vendredi 7 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2302046 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 4ème chambre - 4/11 |
| Avocat requérant | AUERBACH |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 13 mars 2023 et 29 mars 2023, M. G B F, représenté par Me Auerbach, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 15 février 2023 par lequel le préfet des Yvelines a décidé son transfert aux autorités polonaises, responsables de l'examen de sa demande de protection internationale ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à Me Auerbach en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation à la part contributive de l'Etat.
Il soutient que :
En ce qui concerne les pièces produites en défense :
- les pièces versées par le préfet des Yvelines doivent être écartées, dès lors qu'elles ne sont pas numérotées et ne comportent pas de libellés clairs ;
- la pièce " procédure-dublin-requête " n° 6 comporte un virus et ne peut ainsi qu'être écartée ;
- la pièce libellée " accord pologne " n° 8 est rédigée en langue anglaise et doit ainsi être écartée en application des articles 110 et 111 de l'ordonnance dite de Villers-Cotterêts ;
En ce qui concerne l'arrêté :
- il a été pris par une autorité incompétente ;
- il est insuffisamment motivé ;
- il méconnaît son droit à la santé ;
- il méconnaît les dispositions du paragraphe 2 de l'article 3 du règlement (UE) n°604/2013 du 26 juin 2013 dès lors que les défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs en Pologne entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant et que ces circonstances justifient que sa demande de protection internationale soit examinée par la France ;
- il procède d'une erreur manifeste d'appréciation ; en effet, sa demande d'asile a été déposée en Pologne pour éviter de faire l'objet d'une mesure d'éloignement et il éprouve des craintes pour sa vie au Sri Lanka ; il souhaite rester en France, où il fait l'objet d'un suivi médical.
La requête a été communiquée au préfet des Yvelines, qui n'a pas produit de mémoire en défense mais qui a versé le 28 mars 2023, des pièces au dossier.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le règlement (CE) n° 1560/2003 de la Commission du 2 septembre 2003 ;
- le règlement (UE) n° 603/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'ordonnance de Villers-Cotterêts du 15 août 1539 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné M. C pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 572-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 31 mars 2023 qui s'est tenue en présence de Mme Amegee, greffière :
- le rapport de M. C ;
- les observations de Me Auerbach avocat désigné d'office, représentant M. B F, présent, assisté par M. E, interprète en langue tamoul, qui conclut aux mêmes fins que sa requête par les mêmes moyens, indique se désister de ses conclusions à fin d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire et celles fondées sur les articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 et fait valoir en outre que l'état de santé du requérant est dégradé et qu'il nécessite des examens en urgence ; la pièce n° 12 produite en défense doit être écartée en tant qu'elle se compose d'un fichier PDF dont l'ensemble des champs est modifiable, et qui est ainsi susceptible d'être modifié après usage sans aucune protection ;
- le préfet des Yvelines, représenté par Me Baller, qui conclut au rejet de la requête en faisant valoir que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. G B F, ressortissant sri-lankais, né le 31 octobre 1997 à Jaffna, a sollicité son admission au séjour au titre du droit d'asile, le 30 novembre 2022, auprès des services de la préfecture de l'Essonne. Lors de l'instruction de cette demande, la consultation des données dactyloscopiques centrales et informatisées du système Eurodac a révélé que les empreintes digitales de M. B F avaient été relevées le 20 avril 2022 par les autorités de contrôle compétentes en Pologne à l'occasion de l'enregistrement d'une demande de protection internationale dans ce pays. Saisies d'une demande de reprise en charge de M. B F le 7 décembre 2022, les autorités polonaises ont accepté cette requête, le 9 décembre 2022. Par l'arrêté du 15 février 2023, dont M. B F demande l'annulation, le préfet des Yvelines a décidé son transfert aux autorités polonaises, responsables de l'examen de sa demande d'asile.
Sur l'étendue du litige :
2. M. B F a indiqué à l'audience se désister de ses conclusions tendant à son admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire et à celles fondées sur les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Ce désistement est pur et simple. Rien ne s'oppose à ce qu'il lui en soit en donné acte.
