la délibération contestée méconnaît les articles L. 1612-1 et L. 2311-7 du code général des collectivités territoriales.
Par un mémoire en défense enregistré le 12 novembre 2024, la commune de Savigny-sur-Orge, représentée par Me Aderno, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de M. D une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens invoqués à l'appui de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lutz,
- les conclusions de Mme Winkopp-Toch, rapporteure publique,
- les observations de M. D et de Me Chevalier, représentant la commune de Savigny-sur-Orge.
Une note en délibéré a été enregistrée pour M. D le 27 décembre 2024.
Considérant ce qui suit :
1. M. Olivier Vagneux, conseiller municipal d'opposition de la commune de Savigny-sur-Orge, demande au tribunal d'annuler la délibération n°17/215 du 15 février 2023 du conseil municipal de la commune de Savigny-sur-Orge portant attribution et versement d'une subvention à la coopérative scolaire de l'école élémentaire Aristide-Briand et à la FCPE du collège Les Gâtines.
Sur le désistement partiel :
2. Dans son mémoire complémentaire produit le 9 décembre 2024, M. D déclare se désister de ses conclusions aux fins de rectification de la délibération en litige. Ce désistement étant pur et simple, rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
Sur la demande d'inscription de faux :
3. Aux termes de l'article R. 633-1 du code de justice administrative : " Dans le cas d'une demande en inscription de faux contre une pièce produite, la juridiction fixe le délai dans lequel la partie qui l'a produite sera tenue de déclarer si elle entend s'en servir. / Si la partie déclare qu'elle n'entend pas se servir de la pièce, ou ne fait pas de déclaration, la pièce est rejetée. Si la partie déclare qu'elle entend se servir de la pièce, la juridiction peut soit surseoir à statuer sur l'instance principale jusqu'après le jugement du faux rendu par le tribunal compétent, soit statuer au fond, si elle reconnaît que la décision ne dépend pas de la pièce arguée de faux ".
4. Les dispositions qui précèdent ne sont pas applicables lorsque la pièce arguée de faux est un acte ou un document administratif dont aucune disposition législative expresse ne prévoit que les mentions de cet acte font foi jusqu'à inscription de faux. Il appartient au seul juge administratif, au cas où il entendrait fonder sa décision sur un tel acte ou document administratif argué de faux, de se prononcer sur l'exactitude des indications qu'il comporte.
5. M. D présente une demande en inscription de faux contre le pouvoir donné par M. B à M. C pour le conseil municipal du 15 février 2023, produit dans le cadre du présent litige. Toutefois, ce pouvoir, que M. D argue de faux, constitue un document administratif dont aucune disposition législative expresse ne prévoit que ses mentions font foi jusqu'à inscription de faux. Dès lors, il n'y a pas lieu de mettre en œuvre la procédure prévue à l'article R. 633-1 du code de justice administrative.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
6. En premier lieu, aux termes de l'article L. 2121-20 du code général des collectivités territoriales : " Un conseiller municipal empêché d'assister à une séance peut donner à un collègue de son choix pouvoir écrit de voter en son nom. Un même conseiller municipal ne peut être porteur que d'un seul pouvoir. Le pouvoir est toujours révocable. Sauf cas de maladie dûment constatée, il ne peut être valable pour plus de trois séances consécutives. Les délibérations sont prises à la majorité absolue des suffrages exprimés () ".
7. Il résulte de ces dispositions qu'un même pouvoir ne peut être valable plus de trois séances consécutives. En revanche, il n'en résulte aucunement qu'un conseiller municipal ne pourrait pas accorder des pouvoirs successifs, même au-delà de trois absences consécutives. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. B a donné pouvoir à M. C pour la séance du conseil municipal du 15 février 2023 spécifiquement. La circonstance qu'il ait été absent lors de plusieurs séances précédentes du conseil municipal n'est donc pas de nature à entacher d'irrégularité le pouvoir donné au maire pour la séance du 15 février 2023. Au surplus, la délibération contestée a été adoptée à 38 voix pour et une abstention. Le moyen tiré du vice de procédure dont serait entachée la délibération contestée à raison de l'irrégularité du pouvoir donné par M. B à M. C doit donc être écarté.
8. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 2121-13 du code général des collectivités territoriales : " Tout membre du conseil municipal a le droit, dans le cadre de sa fonction, d'être informé des affaires de la commune qui font l'objet d'une délibération ".
9. Il ressort des procès-verbaux de la commission municipale préparatoire et des débats du conseil municipal versés aux débats par M. D que les conseillers municipaux ont été suffisamment informés des projets pour lesquels les subventions étaient sollicitées, nonobstant l'absence de production des comptes de la FCPE et de l'OCCE Aristide-Briand. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 2121-13 du code général des collectivités territoriales doit être écarté.
10. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 1612-1 du code général des collectivités territoriales : " Dans le cas où le budget d'une collectivité territoriale n'a pas été adopté avant le 1er janvier de l'exercice auquel il s'applique, l'exécutif de la collectivité territoriale est en droit, jusqu'à l'adoption de ce budget, de mettre en recouvrement les recettes et d'engager, de liquider et de mandater les dépenses de la section de fonctionnement dans la limite de celles inscrites au budget de l'année précédente ". Aux termes de l'article L. 2311-7 de ce code : " L'attribution des subventions donne lieu à une délibération distincte du vote du budget ".
11. Si les dispositions de l'article L. 1612-1 du code général des collectivités territoriales ne permettent à l'exécutif de n'engager, de ne liquider et de ne mandater, avant l'adoption du budget primitif de l'établissement public communal, que des dépenses de fonctionnement, et ce dans la limite de celles inscrites au budget de l'exercice précédent, elles ne font pas obstacle à ce que l'assemblée délibérante autorise avant le vote du budget une dépense de fonctionnement, laquelle ne pourra toutefois être engagée et mandatée qu'après ce vote si elle n'est pas au nombre de celles inscrites dans le précédent budget. Par suite, le conseil municipal de Savigny-sur-Orge pouvait légalement décider, avant d'adopter le budget principal primitif 2023 et au titre de ce même exercice, l'attribution de subventions à reprendre et inscrire au budget principal primitif 2023, en début d'exercice et au profit d'élèves du territoire. Il n'est par ailleurs ni démontré ni même allégué que le montant des deux subventions accordées par la délibération contestée, d'un montant total de 21 500 euros, excèderait le montant total des subventions accordées par la commune lors du budget de l'année précédente. Le moyen tiré de la méconnaissance des articles L. 1612-1 et L. 2311-7 précités doit donc être écarté.
12. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de M. D doivent être rejetées.
Sur les conclusions tendant au prononcé d'une mesure d'instruction :
13. Il résulte de ce qui a été dit précédemment que M. B a donné pouvoir au maire pour la séance du 15 février 2023 au cours de laquelle a été votée la délibération contestée. Il n'y a donc pas lieu de vérifier si son état de santé justifiait que le pouvoir soit valable pour plus de trois séances, conformément aux dispositions de l'article L. 2121-20 du code général des collectivités territoriales. Les conclusions tendant au prononcé d'une mesure d'instruction doivent donc être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
14. Il y a lieu de mettre à la charge de M. D une somme de 1 800 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il est donné acte du désistement de M. D de ses conclusions aux fins de rectification de la délibération contestée.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. D est rejeté.
Article 3 : M. D versera à la commune de Savigny-sur-Orge une somme de 1 800 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. Olivier Vagneux et à la commune de Savigny-sur-Orge.
Délibéré après l'audience du 16 décembre 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Sauvageot, présidente,
- Mme Lutz, première conseillère,
- Mme Degorce, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 janvier 2025.
La rapporteure,
signé
F. Lutz La présidente,
signé
J. Sauvageot
La greffière,
signé
C. Delannoy
La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2302040
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026