Sur les demandes tendant à ce que les pièces produites en défense soient écartées :
3. En premier lieu, aux termes de l'article R. 611-8-2 du code de justice administrative : " Toute juridiction peut adresser par le moyen de l'application informatique mentionnée à l'article R. 414-1, à une partie ou à un mandataire qui y est inscrit, toutes les communications et notifications prévues par le présent livre pour tout dossier. Les personnes mentionnées au premier alinéa de l'article R. 414-1 doivent s'inscrire dans l'application mentionnée à cet article et adresser à la juridiction leurs mémoires en défense et les pièces qui y sont jointes au moyen de cette application, sous peine de voir leurs écritures écartées des débats à défaut de régularisation dans un délai imparti par la juridiction. Les communes de moins de 3 500 habitants peuvent être invitées par le greffe à s'inscrire dans cette application et à produire leurs mémoires en défense et les pièces qui y sont jointes par ce moyen. (). ". Et aux termes de l'article R. 611-8-5 du même code : " () Il est également dispensé de transmettre l'inventaire détaillé des pièces lorsqu'il utilise le téléservice mentionné à l'article R. 414-2 ou recourt à la génération automatique de l'inventaire permise par l'application mentionnée à l'article R. 414-1. Le défendeur transmet chaque pièce par un fichier distinct sous peine de voir ces pièces écartées des débats après invitation à régulariser non suivie d'effet. Chaque fichier transmis au moyen de l'application mentionnée à l'article R. 414-1 porte un intitulé commençant par le numéro d'ordre affecté à la pièce qu'il contient par l'inventaire détaillé. Lorsque le défendeur recourt à la génération automatique de l'inventaire permise par l'application, l'intitulé de ce fichier décrit également le contenu de cette pièce de manière suffisamment explicite. Chaque pièce transmise au moyen du téléservice mentionné à l'article R. 414-2 porte un intitulé décrivant son contenu de manière suffisamment explicite. Les obligations fixées au précédent alinéa sont prescrites au défendeur sous peine de voir la pièce écartée des débats après invitation à régulariser non suivie d'effet. () ".
4. Le préfet des Yvelines a transmis, le 28 mars 2023, l'entier dossier de la procédure concernant le requérant sous un seul et même fichier. Les dispositions précitées ne s'opposent pas, compte tenu de l'objet du litige et du caractère d'urgence de la procédure, à ce que ces pièces soient transmises sous cette forme. En tout état de cause, aucune invitation à régulariser n'ayant été adressée au préfet des Yvelines, les pièces produites ne peuvent être écartées des débats en application des dispositions précitées.
5. En deuxième lieu, si le requérant fait valoir que la pièce " procédure-dublin-requête " doit être écartée dès lors qu'il n'aurait pas été en mesure de la télécharger, celle-ci comportant un virus, il ressort des pièces du dossier que cette pièce ne contient, contrairement à ses allégations, aucun virus et qu'il a, au demeurant, été mis en mesure de la consulter lors de l'audience publique. Dans ces conditions, M. B F n'est pas fondé à soutenir que cette pièce devrait être écartée.
6. En troisième lieu, ni l'ordonnance de Villers-Cotterêts du 15 août 1539, qui n'a pas vocation à régir les relations entre les autorités administratives des Etats membres de l'Union européenne, ni aucune règle générale de procédure n'interdit au juge de tenir compte d'un document rédigé dans une langue autre que le français, sous réserve qu'il soit en mesure d'exercer son contrôle. Dès lors, M. B F n'est pas fondé à reprocher au préfet des Yvelines d'avoir versé au dossier la décision par laquelle les autorités polonaises ont accepté sa reprise en charge, qui est rédigée en langue anglaise, sans accompagner celle-ci d'une traduction et à demander que cette pièce doit ainsi être écartée.
7. En quatrième lieu, le requérant fait valoir que la pièce n° 12 intitulée " procedure-dublin-requête " n'est pas sécurisée et qu'elle est ainsi susceptible d'avoir été modifiée après son usage. Toutefois, les mentions de ce document, non contredites par le requérant, sont corroborées par les autres pièces du dossier. Dans ces conditions, le requérant n'établit pas que ce document ait été modifié à son détriment, postérieurement à son édiction. En tout état de cause, une modification de ces champs, à la supposer établie, est, dans les circonstances de l'espèce et eu égard aux moyens invoqués par le requérant, sans incidence sur la légalité de l'arrêté attaqué. Par suite, M. B F n'est pas fondé à soutenir que cette pièce aurait dû être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
8. En premier lieu, par un arrêté n° 78-2023-01630-00001 du 30 janvier 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs n° 78-2023-024 de la préfecture des Yvelines du même jour, le préfet de ce département a donné délégation à M. A D, directeur des migrations, à l'effet de signer l'arrêté en litige. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.
9. En deuxième lieu, l'arrêté en litige vise les textes dont il fait application et expose les circonstances de fait propres à la situation personnelle de M. B F ainsi que les éléments sur lesquels le préfet s'est fondé pour estimer que l'examen de sa demande de protection internationale relevait de la responsabilité d'un autre Etat. Dès lors, cet arrêté, qui comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, est suffisamment motivé. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de l'arrêté doit être écarté.
10. En troisième lieu, aux termes de l'article 3 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. Les États membres examinent toute demande de protection internationale présentée par un ressortissant de pays tiers ou par un apatride sur le territoire de l'un quelconque d'entre eux, y compris à la frontière ou dans une zone de transit. La demande est examinée par un seul État membre, qui est celui que les critères énoncés au chapitre III désignent comme responsable. / 2. Lorsque aucun État membre responsable ne peut être désigné sur la base des critères énumérés dans le présent règlement, le premier État membre auprès duquel la demande de protection internationale a été introduite est responsable de l'examen / Lorsqu'il est impossible de transférer un demandeur vers l'État membre initialement désigné comme responsable parce qu'il y a de sérieuses raisons de croire qu'il existe dans cet État membre des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs, qui entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, l'État membre procédant à la détermination de l'État membre responsable poursuit l'examen des critères énoncés au chapitre III afin d'établir si un autre État membre peut être désigné comme responsable. / Lorsqu'il est impossible de transférer le demandeur en vertu du présent paragraphe vers un État membre désigné sur la base des critères énoncés au chapitre III ou vers le premier État membre auprès duquel la demande a été introduite, l'État membre procédant à la détermination de l'État membre responsable devient l'État membre responsable. (). ".
11. Eu égard au niveau de protection des libertés et des droits fondamentaux dans les Etats membres de l'Union européenne, lorsque la demande de protection internationale a été introduite dans un Etat autre que la France, que cet Etat a accepté de prendre ou de reprendre en charge le demandeur et en l'absence de sérieuses raisons de croire qu'il existe dans cet Etat membre des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs, qui entrainent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de l'article 4 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, les craintes dont le demandeur fait état quant au défaut de protection dans cet Etat membre doivent en principe être présumées non fondées, sauf à ce que l'intéressé apporte, par tout moyen, la preuve contraire. La seule circonstance qu'à la suite du rejet de sa demande de protection par cet Etat membre l'intéressé serait susceptible de faire l'objet d'une mesure d'éloignement ne saurait caractériser la méconnaissance par cet Etat de ses obligations.
12. A l'appui de ses allégations selon lesquelles, d'une part, la procédure d'asile en Pologne et les conditions d'accueil des demandeurs souffriraient de défaillances systémiques et, d'autre part, il aurait souffert de conditions d'accueil indignes lors de son précédent séjour dans ce pays, M. B F n'a produit que des articles de presse et des rapports généraux sur les conditions d'accueil des demandeurs d'asile dans ce pays et n'a apporté aucun élément circonstancié propre à sa situation particulière, outre ses allégations selon lesquelles les demandeurs d'asile seraient mal accueillis en Pologne. Dans ces conditions, en se bornant à critiquer de façon générale les difficultés des autorités polonaises face à l'afflux de migrants, constatées notamment par les organisations non gouvernementales, M. B F ne démontre pas qu'il existerait une défaillance systémique en Pologne et que son transfert vers ce pays l'exposerait à des traitements inhumains ou dégradants ou que le préfet des Yvelines aurait méconnu les dispositions précitées. En outre, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que les autorités polonaises n'évalueront pas, avant de procéder à un éventuel éloignement de M. B F, les risques auxquels il serait exposé en cas de retour dans son pays d'origine. Par suite, le moyen tiré d'une méconnaissance des dispositions précitées de l'article 3 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 ne peut qu'être écarté.
13. En quatrième lieu, aux termes de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque État membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement () ". Aux termes des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
14. Il résulte des dispositions précitées du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 que si une demande d'asile est examinée par un seul État membre et qu'en principe cet État est déterminé par application des critères d'examen des demandes d'asile fixés par son chapitre III, dans l'ordre énoncé par ce chapitre, l'application de ces critères est toutefois écartée en cas de mise en œuvre de la clause dérogatoire énoncée au paragraphe 1 de l'article 17 du règlement, qui procède d'une décision prise unilatéralement par un État membre. Si la mise en œuvre, par les autorités françaises, des dispositions de l'article 17 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013 doit être assurée à la lumière des exigences définies par les dispositions du second alinéa de l'article 53-1 de la Constitution, en vertu desquelles les autorités de la République ont toujours le droit de donner asile à tout étranger persécuté en raison de son action en faveur de la liberté ou qui sollicite la protection de la France pour un autre motif, la faculté laissée à chaque Etat membre de décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement, est discrétionnaire et ne constitue nullement un droit pour les demandeurs d'asile.
15. M. B F doit être regardé comme faisant valoir que l'examen de sa demande d'asile doit être pris en charge en France, au titre du droit souverain des autorités françaises d'accorder l'asile sur leur territoire, y compris lorsque cet examen relève de la compétence d'un autre Etat, eu égard à sa situation personnelle, que cette décision méconnaît son droit à la santé et qu'il risque d'être soumis à des traitements inhumains et dégradants en cas de retour dans son pays d'origine. A l'appui de ce moyen, il se prévaut de sa volonté de rester en France, qu'il a souhaité rejoindre et fait valoir qu'il n'a formulé en demande d'asile en Pologne que pour faire obstacle à son éloignement. Il ajoute qu'il fait l'objet d'un suivi médical en France, et qu'il doit faire l'objet d'examens médicaux complémentaires, ainsi que le mentionne le certificat médical du 30 mars 2023. Toutefois, M. B F n'établit ainsi pas, ni même n'allègue faire l'objet d'un traitement médical que son transfert vers la Pologne interromprait, ainsi que le fait d'ailleurs valoir le représentant du préfet à l'audience, ni même que les examens litigieux ne pourraient avoir lieu en Pologne. En outre, il soutient qu'il éprouve des craintes en cas de retour au Sri-Lanka. Toutefois, la décision de transfert attaquée n'a ni pour objet ni pour effet d'éloigner le requérant vers le Sri-Lanka mais seulement de prononcer son transfert aux autorités polonaises. Par ailleurs, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que l'intéressé ne serait pas en mesure de faire valoir devant ces mêmes autorités, responsables de l'examen de sa demande d'asile, tout élément nouveau relatif aux risques auxquels il serait exposé en cas de retour dans son pays d'origine et résultant de l'évolution de sa situation personnelle ou de la situation qui prévaut actuellement dans son pays d'origine. Par suite, eu égard à la nature des circonstances invoquées par M. B F, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet des Yvelines aurait commis une erreur manifeste d'appréciation des faits de l'espèce en ne faisant pas application de la clause discrétionnaire prévue par les dispositions précitées du paragraphe 1 de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, ni qu'il aurait méconnu les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ou, en tout état de cause, le droit à la santé du requérant.
16. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. B F tendant à l'annulation de l'arrêté du 15 février 2023 doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Il est donné acte du désistement de M. B F de ses conclusions relatives à l'aide juridictionnelle et aux frais de l'instance
Article 2 : Le surplus de conclusions de la requête de M. B F est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. G B F et au préfet des Yvelines.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 avril 2023.
Le magistrat désigné,
signé
J. C La greffière,
signé
E. Amegee
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2302046
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026